Les établissements français ne peuvent plus ignorer le classement de Shanghai !
Comme en 2011, la France n'a que trois universités dans le top 100 mondial établi par le classement de Shanghai. Un échec souvent minoré dont il faudra pourtant tirer un jour les conséquences, dans une compétition des étudiants de plus en plus globalisée.
Le classement de Shanghai des universités mondiales, aussi connu que critiqué, confirme la suprématie des facultés américaines, loin devant les pays européens non anglo-saxons.
Le classement de Shanghai 2012 est tombé la semaine du 15 août. Personne n’a repris l’information dans la torpeur estivale. Ce flop a épargné notre amour propre déjà bien amoché par notre rang aux Jeux Olympiques de Londres. La ministre de l’Enseignement supérieur s’est déclarée guère préoccupée par ce classement, jugeant que le monde ne s’est pas suffisamment adapté à nos spécificités. L’explication est un peu courte pour nos 2,3 millions d’étudiants qui vont devoir affronter une compétition de plus en plus globalisée à la fin de leurs études.
Le classement de Shanghai se fonde sur des critères essentiellement académiques tels que le nombre de publications et le nombre de Nobels parmi les chercheurs et les anciens élèves. Il est certes facile de mettre en avant leur inadéquation à la spécificité française qui sépare la recherche (CNRS, INSERM…) du monde universitaire. Mais les autres classements (Times Higher Education, Global University Ranking, etc.) utilisent des grilles d’analyse qui aboutissent à des résultats similaires.
Alors est-ce le monde qui n’est pas adapté au modèle français, ou bien l’inverse ? Nos enseignants, nos chercheurs et nos élèves ne sont pas moins bons que ceux des pays mieux positionnés dans ce classement. Le résultat repose donc sur la structure de notre modèle d’enseignement supérieur et de recherche.
Engloutissement de connaissances sans perspectives professionnelles
Nous devons admettre que nos universités cumulent des handicaps structurels, à commencer par l’absence de distinction officielle et claire entre ce qui relève de la formation professionnelle et les cursus élitistes destinés à la recherche, particulièrement en premier cycle. Tout au long de leurs années de licence, les étudiants destinés à rejoindre l’entreprise (monde inconnu perçu comme menaçant par les universitaires) ou les filières hautement sélectives de la recherche sont mélangés sans être préparés à la bifurcation future.
Tous passent ces années à engloutir des connaissances sans avoir la moindre idée de leurs perspectives professionnelles. Il faut ajouter à cet isolement une absence fréquente de proximité entre élèves et enseignants, déconnexion qui ne permet pas l’accompagnement adéquat des étudiants vers l’une ou l’autre voie.
A ce titre, les ponts avec nos écoles d’ingénieurs (ou nos écoles de commerce en ce qui concerne les sciences humaines) restent bien trop modestes. Alors que les grandes écoles captent les meilleurs élèves, trop peu d’entre eux retournent vers le monde universitaire et la recherche. N’ont-ils pas raison de céder à l’attrait de hautes fonctions rapides dans la fonction publique ou dans des grands groupes internationaux alors que le monde de la recherche n’offre hélas pas de perspectives réjouissantes en France ?
En plus d’être trop souvent coupée du monde universitaire, la recherche reste marquée par les réflexes corporatistes de la fonction publique, avec son lot de rigidités bureaucratiques et de réseaux claniques insensibles aux critères de compétence ou de résultats.
Une internationalisation inéluctable
Ramener la recherche dans le giron de l’enseignement supérieur est crucial dans l’industrie globalisée qu’est devenu l’enseignement. C’est le cas du point de vue des entreprises qui investissent dans la recherche et le développement, mais aussi de nos enseignants et de nos chercheurs. Ils n’hésitent plus à s’expatrier pour bénéficier de meilleures conditions de travail (rémunération, émulation intellectuelle, autonomie).
Nos élèves comparent eux aussi les établissements français et étrangers, et n’hésitent pas à privilégier les cursus internationaux. Ils font partie de ces 3,5 millions d’étudiants qui, chaque année dans le monde, partent étudier à l’étranger. Ce chiffre en constante augmentation devrait doubler d’ici 2020. Ce n’est pas un hasard si les grandes écoles, bien plus autonomes que les universités, ont multiplié les partenariats avec des établissements étrangers depuis de nombreuses années.
L’autonomie des établissements d’enseignement supérieur et de recherche est d’abord celle de la stratégie sur un marché mouvant et hautement compétitif. Elle doit les amener à se regrouper pour réorganiser leurs filières d’enseignement et de recherche, à recruter leurs équipes d’enseignants et de chercheurs. Objectif : atteindre une taille critique et gagner en visibilité dans la compétition mondiale.
La gouvernance, cruciale pour la réussite des établissements
A ce titre, une bonne sélection constitue aussi un moyen efficace de n’avoir que les étudiants motivés et capables de s’engager dans des cursus exigeants. Elle se justifie d’autant mieux qu’on ne peut continuer à dilapider les ressources de l’université, et à entretenir une casse importante chez les étudiants mal orientés qui sortent sans diplôme de leurs années de vagabondage universitaire.
Au cœur de l’autonomie, il y a la gouvernance. Les universités les mieux classées par toutes les études ont un président au pouvoir étendu, mais qui doit rendre des comptes à un conseil d’administration où siègent bon nombre d’anciens élèves, les « alumni ». 19 des 20 meilleures universités américaines sont entièrement entre les mains de leurs anciens élèves. Ceux-ci ont à cœur de mettre les élèves et les professeurs en concurrence, ils veillent aussi bien aux installations qu'aux cursus et à la recherche.
La prochaine étape de la réforme de l’enseignement supérieur en France se trouve dans l’aboutissement de l’autonomie : une gouvernance adéquate, ambitieuse et responsable de l’avenir des institutions concernées. Ce jour-là, nous verrons nos meilleures universités remonter brutalement dans les classements internationaux, et nos ministres se déclarer bien plus concernés par ces succès.
Cette année encore, le classement de Shanghai confirme la suprématie des universités américaines : comme en 2012, elles écrasent la concurrence et s’arrogent 17 des 20 premières places. Et comme tous les ans depuis la publication en 2003 du premier classement établi par l’université Jiaotong de Shanghai, le tiercé gagnant se compose de Harvard, Stanford et Berkeley. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) est au pied du podium, suivi par l’université britannique de Cambridge.
La France ne place que 4 établissements dans le top 100 et 20 dans le top 500 (le même chiffre qu'en 2012). Le premier établissement français, l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) est classé à la 37e place, suivi de Paris Sud (XI) à la 39e, de l’Ecole normale supérieure (ENS-Ulm) à la 71e, et de Strasbourg à la 97e. L’Ecole Polytechnique figure quant à elle à la 211e place.
Le classement de Shanghai est très attendu et commenté dans le monde entier, mais il fait aussi l’objet de nombreuses critiques en raison de sa méthodologie. Il privilégie en effet la recherche en sciences exactes au détriment de l’enseignement, beaucoup plus difficile à quantifier. Il prend en compte parmi ses critères le nombre de prix Nobel attribués à ses anciens élèves ou à ses chercheurs, le nombre de médailles Fields (équivalent du Nobel en mathématiques), ainsi que le nombre d’articles publiés dans des revues exclusivement anglo-saxonnes comme "Nature" ou "Science".
Sans surprise donc, cette 10e édition du classement des 500 meilleures universités fait la part belle aux institutions américaines. Celles-ci trustent 17 des 20 premières places et comptent 146 établissements classés (contre 37 pour le Royaume-Uni et l'Allemagne, 34 pour la Chine et 20 pour la France).
Comme tous les ans depuis la publication en 2003 du premier classement établi par l'université Jiatong des communications de Shanghai, les prestigieuses universités américaines se taillent la part du lion, avec le tiercé gagnant composé de Harvard, Stanford et Berkeley.
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) est classé à la quatrième place et l'université britannique de Cambridge, premier établissement non-américain du classement, à la cinquième.
Cette année, comme en 2012, les université américaines écrasent la concurrence et s'arrogent dix-sept des vingt premières places.
Le premier établissement français, l'Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) est classé à la 37ème place, suivi de Paris Sud (XI) à la 39ème, de l'Ecole normale supérieure (ENS-Ulm) à la 71ème et de Strasbourg à la 98ème. L'Ecole Polytechnique figure quant à elle à la 212ème place.
Vingt universités françaises figurent en 2013 dans le classement de Shanghai qui en compte 500, le même chiffre qu'en 2012. Le classement de Shanghai est suivi et commenté dans le monde entier mais fait l'objet de nombreuses critiques en raison de sa méthodologie. Il privilégie en effet la recherche en sciences exactes au détriment de l'enseignement, beucoup plus difficile à quantifier. Il prend en compte parmi ses critères le nombre de prix Nobel attribués à ses anciens élèves ou à ses chercheurs, le nombre de médailles Fields (équivalent du Nobel en mathématiques) ainsi que le nombre d'articles publiés dans des revues exclusivement anglo-saxonnes comme "Nature" et "Science".
Réaction de la ministre de l'Enseignement supérieur
Le Royaume-Uni conserve deux établissements dans le top 10 (Cambridge 5ème et Oxford 10ème). A la 20ème place, l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich entre pour la première fois dans le top 20 (23ème l'an dernier).
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Geneviève Fioraso, a réagi estimant que "sans surprise", le classement de Shanghaï 2013 met en avant les universités anglo-saxonnes, car "les critères employés (leur) sont bien davantage adaptés".
Mme Fioraso relève que "l'accent (est) mis sur un faible nombre d'universités, les universités de recherche, sans prise en compte des recherches menées dans les organismes beaucoup plus développés en Europe et notamment en France, où le CNRS est au 1er rang mondial pour les publications scientifiques".
La ministre note aussi la "sous représentation, dans ce classement, des recherches en sciences humaines et sociales et la sur-représentation des recherches en science de la vie. En France, souligne-t-elle, celles-ci "sont menées en grande partie par les organismes de recherche: CNRS, INSERM, Direction des sciences du vivant du CEA, INRA, Ifremer, Institut Pasteur, CHU..."
La méthodologie chinoise
Immuablement, Harvard, Stanford, Berkeley et le MIT occupent le haut du tableau, suivis d'une institution britannique, l'université de Cambridge. Le premier établissement français arrive en 37e position. Il s'agit de l'université scientifique Pierre-et-Marie-Curie, qui gagne cinq places et dépasse Paris-Sud (39e), autre université scientifique. Également dans le top 100, l'ENS Paris (71e) et l'université de Strasbourg qui décroche la 97e place, grâce à l'un de ses chercheurs, le biologiste Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine en 2011. La médaille Fields, attribuée en 2010 au mathématicien Cédric Villani, permet quant à elle à l'ENS Lyon d'entrer dans le top 300. En revanche, Polytechnique et les Mines de Paris, prestigieuses grandes écoles, symbole de notre élitisme, ne font parler d'elles qu'au-delà du 201e rang pour la première, et du 401e pour la seconde.
Est-ce la raison pour laquelle la méthodologie chinoise est si largement controversée en France? Le classement de Shanghaï privilégie la recherche en sciences exactes, au détriment de l'enseignement et des sciences humaines et sociales, excepté l'économie. Sont ainsi recensés les prix Nobel et médailles Fields attribués aux chercheurs enseignants et anciens élèves, ainsi que les articles publiés dans des revues exclusivement anglo-saxonnes, comme Nature et Science. Une méthodologie indéniablement biaisée au vu des particularités françaises. Car les recherches menées au sein des grands organismes ne sont pas prises en compte. Le CNRS, pourtant, occupe le premier rang mondial pour les publications scientifiques.
«Je me félicite de la progression des universités françaises, bien que, contrairement au gouvernement précédent, grimper dans ce genre de classement ne soit pas notre objectif car ils ne rendent pas compte de notre niveau de recherche», a estimé de son côté Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur.
Est-ce à dire que les Français n'ont pas de leçons à tirer du classement de Shanghaï? Certains lui reconnaissent tout au moins le mérite d'avoir mis l'accent sur la paupérisation de l'enseignement supérieur et les écarts de financements entre les universités françaises, gratuites et non sélectives, et les institutions anglo-saxonnes. D'autres ont largement intégré la nécessité d'atteindre une «taille critique» pour grimper dans le classement et se faire une place sur la scène internationale. Aix-Marseille, fusionnée au 1er janvier 2012, apparaît ainsi dans le top 200, quand Marseille seule se situait, en 2003, au-delà de la 400e place.
Malgré les critiques, universités et grandes écoles se plient bel et bien à la loi des «rankings». Il en va de leur attractivité à l'échelle mondiale. Publié en septembre, le classement de la revue britannique Times Higher Éducation est lui aussi régulièrement dominé par les universités américaines et britanniques. Aussi l'Europe travaille-t-elle à une alternative qui devrait voir le jour en 2014. Baptisé «U-Multirank», ce «panorama» de 700 établissements se veut un outil au service des usagers, non un classement rigide. Quelle sera la place réservée à la France?
From : Atlantico , Figaro ,....