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La Russie, les Etats-Unis et l'Europe tentent d'imposer leur politique à coups de sanctions et contre-sanctions. Si la presse russe se veut rassurante sur les choix du Kremlin, la presse économique européenne craint le pourrissement des relations. Au désavantage de tous.

La Russie et l'Occident, se dirigent-ils tout droit vers une guerre commerciale ? Après l'annonce, le 7 août, du Premier ministre russe Dmitri Medvedev d'un "embargo total" sur la plupart des produits alimentaires européens et américains, la presse russe explique à ses lecteurs les nombreux avantages de renoncer aux importations de fruits, légumes, viandes, poissons, lait et produits laitiers en provenance des Etats-Unis, de l'Union européenne, d'Australie, du Canada et de Norvège pour l'année à venir.

"Les pertes de l'Occident n’excéderont pas 15 milliards de dollars [11,21 milliards d'euros], ce qui n'est pas une somme critique", note le journal en ligne russe Vzgliad.

Pour la Russie, non seulement renoncer aux importations ne va pas "appauvrir l’offre" ; dans un premier temps la niche sera même occupée par des importations de produits alimentaires d'Asie et d'Amérique latine, mais aussi du Kazakhstan et de Biélorussie [des alliés de la Russie au sein de l'Union douanière et de l'Union eurasienne], puis par des producteurs russes.

Faire revivre le fermier russe

Faire revivre le producteur et le fermier russe "est l'objectif principal des nos autorités en introduisant les sanctions", explique la publication. Le montant du soutien immédiat aux agriculteurs russes, promis par le Premier ministre Dmitri Medvedev le 8 août, est de 50 milliards de roubles (1 milliard d’euros). Mais la substitution aux importations alimentaires "devra être le premier pas sur la voie de la substitution aux importations dans tous les autres secteurs économiques", poursuit le titre. Pour qu’un tel tournant devienne possible, "la substitution aux importations doit d'abord s'opérer dans les mentalités, pour qu’on arrête de penser que "le meilleur se trouve en Occident" et qu’on est "incapable de faire des choses comme il faut".

"Condamnés à la perestroïka de notre modèle économique, nous l’entamons à partir du plus simple : le pain quotidien", se réjouit Vzgliad. Car l’indépendance c’est avant tout "l’autonomie et la sécurité alimentaire".

"La faiblesse de notre secteur agricole compensée par les revenus des exportations d’hydrocarbures est une situation qui a créé un marché alimentaire déformé",analyse le site du magazine Odnako. C’est pourquoi, s’il n’y avait pas les sanctions, "il aurait fallu les inventer". Avec ses alliés – le Kazakhstan, la Biélorussie,l’Arménie, le Kirghizistan et la Transdniestrie - la Russie "peut élever et produire tout ce qu’on veut". Pour "le sucre de canne, café et autres papayes", les importations d’Amérique latine et d’Asie du sud-est "feront l’affaire". Il en va "de la souveraineté alimentaire de l’Eurasie", et "tout changement de modèle économique en Russie dépasse ses frontières et concerne le continent dans son ensemble".

Qui est le méchant dans l'histoire ?

Une version dont le Financial Times se permet de douter. "L'embargo de Moscou fera mal également à la Russie", commente le quotidien de Londres. "Les consommateurs russes souffriront puisque le pays est un grand importateur", et notamment les ménages pauvres qui ne supporteront pas les hausses des prix, note le quotidien, qui conclut : "L'Occident devrait rester ferme et augmenter la pression sur la Russie si celle-ci envahit l'est de l'Ukraine."

Autre son de cloche en Allemagne. "L'erreur de l'Occident", s'alarme le Handelsblatt. L'erreur, selon le quotidien économique, c'est "la politique de l'escalade" dans laquelle Barack Obama a entraîné la chancelière allemande et l'Europe entière avec elle.

From : http://www.courrierinternational.com/article/2014/08/08/le-jeu-dangereux-des-sanctions?

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Tag(s) : #Stratégie - Défense - Relations Internationales
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