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Interrogé ce mardi matin sur l'emploi, Emmanuel Macron a-t-il commis un faux pas? Sur Europe 1, le nouveau ministre de l'Économie a indiqué qu'il souhaitait travailler à réduire le coût et le délai d'obtention du permis de conduire. Et de citer en exemple les salariées des abattoirs Gad, situés dans le Morbihan, placés en liquidation judiciaire.

«Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Pour beaucoup on leur explique: “Vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km.” Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien.»

L'emploi du qualificatif «illettrées» a suscité beaucoup de réactions. À commencer par les syndicats de Gad, qui sont tous montés au créneau. «Macron devrait revenir un peu sur le terrain», commente sur BFM-TV la secrétaire adjointe de FO dans le Finistère.

À droite, on raille l'attitude méprisante du ministre. Ainsi l'ex-députée UMP Valérie Debord:

Ou le député des Côtes d'Armor Marc Le Fur, qui n'hésite pas à faire un lien avec la polémique des «sans-dents».

Interrogé sur France Bleu, le député exige la démission du ministre. «C'est dans un contexte où les remarques méprisantes s'accumulent. Je crois que la fonction d'un

ministre n'est pas de traiter les gens de cette façon».

Dans l'après-midi, Emmanuel Macron a profité des questions au gouvernement pour présenter ses excuses. «Le premier regret, c'est pour les propos que j'ai tenus ce

matin si j'ai blessé, et parce que j'ai blessé des salariés. C'est inacceptable. Et ça n'est pas ce que je voulais faire», a-t-il déclaré devant les députés. «Je prenais cet

exemple parce que précisément, ces salariés n'ont pas eu la formation qu'ils étaient en droit d'attendre».

Le précédent Sapin

Le 18 février dernier, lors d'une séance au Sénat consacrée à l'examen du projet de loi sur la formation professionnelles, le ministre du Travail Michel Sapin avait

évoqué le cas des salariés de Gad. En des termes assez similaires à ceux d'Emmanuel Macron: «En Bretagne, j'ai discuté avec des gars de Gad. Pas facile, certains

sont illettrés...», avait lâché le ministre, comme en témoigne le compte rendu publié sur le site du Sénat. À l'époque, la phrase de Michel Sapin, prononcée dans un

cadre plus confidentiel qu'une première interview dans une matinale radio, était passée totalement inaperçue...

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A 34 ans, le secrétaire général adjoint de François Hollande est en première ligne sur les questions économiques.

C’est probablement le téléphone portable le plus saturé du Tout-Paris. Parler à Emmanuel Macron relève du parcours du combattant. Surtout ces derniers jours. A l’Elysée, ce jeune énarque, secrétaire général adjoint, est l’homme de la crise de l’euro et de tous les dossiers économiques. La loi organique et le traité européen, c’est lui. Le budget de 2013, c’est encore lui. «C’est notre interlocuteur à l’Elysée», confie un directeur de cabinet d’un des ministères à Bercy, qui assure échanger avec lui au moins trois à quatre fois par semaine, mais plutôt vers 1 heure ou 2 heures du matin. «C’est notre heure du thé à nous.» En ces temps de rigueur historique, le «petit Macron», comme on le surnomme, est devenu une pièce maîtresse dans le dispositif élyséen.

«Extraterrestre». C’est l’histoire de l’affolante ascension d’un jeune homme pressé. Celle d’un Julien Sorel d’un siècle où la haute finance est devenue l’antichambre du pouvoir politique. A 34 ans, Emmanuel Macron a déjà eu trois vies. A 25 ans, en tant qu’apprenti philosophe (thèse sur l’intérêt général, DEA sur Hegel, maîtrise sur Machiavel), il devient l’assistant de Paul Ricœur. Cinq ans plus tard, après un passage par l’ENA et l’Inspection des finances, il entre chez Rothschild & compagnie comme banquier d’affaires. Début 2012, il est nommé gérant et se retrouve à piloter l’un des plus gros deals de l’année (le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer). Un deal à 9 milliards d’euros qui lui permet de devenir illico millionnaire… Quelques jours plus tard, il entre à l’Elysée au poste de secrétaire général adjoint. «Et il n’était pas question pour lui de venir en tant que simple conseiller», raconte un proche.

«C’est un extraterrestre», reconnaît, dans un mélange d’admiration et de dépit, un banquier parisien qui a travaillé avec lui. Pourtant, l’homme ne vient pas d’une lointaine planète : il est le produit de cette incorrigible élite française, au parcours aussi rectiligne qu’attendu. En hypokhâgne au lycée Henri-IV, il est assis à côté de Jean-Baptiste de Froment, qui deviendra le conseiller éducation de Nicolas Sarkozy. A l’ENA, il se fait griller la première place au concours de sortie par Sébastien Proto, parti pantoufler chez Rothschild avant de rejoindre l’équipe de campagne de Sarkozy. A l’Elysée, il reprend le même bureau qu’avait occupé lors du quinquennat précédent François Pérol, lui aussi passé par la case… Rothschild.

«Séduction». Philosophe, banquier et conseiller du prince. Le tout à 34 ans. C’est presque trop beau pour être sincère. «J’aimerais quand même bien lui demander comment on passe d’assistant de Paul Ricœur à banquier chez Rothschild ?» s’interroge un conseiller à l’Elysée. Réponse de l’intéressé : «J’ai adoré la philosophie, j’étais profondément heureux pendant cette période, mais j’ai vite éprouvé le besoin d’action, d’être au contact d’un certain quotidien.» Mais pourquoi la banque ? «De toute façon, je ne me voyais pas rester dix ou quinze ans dans une même entreprise.» C’est Serge Weinberg, fabiusien et ancien patron de PPR, qui lui souffle l’idée d’aller se frotter à la banque d’affaires. Gagner de l’argent vite a pesé dans la balance, Macron le reconnaît : «L’idée était aussi de me mettre à l’abri financièrement. J’ai pas de goûts de luxe, ni de gros besoins, mais j’accorde beaucoup de prix à mon indépendance.» Son copain le strauss-kahnien Stéphane Boujenah, banquier comme lui (à Santander, à Paris), confirme : «Pour lui, l’argent n’a jamais été une question identitaire.» En débarquant dans les valises de François Hollande, Macron accepte de diviser son salaire par dix. Sans douleur.

Belle gueule de garçon propre sur lui, il est d’un commerce délicieux. En toutes circonstances et avec tout le monde. Sans distinction de classe et avec un naturel désarmant. C’en est presque louche. «Il est automatiquement en mode séduction», confirme la députée socialiste Karine Berger, qui a travaillé avec lui à l’élaboration du programme de François Hollande. «Sa grande force : savoir immédiatement ce que veut de lui son interlocuteur. Et le lui fournir sur un plateau», confie un banquier. Sans arrogance, ni cuistrerie, mais au service d’une ambition «illimitée», selon le mot d’un ami.

Dans une belle unanimité, tout le monde loue les qualités du jeune homme : une intelligence maligne, une capacité de travail de bûcheron et un don à faire circuler ses cartes de visite «plus vite que son ombre». C’est ce qui a fait son succès fulgurant en tant que banquier d’affaires. Sitôt nommé à la commission Attali sur la croissance, Macron, pas encore banquier, s’entiche de Peter Brabeck, le big boss de Nestlé. Cinq ans plus tard, il fera le deal entre Nestlé et Pfizer. «Il a réussi à construire une relation quasi filiale avec Brabeck alors que le personnage n’est vraiment pas commode», admire un banquier de la place. Un proche, (un jaloux ?) : «Emmanuel est un grand séducteur de vieux.» Moins par tactique que par une étonnante disposition psychologique. Un ancien de Henri-IV se souvient : «Il avait une maturité incroyable. Il était copain avec tous les professeurs de prépa et très peu avec nous.» Un an auparavant, au lycée, il tombe amoureux de sa professeure de français, de vingt ans plus âgée et mère de famille. Elle deviendra sa femme. Un copain raconte : «Un jour, il m’a confié que les jeunes l’ennuyaient.» Ce fana d’opéra assume : «Je ne suis pas enfermé dans mon âge.»

En politique, Macron, encarté au PS dès 24 ans, ne perd pas son temps à refaire le monde avec des trentenaires. Il saute une génération. Et se met très vite au service de François Hollande. Il le croise une première fois en 2006 autour d’un verre chez l’ami de toujours, Jean-Pierre Jouyet. Immédiatement, le courant passe. Ils se revoient épisodiquement. Puis très régulièrement à partir de 2010. Il ne pourra pas être dit que le banquier de Rothschild est venu au secours de la victoire de Hollande. Pour lui, c’était le député de Tulle ou rien. «J’étais convaincu que c’était l’homme de la situation après cinq ans de sarkozysme.Il a la France dans sa chair.» Tous deux sont du même bois. Un proche de Macron : «Comme Hollande, Emmanuel est à la fois sympathique, peu clivant et d’une grande plasticité idéologique.» De gauche, il l’est. Mais une gauche plutôt libérale, à cheval sur le rétablissement des finances publiques et le libre jeu du marché. Quand il apprend que son candidat a dégainé sa proposition de taxer à 75% les super-riches, il manque de s’étouffer et lâche : «C’est Cuba sans le soleil !» «Attention, corrige un proche de Hollande, Macron n’est pas un ectoplasme qui étouffe tout. Il veut vraiment faire bouger les choses. D’ailleurs, il a toujours soutenu Montebourg dans ses dossiers industriels.»

Étincelles. Ses premières semaines à l’Elysée ont été difficiles. «Il a eu un peu de mal à s’y faire», confie un ami. Son attelage avec Philippe Léglise-Costa, le conseiller Europe avec lequel il gère la crise de la zone euro, ne fonctionne pas. Question de style et d’ego plus que de fond. A Matignon comme à Berlin, on s’inquiète de ce duo qui fait des étincelles. Au début de l’été, Macron demande à avoir la tutelle sur Léglise-Costa. Il perd l’arbitrage. Et doit ravaler sa frustration. Ce qui ne manque pas de surprendre ses proches: «S’il y a bien un truc qu’il déteste, c’est quand on vient lui marcher sur les pieds», se souvient un collègue de Rothschild.

Reste la question de son réel pouvoir au sein de la machine élyséenne. Personne, en tout cas, n’évoque un François Hollande sous influence. «Ce serait difficile, vu que le chef de l’Etat connaît par cœur les questions budgétaires», sourit un conseiller. «C’est quelqu’un qui aide le Président à prendre des décisions, à éclairer ses choix. Mais il défend assez peu de vraies positions politiques», dit un conseiller à l’Elysée. Karine Berger confirme : «Il n’a pas de vrai discours de conviction, mais il est très sensible au jeu de pouvoir entre les personnes.» Réponse de Macron : «Je n’aime pas être enfermé dans une case. J’aime comprendre et faire. Et les situations compliquées. Ici, j’ai la chance de participer à une action collective qui cherche à avoir du sens.» Un ami va droit au but : «Je suis sûr qu’au fond de lui, il rêve de devenir président de la République.»

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Au fait, il faisait quoi chez Rothschild, Emmanuel Macron ?

Avant de devenir ministre de l’Economie, le jeune énarque a travaillé dans les bureaux feutrés de la banque d’affaires. C’est dans cet établissement au cœur du pouvoir qu’il s’est acoquiné avec les patrons français.


On lui accordera le sens du timing. Emmanuel Macron devient banquier d’affaires [PDF] en septembre 2008, dix jours seulement avant la chute de Lehman Brothers. Le jeune homme n’a alors que 30 ans et va gagner en quelques années seulement, malgré les soubresauts de la crise financière, son surnom de « Mozart de la finance ».

Macron fait partie de ces énarques satinés qui décrochent très vite de jolies fonctions dans le privé, plutôt que de poursuivre dans l’administration ou les cabinets ministériels. Après sa sortie de l’Ena (Ecole nationale d’administration), il a passé plusieurs années à « l’Inspection » (générale des Finances) tout en s’attirant les bonnes grâces de l’économiste Jacques Attali, qui le recommandera à François Henrot, le bras droit de David de Rothschild.

Macron intègre donc Rothschild & Cie qui est, avec sa concurrente Lazard, l’archétype de la banque d’affaires. On y rentre stagiaire avant de gravir les échelons, frayant à travers les powerpoints, les tableaux Excels et les nuits qui n’en finissent plus dans des bureaux feutrés. « Analyst », « manager », « assistant director », puis « director », « managing director » et « partner ». Des années de travail pour accéder au Graal.

« Un des meilleurs »

Le jeune énarque saute allègrement quelques étapes du cursus honorum. En deux ans, Macron est catapulté associé-gérant de la banque familiale – la crème de la crème. A en croire ceux qui ont travaillé avec lui, cette ascension fulgurante était amplement justifiée par ses qualités. Joint par Rue89, François Henrot ne tarit plus d’éloges sur son ancienne recrue :


« Avec ce mélange, rarissime, surtout à un si jeune âge, de rapidité intellectuelle, de puissance de travail, de sûreté dans le jugement et de charme, il aurait été, s’il était resté dans le métier, un des meilleurs en France, sans doute même en Europe. »

Le charme fonctionne si bien que les quelques aigreurs provoquées par son arrivée soudaine sont vites oubliées. Macron progresse rapidement, n’hésite pas à questionner ses collègues sur certains outils financiers.

Le jeune homme va conseiller de grandes entreprises dans leurs opérations de fusions-acquisitions. Il lui faut maîtriser des connaissances – juridiques, comptables, financières et fiscales – qu’il n’a pas forcément. Mais il apprend.

« Le mimétisme sert de guide »

Dans la banque, la « fusacq » est considérée comme la voie royale des affaires. C’est de la haute voltige, qui demande de la réactivité, des réseaux et une grande tolérance à la caféine. Ce secteur cristallise tout l’imaginaire du business et de l’ambition. On y travaille tard pour des clients exigeants, sous la pression de montants importants. Il n’est pas rare qu’une opération fasse la une des journaux. Sur un gros coup, un jeune loup peut très vite sortir de l’anonymat.

Le but ? Dégager de nouveaux horizons et conclure les deals (dans le jargon, on parle « d’exécution » et ce n’est pas anodin) : vendre une filiale, fusionner avec une entreprise. Quand des emplois sont en jeu, on appelle ça des « doublons ».

L’abondance de chiffres façonne fatalement un vision particulière de l’entreprise. D’aucuns en feront un élément à charge contre le nouveau ministre de l’Economie, même si un manager, qui a travaillé avec Macron, tient à préciser que les banquiers s’intéressent aussi « aux hommes ».

Dans son passionnant livre-enquête « Rothschild, Une Banque au pouvoir » (Ed. Albin Michel, 2012), Martine Orange cite Macron qui reconnaît lui-même que les analystes sont parfois aveuglés par leurs habitudes :


« Le métier de banquier d’affaires n’est pas très intellectuel. Le mimétisme du milieu sert de guide. »


Dossiers, stabilos et « beauty contest »

Pour ceux qui tiennent le coup, le quotidien est peuplé de dossiers et de stabilos. Un associé doit tout savoir sur les entreprises et les secteurs qu’il laboure. Il lui faut lire les revues spécialisées (Agefi, Merger market, etc.), préparer les réunions et s’assurer que les présentations sont étincelantes de clarté. L’essentiel étant d’entretenir la confiance avec ses clients.

Tout cela, les rescapés de la « fusacq » vous le racontent avec profusion d’anglicismes. En « M&A » (Mergers and Acquisitions), il y a les « beauty contest » (mini-appels d’offres passés par une entreprise à l’attention de diverses banques) et le démarchage de « mandats » (des opérations demandées par les clients). Mais chacun retrouve son plus beau français lorsqu’il s’agit de vanter la culture d’entreprise de Rothschild, réputée peu tapageuse et familiale.

Selon François Henrot, la structure collégiale imposerait de fait une certaine retenue :


« Dans une commandite simple comme la nôtre, une faute d’un associé peut engager la responsabilité solidaire et illimitée de tous... d’où l’importance du choix d’un nouvel associé. Pour Macron, la décision a été unanime, immédiate, évidente. »

Dans cet environnement, Macron, le jeune qui plaît aux vieux, rencontre sa première heure de gloire. Il décroche ses premiers « mandats » – le critère de réussite dans les affaires.

Après de multiples rencontres avec Peter Brabeck, le patron de Nestlé croisé à la commission Attali, le banquier parvient à piloter le rachat des laits infantiles de Pfizer. La baston avec Danone est dantesque. La transaction est évaluée à neuf milliards d’euros. Grâce à son coup, Macron va se mettre « à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours ». C’était en 2012.

Le futur ministre de l’Economie s’est également occupé de Presstalis, de Sofiprotéol et de la reprise de Siemens IT par Atos, dirigée par l’ancien ministre de l’Economie Thierry Breton. Il est à chaque fois « conseiller acquéreur ». Vers la fin de sa courte carrière de banquier, il s’intéresse particulièrement à l’agroalimentaire. Chez Rothschild, les associés-gérants n’ont pas de secteurs explicitement dédiés, mais chacun entretient ses clients et ses marottes.


Le secret, c’est le secret

Une partie de son temps est dédiée à « l’influence ». Ainsi, il conseille « bénévolement » la société des rédacteurs du Monde (SRM), lorsque le trio Bergé, Niel et Pigasse s’apprête à reprendre le quotidien (dont les propriétaires sont aujourd’hui les mêmes que Rue89). La SRM demande à repousser la date de dépôt des offres.

Matthieu Pigasse, de la banque Lazard, est persuadé que David de Rothschild – proche de Nicolas Sarkozy et d’Alain Minc (qui ne l’est pas ?) – essaie de lui faire des crocs-en-jambe. Macron dément, mais il reste soupçonné de favoriser Prisa, un groupe espagnol, qu’il conseillera un an plus tard lors d’une restructuration financière.

Macron s’est-il un jour planté ? Quelles sont les autres sociétés pour lesquelles il a travaillé ? « Le secret, c’est le secret. » Chez Rothschild, consigne a été donnée de ne pas bavarder. Au lendemain de la nomination d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie, les collaborateurs de la banque sont assaillis par les médias et s’en tiennent à l’image du jeune génie de la finance, du mec sympa.

En effet, le charme est essentiel. Dans son livre, la journaliste Martine Orange raconte la fureur d’Edouard de Rothschild, à la fin des années 80, quand il découvre dans la presse un mariage entre deux entreprises. Comment se fait-il que la banque ne soit pas au courant ? Les affaires doivent voir converger « tous les bruits, les projets, les rumeurs ». Des années plus tard, rien n’a changé.

Propre sur soi, à l’image de Macron, la banque Rothschild est aussi – bien qu’elle s’en défende – très liée au milieu politique, tout comme sa concurrente Lazard. Tissées par des études communes et des amitiés forgées dans les cercles du pouvoir, ces liaisons fructueuses en font parfois « des ministères bis de l’Industrie et de l’Economie. » Le nom de Rothschild a d’ailleurs longtemps charrié des images d’empire financier, ce qui poussera les socialistes à nationaliser la banque en 1982. La nomination de Macron au gouvernement n’en est que plus ironique.


« La banque du Président »

Lorsqu’il arrive chez Rothschild, Emmanuel Macron est déjà bien introduit. Il fréquente Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée qui ce mardi a annoncé avec un sourire sa nomination au ministère, ou encore Jacques Attali (grâce à la commission du même nom). Mais François Henrot tient à préciser qu’il n’a pas recruté un « carnet d’adresses ». Si Emmanuel Macron connaît aujourd’hui les principaux patrons français, il a dû s’appuyer à l’époque sur la réputation de la banque pour s’ouvrir des portes.


La citation qui tue
Avant d’être nommé ministre, Emmanuel Macron a eu de jolies phrases :
•« Aujourd’hui, je ne suis pas prêt à faire les concessions qu’imposent les partis, c’est-à-dire à m’excuser d’être un jeune mâle blanc diplômé, à m’excuser d’avoir passé des concours de la République qui sont ouverts à tout le monde. » (Rue Saint Guillaume, avril 2010)
•« [Il faudrait] sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas. » (Le Point, août 2014)

Avant Emmanuel Macron, c’est François Pérol qui incarnera ces accointances politiques en devenant secrétaire général adjoint de l’Elysée, après avoir travaillé chez Rothschild.

L’entregent de Rothschild est démultiplié au point que le Nouvel observateur titrera « La banque du Président ».

On pourrait aussi citer Sébastien Proto (de la même promo de l’Ena que Macron), qui a été directeur de cabinet d’Eric Woerth, Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur, ou Grégoire Chertok, proche de Jean-François Copé. Nicolas Sarkozy gravitera aussi un temps dans le giron de la banque.

A chaque changement de gouvernement, Rothschild réussit donc à placer quelques collaborateurs dans les petits papiers du pouvoir. On appelle cela « se mettre au service ». Macron est un ancien, mais il perpétue la tradition. Et il a laissé de tellement bons souvenirs que les banquiers ne sont pas prêts de l’oublier.

From : le Figaro ,rue 89,.........

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2014/09/17/25002-20140917ARTFIG00166-macron-cree-la-polemique-en-qualifiant-les-salariees-des-abattoirs-gad-d-illettrees.php

http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/28/fait-faisait-quoi-chez-rothschild-emmanuel-macron-254442?

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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