Explosion du déficit des collectivités locales.
L'endettement des collectivités locales a bondi, entre 2012 et 2013, de 3,7 à 9,2 milliards d'euros, soit 10 % du déficit public français, selon un rapport du ministère des finances qu'a pu consulter le Journal du dimanche (JDD).
Selon ce document, intitulé « état des finances locales », cette explosion du déficit des communes, intercommunalités, régions et départements, est liée à une augmentation des dépenses liées à des embauches et au recours à l'emprunt.
BAISSE DES DOTATIONS DE L'ETAT
La masse salariale des collectivités territoriales a ainsi augmenté de 3,1 % en 2013 après avoir déjà crû de 3,5 % en 2012. Les dépenses d'investissement ont,elles, augmenté de 8,1 % en 2013, « un taux jamais égalé depuis 2009 » selon le journal.
Cette hausse s'explique aussi par le fait que, subissant des baisses de dotation de l'Etat – qui vont atteindre 3,7 milliards en 2015 – les collectivités ont dû davantage puiser dans leur épargne et avoir recours à l'emprunt pour investir.
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10 millions de dollars par jour pour frapper l’État islamique : combien de temps les États-Unis et la France en auront-ils les moyens ?
Les opérations lancées contre l’État islamique en Syrie et en Irak restent pour l'instant exclusivement aériennes, ce qui ne les empêche pas d'être coûteuses. Les autorités américaines ont rendu public le montant moyen de ce nouveau théâtre d'opération : il se chiffrerait, dans sa tranche haute, à 10 millions de dollars par jour. La France, pour sa part, a plus de mal à donner une évaluation précise.
Atlantico : Les Etats-Unis, dans leur lutte contre l'Etat islamique, ont déclaré dépenser quotidiennement, pour assurer leurs frappes, entre 7 et 10 millions de dollars. Les observateurs estiment que selon l'intensité de l'intervention, elle pourrait coûter entre 13 et 22 milliards de dollars par an. La première puissance économique mondiale a-t-elle les moyens d'une campagne aussi coûteuse ?
Philippe Chapleau : Une remarque tout d'abord par rapport aux chiffres annoncés, les Américains raisonnent en termes de coûts globaux, et non en termes de surcoûts.
Ils ont déjà – hors opération – des porte-avions, des bases accueillant des escadrons complets de chasseur-bombardiers, ils le comptent. Or, même sans être en opération, les avions voleraient, les personnels seraient payés, il y aurait donc forcément un coût fixe.
Après, bien sûr, en termes de ce qui est effectivement dépensé en plus dans le cadre de cette opération, cela reste conséquent puisque les Etats-Unis engagent actuellement environ 720 appareils (de combat ou ravitailleur), on est certainement dans un budget de plusieurs millions de dollars par semaine. Cependant, les Etats-Unis vivent, militairement, sur leurs réserves car les équipements ont souvent été commandés il y a plusieurs années, ils ont été payés, et ils n'engagent pas forcément de dépenses supplémentaires pour mener leur action sur le terrain. Après, si l'opération dure plusieurs mois, il faudra de nouveau remettre la main au portefeuille. Mais pour l'instant, ils sont loin d'être dans le manque, et d'ailleurs, ils nous fournissent du matériel.
Même si l'intervention de la France est bien plus réduite, et cantonnée à l'Irak seulement, que sait-on de ce qui est dépensé pour cette nouvelle opération extérieure ? Cette opération, pourtant réduite pour l'instant, est-elle "coûteuse" eu égard du budget français ?
Pour l'instant, les surcoûts sont modestes. La France a encore une présence assez réduite dans cette opération, il y aura bientôt neuf Rafale, plus un avion de ravitaillement, un avion de surveillance et une frégate. C'est relativement modeste. Nous utilisons de plus des infrastructures déjà existantes – notre base aux Emirats arabes unis – ce qui n'entraîne pas de surcoûts puisqu'elle existe indépendamment de l'opération. Les premiers Rafale qui ont commencé l'opération étaient déjà stationnés là-bas. Cela n'a rien de comparable avec les opérations au Mali ou en Centrafrique.
Alors que les Etats-Unis jouent la carte de la transparence, en France, l'opacité reste de mise. Pourquoi cette position si l'opération n'est finalement pas si coûteuse ?
Nous manquons encore de recul, nous n'avons commencé l'opération que depuis 15 jours. C'est donc un peu compliqué, même pour de simples projections, car le coût des armements, qui ont une durée de vie limitée et nécessitent de la maintenance, peut fluctuer. De plus, le ministère de la Défense français a encore beaucoup de mal à calculer finement le coût d'une opération extérieure. Même si les outils comptables sont en train d'évoluer, cela reste quelque chose de compliqué.
Malgré les frappes, les troupes d'EI continuent de progresser face à une armée irakienne et à des forces kurdes qui ne parviennent pas à repousser les islamistes. L'engagement pourrait donc être durable. Y a-t-il un risque d'inflation des coûts si l'opération s'enlise ? Aurions-nous les moyens d'une intensification des moyens qui pourrait faire ressembler cette opération à Sangaris ou à Barkhane ?
Admettons que l'opération traîne ou soit peu efficace – car nous ne sommes pas dans une guerre "classique" avec un affrontement frontal – et si le gouvernement français décide d'augmenter l'emprise aérienne, maritime, voire terrestre, alors on commencerait à se rapprocher d'une opération comme celle que l'on a menée en Afghanistan, ou dans la bande sahélienne.
Les coûts seraient évidemment beaucoup plus importants. Est-ce que nous en sommes financièrement capables ? Je pense que oui. Est-ce que ce serait raisonnable ? Sûrement pas.
Pour vous donner une idée, les projections qui ont déjà été faites pour l'ensemble des opérations extérieures en 2014 montrent une dépense de 1,1 milliard d'euros alors que la loi de finance prévoyait 450 millions d'euros, ce qui fait donc un dépassement de 650 millions d'euros… Il va donc falloir trouver cette somme. Le ministère de la Défense va évidemment contribuer, mais il existe des clauses de solidarité interministérielles qui obligeront les autres ministères à mettre au pot. Si ces derniers étaient prospères et avaient des cagnottes, cela irait, mais ce n'est bien sûr pas le cas. A la fin, ce sera toujours le budget de l'Etat qui en pâtira.
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2000 milliards de dette et tout le monde s’en fout
La France a franchi, mardi soir, le seuil des 2000 milliards de dette et ça ne choque personne. D’abord au gouvernement mais aussi dans la classe politique : c’est tout juste si ça ne fait pas rigoler. Quant à l’opinion publique, vu que l’on ne lui a rien expliqué, elle ne bronche pas. En fait, il n’y a que les vieux grincheux de la Cour des comptes pour s’en inquiéter.
La dette publique a atteint 2023,7 milliards d’euros au second trimestre, soit 95,1% du PIB. C’est l’Insee qui publie le chiffre. Le gouvernement pensait atteindre les 2000 milliards à la fin de l’année 2014, c’est raté. A Noël, il faudra ajouter 30 ou 40 milliards de plus.
Ces chiffres sont absolument incroyables car ils ne représentent plus rien et personne ne s’y intéresse. Pourtant ces 2000 milliards représentent 28.000 euros de dette par Français en moyenne. Chaque bébé nait avec un emprunt sur le dos, ça fait cher le berceau !
Au prix actuel, cette dette représente 50 années de recettes fiscales, à supposer que l’on accepte encore de payer des impôts à ce moment-là. Ce qui est affligeant, c’est que nous empruntons de l’argent pour que nos enfants, petits-enfants le remboursent. C’est indécent.
Si encore cette dette avait payé des autoroutes, des chemins de fer, des médicaments contre le Sida ou Ebola… Mais non, cet argent a servi à faire la fête. On paie des fonctionnaires, on n’éteint pas l’électricité dans les bureaux et on dégage, en brulant ces milliards, du gaz carbonique qui perce la couche d’ozone. Donc, non seulement on les endette, mais avec cette dette on leur empoisonne l’atmosphère.
Mais alors, pourquoi trouvons-nous toujours à emprunter ? Pourquoi y-a-t-il encore des banques assez folles pour nous prêter de l’argent quand elles baissent le rideau dès qu’il faut couvrir un découvert d’artisan ?
Tout simplement parce que la France est un pays très riche en patrimoine et que nos préteurs se disent qu’en cas de pépins, ils viendront s’installer dans les châteaux et ils pourront vendre les bijoux. Il y a une deuxième raison moins rigolote.
On trouve de l’argent très facilement parce que la France représente un risque systémique. S’il fallait déclarer la France en faillite, la planète toute entière exploserait. Ce serait pire que Lehman-Brothers. Donc, on nous finance en demandant au régisseur en chef de faire des efforts de redressement. François Hollande dit qu’il fera ces efforts mais ne les fait pas et donc, ça continue.
Autrefois, un chef d’entreprise assez facétieux disait à qui voulait l’entendre, "si vous faites des dettes, essayez d’en faire de très grosses. Si vous faites de petites dettes, la banque vous tient. Si vous faites de grosses dettes, c’est vous qui tenez la banque." En fait, François Hollande fait d’énormes dettes pour paralyser les banquiers. Malin, finalement le Président…
Comment fera-t-on pour rembourser ? On ne fera pas. On ne remboursera pas. On réinventera le principe de la rente perpétuelle. On rééchelonnera et en attendant on sera humilié et pauvre. Il nous restera comme à Venise des châteaux de la Loire que les riches Chinois ou Africains viendront visiter en jet privé pilotés par les petits-enfants des pilotes de l’ancienne compagnie Air France qui se sera écrasée sur une montagne de privilèges financés par la dette publique. Tout se tient.
Donc, tout le monde s’en fout parce que tous ceux qui gouvernent aujourd’hui seront morts. John Maynard Keynes, l’économiste jouisseur que le monde entier a adoré pendant 50 ans pour avoir inventé l’inflation et la spéculation financière, raisonnait toujours à court terme.
Un jour, un de ses élèves lui demande pourquoi tous les raisonnements économiques qu’il faisait étaient à court terme alors que la création de richesses engage des générations entières. Sa réponse ? "A long terme mon petit on sera tous mort !" Cet économiste a impacté la pensée économique des social-démocraties pendant 50 ans. A priori il a encore de l’influence.
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La dette publique de la France a augmenté de 28,7 milliards au printemps pour atteindre un pic de 2.023,7 milliards fin juin, a annoncé l’Insee ce mardi.
C’est officiel depuis ce mardi matin. La dette publique de la France dépasse les 2.000 milliards d’euros. Ce seuil symbolique a été franchi au cours du deuxième trimestre, a annoncé l’Insee. Très précisément, la dette a augmenté de 28,7 milliards au printemps pour atteindre un pic de 2.023,7 milliards fin juin. Rapportée à la richesse nationale, elle se monte désormais à 95,1 % du PIB.
Doublement en dix ans
Comme toujours, ces chiffres sont à interpréter avec prudence : le Trésor émettant beaucoup de titres au premier semestre pour sécuriser son programme, la dette est souvent moins dynamique ensuite et baisse même souvent au troisième trimestre. Reste que le cap des 2.000 milliards met en lumière l’emballement de la dette au cours des trente dernières années. Fruit de l’accumulation des déficits, la dette publique est en hausse quasi-continue depuis 1981. Le cap des 1.000 milliards ayant été franchi en 2003, elle a donc doublé en dix ans.
« La France, qui était au-dessous de la moyenne de la zone euro, l’a progressivement rattrapé autour des années 2000, constate COE-Rexecode. Rapportée au PIB, elle est très proche de la moyenne de la Zone euro et évolue à peu près de la même manière depuis 2007 ». En revanche, elle diverge de plus en plus de l’Allemagne. Alors que leurs poids étaient proche en 2010, « le poids de la dette publique en France sera en 2014 supérieur de 20 points de PIB à celui de l’Allemagne », note encore COE-Rexecode.
Proche des 98 % de PIB en 2015
Désormais, c’est le seuil d’une dette dépassant les 100 % de PIB qui se profile. Selon nos informations, le projet de loi de Finances pour 2015, qui sera présenté mercredi matin, devrait inscrire une dette publique approchant les 98 % de PIB l’an prochain . Mais le gouvernement veut croire qu’un pic sera alors atteint et que la dette commencera à refluer très légèrement en 2016 et 2017. L’agence de notation Moody’s a déjà fait savoir qu’elle n’y croyait pas, voyant la dette dépasser le seuil des 100 % du PIB et ne commencer son reflux qu’en 2018.
Réagissant à la publication de l’Insee, Bercy a très vite indiqué que « la France bénéficie de la confiance des investisseurs, ce qui permet à l’Etat mais aussi aux entreprises et aux particuliers d’emprunter à des taux très bas ». Mais plus la dette monte et plus une éventuelle remontée des taux sera problématique
France Stratégie se penche sur le haut niveau de dépenses en France.
Plus de 80 % de l’écart à la moyenne européenne vient des dépenses sociales.
Des marges d’efficience possibles dans la santé et l’enseignement secondaire.
Cap sur les économies ! Pour réduire le déficit et enrayer la spirale d’une dette en passe de franchir les 2.000 milliards d’euros, le gouvernement promet de tourner le dos aux hausses d’impôts et d’agir exclusivement par des économies dans les dépenses publiques. A première vue, des marges existent : la France est l’un des trois champions européens de la dépense publique, avec 56,6 % de la richesse nationale dépensée par l’Etat, les collectivités locales et les administrations de Sécurité sociale en 2012. C’est environ 12 points de plus qu’en Allemagne et 7 points de plus que la moyenne de la zone euro !
Pour déterminer les leviers d’économies possibles, encore faut-il connaître les politiques publiques pour lesquelles la France dépense plus que ses voisins. Protection sociale, santé, enseignement, ces trois postes expliquent à eux seuls « plus de 80 % de l’écart à la moyenne européenne », constate France Stratégie, le think tank rattaché à Matignon et présidé par l’économiste Jean Pisani-Ferry dans une étude que dévoilent « Les Echos ».
Surconsommation de médicaments
Pour la protection sociale, l’écart vient des retraites : la France y consacre l’équivalent de 13,8 % de son PIB, 5 points de plus que le Royaume-Uni et 4,5 de plus que l’Allemagne. Dans l’enseignement, l’écart vient du secondaire, avec des dépenses qui se montent à 2,4 % du PIB, là où « la Suède y consacre presque moitié moins ». Dans la santé, la France se distingue par une surconsommation de médicaments. « Les dépenses de défense, de protection de l’environnement et de loisirs, culture et cultes sont aussi supérieures à la moyenne en France, mais de façon nettement moins significative », pointe l’étude.
Les secteurs dépensiers maintenant identifiés, reste encore à comprendre pourquoi et à juger de l’efficacité de ces dépenses. « Les dépenses “vieillesse” sont le reflet d’une forte socialisation des dépenses de retraite », rappelle France Stratégie. En Suède et au Royaume-Uni, par exemple, les dépenses privées (fonds de retraite des entreprises notamment) représentent respectivement 20 % et 45 % du total. L’écart tient aussi au fait que l’âge effectif de sortie du marché du travail est en France « parmi les plus bas des pays de l’OCDE ».
Dans l’enseignement secondaire, le niveau des dépenses ne s’explique pas par un nombre d’enfants particulièrement élevé, constate l’étude. Problème, elles ne paraissent pas non plus très efficaces, au regard de certains critères qualitatifs, comme le taux de diplômés, taux de décrochage et classement Pisa, pour lesquels la France obtient, par exemple, de moins bons résultats que l’Allemagne, qui dépense pourtant 35 % de moins par élève…
« L’une des raisons, souvent avancées pour justifier le coût de l’enseignement secondaire français, est la pratique du redoublement. Cette pratique est non seulement coûteuse (près de 2 milliards par an dans l’enseignement obligatoire) mais inefficace », juge le rapport. Par ailleurs, les dépenses par élève du secondaire sont supérieures de 21 % à la moyenne de l’OCDE alors que celles du primaire sont inférieures de 17 %. Une allocation des dépenses qui peut surprendre sachant que « les inégalités et les difficultés observées en France naissent dès l’école maternelle et tendent à perdurer dans le primaire ». Dans la santé, enfin, « des marges d’efficience existent dans l’organisation des soins (médecine ambulatoire peu développée) et dans notre surconsommation de médicaments », note le rapport.
Enseignement secondaire, santé et, dans une moindre mesure, les retraites sont donc les trois secteurs identifiés par France Stratégie comme des sources potentielles d’économies.
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La crise n’explique pas tout
Mais l’économiste signale aussi que la France est entrée dans la crise avec un déséquilibre budgétaire déjà relativement élevé, du fait des politiques de relance du gouvernement Jospin et des réductions d’impôts au début du quinquennat Sarkozy : selon lui, « la crise a aggravé un phénomène qui existait déjà ».
Rapportée au revenu national, la dette publique atteint 95,1 % du PIB à la fin du deuxième trimestre, soit 1,1 point de plus qu’au trimestre précédent. Dans un contexte de croissance atone et d’inflation extrêmement réduite, Bercy table sur un déficit public de 4,4 % du PIB cette année, après 4,2 % en 2013, et le budget 2015, qui doit être présenté aujourd’hui, devrait confirmer un reflux très modeste, à 4,3 %. Un déficit que le pays doit financer en empruntant, donc… en s’endettant plus. « La politique menée par le gouvernement, qui repose à la fois sur un assainissement des finances publiques avec un programme d’économies et sur une stratégie de croissance avec le CICE et le pacte de responsabilité, doit permettre de stopper la croissance de la dette », affirme Bercy.
La France s’est engagée à économiser 21 milliards d’euros l’an prochain. Après les annonces, lundi, concernant les branches famille et santé de la Sécurité sociale, le gouvernement détaille aujourd’hui les efforts demandés à l’État et aux collectivités locales. Mais à court terme, avec une production qui stagne, le ratio dette/PIB va mécaniquement continuer à augmenter.
Certains économistes jugent même désormais inévitable qu’il atteigne 100 % en 2016 ou 2017, niveau déjà atteint ou dépassé par plusieurs pays européens, dont la Grèce, Chypre et le Portugal, ainsi que l’Irlande, l’Italie et la Belgique. L’Espagne a annoncé, hier, qu’elle franchirait à son tour cette barre en 2015.
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