Jean Tirole, Nobel d'économie d'un pays en crise ? "Le paradoxe français"
Si les éditorialistes expriment leur fierté à voir un Français recevoir le prix Nobel d'économie, ils soulignent le paradoxe de la consécration survenant dans un pays en crise.
Jean Tirole, consacré prix Nobel d'Economie 2014 pour son "analyse de la puissance du marché et de la régulation"
Le Nobel d'économie de Jean Tirole, après celui de littérature pour Patrick Modiano, remplit la presse française de fierté même si les éditorialistes soulignent mardi 14 octobre le "paradoxe" d'une consécration survenant dans un pays en plein marasme.
"A travers Patrick Modiano et Jean Tirole, nous voilà clairement réhabilités : la France n'est pas cette nation rabougrie dont la culture se serait éteinte et le génie dilué", s'enorgueillit "La Dépêche du midi" sous la plume de Jean-Claude Souléry. "Le Nobel est Toulousain" ne manque d'ailleurs pas de titrer le quotidien de la Ville rose.
"Cette péninsule à l'extrémité de l'Eurasie n'est pas seulement capable de ne fabriquer que de la neurasthénie à la finlandaise. La France sait aussi créer, inventer, innover", se félicite également Philippe Waucampt dans "Le Républicain lorrain".
"La France sait tout de l'économie ??? mais.."
Mais une fois exprimée la satisfaction de voir la France récompensée deux fois la même année par l'académie suédoise, la presse relève le drôle de contexte de cette prestigieuse récompense.
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"Il s'agit d'une 'fierté' (dixit François Hollande), autant que d'un paradoxe. Car, jamais la situation intérieure n'aura paru aussi mauvaise", remarque Philippe Marcacci dans "L'Est républicain".
"Il y a une certaine ironie à voir la France gratifiée d'un prix Nobel d'économie, alors même qu'elle risque de voir son budget retoqué par la Commission européenne ! De la distance entre théorie et pratique...", ajoute Daniel Muraz dans "Le Courrier picard".
Ce qui fait dire à Jean-Louis Hervois de "La Charente libre" que "la France sait tout de l'économie mais elle semble trop souvent ne rien y comprendre".
"Les mauvaises langues auront vite pensé que les Français savent mieux parler économie que la gérer", estime Patrice Chabanet dans "Le Journal de la Haute-Marne".
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Pour "L'Alsace" et Raymond Couraud, "aux yeux de l'étranger, le Nobel de Jean Tirol sonne un peu comme le prix Sakharov des droits de l'Homme, que l'on décerne chaque année à un dissident incompris et maltraité dans son pays".
Car, "il est vrai qu'avec 2.000 milliards d'euros de dette, la France n'est pas à la veille d'obtenir le prix Nobel des bonnes économies", conclut Jacques Camus "La Montagne/Centre France".
Tirole, Piketty, Saez... Pourquoi nos grands économistes n'inspirent-ils pas nos politiques ?
Ils sont écoutés à l'étranger mais boudés dans leur propre pays. Notamment par les énarques qui trustent les cabinets...
"Après Patrick Modiano, un autre Français au firmament : félicitations à Jean Tirole ! Quel pied-de-nez au french bashing !" Manuel Valls peut se féliciter du prix Nobel d'économie attribué, mardi 13 octobre, au président de la Toulouse School of Economics.
Pourtant, malgré la prestigieuse distinction reçue, ses propositions pour réformer le marché du travail, avec comme idée phare l'instauration d'un contrat unique, n'ont pas été entendues ni sous la présidence Sarkozy, ni sous celle de Hollande.
De la même manière, Emmanuel Saez et Thomas Piketty, autres économistes français reconnus, trouvent plus de moyens pour travailler aux Etats-Unis qu'en France et même l'oreille de Barack Obama. Alors pourquoi les économistes ne sont pas pris en considération en France
From : NouvelObs,..............