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Nutrivigilance : les Compléments alimentaires ... inutiles ?

L'Anses, a présenté les résultats d'une étude sur ces gélules consommées par un Français sur cinq. Gare à leur interaction avec d'autres médicaments !
Le message adressé par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) qui présentait un bilan de sa mission de nutrivigilance lancée en 2010. Cette dernière a pour objectif d'identifier d'éventuels effets indésirables liés à la consommation grandissante de compléments alimentaires et de certains autres produits, comme les boissons énergisantes.

« Cette offre ne cesse de se développer avec des produits qui revendiquent des effets contre le petit coup de fatigue ou la perte de cheveux. Le problème est que beaucoup les considèrent comme anodins. Ce qui n'est pas le cas », insiste Marc Mortureux, directeur général de l'Anses. Depuis la mise en place de son dispositif, l'agence a reçu plus de 1 500 signalements d'effets indésirables, émanant essentiellement des professionnels de santé (médecins, pharmaciens, diététiciens...). Parmi eux, 76 % sont liés à la consommation de compléments alimentaires, ces gélules, comprimés, ampoules... qui contiennent notamment des vitamines, des nutriments ou des plantes. Ils s'adressent en priorité aux personnes pouvant présenter des carences transitoires (grossesse, régime, fatigue hivernale...) mais pas seulement.

Selon l'Anses, qui lance un appel à la vigilance, ce n'est pas tant le produit qui pose problème que l'interaction avec d'autres médicaments, le non-respect du dosage ou encore l'absorption de produits qui ne sont pas compatibles avec son état physiologique, l'allergie à une plante par exemple. Plusieurs centaines de cas d'intoxications ont ainsi été signalés.

Ils sont dans le collimateur
Les 1 565 signalements qui ont été remontés auprès de l'Anses ont donné lieu à une dizaine d'avis de l'agence, mais pas que sur les compléments alimentaires.

Les boissons énergisantes. Ce sont des sodas qui ont une teneur élevée en caféine. Associées à la pratique sportive ou à une consommation d'alcool, elles peuvent générer des accidents cardiaques chez les consommateurs porteurs de prédispositions génétiques et généralement non diagnostiquées.

La levure de riz rouge. Présente dans certains compléments alimentaires anticholestérol, cette levure contenant des substances proches des statines peut notamment exposer les consommateurs à des atteintes musculaires ou hépatiques.

La synéphrine. On la trouve par exemple dans l'écorce d'orange amère (ou citrus) et dans des compléments alimentaires ayant une visée minceur. L'Anses déconseille de l'associer à la caféine, à l'activité physique, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez votre enfant.

Le thé vert. Peu de cas ont été signalés (17), toutefois pour les hépatites qui se seraient manifestées après la consommation de compléments alimentaires avec du thé vert, « presque la moitié des cas sont d'imputabilité vraisemblable ou très vraisemblable. Dans ce contexte, il convient de poursuivre une surveillance attentive », précise l'agence. Peu de risques concernant votre mug de thé vert au petit déjeuner ou après le repas : un seul cas est remonté et concerne une consommation excessive de ce breuvage à la mode.

Les boissons végétales à la place du lait maternel.

Aux amandes ou au soja, l'Anses montre que ces boissons, dans leur grande majorité, ne permettent pas de couvrir les besoins nutritionnels des nourrissons de moins de 1 an

« Contre la fatigue, certains contiennent de l'iode. Or, si vous avez des problèmes de thyroïde, c'est contre-indiqué. Le millepertuis, qui est considéré comme un antidépresseur naturel, eh bien, il diminue l'efficacité de la pilule contraceptive et ne peut pas être administré si vous prenez des anticoagulants », prévient-elle. Alors, oui, les compléments alimentaires ne sont décidément pas des bonbons.

La polémique sur les compléments alimentaires n'est pas nouvelle. Mais une récente étude vient en rajouter une couche. Menée sur près de 80 000 adultes français et publiée dans un bi-mensuel spécialisé, le British Journal of Nutrition, elle révèle que non seulement ces compléments alimentaires (magnésium, vitamines B6 et C, fer, calcium, zinc...) ne sont pas forcément efficaces mais qu'ils peuvent aussi s'avérer nocifs. Voici pourquoi :

Une alimentation variée et équilibrée suffit

Selon cette étude, conduite par des chercheurs français de plusieurs organismes (Inserm/Cnam/Inra/Université Paris13), les personnes qui prennent des compléments alimentaires consomment plus d'aliments bio, et ont globalement une alimentation et un mode de vie plus sains (non-fumeurs, plus d'activité physique...). En substance, ils pourraient peut-être économiser leur argent et se passer de ces compléments.

D'une façon générale, "nous ne recommandons pas la prise de compléments, mais plutôt une alimentation variée conforme aux recommandations du Programme national nutrition santé", relève l'un des auteurs.

Le risque d'interférence avec certains traitements n'est pas négligeable

Les compléments alimentaires peuvent interférer de façon indésirable avec des médicaments, confirme l'étude. Elle cite à l'appui un travail récent qui a évalué en détail 1 491 interactions entre 213 compléments alimentaires et 509 médicaments. La prise de bêta-carotène (un précurseur de la vitamine A) peut par exemple contribuer à réveiller des tumeurs latentes chez les fumeurs. Mais ce sont les médicaments ayant pour cible le système nerveux central ou cardio-vasculaire pour lesquels le plus d'interactions indésirables avec les compléments alimentaires ont été décrites.

En outre, selon Mathilde Touvier, qui a dirigé ces travaux, "des compléments alimentaires à base de produits naturels sont particulièrement contre-indiqués chez les patients atteints de cancers gynécologiques (gattilier, DHEA, trèfle rouge, luzerne, soja, igname sauvage), du sein (gattilier, DHEA, trèfle rouge, luzerne, soja, igname sauvage, cohosh noir), de cancer de la prostate (gattilier, DHEA, trèfle rouge, huile de lin) et de leucémies (échinacée)".

Un rappel qui n'est pas inutile, quand on sait que plus d'un quart des femmes et 15% des hommes prennent régulièrement des compléments alimentaires sans conseil médical, dans environ dans la moitié des cas. Objectif : se donner coup de pouce pour lutter contre la fatigue, notamment en plein hiver. Mieux vaut, visiblement, miser sur l'alimentation plutôt que d'avaler des gélules ou des ampoules. Les accros peuvent au moins consulter le Vidal spécial compléments alimentaires pour savoir où ils mettent les pieds


Dispositif national de nutrivigilance
Le dispositif de nutrivigilance est un système de veille sanitaire dont l'objectif est d'améliorer la sécurité du consommateur en identifiant rapidement d'éventuels effets indésirables liés, notamment, à la consommation de compléments alimentaires ou de nouveaux aliments. Ce dispositif unique en Europe a été mis en place en 2009.

La mise en œuvre du dispositif national de nutrivigilance a été confiée à l'Agence en juillet 2009 par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires.
L'objectif de ce dispositif est d'améliorer la sécurité du consommateur en identifiant rapidement d'éventuels effets indésirables liés à la consommation :
de compléments alimentaires
d'aliments ou de boissons enrichis en substances à but nutritionnel ou physiologique (vitamines, minéraux, acides aminés, extraits de plantes,…) comme les boissons énergisantes,
de nouveaux aliments et nouveaux ingrédients comme les phytostérols, la gomme de guar, le jus de noni,
de produits destinés à l'alimentation de populations particulières (nourrissons, sportifs, patients souffrant d'intolérance alimentaire, …)


La mise en place de la nutrivigilance a été motivée par :
l’augmentation régulière de la consommation des compléments alimentaires depuis quelques années ;
la présence d’ingrédients pharmacologiquement actifs dans certains produits ;
l’enregistrement de signalements d’effets indésirables par les systèmes de vigilances non spécifiquement dédiés à l’alimentation (pharmacovigilance, toxicovigilance,…)
le contexte déclaratif préalable à la mise sur le marché des compléments alimentaires .

Après une phase pilote de vigilance sur les compléments alimentaires en 2009 et 2010, l'Anses a étendu ce dispositif à l'ensemble des produits.

Comment déclarer ?

Qui déclare ?


Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, diététiciens,…) qui identifient des effets indésirables chez leurs patients.
Les producteurs et les distributeurs, dans le cadre des disposition prévues à l’article L.221-1-3 du code de la consommation.
Les personnes souhaitant faire une déclaration à titre individuel sont invitées à prendre contact avec un professionnel de santé.

Où déclarer ?


Sur le site internet de la nutrivigilance en remplissant le formulaire en ligne. La télédéclaration est un moyen rapide et fiable de réaliser un signalement de nutrivigilance.
Il est également possible de télécharger une fiche de déclaration et de la renvoyer complétée à l'Anses par mail, télécopie ou voie postale.

Qu'est ce qu'un effet indésirable lié à une denrée alimentaire ?


C'est une réaction nocive se produisant dans les conditions normales d'emploi ou résultant d'un mésusage.
Il est préférable de remplir précisément la fiche de déclaration afin de caractériser au mieux l'effet indésirable signalé.

Que deviennent les signalements ?


Les déclarations sont enregistrées par l'Anses en préservant l'anonymat du consommateur.
Elles sont ensuite analysées par la cellule de nutrivigilance de l'Anses avec l'appui d’experts médicaux.
Après consultation du comité d'experts spécialisés en Nutrition humain, appuyé par le Groupe de travail Nutrivigilance, les conclusions de ces analyses sont remises aux ministères concernés afin qu'ils mettent en œuvre des mesures de gestion appropriées.
En fonction du nombre de cas reçus, de leur gravité et de leur imputabilité, l’Agence peut décider de s’auto-saisir pour mener une évaluation des risques liés à la consommation de certains produits, voire de certains ingrédients.

Sur les 282 signalements qui concernaient les compléments alimentaires, et exploitables par les experts, la majorité des effets indésirables déclarés étaient des troubles hépatiques (19,9%), gastroentérologiques (18,4%), d'ordre allergique (16%), neuropsychologiques tels que des tremblements de l'anxiété ou des vertiges (12%) et cardio-vasculaires (9,9%).

Pour 71 % des usagers, le consommateur est une femme. Les principaux effets indésirables recensés par l'agence sont principalement des troubles du foie, digestifs et allergiques. Car beaucoup sont pris en effet sans conseil médical, achetés directement dans les rayons des supermarchés, voire sur Internet.


Un adulte sur cinq mais aussi un enfant sur dix en consomment au moins occasionnellement.

Plus d'un quart des femmes et 15% des hommes prennent régulièrement des compléments alimentaires sans conseil médical, dans environ dans la moitié des cas.

From : France TVInfo ,..............

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Tag(s) : #Santé - Bien - être
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