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A Bordeaux, le piège tendu par les sarkozystes a fonctionné. Et la candeur de l'ex-Premier ministre inquiète les élus qui veulent se rallier à lui. Juppé, lui, pense, déjà à sa revanche.


On n'humilie pas impunément Alain Juppé. Surtout lorsque l'humiliation est perpétrée aux yeux de tous et en sa baronnie de Bordeaux. Sur ses terres... Où il n'était plus chez lui. Hué, sifflé, ridiculisé par la foule ameutée sous l'oeil matois et moqueur de Nicolas Sarkozy qui jubilait du spectacle de cette déconfiture publique de celui que les médias présentent comme "l'homme de l'année", alors qu'il ne serait plus, lui, l'ancien Président, que le perroquet déplumé des années passées. Et il était où "le moins pire de tous" selon les Inrocks? Dégarni comme un pin des landes en pleine tempête... Mais debout sous les vents contraires tourbillonnants.

Blême, crispé, dépassé par cette contestation imprévue de sa modération comme de son souci de rassemblement. Surpris une nouvelle fois par cette violence brute qui chez "Nicolas" l'a toujours sidéré. Contraint de subir, incapable de réagir, d'imposer un coup d'éclat qui aurait cloué le bec des merles siffleurs et de ce moqueur qui se permettait de ridiculiser son âge avancé. Pire encore : c'est sur ses terres que l'insolent annonçait qu'il participerait aux futures primaires. Avec un sourire vorace qui lui était destiné.


"Je n'ai pas l'âme sensible"

Ultime mortification qu'il ne lavait qu'aux grandes eaux d'un bain de foule pris, bouillant, immédiatement auprès de ses administrés choqués et soucieux de se rassurer comme de le réconforter."Tenez bon..", lançaient-ils. Et lui de se redresser avant de répliquer "Je n'ai pas l'âme sensible". Comme si tant d'avanies le libéraient de ses ultimes réticences et bienséances. C'est ce qu'on devrait voir...

Alain Juppé ne s'est en effet pas jeté dans le Rubicon pour faire demi-tour parce que l'eau est trop froide à son goût ou trop chaude et qu'elle l'ébouillante. Il ira jusqu'au bout parce que l'heure, son heure, est venue. Mais sans attendre maintenant qu'on aille le chercher ni qu'on lui serve le succès comme un festin. Dans ce cas-là, on ne récolte que des miettes. La leçon bordelaise, cinglante le rappelle aux cruelles réalités qu'il esquivait encore.

Cela faisait des semaines et des semaines que certains de ses proches l'alertaient sur la nécessité impérieuse de "faire de la politique de base". Structurer. Organiser. Mobiliser. Mettre en place les réseaux intellectuels mais pas que...Les soutiens financiers ont été requis. Les technos et les penseurs aussi. Mais les élus ont été insuffisamment travaillés. Trop de hauteur, voire d'arrogance encore.

Il refuse de "faire de la politique salement"

"Juppé nous calcule pas", se plaignent agacés ces parlementaires UMP peu désireux de repiquer à ce sarkozysme qu'ils trouvent encore plus caricatural et odieux que celui d'hier, déjà peu à leur goût. Mais le juppéisme leur paraît encore si amateur qu'il va falloir les convaincre, et ce sera dur, "qu'un homme chahuté en son fief est capable de ne pas l'être en France". La conduite de Bordeaux les a salement glacés.

Juppé en personne va devoir les bouchonner, les réchauffer. Les convaincre d'une détermination plus professionnelle. Il jure qu'il y est désormais résolu, qu'il va venger l'affront... Pour autant, il refuse toujours de "faire de la politique salement". Alors peut-on gagner proprement? Ses adversaires n'auront pas ces scrupules...

Ce n'est pas la seule question délicate à laquelle Alain Juppé est confronté avec encore plus d'acuité aujourd'hui qu'hier! Celle de sa ligne politique qu'il veut plus ouverte alors qu'une partie importante de la droite se ferme et se radicalise toujours plus sous la triple influence de Sarkozy, du mouvement anti-mariage pour tous et du succès de Marine Le Pen!

Le vrai enjeu ? L'organisation des primaires

"Je ne changerai pas". Il le répète. Le martèle. Fier. Ses convictions comme des drapeaux, qu'il brandit alors que d'autres les lâchent et se contorsionnent pour déguiser en habileté des abandons. "L'homme d'Etat est celui qui affirme ses convictions et ne recule pas devant la foule", affirme-t-il à l'unisson avec Bruno Le Maire en visant Sarkozy qui masque ses reculades en avancée d'audace!

La différence dans l'électorat droitier se ferait là, sur cette capacité à se tenir droit et non pas seulement à droite sur l'immigration, la sécurité ou l'alliance avec le centre de François Bayrou. Mais cette affirmation d'une plus grande autorité et dignité qu'exige la magistrature suprême ne suffira pas à contrer la force vitale du sarkozysme qui demeure en dépit de ses faux pas et de son aigre bilan.

La bataille se jouera donc très concrètement sur les primaires, sur leur ouverture réelle aux électeurs du centre, voire de gauche modérée. Ces derniers seront-ils bloqués soit par une déclaration des valeurs à parapher qui serait d'un sectarisme éhonté, soit encore par une participation financière préalable au vote qui se révèlerait dissuasif. Alain Juppé dans ces détails-là "peut se révéler un chien" vous assurent ses proches. Mais il ne suffira pas d'aboyer. il faudra mordre au sang

From : Challenges ,.......

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UMP : Le Maire, candidat préféré des Français

Bruno Lemaire et préféré par un Français sur deux pour diriger l'UMP
Selon un sondage, les Français préféreraient que ce soit Bruno Le Maire et non Nicolas Sarkozy qui soit élu à la présidence de l'UMP.

Si Nicolas Sarkozy a toujours la faveur des sympathisants de l'UMP pour la présidence du principal parti de droite en France, les Français en général lui préfèrent son ancien ministre Bruno Le Maire, selon un sondage Odoxa pour i>Télé et Le Parisien.

Sur 1.012 personnes interrogées jeudi et vendredi, 48% disent souhaiter voir Bruno Le Maire élu à la présidence de l'UMP le 29 novembre prochain, contre 34% pour l'ancien chef de l'Etat et 12% pour le député Hervé Mariton.

Parmi les seuls sympathisants de l'UMP, Nicolas Sarkozy arrive en tête avec 63% d'avis favorables contre 31% pour son ancien ministre et 5% pour Hervé Mariton.

Mais il perd du terrain : le 21 octobre, 71% des sympathisants de l'UMP disaient souhaiter le voir élu à la présidence du parti contre 26% pour Bruno Le Maire.

Un désaveu pour l'ancien président de la République ?

S'il se confirmait lors du vote des militants de l'UMP, "ce score de 63% serait certainement interprété comme un désaveu pour l'ex-chef de l'Etat, dont l'entourage tablait initialement sur un score triomphal à plus de 85%", estime le président d'Odoxa, Gaël Sliman. "Pour Nicolas Sarkozy, il est sans doute grand temps que l'élection ait lieu."

L'ancien chef de l'Etat, battu par François Hollande lors de l'élection présidentielle de 2012, veut faire de son élection à la présidence du parti un tremplin pour la reconquête de l'Elysée en 2017

From : Les Echos ,.........

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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