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"Pauvre France"

 

Les Anglo-saxons adorent le "french bashing". Ce mardi, le Wall Street Journal en remet une couche avec une tribune signée de John Vinocur, un habitué du genre.


Un vieux proverbe français est encore d'usage dans l'Hexagone : "Le ridicule ne tue pas". Cette maxime trouve une belle illustration dans la gestion par la classe politique de la situation économique de la France. C'est du moins la vision très pessimiste que décrit le journaliste John Vinocur dans une tribune publiée ce mardi 18 novembre par le Wall Street Journal.

Curieusement, celui qui fut longtemps rédacteur en chef du International Herald Tribune (rebaptisé en octobre 2013 International New York Times) réserve ses nouvelles productions -il est un grand adepte du "french bashing"- au quotidien américain, dont l'audience est, il est vrai, plus large.

Et dans cette tribune, il explique à des lecteurs, qui n'ont déjà pas une haute idée de la France, combien notre pays, incapable de se réformer, est enlisé "dans des théories conspirationnistes et enivré d'anti-américanisme".

 

Le succès désolant du livre d'Eric Zemmour

Selon lui, cette France "à la dérive, hystérique et bafouillante", laisse grandir les ambitions politiques de Marine Le Pen et de son parti d'extrême-droite, le Front National. Il affirme que les Français eux-mêmes entretiennent aveuglement ce pessimisme à l'égard de leur pays, comme en atteste le succès du livre d'Eric Zemmour intitulé Le Suicide Français, vendu aujourd'hui à plus de 500.000 exemplaires.

Pour mémoire, dans cet essai, l'écrivain défend la thèse d'un affaiblissement progressif de  la Nation française depuis 1970. A travers un discours très réactionnaire, il s'attèle à réhabiliter le régime de Vichy et par la même occasion le pétainisme. Il déguise les faits historiques et prétend que Pétain aurait sauvé des Juifs en France en sacrifiant "les Juifs étrangers". Son objectif est également de dénoncer tous ceux qui seraient responsables de la crise. Parmi les prétendus "coupables", il n'hésite pas à nommer les féministes, les activistes antiracistes, les immigrés, les homosexuels et bien d'autres encore.

John Vinocur s'en inquiète: "Voilà un pays de lecteurs et d'orateurs en plein trouble". Selon lui, un sondage rendu public le mois dernier montre même que les Français, tout en ayant une mauvaise opinion d'Eric Zemmour, le considèrent comme un homme éloquent, courageux et intelligent. Et ils ne sont qu'un minorité à le qualifier de démagogue et raciste...

 

 

L'incompétence de la classe politique

La classe politique n'est pas plus inspirée d'après cet éditorialiste : "L'économie est en stagnation et le chômage à 11%, et la France n'est pas aidée par l'incompétence de plus en plus flagrante des politiques au pouvoir". John Vinocur justifie cette critique acerbe en rappelant la bourde du président Hollande lors de son intervention télévisée le jeudi 6 novembre : le président de la République a affirmé que l'âge de départ à la retraite était de 62 ans, et sera de 63 ans en 2030. Or, il passera en réalité de 60 à 62 ans seulement en 2017 (d'après la réforme des retraites d'Eric Woerth en 2010) et ne sera point de 63 ans en 2030.

De plus, l'ancien rédacteur en chef s'empare de l'affaire Fillon-Jouyet pour condamner l'ambiance conspirationniste qui règnerait au plus haut sommet de l'Etat. Ce scandale a éclaté lors de la publication du livre de deux journalistes du Monde, Sarko m'a tuer. Les auteurs de l'ouvrage prétendent que François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet, l'actuel secrétaire général de l'Élysée, de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy pour ne pas "le laisser revenir".

Des révélations qui font bien entendu les affaires de Marine Le Pen, qui ne cesse de dénoncer la corruption de la majorité de la classe politique.

 

L'absence cruelle de réformes décisives

Dans le même temps, John Vinocur rappelle que Nicolas Baverez, célèbre théoricien et analyste du déclin français,  a déclaré que la politique menée par Hollande avait rendu notre pays malade, impossible à gérer, et dangereux pour l'avenir de l'euro.

D'où cette question de l'ancien journaliste du New York Times: "quand et comment cela va-t-il prendre fin ?" Selon lui, sûrement pas avec le président actuel, incapable de faire voter "des réformes décisives qui remettent en cause l'esprit dépassé des trente-cinq heures socialistes".

"La seule chose que peut faire le président Hollande actuellement, c'est de donner l'impression qu'il détient le pouvoir en refusant la livraison des Mistral à la Russie" explique le correspondant américain à Paris. Cela apparaîtrait comme un durcissement de la politique étrangère de la France, mais surtout comme un soutien au discours occidental dominant qui critique les agissements russes en Ukraine et l'accuse de vouloir revenir à la carte de l'Europe de l'après deuxième guerre mondiale.

 


L'hypocrisie politique

Or, comble du ridicule pour John Vinocur, être considéré comme la marionnette des Etats-Unis est historiquement plus dévalorisant pour les politiques français qu'être vu comme l'ami de la Russie. Ainsi, Marine Le Pen a exprimé sa sincère admiration à l'égard de Vladimir Poutine, et Nicolas Sarkozy s'est lui prononcé en faveur de la livraison des porte-hélicoptères Mistral à notre compère russe : "Ce que je n'accepte pas, c'est de suspendre la livraison des Mistral d'une manière pitoyable la veille du sommet de l'OTAN ( qui a eu lieu en septembre) juste parce que le président des Etats-Unis vous le demande".

Personne n'est dupe du stratagème. C'est ce même Sarkozy qui se prétendait, lors de la course à la présidence en 2006, sincère ami des Américains, et qui vilipendait la brutale annexion de la Géorgie par la Russie. Aujourd'hui, le discours est bien différent : "La Russie est un partenaire naturel de la France". Notre correspondant new-yorkais s'en étonne : "Même après le déploiement des forces aériennes et de missiles à capacité nucléaire dans la province annexée de Crimée?"

D'où sa conclusion, faussement attristée : "Pauvre France".

 

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Des pauvres de plus en plus pauvres, et de moins en moins visibles, selon un rapport

http://www.liberation.fr/societe/2014/11/06/des-pauvres-de-plus-en-plus-pauvres-et-de-moins-en-moins-visibles-selon-un-rapport_1137360


Distribution de nourriture dans un Distribution de nourriture dans un "Resto du Coeur"

Les pauvres sont de plus en plus pauvres, mais la solitude et l’isolement les rendent de moins en moins visibles, témoigne le Secours catholique, qui attire l’attention sur les seniors précaires et les hommes seuls, dans son rapport annuel publié jeudi.

En 2013, l’association a apporté une aide à 1.477.000 personnes dont 692.000 enfants.

«La pauvreté s’intensifie. On rencontre davantage de personnes avec un niveau de vie de plus en plus faible», a expliqué à l’AFP Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique.

En moyenne, les bénéficiaires disposent d’un revenu de 515 euros par mois et par unité de consommation, soit 17 euros par jour, bien en dessous du seuil de pauvreté (987 euros) et du seuil de très grande pauvreté (651 euros). Et 16% n’ont aucune ressource.

Les personnes seules représentent 40% des bénéficiaires, devant les familles monoparentales (30%) et les couples avec enfants (24%).

Si les jeunes sont majoritaires, la part des plus de 50 ans ne cesse d’augmenter. «La paupérisation des seniors s’accentue, avec pour premières victimes les femmes qui n’ont pas connu le plein emploi» et disposent donc de pensions très faibles, précise M. Thibaud, avec un revenu moyen de 618 euros.

Ces seniors font partie de «ces pauvretés qu’on ne voit plus», explique le Secours catholique.

Autre précarité silencieuse: les hommes seuls. Jeunes, migrants, grands exclus ou pères célibataires, ce sont ceux qui ont le moins de revenus, avec en moyenne 437 euros par mois. 28% n’ont aucune ressource.

Ils sont particulièrement victimes du mal-logement. Près de la moitié ne vivent pas chez eux mais chez un proche, en centre d’hébergement, en squat ou à la rue. «Dans l’accès au logement, la priorité est donnée aux femmes et aux enfants», souligne Bernard Thibaud.

 


- Un repas par jour -
Ces hommes seuls souffrent aussi d’un très fort isolement. «Beaucoup se replient sur eux-mêmes et ont une moindre connaissance de leurs droits», explique-t-il.

D’autant qu’ils ont peu de prestations sociales. C’est le cas d’Anthony Knobloch, jeune père de 36 ans, qui vit près de Vannes. Au chômage, il se retrouve dans «une situation catastrophique» depuis sa séparation d’avec la mère de son fils de 2 ans, Augustin, dont il a obtenu la garde alternée. «Mais toutes les aides de la caisse d’allocations familiales vont à la mère», dénonce cet opticien de métier.

Lui qui «avant, avait tendance à mépriser les gens qui sont dans l’assistanat», fait désormais ses courses à l’épicerie solidaire du Secours catholique, car en plus de son loyer et de ses charges, il doit rembourser les anciens prêts et dettes de son couple.

Mais difficile de trouver du travail s’il faut payer une nourrice. Couches, lait, légumes, vêtements, toutes ses dépenses sont destinées à son fils. «Je ne veux pas qu’il souffre de ma situation», explique Anthony, qui ne prend, lui, qu’un repas par jour. Il a déjà perdu plus de 5 kg.

Outre les besoins d’écoute et d’aide alimentaire, beaucoup de précaires viennent aussi demander une aide financière au Secours catholique, pour payer leur loyer ou leurs dépenses d’énergie.

Car la précarité énergétique, autre «pauvreté invisible», gagne du terrain. «On a une hausse des impayés d’énergie. Les gens doivent choisir entre se nourrir et se chauffer», déplore M. Thibaud.

En Loire-Atlantique, Nathalie, 40 ans, a fait appel au Secours catholique à la suite d’une facture EDF de «2.400 euros», liée au chauffage électrique de sa maison mal isolée. Depuis, «on n’allume plus les radiateurs, on se chauffe avec la cheminée» et «quand on n’a plus de bois, on trouve des palettes», explique cette mère de trois enfants, dont le mari est en invalidité.

Avec un petit salaire dans la grande distribution et un dossier de surendettement, la famille a aussi fait appel aux Restos du Coeur. «Quand il n’y a pas de tuile, on s’en sort», affirme Nathalie.

 

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Les SDF en France, une population en augmentation, selon l'Insee ... des enfants SDF

 

 

En 2012 la France comptait 112.000 SDF, dont 31.000 enfants, dans les moyennes et grandes agglomérations, un chiffre en hausse de 44% en 11 ans, selon l'Insee.


Ils dorment dehors ou dans des structures d'hébergement, sont en majorité étrangers et parfois travaillent: en 2012 la France comptait 112.000 SDF, dont 31.000 enfants, dans les moyennes et grandes agglomérations, un chiffre en hausse de 44% en 11 ans, selon une étude de l'Insee.

Dans son "Portrait social de la France", rendu public mercredi, l'Insee dévoile la "grande diversité" de la population de sans-domicile en France, à partir d'une enquête sur les personnes ayant fréquenté les services d'hébergement ou de restauration dans les agglomérations de plus de 20.000 habitants, au premier trimestre 2012.

 

Les personnes dites sans-domicile sont celles privées de logement personnel, qui dorment dans un endroit non prévu pour l'habitation (rue, jardin public, gare, squat, etc.) ou sont hébergées dans des centres d'urgence ou d'autres structures pour des durées plus longues.

Cette population, généralement mal connue, avait fait l'objet d'une première enquête en 2001: depuis, le nombre de SDF a augmenté de 44%, pour s'établir à 81.000 adultes, accompagnés de 31.000 enfants. Le chiffre ne couvre pas toute la réalité des sans-domicile, certainement plus nombreux, si l'on inclut notamment ceux qui ne fréquentent aucun service d'hébergement ou de restauration, et ceux vivant dans des communes rurales ou de moins de 20.000 habitants.

Selon l'enquête, une majorité de sans-domicile (55%, 45.000 personnes) sont nés à l'étranger, dont plus de la moitié dans un pays d'Afrique (Maghreb et Afrique sub-saharienne), souvent francophones. Parmi les 16.000 non-francophones, deux tiers sont nés dans un pays d'Europe de l'Est ou en ex-URSS.


En 2012 la France comptait 112.000 SDF, dont 31.000 enfants, dans les moyennes et grandes agglomérations, un chiffre en hausse de 44% en 11 ans, selon l'Insee © Thomas Coex AFP/Archives
C'est une population en majorité jeune et masculine, mais les femmes (38%) et les enfants sont de plus en plus nombreux, en particulier parmi les SDF nés à l'étranger: 40% sont accompagnés d'enfants, contre seulement 16% pour les sans-domicile nés en France.

 


- 10% de sans-abri -

La population de SDF est très présente dans les grandes agglomérations, et seuls 10% vivent dans les villes de 20.000 à 200.000 habitants. L'agglomération parisienne concentre à elle seule autant de sans-domicile que l'ensemble des agglomérations de plus de 200.000 habitants.

Les mieux lotis (30%, en majorité des familles) sont hébergés dans un logement fourni par une association et un tiers bénéficie de places dans des centre d'hébergement collectif où l'on peut rester la journée.

Près de 4 SDF sur 10 vivent dans des conditions plus précaires, dans des centres qu'ils doivent quitter tous les matins sans être assurés de retrouver une place le soir ou dans des hôtels. Et 10% sont sans-abri. Une proportion qui monte à 14% en région parisienne, en raison du nombre croissant de sans-domicile et de la pression immobilière.

Parmi les 66.300 SDF francophones interrogés de manière plus approfondie par l'Insee, une grande majorité (86%) disent avoir vécu dans leur enfance au moins un événement douloureux lié à l'environnement familial (problème de santé grave, handicap, décès d'un parent). En outre, un quart d'entre eux ont été placés en famille d'accueil ou en foyer dans leur enfance.

Sans surprise, les sans-domicile disposent de ressources mensuelles très faibles: 80% ont moins de 900 euros par mois, et 30% n'atteignent pas 300 euros. Plus des trois quarts sont inactifs ou au chômage et, plus inattendu, 24% travaillent, mais occupent souvent des emplois à temps partiel, peu qualifiés et précaires. Ils sont majoritairement employés ou ouvriers, et 22% n'ont aucun contrat de travail.

Plus de 4 SDF sur 10 n'a jamais vécu dans un logement personnel indépendant. Et pour ceux qui en ont déjà eu un, 35% l'ont perdu à causes de difficultés familiales (séparation, décès du conjoint, violences conjugales), 30% en raison de problèmes financiers (perte d'emploi, loyers trop élevés, expulsions, etc.).

 

 

 

 

 

From : Challenges ,Libération ,le Point ,...................

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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