Start-up, jeunes entreprises : comment gérer vos dettes ?
Pour les start-up, les dettes ne sont pas toujours évidentes à gérer, surtout quand arrivent les premières échéances. Les entrepreneurs doivent donc faire en sorte d’anticiper les difficultés. Oui, mais comment ? Voici les conseils de Julien Tokarz, président d'honneur de l’Ordre des experts-comptables région Paris-Île-de-France
Est-il possible, pour une start-up, de ne pas s’endetter ?
Julien Tokarz: Toute start-up qui se lance ne peut éviter de créer de la dette. Car pour développer sa croissance, il lui est nécessaire d’investir. Mais celle-ci doit être maîtrisée. Il y a effet différents types de dettes, qui correspondent à des projets à court, moyen et long terme. D’un entrepreneur à l’autre, le risque ne sera pas le même. Par ailleurs, il est souvent difficile, pour les entreprises, de s’appuyer uniquement sur les banques. Ces dernières ne prennent que rarement des risques surtout lorsque les taux sont bas, comme aujourd’hui.
Mis à part le réseau bancaire, quels sont les leviers qu’un entrepreneur peut activer ?
Au démarrage d’une entreprise, c’est la règle de la “débrouille” qui prime. Dès lors, il s’agit de trouver d’autres mécanismes de financement pour faire face à cette dette. Je pense notamment à la “love money” et aux business angels. Des levées de fonds qui font entrer les investisseurs dans le capital de l’entreprise
Il est également important de solliciter des prêts d’honneur de la part d’organismes comme Initiative France, France Active, etc … qui prêtent à taux zéro avec un remboursement étalé. Il est en outre toujours possible de négocier la date de la première échéance. La Banque Publique d’Investissement (Bpifrance) propose aussi des dispositifs de financement intéressants. Il ne faut pas négliger non plus la participation à des concours d’entreprises. Attention tout de même, cela peut prendre beaucoup de temps, avec des retombées aléatoires quand il s’agit surtout de faire face à des problèmes de trésorerie. Les plateformes de crowdfunding (financement participatif) peuvent aussi être d’excellentes solutions pour financer un projet.
Qu’en est-il des sociétés d’affacturage ?
Il est possible de faire appel à ces sociétés d'affacturage pour le paiement des factures en retard. Il faut cependant savoir que tous les dossiers présentés ne seront pas acceptés. Mais une fois un dossier pris en compte et même si la situation se rétablit, les entrepreneurs ont l’obligation de laisser à la société d’affacturage le traitement des factures liées au client en question. Sur du long terme, cette solution reste coûteuse.
En cas de réelles difficultés, à quels organismes les entrepreneurs peuvent-ils demander de l’aide ?
Il existe la “Médiation du crédit”, relayée par la Banque de France. Il s’agit d’un service gratuit et rapide qui va permettre de négocier avec les partenaires financiers afin de rééchelonner la dette, sous réserve toutefois de ne pas être en cessation de paiement. En cas de difficultés avec les fournisseurs, les entrepreneurs peuvent aussi recourir à la “Médiation Inter-entreprises”. Le centre d’information sur la prévention (CIP) peut également être un recours utile pour trouver des solutions adaptées à leurs difficultés.
Comment les entrepreneurs doivent-ils anticiper les difficultés ?
Pour une meilleure visibilité, il est bon d’établir un prévisionnel de trésorerie sur douze mois et de le comparer mois par mois à l’évolution du chiffre d’affaires. Ce suivi régulier permet de déceler les décalages et d’en comprendre les raisons. Et aussi de prendre les bonnes décisions. Cette “remise à plat” peut se faire avec un expert-comptable. Les difficultés s’anticipent en étant attentifs à l’attente des clients, aux évolutions technologiques… Les réseaux d’entrepreneurs ne sont pas à négliger non plus.
Pour aller plus loin :
-les-aides.fr : une plateforme d’informations des Chambres de Commerce et d’Industrie sur les aides, les concours et les appels à projets destinés aux entreprises.
-www.euroquity.com/fr : la plateforme d’intermédiation mise en place par Bpifrance pour favoriser la mise en relation entre les entreprises et les investisseurs.
From : les Echos
http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/diriger-une-entreprise/index.php