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Après le camp Juppé, les proches de Fillon refusent «le comité des vieux cons»

Trois anciens premiers ministres: Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin


Pour l'heure, seul Dominique de Villepin a accepté le principe de cette proposition du nouveau président de l'UMP.

La position d'Edouard Balladur n'était pas connue lundi en milieu de journée, bien que ce soit lui qui ait suggéré à M. Sarkozy l'idée de ce comité, selon des sources UMP. M. Balladur devrait être reçu mardi par M. Sarkozy

Alain Juppé et François Fillon travaillant de concert avec Nicolas Sarkozy pour construire un nouvel UMP? «Ça m'étonnerait», répondait Edouard Philippe, proche du maire de Bordeaux dimanche sur BFM TV. Invité ce matin sur France culture, le député ironise sur l'intérêt dont Dominique de Villepin a fait part pour l'offre de Nicolas Sarkozy: «C'est la première fois qu'une couleuvre ressemble à un croc de boucher». Pour l'heure, l'ancien chef du gouvernement sous Jacques Chirac est le seul à avoir donné son accord à sa participation à un comité d'anciens premiers ministres.

Dimanche, le bras droit d'Alain Juppé, Gilles Boyer, a lui aussi écarté cette idée et critiqué le principe même d'un comité» d'ancien premiers ministres: «Le Bureau politique élu, dont les anciens premiers ministes sont membres de droit, est la seule instance de gouvernance légitime». Le probable adversaire de Nicolas Sarkozy en vue d'une primaire en 2016 n'entend pas se laisser reléguer au second plan dans un comité «d'anciens».

Nouveau coup dur ce lundi matin, c'est le camp Fillon qui laisse entendre qu'il ne rejoindra pas «le comité». Selon RTL, l'entourage de l'ancien premier ministre craint également le piège: «Il nous présente un comité des vieux sages pour en faire le comité des vieux cons». Un autre ajoute: «Il décroche Dominique de Villepin de son croc de boucher pour nous tendre un piège. On n'est pas obligé de foncer dedans», juge un filloniste.

Selon RTL, Nicolas Sarkozy aurait également tenté d'intégrer le président UMP du Sénat Gérard Larcher, ainsi que le nouveau président de l'association des maires de France, François Baroin, sans parvenir à soulever leur enthousiasme. Quoi qu'il advienne du projet, l'enjeu essentiel pour le camp de l'ancien président est d'en avoir été à l'origine. S'il n'aboutit pas, ses détracteurs devront endosser la responsabilité d'une éventuelle division.

Les deux hommes ne devraient pas être présents à Paris en ce début de semaine, alors que Nicolas Sarkozy prend ses fonctions au siège de la rue Vaugirard et débute ses rencontres avec les caciques du parti. François Fillon passera son lundi dans la Sarthe, et ne reviendra à l'Assemblée que ce mardi. L'ancien ministre des Affaires étrangères et maire de Bordeaux s'envole de son côté pour le Sénégal afin d'assister à l'investiture de Michaëlle Jean, la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie. Et pour «y tenir une conférence au lendemain du sommet sur la Francophonie» -une conférence gratuite-, explique au Parisien un proche d'Alain Juppé. Son entourage annonce que le maire de Bordeaux rencontrera tout de même Nicolas Sarkozy dans le courant de la semaine.

Le projet du nouveau président de l'UMP semble avoir du plomb dans l'aile. Le sénateur Jean-Pierre Raffarin a décliné à son tour l'offre de Nicolas Sarkozy de participer à un comité d'ancien premiers ministres, si aucune mission n'est définie au préalable et surtout si les attributions de ce comité font doublon avec le bureau politique du parti.

UMP : Juppé contre un «comité naphtaline» des ex-Premiers ministres

Alain Juppé s’est dit ce mardi « prêt à participer au renouveau de l’UMP » après l’élection à la présidence du parti de Nicolas Sarkozy, à condition d’être « là où se prendront les décisions ».


Alain Juppé s’est dit ce mardi « prêt à participer au renouveau de l’UMP » après l’élection à la présidence du parti de Nicolas Sarkozy , à condition d’être « là où se prendront les décisions » et pas dans un « comité naphtaline » des ex-Premiers ministres.

Après avoir contribué à organiser les élections à l’UMP, dont le résultat est « incontestable et incontesté », le maire de Bordeaux écrit sur son blog vouloir « continuer son chemin ». « Je suis prêt à participer au renouveau de l’UMP et au bon fonctionnement de ses instances, non pas dans je ne sais quel comité naphtaline qu’on sortirait de l’armoire de temps en temps, mais là où se prendront les décisions dans un esprit résolument constructif », insiste-t-il, en réponse à la proposition de Nicolas Sarkozy de mettre en place un comité des ex-Premiers ministres issus de l’UMP.

Interrogé lundi par des journalistes à Dakar, Alain Juppé avait précisé qu’il souhaitait connaître la teneur de la proposition de Nicolas Sarkozy « avant de dire oui ou non ». « Ce que je souhaite, c’est aider, mais de façon réelle. Pas dans un comité de chapeaux à plumes qui ne servirait à rien », avait-il ajouté, précisant qu’il rencontrerait l’ancien chef de l’Etat à Paris si son emploi du temps le permettait. A priori mercredi.


« Dans le même esprit, je dirai ce que je pense sur tous les grands sujets d’intérêt national et international », avertit Alain Juppé sur son blog, se donnant pour « tâche » en 2015 de décliner ses « grands principes de fond » en « propositions concrètes ». Candidat déclaré aux primaires de la droite en vue de l’élection présidentielle de 2017, le maire de Bordeaux se garde toutefois de toute allusion explicite à un quelconque programme de campagne.

Une institution doublon ?


L'idée de Nicolas Sarkozy pourrait par ailleurs empiéter sur le bureau politique statutaire du parti (BP), sorte de « gouvernement » de l'UMP, composé d'une cinquantaine de membres qui se réunissent hebdomadairement. Les anciens premiers ministres en sont automatiquement membres. « Si le comité des ex-premiers ministres proposé par Sarkozy est une instance consultative qui s'ajoute au BP, alors d'accord » pour y participer, mais « il n'est pas question qu'il s'y substitue », a mis en garde Gilles Boyer, proche d'Alain Juppé. Un proche de M. Fillon a également rappelé l'existence du BP, jugeant que « le BP fonctionne, il n'est pas nécessaire de créer une nouvelle instance. »

From :le Monde , les Echos ,.................

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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