Publicité

France , round politique Sarkozy - Villepinte  2

La Fédération protestante, 100 ans et un cadeau de Sarko
Le ministre de l'Intérieur se dit ouvert à un toilettage de la loi de 1905. Mais Chirac et Villepin ne l'entendent pas de la même façon.

par Catherine COROLLER
QUOTIDIEN : samedi 22 octobre 2005     

La commémoration du centenaire de la Fédération protestante de France (FPF), vendredi soir à Paris, a été l'occasion d'une nouvelle passe d'arme entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Depuis des mois, chacun savait en effet que Dominique de Villepin allait répondre à l'invitation de la FPF et lui rendre visite rue de Clichy, son siège et lieu des célébrations, pour y prononcer un discours. Et la Fédération étant demandeuse d'un toilettage de la loi de 1905, au motif, notamment, que nombre d'églises protestantes évangéliques se heurtent selon elle à des tracasseries administratives, les empêchant d'ouvrir des lieux de culte. Certains maires prenant prétexte du principe de laïcité pour leur interdire de s'implanter sur le territoire de leur commune. En outre, chacun se doutait que le Premier ministre répondrait aux demandes des protestants.

Sur le même sujet
1,1 million de protestants
Mais voilà que jeudi soir, Nicolas Sarkozy, qui avait également averti de sa visite rue de Clichy, a annoncé la création d'une «commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics». Présidée par Jean-Pierre Machelon, professeur à Paris-V et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, celle-ci «présentera au ministre d'Etat (Nicolas Sarkozy, ndlr), en juin 2006, des propositions opérationnelles passant, le cas échéant, par des ajustements législatifs et réglementaires». Dès la nouvelle officielle, Jean-Arnold de Clermont, président de la FPF, s'est réjoui de ce «cadeau d'anniversaire». Dans son discours prononcé, vendredi soir, en présence de Domnique de Villepin, le pasteur de Clermont, enfonçant le clou, a remercié le gouvernement «d'avoir dès aujourd'hui même annoncé la création d'un "comité de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics", répondant à bien des attentes que la FPF formulait avec constance».

Villepin a accueilli les remerciements avec le sourire. Puis a répondu, lisant d'abord le message adressé par Jacques Chirac : «Les problèmes et difficultés que rencontre (la Fédération protestante de France) doivent pouvoir trouver réponse sans remettre en cause les fondements d'un texte qui a si profondément contribué à la paix civile dans notre pays.» Le président de la République a toutefois «donné l'assurance aux protestants de France, dans leurs diverses composantes, qu'ils peuvent vivre et pratiquer leur foi paisiblement, à l'abri et dans le respect des lois de la République». «J'y veille et j'y veillerai», a ajouté le chef de l'Etat. Puis Dominique de Villepin a enfoncé le clou dans son propre discours, affirmant qu'«aujourd'hui encore, cette loi nous permet de répondre aux difficultés que vous rencontrez» et promettant, lui aussi, de veiller «à ce que la liberté de culte et d'expression soit garantie dans notre pays dans le respect de l'ordre public et de la loi».

Cette commémoration, certes exceptionnelle puisqu'il s'agit d'un centenaire, avait provoqué un déplacement inédit de ministres. Un peu moins important que pour le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, mais témoignant de l'intérêt des politiques pour les «communautés». Ou pour leur vote ? En tant que protestant, Gérard Larcher était présent. Michelle Alliot-Marie a également fait un saut, puis, plus tard, Nicolas Sarkozy, rappelant que, ministre de l'Intérieur, il est également chargé des cultes. «Villepin défend la loi de 1905, moi aussi», a-t-il déclaré sans désarmer : «C'est justement parce que nous sommes attachés à cette loi que nous considérons qu'elle peut supporter quelques aménagements.»

 

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :