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Opération "Plomb durci" : quelle "victoire" pour Israël ?
Le Monde 19.01.09 Michel Bôle-Richard

 

"L'opération Plomb durci a atteint ses objectifs et même au-delà", a assuré le premier ministre israélien, Ehoud Olmert après l'annonce d'un cessez-le-feu israélien unilatéral. Le quotidien populaire Maariv a titré en "une", sur la "Victoire". Les tankistes de Tsahal, juchés sur leurs Merkava ont fait le "V" de la victoire en quittant leurs positions avancées. Mais le cessez-le-feu israélien était à peine entré en vigueur que des roquettes tombaient sur Israël, avant la trêve du Hamas.

 

Youval Diskin, chef du Shin Bet (sécurité intérieure), a indiqué que "le Hamas pourra reconstruire les tunnels en quelques mois et recommencer à faire de la contrebande d'armes". Et l'armée estime que seulement la moitié d'entre eux (environ cinq cents) a été détruite. "Nous n'avons rien obtenu des objectifs annoncés lors du déclenchement de l'opération lancée le 27 décembre", a aussitôt proclamé le numéro deux du Likoud, Silvan Shalom, un parti qui a annoncé son hostilité à la décision unilatérale de mettre fin aux combats.

 

Nombreux sont ceux qui ont déjà reproché au gouvernement de n'avoir pas pu libérer le caporal Gilad Shalit, séquestré depuis le 25 juin 2006 dans la bande de Gaza. Comme l'a fait remarquer Nahum Barnea, éditorialiste d'Yediot Ahronoth : "Le consensus national qui a prévalu en Israël pendant vingt-deux jours est mort le soir du cessez-le-feu."

 

A quoi donc a servi l'opération "Plomb durci" si, au bout du compte, aucun des objectifs recherchés n'a été  accompli et si, en plus, le prix payé par l'Etat juif sera beaucoup plus élevé qu'il ne l'imagine en terme d'image ?


Outre le Vénézuela et la Bolivie, la Mauritanie a décidé de suspendre leurs relations diplomatiques. Le Qatar va fermer le bureau commercial israélien à Doha. Bachar Al-Assad, le président syrien, a affirmé qu'un plan de paix saoudien adopté par les vingt-deux Etats arabes, en mars 2002, à Beyrouth était désormais caduc. La Turquie, dont le premier ministre Racep Tayyip Erdogan, a tenu des propos très durs vis-à-vis d'Israël, a décidé de ne plus jouer les bons offices dans les pourparlers avec la Syrie.

 

 

Le Hamas ébranlé mais toujours bien vivant

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne et partenaire de négociations d'Israël, a été considérablement affaibli par cette guerre meurtrière et destructrice qui, si elle a amoindri les capacités militaires des islamistes, n'a pas permis d'en éliminer les cadres, à part deux d'entre eux. Si les chiffres de 15 000 à 20 000 combattants sont exacts, 500 à 600 d'entre eux auraient péri dans les combats, le reste étant constitué par des victimes civiles. La plupart étaient retranchés au cœur des villes, là où Tsahal ne s'est pas vraiment aventuré.  

 

Si le Hamas a été ébranlé par cette offensive, le mouvement de la résistance islamique est toujours bien vivant. Sa
capacité de résistance en fait, plus que jamais, une organisation incontournable, même si les Israéliens et le monde occidental refusent toujours de parler avec ses dirigeants. En saluant le cessez-le-feu israélien par une salve de roquettes avant d'appeler par la suite à une trêve d'une semaine pour faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et la poursuite de négociations pour aboutir à une solution concertée pour la réouverture des points de passage, le Hamas a d'ailleurs voulu signifier qu'il ne pouvait y avoir de solution durable à Gaza sans lui et que la fin du blocus du territoire restait pour lui une priorité.

 

N'en déplaise à Ehoud Olmert, qui a affirmé que "la force du Hamas allait décroître", ces trois semaines de guerre risquent d'accroître son audience au sein de la population palestinienne, même si beaucoup de commentateurs estiment qu'il a commis une grossière erreur en ne reconduisant pas la trêve qui prévalait depuis juin, le 19 décembre 2008.

 

M. Olmert se dit fier d'avoir restauré la capacité de dissuasion de Tsahal après les manquements révélés par la deuxième guerre du Liban de l'été 2006. Mais Ahmad Aboul Gheit, ministre égyptien des affaires étrangères, critiquant le 17 janvier "l'intransigeance israélienne", a dénoncé pour sa part "un pays ivre de puissance et de violence".

M. Olmert a eu beau s'ingénier à dire "qu'Israël avait démontré une grande sensibilité en exerçant sa force de manière à éviter, autant que possible, de toucher les victimes civiles non impliquées dans la terreur". L'usage de canon de char et de l'artillerie lourde sur des zones surpeuplées, a contredit cette affirmation. "Israël, qui voulait être une lumière pour les nations, est aujourd'hui fière d'avoir adopté l'échelle de valeurs de Vladimir Poutine. Si c'est cela la victoire, malheur aux vainqueurs", écrit Ofer Shelah dans Maariv.

 

 

Israël  accusé de crime contre l'humanité par l'ONU
http://www.rtbf.be/info/politique-disrael-sassimile-a-un-crime-contre-lhumanite-62956
http://www.dailymotion.com/video/x7omtt_onu-isral-en-palestine-crime-contre_news


L'expert de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires palestiniens, Richard Falk, a estimé mardi que la politique d'Israël à l'encontre des populations de ces territoires "s'assimile à un crime contre l'humanité".
Dans un communiqué, Richard Falk a appelé les Nations Unies à "mettre en oeuvre la norme reconnue de 'la responsabilité de protéger' une population civile qui est punie collectivement par des politiques qui s'assimilent à un crime contre l'humanité".

 

"Dans le même sens, il semble que c'est le mandat de la Cour pénale internationale d'enquêter sur la situation, et
de déterminer si les dirigeants politiques israéliens et les chefs militaires responsables du siège de Gaza doivent
être inculpés et poursuivis pour violations du droit pénal international", a poursuivi l'expert de l'ONU.

Israël est la cible d'un "flot de critiques de la part de responsables de l'ONU ( d'ordinaire prudents) sans précédent
depuis l'époque de l'apartheid en Afrique du Sud", a déclaré Richard Falk.


Siège sauvage de Gaza

Il dénonce le "siège maintenu dans toute sa sauvagerie par Israël contre Gaza, qui laisse à peine passer de la nourriture et du carburant en quantité suffisante pour éviter une famine massive et les maladies".

Israël a renforcé le 5 novembre le blocus imposé à Gaza depuis la prise de pouvoir par les islamistes du Hamas en juin 2007, en fermant tous les points de passage du territoire. L'Etat hébreu riposte ainsi aux tirs de roquettes et
d'obus de mortier effectués régulièrement depuis la bande de Gaza par des miliciens palestiniens sur le sud d'Israël.

 

Israël conteste

"La crédibilité de cet expert a subi un coup dur avec son communiqué qui relève plus de la propagande anti- israélienne que du langage de vérité", a affirmé le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Ygal Palmor.

Selon le porte-parole israélien, "la situation à Gaza est le résultat direct des violences infligées par le Hamas aux civils israéliens mais aussi à la population palestinienne", depuis la prise en juin 2007 par le mouvement palestinien du pouvoir à Gaza.


 

 

Revues de presse ( Figaro , le Monde , Ouest-France ,Le Point ...)

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence dimanche, à la demande de son secrétaire général, Kofi Annan, qui a invité le Conseil à condamner le bombardement israélien de Cana et à lancer un appel à un cessez-le feu immédiat. "Je suis profondément consterné de constater que mes appels précédents pour une cessation immédiate des hostilités n'ont pas été suivis", a déclaré le secrétaire général devant les Quinze réunis en séance extraordinaire.

 

Ce raid, l'un des plus sanglants depuis le début de l'offensive est vivement critiqué sur la scène internationale. Seuls les USA et la Grande-Bretagne restent mesurés, en qualifiant le raid de "plutôt révoltant". Un raid qui a revanche été fermement condamné par Jacques Chirac, qui parle d'acte "injustifiable".


Selon l’agence de presse chinoise Xinhua , «L'envoyé spécial de l'ONU, qui avait accusé la semaine dernière l'Etat
hébreu de commettre un crime contre l'humanité avec ses politiques dans la bande de Gaza, devait rencontrer des
représentants de certaines organisations des droits de l'Homme dans la ville de Ramallah en Cisjordanie. […]


Israël a fermé lundi sa porte au rapporteur du Conseil de l'ONU des Droits de l'Homme, qui avait comparé les Israéliens aux nazis , le traitement israélien des Palestiniens aux actions prises par les nazis à l'encontre des Juifs durant l'Holocauste.» citant le quotidien local Ha'aretz

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Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté hier un rapport sur la situation en Israël qui accuse les autorités israéliennes d'infliger des "tortures physiques et mentales" à des détenus arabes.Le document appelle Israël à mettre "fin aux tortures physiques et mentales" et à "toutes les formes de traitement ou de punition cruelles, inhumaines et dégradantes".Le Conseil, qui a étudié la situation des droits de l'homme en Israël dans le cadre de son Examen périodique universel (EPU), a appelé le gouvernement israélien à ratifier le Protocole additionnel de la Convention internationale contre la torture.


Le Conseil a également demandé à Israël de reconnaître la compétence du Comité anti-torture de l'ONU (CAT) et à
incorporer "aussi vite que possible" dans sa législation les éléments de cette même Convention contre la torture.

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La Croix-Rouge internationale accuse l'armée israélienne de l'avoir empêchée d'accéder à des blessés palestiniens, notamment à Gaza-City, dans le quartier de Zeintoun. Parmi les douze personnes, pour la plupart blessées, retrouvées dans une maison, il y avait quatre enfants affamés. Ils étaient coincés depuis cinq jours auprès du corps de leur mère, tuée dans les combats. « Ils étaient trop faibles pour se tenir debout », précise le CICR. Dans une autre maison du quartier, les ambulanciers ont découvert « quinze survivants de la même attaque, dont plusieurs blessés ». Pour la Croix-Rouge, « l'armée israélienne n'a pas respecté ses obligations requises par le droit international humanitaire, demandant d'assister ou d'évacuer les blessés ».

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Polémique Vatican-Israël.
En affirmant que la bande de Gaza sous les bombes était devenue « un immense camp de concentration », le cardinal Martino (Justice et Paix) a explicité sa position dans La Repubblica : « La population de Gaza vit encerclée dans un mur qu'il est difficile de percer, dans des conditions qui vont à l'encontre de la dignité humaine ».

Hier, dans son discours annuel au corps diplomatique accrédité auprès du Vatican, Benoît XVI a affirmé que « l'option militaire n'était pas une solution » pour résoudre le conflit qui oppose Israël et le Hamas. « La violence, d'où qu'elle provienne et quelque forme qu'elle prenne, doit être condamnée fermement », a poursuivi le pape.

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Les appels à manifester et les protestations se multiplient dans le monde.
Jimmy Carter, prix Nobel de la paix, a parlé de la « guerre inutile » d'Israël. En France, François Fillon a jugé « intolérable » la situation humanitaire à Gaza. « Rien ne justifie les souffrances qui sont aujourd'hui imposées aux populations civiles qui vivent enfermées dans la bande de Gaza. » L'éditorialiste Jean Daniel écrit, dans Le Nouvel Observateur : « La part juive qui est en moi [...] est bouleversée d'indignation et de révolte devant une telle régression. » Pour le Conseil d'Églises chrétiennes en france (catholique, protestante, orthodoxe), « cette guerre ne fait qu'exacerber la haine entre les communautés et rendre plus difficile le chemin vers une solution politique durable ».

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Divergences au sein du gouvernement israélien sur la poursuite de l'offensive à Gaza

Des divergences sont apparues parmi les dirigeants politiques sur la nécessité de poursuivre ce conflit. Tzipi Livni,
ministre des affaires étrangères, est favorable à mettre un terme à l'opération "Plomb durci" maintenant, tandis qu'Ehoud Olmert, le premier ministre, est partisan d'en finir avec la menace que représente le Hamas. Le ministre de la défense, Ehoud Barak, s'est, pour sa part, prononcé en faveur d'une trêve. Aucune décision définitive n'a été prise pour le moment. Elle devrait l'être vers la fin de la semaine lors d'une nouvelle réunion du cabinet de sécurité.

En attendant, des milliers de réservistes ont été rappelés sous les drapeaux. Leur entraînement sera terminé à la fin de la semaine.

 

Parallèlement à cette possible extension du conflit, les autorités israéliennes ont décidé de donner une chance à la diplomatie. Une délégation israélienne était au Caire, jeudi 8 janvier, pour discuter du plan mis au point par les présidents égyptien et français, Hosni Moubarak et Nicolas Sarkozy.

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Israël veut se retirer de Gaza avant l'investiture d'Obama

Israël veut achever son retrait de la Bande de Gaza avant la prise de fonction de Barack Obama. D'après des responsables israéliens, l'Etat hébreu espère que toutes ses troupes auront quitté le territoire palestinien d'ici l'investiture du président-élu des Etats-Unis, mardi.

En se retirant avant l'investiture de Barack Obama, Israël lui évite de se retrouver avec les combats à Gaza sur les bras dès son premier jour de fonction. Le nouveau chef de la Maison Blanche a assuré que la paix au Proche-Orient constituerait une priorité pour la nouvelle administration américaine, déjà confrontée à la crise économique et la gestion de deux guerres en Irak et en Afghanistan.

 

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Visite historique de Ban Ki-moon.
Les bombardements israéliens qui ont touché des bâtiments de l'ONU constituent des "attaques scandaleuses et totalement inacceptables", lâche le secrétaire général de l'ONU en visite à Gaza-ville. Les personnes responsables devront "rendre des comptes devant des instances judiciaires. (...)
 Il doit y avoir une enquête approfondie, une explication complète pour s'assurer que cela ne se reproduira plus jamais", ajoute le secrétaire général de l'ONU devant les ruines d'un des entrepôts de l'ONU. Sa visite est la première à Gaza d'un responsable international de ce rang depuis le coup de force du Hamas en juin 2007 contre le Fatah du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Ban Ki-moon va également se rendre dans la ville israélienne de Sdérot, distante de quelque 5 kilomètres et cible privilégiée des tirs de roquettes palestiniennes.

 

Lourd bilan.
En trois semaines, au moins 1.315 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 108 femmes, et plus de 5.300 blessés, d'après les services d'urgence de Gaza. Côté israélien, 10 militaires et trois civils ont péri. Du Parlement, de l'Université, cibles de l'aviation israélienne, il ne reste que décombres et câbles électriques arrachés.


D'après les premières constatations des responsables municipaux, quelque 20.000 bâtiments, publics ou privés, ont été gravement endommagés, 4.000 totalement détruits. Les premières estimations évaluent les destructions à un total d'au moins 1,4 milliard de dollars.


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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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