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L’émission "A vous de juger" ne doit être diffusée que jeudi soir sur France 2. Mais, selon les éléments dévoilés par le Journal du Dimanche, elle contient "peut-être un scandale déterminant dans la campagne" à trois jours des élections européennes. En cause : un échange très vif entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit, qui se termine par une accusation de complaisance à propos de la pédophilie.



Après plusieurs répliques cinglantes entre les deux hommes, le chef de file du MoDem glisse : "il y a un certain nombre d'ignominies, que vous Daniel Cohn-Bendit, n'avez pas hésité à porter". Poussé à en dire plus par la tête de liste d’Europe Ecologie, François Bayrou déclare : "je trouve ignoble moi d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants que je ne peux pas accepter". Une référence directe au livre "Le Grand Bazar", écrit par Daniel Cohn-Bendit en 1975.

L'allusion de Bayrou est transparente : aux alentours de 2001, la presse britannique avait lancé une campagne contre Daniel Cohn-Bendit, l'accusant d'avoir, dans Le Grand Bazar, un ouvrage publié en 1975, prôné des thèses pédophiles.


Pour des raisons électorales se rendent-ils complaisants ou complices des thèses indéfendables ?
Les responsables de l'UMP, son secrétaire général Xavier Bertrand et le leader des listes UMP, Michel Barnier, en tête, qui redoutent de voir le Modem faire un gros score aux élections européennes ont sauté sur l'occasion pour tirer à vue sur leur rival et vanter les mérites du leader écologiste : ainsi le ministre de l'Agriculture a-t-il trouvé « assez misérable » l'attaque de François Bayrou et s'est fait l'agent électoral de Daniel Cohn-Bendit, tentant grossièrement de faire coup double contre le député béarnais et contre le PS : « les gens qui veulent voter à gauche dimanche et qui veulent voter en même temps européen, ils vont voter Cohn-Bendit ».


En 2001, une polémique a lieu à propos de son livre Le Grand Bazar (Belfond, 1975 ,où il racontait ses activités d’aide-éducateur au jardin d’enfants autogéré de Francfort. Il déclare à ce propos : « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ?" Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Et ailleurs : « J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi ». Ces passages ont été interprétés par certains, 25 ans plus tard, comme un acte de pédophilie.


Cohn-Bendit se défend, expliquant que le texte était une provocation, n’avait pas fait scandale à l’époque et qu’aucune plainte d’enfant ou de parent n’avait été déposée. « Prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie. » Des parents de ces « crèches alternatives » ont d’ailleurs apporté leur soutien au leader écologiste : « Nous savons qu’il n’a jamais porté atteinte à nos enfants », écrivent-ils. Les enfants eux-mêmes rejettent dans cette lettre « toute tentative de rapprochement entre Daniel Cohn-Bendit et des personnes coupables d’abus sexuels sur enfants». La polémique a été relancée par François Bayrou pendant la campagne des élections européennes de 2009, lors d'un débat qui l'opposait à la tête de liste d'Europe écologie dans le cadre de l'émission d'Arlette Chabot, A vous de juger diffusée le 4 juin.

From ??? : wikipedia , le progrès ........





Retour sur Le grand bazar de Cohn-Bendit
Par Maud Pierron , leJDD.fr
 
Les accusations de complaisance pédophile à l'endroit de Daniel Cohn-Bendit ne sont pas nouvelles. Elles sont nées en 2001, quand des passages de son livre Le Grand bazar, passé inaperçu lors de sa publication en 1975, réapparaissent sur internet. Il y racontait ses années d'éducateur à Francfort, et confessait avoir caressé de jeunes enfants. Le Vert récuse tout soupçon de pédophilie et explique avoir voulu "choquer le bourgeois". ....

Daniel Cohn-Bendit a écrit Le Grand bazar en 1975. En 1975, Dany le Rouge publie Le grand bazar (chez Belfond). Au long des 190 pages, l'ancien leader de Mai 68 relate notamment son expérience d'aide-éducateur à Francfort, dans un jardin d'enfants auto-géré. Ce sont ces passages qui, sortis du contexte, prêtent à polémique. "Il m'était arrivé plusieurs ......"

Des propos complètement passés inaperçus à l'époque, où les communautés étaient nombreuses, en pleine période de libération sexuelle.

En 2001, ces écrits réapparaissent sur internet en Allemagne, où Cohn-Bendit est élu sous l'étiquette Die Grünen (les Verts) au Parlement européen. L'attaque de Bettina Röhl, fille de Ulrike Meinhof, l'une des leaders de la bande à Baader, vise évidemment Cohn-Bendit, mais surtout, par ricochet, l'un de ses amis proches, Joschka Fischer, le ministre des affaires étrangères allemand d'alors. Vingt-cinq ans après, les écrits de Cohn-Bendit trouvent un tout autre écho. En France, L'Express s'empare de l'affaire et publie de larges extraits du Grand Bazar. Le rouleau compresseur médiatique est en marche et Cohn-Bendit, accusé de pédophilie - à tout le moins de complaisance à l'égard de ce crime - est pris à parti par ceux qui lisent dans ses écrits le parangon des excès de ce que fut Mai-68. En face, des intellectuels de gauche montent au créneau pour défendre l'ancien leader étudiant, arguant que les temps ont changé.

"Je regrette d'avoir écrit un texte qui est mal écrit"

En pleine campagne des municipales -d'autant qu'il est venu en France pour soutenir des candidats Verts français - l'accusé trouve une tribune dans les médias pour s'expliquer. "Prétendre que j'étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L'abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n'y a eu de ma part aucun acte de pédophilie", assène-t-il. Pour preuve, il avance une lettre ouverte signée par 18 des parents dont il a eu à garder les enfants, qui le dédouanent. Il voulait juste "choquer le bourgeois des années 70".

Sur TF1, il reprend, dans la même veine: "Ce que l'on peut me reprocher à moi, c'est le désir de provocation" et estime que ses écrits d'alors, quand il était âgé de 30 ans, sont d'une "légèreté insoutenable". "Je regrette d'avoir écrit un texte qui est mal écrit. C'est un mauvais texte." Des regrets a minima qui n'avaient pas convaincus ses détracteurs. Bayrou en tête, apparemment.




Après les révélations de la presse britannique
Le remords de Cohn-Bendit par Jacqueline Remy, publié le 22/02/2001 - mis à jour le 15/12/2003  l'express


Le député européen a écrit des pages choquantes sur son activité d'éducateur, dans les années 70. Invoquant le contexte de l'époque, il s'explique...

On n'a pas envie de chercher des poux dans le passé d'un homme sympathique, icône ludique et chaleureuse de toute une génération. Pourtant, on est frappé de stupeur quand on voit remonter à la surface ces quelques écrits, parmi d'autres, signés de la main de Daniel Cohn-Bendit en 1975, à propos de ses activités d'éducateur dans un jardin d'enfants autogéré, à Francfort: «Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: ?Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi vous m'avez choisi, moi, et pas les autres gosses? ? Mais s'ils insistaient, je les caressais quand même.»


Ailleurs, Daniel Cohn-Bendit raconte: «Mon flirt permanent avec tous les gosses prenait vite des formes d'érotisme. Je sentais vraiment que les petites filles, à 5 ans, avaient déjà appris comment m'emmener en bateau, me draguer. C'est incroyable. La plupart du temps, j'étais désarmé.» L'hebdomadaire britannique The Observer a publié ces extraits choquants sur une page pleine, le 28 janvier dernier. Trois quotidiens, depuis, leur ont consacré un article: l'anglais The Independent, l'italien La Repubblica et l'allemand Bild.


Un ancien ministre de la Justice (1992-1993), Klaus Kinkel, a publié dans un journal berlinois une lettre ouverte à Daniel Cohn-Bendit dans laquelle il lui demande des comptes. Pour se défendre, ce dernier a envoyé au journal une lettre signée d'une vingtaine d'ex-parents et enfants du jardin d'enfants: «Il s'agissait de transgresser des frontières et de briser les interdits. Cela n'avait rien à voir avec des abus sexuels.» Dany ex-le Rouge n'est pas du genre à se dérober. Tout de même mal à l'aise, à Lyon, où il est de passage, il explique que c'est Bettina Röhl, la fille d'Ulrike Meinhof - l'un des leaders de la bande à Baader - qui a lancé cette histoire, sur son site Internet, dans le cadre de ses règlements de comptes affectifs avec les anciens de cette époque. Il suggère qu'à travers lui c'est le ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, dont Cohn-Bendit est l'un des proches, qui est visé. Interrogée par L'Express, Bettina Röhl confirme: «J'ai voulu montrer quel genre d'individu est vraiment Cohn-Bendit.» Evidemment, le député européen ne peut nier avoir écrit ces lignes dans un livre - Le Grand Bazar (Belfond) - qui, dit-il, s'est vendu à 30 000 exemplaires et dont pas un chroniqueur à l'époque n'a souligné le caractère scandaleux. L'humeur du temps était à la libération des mœurs, plaide-t-il.


Daniel Cohn-Bendit, comme tant d'autres, disciples ou non de Wilhelm Reich, croyait à la révolution sexuelle. De là à prôner des pratiques pédophiles, il y avait un pas que tout le monde ne franchissait pas. Il reconnaît aujourd'hui que ces passages sont «d'une inconscience insoutenable». Mais les actes? «J'ai raconté ça par pure provocation, pour épater le bourgeois», commence-t-il. Le député européen explique ensuite qu'il se prenait à lui tout seul pour le «carrefour du gauchisme» et qu'il n'a fait que relayer les débats qu'il avait avec les parents de la crèche: «On discutait sans fin de la sexualité des enfants.» Enfin, à plusieurs reprises, il parle à la troisième personne: «La personne qui a fait ça...». «Non, insiste-t-il, ce n'est pas moi: j'ai écrit ?je? pour condenser le débat.» A l'époque, explique-t-il, leur petit groupe était obsédé par la répression sous toutes ses formes, y compris la répression sexuelle. «Nous pensions qu'une éducation antiautoritaire devait permettre à un enfant de grandir sans interdit sexuel.» Et aujourd'hui? «Je dirais encore que les enfants sont des séducteurs, mais je ne le traduirais

pas en termes sexuels. Je dirais aussi qu'avoir une attitude responsable en matière de sexualité est l'une des choses les plus difficiles qui soient, si l'on est honnête...» Daniel Cohn-Bendit précise qu'après la parution du livre il avait été de nouveau recruté par une crèche alternative pour s'occuper des enfants. Intelligemment stigmatisée par Jean-Claude Guillebaud dans La Tyrannie du plaisir (Seuil), la complaisance de l'époque pour les excès de langage - et parfois d'actes - des militants de la libération sexuelle s'accompagnait d'un véritable aveuglement:

l'enfant, croyaient-ils, ne demandait qu'à exprimer sa sexualité, et c'était l'interdit qui constituait un abus sexuel.


Cette complaisance, qui a servi d'alibi et de caution culturelle à bien des pédophiles, masque aussi une autre réalité, l'infantilisme d'une mouvance: «Je m'identifiais aux enfants», confie Cohn-Bendit dans son livre. Il ajoute: «J'avais besoin d'être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi et je faisais tout pour qu'ils dépendent de moi.» A la lumière des affaires pédophiles qui explosent maintenant, ces propos sont évidemment inaudibles. «Sachant ce que je sais aujourd'hui des abus sexuels, conclut Daniel Cohn-Bendit, j'ai des remords d'avoir écrit tout cela.»




L'affaire Cohn-Bendit
From Marc Reisinger, 25/2/2001

......Les conséquences de "l'erreur de Cohn-Bendit " ... commencent à peine à être perçues. L'idéologie de la libération sexuelles, du féminisme, etc., a occulté le problème de la pédophilie. La mouvance intellectuelle des années '70 croyait qu'il s'agissait d'une liberté supplémentaire à conquérir : libérer la sexualité des enfants - sans se rendre compte que la pédophilie consiste à livrer les enfants au désir sexuel des adultes.

C'est pourquoi, en 1977, une cinquantaine d'intellectuels de gauche signaient les yeux fermés un appel dans Le Monde pour libérer trois hommes accusés d'avoir eu des 'relations sexuelles sans violence' avec des mineurs de moins de 15 ans, et d'avoir photographié leurs 'jeux sexuels'. Parmi les signataires : Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Gilles Deleuze, Philippe Sollers, Bernard Kouchner, ainsi qu'un grand nombre de psychiatres et de psychanalystes......

Je comprends la honte de Cohn-Bendit d'avoir pu inconsciemment ouvrir la voie à de tels agissements et j'espère que la gifle reçue à cette occasion lui permettra d'ouvrir les yeux sur un problème de société des plus graves. Grâce à "l'affaire Cohn-Bendit ", le public intellectuel comprendra peut-être enfin que la pédophilie est un problème social réel. Il semble que ce problème, qui était largement méprisé par les intellectuels, devienne tout à coup abordable.

Les affaires de pédophilie, principalement traitées par Paris Match, Marie Claire ou Détective, font cette semaine la une de L'Express, Le Monde et Libération. Détail significatif, Bernard Pivot a ouvert Bouillon de culture par des remarques pertinentes à ce sujet.....

Nous disposons aujourd'hui des informations qui permettent de reconnaître l'importance du problème. Il est temps que ceux qui ont le progrès social en charge - les anciens activistes, devenus ministres et députés - s'occupent de l'abus sexuel des enfants, au-delà des remous créés par d'anciens propos irréfléchis. Plutôt que d'en vouloir à la fille d'Ulrike Meinhof, il faut la remercier d'avoir mis les pieds dans le plat,.......

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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