Le parquet de Paris a ouvert le 5 mars une enquête préliminaire sur des accusations de prestations surfacturées à l'UMP par Event & Cie, filiale de la société de communication Bygmalion, a indiqué jeudi une source judiciaire qui confirmait une information du Monde.
Fin février, Le Point avait publié une enquête faisant état de telles surfacturations, notamment lors de la campagne présidentielle de 2012, par cette société fondée par deux proches du patron de l'UMP, Jean-François Copé.
Ce dernier et Bygmalion ont attaqué l'hebdomadaire en diffamation.
Selon Le Point, Events & Cie aurait empoché au moins 8 millions d'euros durant la campagne de 2012, pour l'organisation des meetings.
Les journalistes de l'hebdomadaire écrivent par exemple que les «frais de traiteur, de retransmission vidéo et d'éclairage atteignaient parfois le double des tarifs habituels». Le journal ne fournit pas de précisions chiffrées sur ces facturations mais assure avoir eu connaissance de certains «documents». Alors que Copé demandait aux militants UMP de renflouer les caisses du parti, dans le rouge après la présidentielle à hauteur de 11 millions, le parti réglait des factures de campagne à Bygmalion, à hauteur de 8 millions d'euros.
"On en est au stade des vérifications" sur ces accusations d'irrégularités de facturations, a prévenu la source judiciaire.
Si elles devaient être constituées, les infractions susceptibles d'être constatées pourraient relever du faux ou de l'abus de confiance, a expliqué une source proche du dossier.
"Cette enquête aura le mérite de faire la démonstration que les accusations de surfacturation sont sans fondement. Bygmalion est prête à communiquer l'ensemble des factures aux enquêteurs", a commenté l'avocat de la société, Me Patrick Maisonneuve, insistant sur la "transparence" de son client.
Contacté par l'AFP, l'avocat de Jean-François Copé, Me Hervé Temime, s'est refusé à tout commentaire.
Mais l'UMP a affiché dans un communiqué sa "sérénité" face à l'ouverture de cette enquête. Elle "permettra de tordre le cou aux allégations calomnieuses et mensongères du Point", assure le premier parti d'opposition, en affirmant que "l'intégralité" de ses comptes est "à la disposition de la justice française".
Laurence Rossignol, porte-parole du Parti socialiste, a de son côté reproché à Jean-François Copé de n'avoir "à aucun moment (...) jugé utile d'informer les Français de l'ouverture de cette enquête". "Il ne s'est senti tenu à aucune obligation de sincérité, de transparence ou d'honnêteté", a-t-elle accusé.
"On comprend bien mieux aujourd’hui l’acharnement mis par le président de l’UMP à allumer autant de contre-feux, ses appels compulsifs à la démission de tel ou tel, ses attaques contre les institutions de la République", a commenté la porte-parole du PS, en allusion aux appels à la démission de la ministre de la Justice lancés par Jean-François Copé dans l'affaire des écoutes opérées sur Nicolas Sarkozy.
L'UMP déclare elle dans son communiqué avoir appris "par la presse" l'ouverture d'une enquête préliminaire dans le dossier Bygmalion. Et le parti dit avoir "pris acte" du fait que le ministre du Travail, Michel Sapin, l'ait évoquée jeudi matin sur Europe1 avant qu'elle ne soit rendue publique.
Qu'il s'agisse de MM. Copé ou Sarkozy, "les juges continueront à faire leur travail", avait déclaré M. Sapin.
Ce qu'on sait, ce qu'on savait, ce qu'on ignore encore ....
Jean-François Copé est mis en cause pour ses liens avec la société Bygmalion et ses dirigeants. Une affaire embarrassante pour le président de l'UMP, mais dont de nombreux éléments sont déjà connus. Retour sur le contexte.
■1/ De quoi est accusé Jean-François Copé ?
Selon Le Point, la société Bygmalion, ou plus précisément sa filiale Events & Cie, a empoché de l'UMP 8 millions d'euros pour l'organisation des meetings de campagne du parti en 2012. Une somme énorme, d'autant plus que le parti, très endetté, a dû en 2013 demander 11 millions d'euros à ses sympathisants pour se renflouer.
La société Bygmalion a longtemps été dirigée par Bastien Millot, très proche de M. Copé – elle est aujourd'hui dirigée par Guy Alves, chef de cabinet de Jean-François Copé alors ministre du budget (2005-2007), qui lui a confié l'intégralité de la communication du parti à partir du moment où il en a pris la tête, en 2012.
Guy Alvès est par ailleurs le contact identifié au Journal officiel de l'association Génération France, le microparti de Jean-François Copé. Selon Le Point, il en a un temps été le trésorier.
Surtout, Bygmalion aurait fait, selon Le Point, un montage financier complexe avec une société luxembourgeoise, Centuria Capital, dirigée par le holding d'Emmanuel Limido, gestionnaire de fonds, sis au Qatar. Un homme qui avait servi d'intermédiaire pour la vente de biens immobiliers de l'Etat aux Qataris lorsque M. Copé était ministre du budget.
■2/ Que savait-on déjà sur les finances de l'UMP ?
Le rôle important de Bygmalion au sein de l'UMP est connu depuis longtemps. Bastien Millot est à la fois proche conseiller de M. Copé, jouant souvent les intermédiaires auprès de la presse, et chargé, par l'intermédiaire de sa société, de la communication du parti, mais aussi de la formation d'élus. Pour la campagne 2012, la société dit avoir assuré la logistique de quarante-trois meetings de l'UMP ou de Nicolas Sarkozy.
En 2012 déjà, Le Canard enchaîné avait relevé les importants contrats consentis à la société, qui faisaient grincer des dents vu l'endettement de l'UMP. En pleine compétition entre eux, à l'été 2013, François Fillon avait ainsi demandé à M. Copé de la « transparence » quant à la gestion du parti, visant – sans la nommer – la société Bygmalion.
Les partisans de M. Fillon avaient d'ailleurs pointé du doigt les prestations extérieures versées à une filiale de Bygmalion pour la formation d'élus, par l'intermédiaire de l'Association nationale pour la démocratie locale (ANDL). Des accusations que Bygmalion a catégoriquement niées.
■3/ Que sait-on du passé de la société Bygmalion ?
La première affaire connue remonte à février 2003, époque où Bastien Millot officie comme premier adjoint de la mairie de Beauvais. Egalement chef de cabinet du porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, M. Millot aurait autorisé un chauffeur municipal à déclarer près de quinze cents heures supplémentaires fictives, payées par le contribuable. Il sera condamné en 2004 à 8 000 euros d'amende pour détournement de fonds publics et faux en écriture, et renoncera à faire appel de la décision un an plus tard.
En 2013, une autre affaire éclate : Le Canard enchaîné révèle que Bastien Millot a profité de son poste de directeur délégué de France Télévisions pour lancer sa nouvelle société de communication, Bygmalion. Le jour de son départ, il aurait signé avec le tampon de l'entreprise publique plusieurs contrats avec sa nouvelle société, créée trois jours plus tôt. 143 902 euros au total pour la « surveillance de la réputation de France Télévisions et de ses principaux dirigeants sur Internet », la « rédaction de mails aux téléspectateurs », la « réalisation de maquettes de sites intranet » ou encore le « conseil stratégique sur la communication sensible ».
Ces missions se seraient poursuivies ainsi pendant six ans, le plus souvent « sans la moindre mise en concurrence », permettant à Bygmalion d'empocher 1,2 million d'euros pour diverses prestations, allant de « la rédaction d'une lettre aux parlementaires » (5 980 euros) à la préparation du discours des vœux du PDG Patrick de Carolis aux salariés (7 000 euros). Des faits qui ont conduit le juge Renaud Van Ruymbeke à enquêter sur des « délit de favoritisme, prise illégale d'intérêts et complicité de prise illégale d'intérêts ». Interrogé en 2012 sur les relations entre Bygmalion et France Télévisions, Bastien Millot avait assuré à L'Express : « Tout est clair et limpide [...] Je me suis naturellement plié, en toute transparence, à toutes les procédures. »
■4/ Qui est Bastien Millot ?
Agé de 41 ans, Bastien Millot a commencé sa carrière politique en 1995, comme directeur de cabinet de Jean-François Copé, maire de Meaux. Sans lâcher son mentor, il a participé en 2001 à la conquête de la mairie de Beauvais par l'UMP Caroline Cayeux, dont il devient le premier adjoint. Deux ans plus tard, quand « l'affaire du chauffeur » éclate (voir plus haut), cette dernière le prive de ses délégations et l'attaque en justice, avant de l'évincer de l'équipe municipale après sa condamnation.
Toujours proche de Jean-François Copé, le Picard rebondit dans les médias en 2005, en devenant directeur délégué de France Télévisions, dirigé à l'époque par Patrick de Carolis. En 2008, il quitte le groupe audiovisuel public pour devenir conseiller régional UMP de Picardie, tout en créant Bygmalion, sa propre société de conseil en communication. Un an plus tard, il devient chroniqueur médias sur Europe 1 et annonce son « congé » de l'UMP.
Une situation qui lui permet d'assumer plus facilement son amitié avec la première adjointe à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, qu'il soutient contre Nathalie Kosciusko-Morizet, sans pour autant intervenir dans sa campagne.
Bastien Millot est également proche de Guillaume Peltier, vice-président de l'UMP et fondateur de La Droite forte. Tous deux font l'objet d'une plainte de l'association Anticor pour des soupçons de « favoritisme » à Menton.
■5/ Qu'est-ce que la société Bygmalion ?
Bygmalion SAS existe depuis 2008. Elle a un capital de 500 000 euros. Elle est possédée par deux holdings, AMM Participations, société de l'actuel PDG de Bygmalion, Guy Alves ; et RG management, société de l'actuel directeur général de Bygmalion, Richard Gibeaud. En 2009 (derniers chiffres disponibles), Bygmalion réalisait un chiffre d'affaires de 2,79 millions d'euros, et 1,2 million de valeur ajoutée.
La société possède plusieurs filiales : Bygmalion TV, créée en 2009 pour la production de spots et de programmes, Ideepole, société spécialisée en formation continue, plus précisément d'élus (elle est agréée par le ministère), qui existe depuis 2008, ou Doxeo, également tournée autour de la formation des élus.
Ideepole ne fait pas que de la formation. En cherchant un peu, on découvre que la société a pu gérer des événements, par exemple les « Journées des jobs d'été », ou organiser une rencontre d'eurodéputés.
■6/ Les questions en suspens
Pour l'instant, il n'y a pas d'action judiciaire autour de cette affaire. En soi, le fait que Bygmalion ait bénéficié de l'essentiel des marchés de communication et de formation de l'UMP n'est pas illégal s'agissant d'un parti politique. La surfacturation, elle, pourrait l'être, si elle est établie.
L'aspect le plus nouveau des révélations du Point concerne en fait le montage financier entre Bygmalion et Centuria Capital, et les relations entre M. Copé et son dirigeant, Emmanuel Limido, qui fut un intermédiaire entre l'Etat français et la monarchie qatarie lorsque le président de l'UMP était ministre du budget et Guy Alves son chef de cabinet .
La société de communication et son cofondateur Bastien Millot, intime de Jean-François Copé, ont déjà eu maille à partir avec la justice.
http://www.lepoint.fr/societe/affaire-cope-les-casseroles-de-bygmalion-28-02-2014-1796586_23.php
Ce n'est pas la première fois qu'un parfum de scandale entoure Bygmalion. Le Point, dans son édition du 27 février, révèle que la société, fondée en 2008 par deux proches de Jean-François Copé, Bastien Millot et Guy Alves, aurait empoché au moins 8 millions d'euros pendant la campagne de Nicolas Sarkozy via l'une de ses filiales. Mais l'agence de communication a connu plusieurs autres avis de tempête.
Beauvais
Bastien Millot connaît ses premiers ennuis au début des années 2000. Le jeune Picard, collaborateur de Jean-François Copé à Meaux, devient en 2001 premier adjoint à la mairie de Beauvais que la RPR Caroline Cayeux vient de remporter. Trois ans plus tard, patatras. En octobre 2004, le tribunal correctionnel de la ville le condamne pour détournement de fonds publics dans l'affaire dite du "chauffeur" : il aurait signé à un chauffeur municipal près de 1 500 heures fictives, payées par les contribuables. Bastien Millot fait appel, jure être prêt à aller "jusqu'au bout" pour prouver son innocence. Coup de théâtre le 12 janvier 2005, le jour même où l'affaire revient devant la cour d'appel d'Amiens : l'ancien adjoint se désiste et renonce à l'appel. Preuve que sa région natale n'est pas rancunière : c'est à Bygmalion - la société qu'il a créée en octobre 2008 avec Guy Alves, un autre proche de Copé - qu'a été confié en 2012 le projet de télévision Wéo Picardie.
France Télévisions
En 2005, Bastien Millot, fraîchement débarqué de la mairie de Beauvais, devient directeur général délégué de France Télévisions, chargé de la stratégie, de l'innovation et de la communication. En novembre 2008, il se met en congé sabbatique pour un an - congé renouvelé l'année suivante pour création d'entreprise. Or, selon Le Canard enchaîné du 24 avril 2013, le jeune dirigeant signe le jour même de son départ, le 31 octobre 2008, pour près de 144 000 euros de contrats avec France Télévisions au bénéfice de Bygmalion, créée trois jours plus tôt. Les missions se multiplient. Somme totale, selon le Canard : 1,2 million en quatre ans. Le journal évoque, parmi d'autres prestations, une "étude consacrée à l'image de France Télévisions", facturée plus de 43 000 euros, ou, en janvier 2009, le "discours des voeux aux salariés" de Patrick de Carolis, alors président du groupe, pour 7 000 euros. Une information judiciaire, confiée au juge Renaud Van Ruymbeke, est ouverte en juin 2013 sur des soupçons de "favoritisme et prise illégale d'intérêts". Si d'autres prestataires sont dans le viseur, Bygmalion figure en bonne place dans le dossier.
Saint-Maur-des-Fossés
Autre opacité, autre investigation : en avril 2013, le parquet de Créteil ouvre une enquête préliminaire sur des soupçons de malversation dans le marché de communication de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). En cause : un ensemble de contrats passés entre 2009 et 2012 entre la municipalité UMP-UDI et Ideepole, une filiale de Bygmalion. Depuis plusieurs mois, le maire de la ville Henri Plagnol est aux prises sur le sujet avec une partie de son conseil municipal. Les dissidents, Sylvain Berrios en tête (il a raflé au maire son mandat de député en décembre 2012, à l'occasion d'une élection partielle), dénoncent en avril 2013 le "manque de transparence" du premier magistrat. Le Parisien, qui a eu accès à certaines des factures, note que toutes les prestations prévoient des frais supplémentaires pour "exécution en urgence" - "des surfacturations non mentionnées dans le détail des tarifs du marché relatif à la communication, passé début 2009". Le guide officiel de la ville aurait, par ailleurs, été facturé deux fois. "Entre les factures sans prestation, celles qui répondent à des urgences qui n'en sont pas et ne sont pas prévues dans le marché, on parle de 300 000 euros", souligne dans le même article du Parisien Sylvain Berrios. La justice aura à se prononcer.
Menton
Fin décembre 2012, les socialistes Pascale Gérard et Renaud Marson, représentants de l'organisation Anticor à Menton, déposent plainte pour "délit de favoritisme" contre le maire UMP de la ville Jean-Claude Guibal auprès du procureur du tribunal de grande instance de Nice. L'un et l'autre, raconte à l'époque l'hebdomadaire Marianne, ont découvert quelques semaines plus tôt que la mairie s'est offert les services des sociétés Bygmalion et de COM1+, dirigée par un autre soutien de Copé, Guillaume Peltier. Le contrat de COM1+ s'élèverait, selon Marianne, à 14 800 euros hors taxe, "soit 200 petits euros au-dessous du seuil établi par le code des marchés publics, qui aurait obligé la ville à faire paraître une publicité et à mettre les prestataires en concurrence" ! Celui de Bygmalion, à 14 700 euros. "Le marché, s'interroge le journal, a-t-il été fractionné en deux pour passer sous le seuil si contraignant des 15 000 euros ?" Le maire de Menton assure que les deux marchés n'ont "rien à voir" l'un avec l'autre, accuse Anticor d'être une "agence du PS" et précise, à toutes fins utiles, qu'il n'est pas un proche du secrétaire général de l'UMP...
L'Onisep, organisme public sous tutelle de l'Education nationale, réclame un million d'euros d'impayé à Bygmalion, la société de communication visée par des accusations de favoritisme lancées contre Jean-François Copé.
Les ennuis s'accumulent pour Bygmalion. L'Onisep a porté plainte la semaine dernière contre la société de communication dirigée par Guy Alvès pour obtenir le paiement d'une dette d'un million d'euros, selon une information du Point confirmée au Figaro.
Le litige porte sur un contrat de régie publicitaire conclu de 2009 à fin 2012 entre Idéepole, une filiale de Bygmalion, et l'Onisep, l'établissement public d'information sur les formations et les métiers, directement rattaché à l'Education nationale. Idéepole démarchait des annonceurs pour remplir les espaces publicitaires de l'Onisep. Puis elle reversait le produit des ventes à l'organisme public, après avoir touché une commission. «Mais au terme d'un an de discussions incessantes, la société nous doit toujours un million d'euros», explique au Figaro le ministère de l'Education nationale. L'Onisep relance plusieurs fois Idéepole. Puis le 2 décembre 2013, l'organisme met la société en demeure de régler ses dettes dans les trois mois, sous peine d'envisager des poursuites judiciaires. En mars, le montant n'est toujours pas acquitté. «Devant le risque de défaut de paiement, nous avons décidé de porter plainte», indique-t-on au ministère. De son côté, le patron de Bygmalion Guy Alvès assure au Figaro que cette lettre de l'Onisep n'avait rien d'une mise en demeure. «C'était un simple récapitulatif de la somme à leur verser au terme de l'exécution du contrat qui s'est prolongé jusqu'en octobre 2013.» Il n'existe aucun litige sur ce contrat, affirme le patron de la société de communication. «Nous nous sommes mis d'accord sur la somme que nous devons leur verser et sur le calendrier des paiements.»
Ce problème de recouvrement, assez courant dans la vie des affaires, est devenu gênant pour le ministère de l'Education lorsque Le Point a révélé l‘existence de contrats contestables entre Bygmalion et l'UMP. «Je comprends tout à fait que le ministère veuille se couvrir juridiquement, commente Guy Alvès. Mais, pour moi, il n'y a aucun litige, on ne se soustrait pas du tout au paiement. Je leur ai même proposé de resserrer l'échéancier, et j'attends leur retour.»
From : le Monde,(Jérémie Baruch, Maxime Vaudano et Samuel Laurent ), le Point,le Figaro ,......