Le compte Twitter de l'agence Associated Press piraté .Un tweet apparaissant comme envoyé depuis son principal compte Twitter . Le message : une explosion avait eu lieu à la Maison Blanche et Barack Obama était blessé.
Le faux tweet parlait d'explosions à la Maison blancheLe piratage revendiqué par l'Armée syrienne électronique .Plus de 136 milliards de pertes sur le S&P 500, qui s'est repris.Le message envoyé à deux millions d'abonnés.
Des pirates informatiques ont détourné mardi le compte Twitter de l'agence américaine Associated Press (AP) pour annoncer qu'une double explosion avait eu lieu à la Maison blanche et que Barack Obama était blessé, ce qui a brièvement fait plonger Wall Street.
Quelques instants après ce message, envoyé vers 17h00 GMT, un porte-parole de l'agence a indiqué qu'il s'agissait d'un faux et Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche, a assuré que le président se portait bien.
Dans les trois minutes qui ont suivi sa diffusion, tous les marchés financiers se sont effondrés et un trader a parlé d'un "véritable chaos". (Voir graphique http://link.reuters.com/hyz57t).
Quasi instantanément, un vent de panique envahissait les marchés newyorkais. Entre 13 h 08 et 13 h 10, le Dow Jones (DJIA), principal indice de Wall Street, perdait 145 points – l'équivalent de 136 milliards de dollars (105 milliards d'euros) de capitalisation. Des entreprises comme Microsoft, Apple, Mobil, perdaient plus de 1 %. L'agence annonçait alors dans un nouveau tweet que le précédent était "un faux" : elle avait été victime d'un piratage. Tout rentrait dans l'ordre. Le Dow Jones finira même en hausse (de 1,05 %).
C'est une grande première à Wall Street. Non qu'un bug inopiné ne puisse venir perturber des marchés qui, désormais, fonctionnent à la milliseconde. Le 6 mai 2010, le DJIA avant déjà perdu 750 points (à l'époque 862 milliards de dollars) en vingt minutes suite à une "erreur de manipulation" informatique d'un trader de Citigroup (il avait placé un ordre pour 16 milliards de dollars sur des actions Procter & Gamble au lieu de 16 millions de contrats à terme sur des indices boursiers). L'onde de choc, quasi instantanée, avait entrainé une chute abyssale des cours (supérieure en trois quart d'heures à la pire journée de la crise financière, en octobre 2008). Un chaos sans précédent rentré dans l'ordre en moins d'une heure.
Il était 13 heures 07 minutes lorsque le message est apparu sur le compte piraté d'AP : "Deux explosions à la Maison Blanche, Obama blessé".
Cette fois, trois minutes ont suffi. Mais pour la première fois les cours de Wall Street ont été manipulés par un "hacker", un pirate informatique. D'où une vague d'interrogations des acteurs de la place. Et un mutisme tout aussi remarquable des responsables des marchés : signe de désarroi, les porte-paroles du Stock Exchange newyorkais (NYSE) comme du Chicago Mercantile Exchange (CME, première bourse de produits dérivés dans le monde), se sont refusés à tout commentaire.
Mais de nombreux acteurs ont manifesté leur inquiétude. "Je ne sais pas comment les marchés peuvent réagir à ce type d'information avec une telle rapidité. Cela ne peut être issu que d'opérations programmées par ordinateur, ce qui est d'autant plus inquiétant", jugeait Barry Schwartz, manager de fonds pour Baskin Financial Services à Toronto. De fait, il apparaît que les transactions informatisées sont à l'origine de la panique boursière.
La plupart des acteurs de Wall Street ont réagi avec circonspection à cette information non reprise par aucune autre source. En revanche, certains programmes logarithmiques mis au point par les grands organismes financiers pour planifier automatiquement des opérations spéculatives ont, eux, immédiatement suivi, déclenchant "une réaction en boule de neige où peu à peu les systèmes informatiques ont annulé leurs ordres d'achat et les 'algos' poussant à la vente ont galopé, d'où le grand plongeon", a commenté Jonathan Corpina, directeur chez Meridian Equity Partners, sur la radio Bloomberg.
Beaucoup, à Wall Street, s'inquiétaient de la possibilité de voir une forme de "cyberguerre" s'installer sur les places de marchés au profit d'intérêts quasi indécelables. D'autres se voulaient plus rassurants, pour qui la vraie victime ne pouvait être que les réseaux sociaux. Leurs messages n'ont jamais été des informations vérifiées, entendait-on à Wall Street, désormais, les acteurs de la place en auront plus conscience.
"Personne ne devrait réagir à la seconde à une information véhiculée par Twitter", expliquait Keith Bliss, vice-président du courtier Cuttone & Co. Pour John Carey, gestionnaire de fonds chez Pioneer Investment Management, le "faux tweet" piraté d'AP est l'équivalent "d'une rumeur, et des rumeurs, il y en a eu énormément, depuis des années, qui ont influé sur les cours jusqu'à ce que les investisseurs se rendent compte qu'elles étaient infondées". La seule différence est que, cette fois, la rumeur était informatisée, son origine paraissait hyperfiable et elle a instantanément touché près de 2 millions de personnes...
Le piratage a été revendiqué sur Twitter par L'Armée syrienne électronique, une organisation favorable au président syrien Bachar al Assad qui s'était déjà attribué le détournement des comptes de la National Public Radio américaine, de la BBC, de CBS et de Reuters News.
Le FBI et la commission américaine des opérations boursières (Securities and Exchange Commission, SEC), ont ouvert des enquêtes .
From : le Monde , les Echos,.....