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« La manif pour tous » de nouveau en ordre de bataille
Le mouvement qui s’était opposé au mariage pour les couples de même sexe appelle de nouveau à manifester à Paris et à Lyon dimanche 2 février contre le futur projet de loi sur la famille. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues dans un climat de grande tension, notamment autour de la « théorie du genre ».

 

Après les manifestations de 2013, le mouvement entend prendre les devants, notamment sur le futur texte du gouvernement sur la famille.

À deux jours d’un nouveau rassemblement de « La manif pour tous » (LMPT), à Paris et à Lyon, la tension est palpable. Le 30 janvier, à la mi-journée, aucun itinéraire n’avait encore été arrêté dans la capitale, où de 100 000 à 200 000 personnes sont pourtant attendues dimanche après-midi. En outre, sur fond de polémiques autour de l’avortement, de la théorie du genre à l’école ou encore de la gestation pour autrui, les nerfs des deux camps – gouvernement et militants LMPT – sont à vif.

« Manuel Valls a tenu des propos inadmissibles nous concernant », s’est insurgée la présidente du mouvement, Ludovine de La Rochère, en dénonçant des « amalgames odieux ». Le 28 janvier, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’intérieur n’avait pas fait de distinction entre son mouvement, qui se veut pacifiste, apolitique et « respectueux des personnes », et le collectif « Jour de colère », rassemblement hétéroclite de citoyens dont certains ont tenu des propos extrémistes lors de leur manifestation du 26 janvier.

 

 « Nous sommes caricaturés »
« Nous ne laisserons pas faire, ni hier, ni demain, les “activistes de la haine” », avait ainsi déclaré Manuel Valls. « Nous sommes caricaturés, on essaie de nous décrédibiliser en permanence », a, en retour, regretté la présidente de « La manif pour tous », qui s’est pourtant démarquée de « Jour de colère » comme de la « journée de retrait de l’école » déclenchée par certains activistes qui craignent la diffusion d’une idéologie du genre.

Après les manifestations d’ampleur de 2013 contre le « mariage pour tous », le mouvement entend cette fois ne plus être « en réaction », mais prendre les devants. En ligne de mire : le futur texte du gouvernement sur la famille, qui devrait être présenté en avril. Parmi les revendications de LMPT, le refus d’un statut du beau-parent, d’une « prémajorité » à 16 ans et une vigilance toute particulière concernant l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux célibataires.

À cet égard, les assurances du gouvernement qu’une telle mesure ne figurerait pas dans le projet de loi n’ont pas rassuré. « Les gens sont sur leurs gardes, ils savent qu’il suffit d’un amendement au texte pour que la mesure soit adoptée », fait observer Albéric Dumont, l’un des porte-parole de « La manif pour tous ». D’autant que le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) planche actuellement sur la question.

 

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« l’école outrepasse son rôle »
D’autres sujets inquiètent. Sans cautionner les excès de la journée de retrait de l’école, de nombreux parents d’élèves s’interrogent sur les ABCD de l’égalité, expérimentés dans dix académies pour lutter contre les stéréotypes hommes femmes. « Il faut inciter les familles à se saisir du sujet », estime Guillaume de Prémare, l’un des responsables du collectif Vigi-Gender, qui appelle à manifester dimanche.

Pour ce militant, « l’école outrepasse son rôle en abordant les questions d’identité sexuelle ». Et d’une manière générale, il juge que « puisque le gouvernement ne se fixe aucune limite, c’est aux citoyens de dire stop, d’être un point de résistance ».

Ce n’est pas tout. En début de semaine, un projet de résolution contre l’homophobie, fondé sur le rapport controversé de la députée Ulrike Lunacek (Verts), doit être débattu au Parlement européen, ce qui nourrit les craintes.

 

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« la parenté réelle cède le pas à la parenté sociale »
Enfin, des mesures pourraient bientôt être présentées concernant la transcription des états civils des enfants nés par mère porteuse à l’étranger, ce qui pourrait fragiliser l’interdiction de la gestation pour autrui en France. « Sur tous ces sujets, résume Ludovine de La Rochère, on voit bien que le modèle “un père-une mère-un enfant” est dilué et que la parenté réelle cède le pas à la parenté sociale, par définition plus fragile et subjective. Voilà ce que nous dénonçons. » « La manif pour tous » fera des propositions alternatives lors de la synthèse de son « Grenelle de la famille », le 8 mars, à la Mutualité à Paris.

De quelle ampleur sera la mobilisation de dimanche ? Pour Caroline Roux, d’Alliance Vita, « la détermination des citoyens qui se battent pour la filiation et pour l’enfant est intacte », en dépit du vote de la loi Taubira. Compte tenu du contexte, beaucoup redoutent en tout cas que des provocations et des échauffourées viennent perturber le défilé. « La manif pour tous » a prévu, en plus de son propre service d’ordre de « plusieurs centaines de personnes », de faire appel à deux sociétés de sécurité.

Elle inaugurera, par ailleurs, deux nouveaux dispositifs : des huissiers et des avocats indépendants, carte professionnelle épinglée sur le tee-shirt, seront mobilisés « afin de veiller à ce que les droits de chacun soient respectés », souligne Albéric Dumont, qui veut pouvoir prouver d’éventuels dérapages des forces de l’ordre.

 

 

 

Tandis que l'UMP reproche au gouvernement d'avoir attisé la polémique, plusieurs ministres montent au créneau face aux rumeurs qui troublent les écoles et aux menaces essuyées par un syndicat de parents d'élèves.Le Parti socialiste a condamné jeudi les «attaques» de Christian Jacob qui «mêle sa voix»aux rumeurs à propos d’un prétendu enseignement de la «théorie du genre» à l’école et apporté son soutien aux parents d’élèves de la FCPE menacés. Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale a accusé mercredi le gouvernement de jouer «aux apprentis sorciers» et jeudi au «pompier pyromane» sur les sujets sociétaux.


«Il faut que le gouvernement arrête de jouer avec le feu sur des sujets qui font consensus. On a bien vu comme notre société est fragile», a déclaré Jacob  sur i-Télé. «Tous les pays redémarrent au plan économique, la France reste collée au fond de la piscine. A côté de cela, on a commencé avec le mariage pour tous, ça a été ensuite les tentatives de modification de la loi Veil il y a quelques jours. On a entendu les théories du genre, il y a quelques mois, Mme Belkacem l’évoquait largement», a poursuivi le député de Seine-et-Marne. «La gauche est en train de tirer un écran de fumée parce qu’elle est totalement incompétente, inefficace sur le plan économique et social», «c’est irresponsable de se conduire de cette manière», a insisté Christian Jacob.

 

Laurence Rossignol , porte-parole du PS, a répondu à Christian Jacob dans un communiqué. «Sans doute, et toujours pour esquiver le bilan de la catastrophique gestion de la droite pendant les deux derniers quinquennats, M. Jacob mêle sa voix aux rumeurs et manipulations sur la soi-disant théorie du genre, qui n’existe que dans l’imagination de ceux qui la dénoncent», écrit Laurence Rossignol. «Les attaques qu’il profère contre le gouvernement sur toutes les avancées qui ont permis depuis 2012 de faire progresser l’égalité et l’accès aux droits témoignent de son refus de continuer d’inscrire notre pays dans le progrès collectif», ajoute-t-elle. Il «ferait mieux de faire des propositions pour le redressement de la France», selon elle.

Rumeurs et boycotts

 

Pas de Fumée sans feu
Depuis quelques jours, l’école est secouée par des rumeurs selon lesquelles des enseignants obligeraient les garçons à porter des robes ou encore inciteraient les enfants à l’homosexualité. A l’origine de ces assertions, une expérimentation baptisée «ABCD de l’égalité», lancée à la rentrée par le ministère dans dix académies, visant à lutter contre les stéréotypes filles-garçons à l’école pour corriger les inégalités entre les sexes.

 

papa rob

 

papa porte une robe

 

Ces rumeurs ont conduit certains parents d’élèves à boycotter l’école une journée, obligeant le ministre de l’Education Vincent Peillon  à demander aux chefs d’établissements de les convoquer pour les rassurer et leur rappeler que l’école est obligatoire. Le député PS de l’Hérault Christian Assaf a quant à lui adressé jeudi une lettre au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, dans laquelle il lui demande de poursuivre en justice les personnes à l’origine des rumeurs. «Ces rumeurs infondées, devenues une croisade nauséabonde, sont responsables de troubles à l’ordre public évidents et conduisent au non-respect de l’obligation de scolarisation des enfants», écrit le député.

 

La ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti , a dénoncé jeudi «une forme de retour à l’obscurantisme» après les rumeurs qui ont conduit à un fort absentéisme dans certaines écoles cette semaine. «Je suis catastrophée que certains puissent utiliser la notion de rumeur car […] elle profite à une extrême droite qui n’aime pas la République, donc qui n’aime pas l’école, le fondement de cette République», a-t-elle réagi sur RTL. «C’est une façon de mettre une méfiance à l’égard de l’école et c’est insupportable.»

Pour Bertinotti, il faut «rappeler aux parents ce qu’est le rôle de l’école: former des citoyens libres, éveiller leur conscience». «Est-ce que c’est en enlevant ses enfants de l’école que l’on contribue à l’ouverture d’esprit ?» a-t-elle lancé. «Moi, je trouve qu’il y a une forme de retour à l’obscurantisme, qui n’est pas du tout un acte gratuit de la part de ceux qui conduisent ce type de rumeur», a-t-elle poursuivi, désignant «une extrême droite qui fonctionne de façon très traditionnelle», en faisant «appel à l’émotion, aux sentiments, à l’irrationnel»

 

 

 

« Manif pour tous » : la justice annule la présence d'huissiers
La présence d'huissiers, obtenue par les organisateurs de « La Manif pour tous«  afin de constater d'éventuelles arrestations arbitraires, a finalement été repoussée par la justice. Saisie par la préfecture de police samedi matin, la juge des référés a estimé dans l'après-midi que l'ordonnance sans débat contradictoire qui avait permis jeudi la présence de ces huissiers n'était pas fondée.


La « Manif pour tous »  a « pris acte que la préfecture de police ne veut pas jouer la carte de la transparence », a réagi son secrétaire général, Cédric du Rieu. La « Manif pour tous » « mandatera néanmoins par elle-même des huissiers comme elle en a le droit pour constater la bonne tenue de sa manifestation », a déclaré M. du Rieu. « Ils ne pourront pas demander des explications à la police mais constateront leur action », a-t-il ajouté.

  L'association, affirmant qu'elle redoutait « des interpellations en nombre (...) à l'aveugle contre d'honnêtes citoyens », avait obtenu jeudi sur ordonnance que deux huissiers soient dans le cortège pour constater notamment l'attitude des forces de l'ordre et « relever d'éventuelles atteintes à la liberté individuelle ».

 

La préfecture de police a contesté cette décision en référé, y voyant, selon son avocat Me Ali Saidji, « une atteinte à la séparation des pouvoirs » et un « contrôle a priori des actes de l'administration ». « On place la police sous surveillance », a plaidé Me Saidji. « On demande aux huissiers de réaliser des choses matériellement impossibles », avec un constat qui ne pourra être qu'« au mieux parcellaire », a-t-il poursuivi. « On ne peut pas instrumentaliser la justice à des fins médiatiques », a encore estimé Me Saidji. «

Après les défilés contre le mariage homosexuel émaillés de violences en 2013 et une semaine après les débordements qui ont suivi la manifestation « Jour de colère », les autorités ont mis en garde contre tout trouble à l'ordre public.

Lire également Valls promet la « sévérité » en cas de débordements à la « Manif pour tous » :

La Manif pour tous « en a assez qu'on renvoie de ses cortèges une image fausse » et « souhaite que des officiers ministériels puissent constater ce qui se passe vraiment », avait rétorqué lors de l'audience, l'avocat de l'association, Me Henri de Beauregard. Il a dit qu'il n'était « pas question de mettre en cause la probité des fonctionnaires de police ».

La « Manif pour Tous »  a appelé à manifester à Lyon et Paris notamment contre l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes, contre la gestation pour autrui (GPA), et contre l'« ABCD de l'égalité », un dispositif expérimental en primaire pour lutter contre les stéréotypes filles-garçons

 

 

 

  

 

 

From : la Croix,Libération,le Monde,....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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