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Plan de soutien des pays de l'Euro , une réponse court terme : euphorie et prudence

From : I.Rioufol , le Figaro , le Point ,le Monde , ???

 

 

 

 

Les économistes et les marchés ont bien accueilli l’annonce du plan européen. Les déficits publics sont toutefois toujours là, soulignent certains.
«Je suis convaincue que le mécanisme va fonctionner»: Christine Lagarde affichait son optimisme malgré la fatigue, lundi matin au micro d’Europe 1. A raison. Accouché dans la douleur après des négociations marathon, le plan de 750 milliards d’euros, assorti de rachats de dette d’Etat par la Banque centrale européenne (BCE), semble avoir convaincu les analystes.

 

 

Les banques supplient la BCE d'acheter de la dette
Jusqu'où les taux grecs peuvent-ils monter ? Et pendant combien de temps l'euro va-t-il baisser ? Les marchés sont engagés dans une course que rien ne semble pouvoir arrêter. Vendredi 7 mai, le rendement des obligations grecques a de nouveau crevé le plafond : plus de 12 % pour les emprunts d'Etat à dix ans et 18 % pour les emprunts à deux ans.


  
L'euro, a repris, lui, son voyage vers les profondeurs : toute la semaine, il a enchaîné les records à la baisse, passant sous le seuil de 1,26 dollar jeudi 6 mai, son point le plus bas depuis 14 mois. Un désaveu pour les dirigeants de la zone euro qui se réunissaient vendredi pour finaliser le plan d'aide à Athènes.

 

 

Ce plan, plus personne n'y croit vraiment. Fonds insuffisants, risque d'explosion sociale, menace de contagion au Portugal et à l'Espagne : la crise semble sur le point de dégénérer. Certains grands économistes commencent même à sonner le tocsin de la monnaie unique.

"L'euro en soi est-il en danger ? En un mot, oui", écrit sur son blog le Prix Nobel d'économie, Paul Krugman, qui n'exclut plus des défauts en série. Un jugement partagé peu ou prou par le très europhile Joseph Stiglitz, autre Prix Nobel : si l'Europe "ne règle pas ses problèmes institutionnels fondamentaux, l'avenir de l'euro sera peut-être très bref", s'inquiète-t-il.

Qu'en dit, le gardien de la monnaie unique ? Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, s'est contenté de messages sybillins, jeudi 6 mai, à l'issue du conseil des gouverneurs. Impuissant à enrayer la chute des marchés.

 

 

La semaine n'a pas été facile pour le patron de la BCE, qui a adopté, lundi, une mesure d'urgence inédite : l'annulation pure et simple du seuil d'éligibilité des titres grecs acceptés en échange de crédits. Pour soulager les banques, la BCE est prête à accueillir en dépôt des obligations grecques quand bien même celles-ci seraient cataloguées "pourries".

 

 

M. Trichet avait pourtant assuré trois mois plus tôt qu'il ne prendrait jamais du mauvais papier en pension pour le bénéfice d'un seul pays. A-t-il voulu faire montre de souplesse et de pragmatisme ? Les Allemands, eux, n'ont pas du tout aimé. "Le président de la BCE a sacrifié sa crédibilité et celle de toute la banque centrale. Cette institution censée garantir la stabilité de la monnaie", accusait, dans un éditorial au vitriol, le quotidien Die Welt, mercredi.

Outre-Rhin, les défenseurs de l'orthodoxie sont près d'y voir la cause principale de la glissade de l'euro. Les critiques ont sans doute porté, M. Trichet n'ira pas plus loin. Au moins dans un premier temps. Jeudi, il a refusé tout net d'évoquer l'option d'une intervention de la BCE sur le marché pour racheter des emprunts d'Etats. Une méthode dite du "quantitative easing", consistant à faire tourner la planche à billets pour financer les déficits. C'est ce que les dirigeants de 47 grandes banques européennes l'ont suppliée vendredi de faire : être un "acheteur de dernier recours", selon le Financial Times du samedi 8 mai.

 

 

Cette politique contredit le mandat historique de la BCE : celui de la stabilité des prix. Mais la banque centrale pourra-t-elle éviter éternellement de recourir à cette arme "nucléaire" ? Pour certains analystes, cet instrument, utilisé pendant la crise par la Réserve fédérale américaine (FED) et la Banque d'Angleterre, serait seul à même de stopper l'engrenage infernal.

 

 

Tous ne pensent pas ainsi. "Si la BCE devait décider, un jour, de monétiser la dette publique>, estime Bruno Cavalier, chez Oddo Securities, on pourra ipso facto signer l'acte de décès de l'Union monétaire."

 

 

«Puissance énorme», «quelques chose de gros», «facteur de dissuasion très fort». A en croire les économistes de banque, l’Union européenne a pris «conscience des risques d’implosion de la zone euro», comme le souligne Pierre-Olivier Beffy, d’Exane-BNP Paribas. En clair, l’Union européenne a élaborée le plan le plus volumineux possible pour calmer les marchés, et cela devrait fonctionner.

«Un total de 750 milliards d’euros de crédits pour les Etats est un montant suffisamment important pour dissuader la spéculation à court terme sur un défaut», estime Dariusz Kowalsczyk, de SJS Markets. «Les mesures présentées sont des mesures d’urgence qui vont faire disparaître la crise de liquidité qui touchait les Etats», note Patrick Artus, chez Natixis.

Surtout, l’entrée en jeu de la Banque centrale européenne, jusqu’alors hostile à tout rachat d’obligations d’Etat, rassure. «Plus important [que les 750 milliards], la BCE a été obligée de sauter dans le train en marche», commentent les analystes de BNP Paribas.

 


D’après des rumeurs de marché, la BCE aurait d’ailleurs commencé dès lundi matin à racheter des titres de dettes d’Etats. «Combien en rachètera-t-elle ? Nous ne le savons pas», admet Ciaran O’Hagan, stratège à la Société Générale. L’avantage, à ce stade, c’est que la Banque centrale «n’a pas besoin de débourser beaucoup pour faire baisser les taux sur les obligations souveraines les plus risquées».

Les politiques semblent bien avoir gagné une bataille dans ce qu’appelle Angela Merkel «la guerre contre les marchés». Mais la guerre, justement, n’est pas finie : dettes et déficits excessifs sont toujours là. Et, si le plan permet de gagner du temps, reste à savoir «si les Etats concernés auront effectivement recours à cette opportunité pour présenter un plan de désendettement crédible et améliorer leur situation financière», s’interroge Victor Hjort, analyste chez Morgan Stanley.

«Les problèmes de fond de la zone euro subsistent», s’inquiète Patrick Artus, à savoir «la probable impossibilité pour beaucoup de pays de réduire leur déficit public aussi vite que ce qui leur est demandé». Dans un contexte où les perspectives de croissance restent très faibles, rappelle-t-il, «autour de 1% en 2010 et 2011». Rien n’est assuré.

 

 

 

Le barrage visant à protéger la Grèce et l'euro, mis en place en urgence ce week-end par l'Union européenne et le FMI, tiendra-t-il longtemps? Le fonds de soutien de 720 milliards d'euros a  calmé les marchés, ce lundi, même s'il ne change rien à l'insolvabilité de la Grèce qui va devoir rembourser ses dettes. Il est à espérer que l'effet domino redouté épargne le Portugal, l'Espagne et l'Italie, sans parler de la France pareillement affaiblie par son endettement.

 

Reste aux responsables politiques, qui n'ont pas fait preuve de clairvoyance en fermant les yeux sur les tricheries répétées d'Athènes, à bien analyser cette crise qui menace toujours la zone euro, même si l'échéance a été repoussée. Or, cet ébranlement de l'Europe n'est pas de la faute des spéculateurs, qui n'ont fait que dévoiler les impostures d'une construction présentée comme exemplaire.

 

 


Après des semaines de tergiversations sur l'aide à apporter à la Grèce et aux membres de la zone euro affaiblis par de lourds déficits, l'Union européenne et la Banque centrale européenne (BCE) ont envoyé un signal fort aux marchés. Or la prudence est toujours de mise. L'agence de notation Moody's a fait savoir, lundi, qu'elle pourrait encore baisser la note de la Grèce et du Portugal, tandis que l'euro évolue autour de 1,27 dollar, loin du seuil symbolique de 1,30 dollar constaté brièvement lundi, en pleine euphorie des marchés.

 

 

L'euro avait grimpé lundi à près de 1,31 dollar, dopé par le plan de secours historique annoncé par les pays de l'Union Européenne (UE) allant jusqu'à 750 milliards d'euros pour aider les pays de la zone euro, si nécessaire, et endiguer une crise financière qui menace de gagner toute la planète.

 

L'euro reculait face au dollar mardi, les craintes sur la zone euro persistant après la mise en garde de l'agence de notation Moody's, qui envisage d'abaisser les notes de la Grèce et du Portugal, comme l'a fait Standard and Poor's, malgré le colossal plan annoncé par l'Union européenne. Vers 15 heures, l'euro valait 1,2696 dollar, contre 1,2778 dollar lundi soir vers 23 heures. La monnaie unique européenne baissait également face à la devise japonaise, à 117,44 yens, contre 119,19 yens la veille.

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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