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Des hackers chinois ont pénétré les systèmes informatiques du Pentagone

Un chasseur F-18, un des avions auxquels les hackers ont eu accès.

Selon des informations du Washington Post, confirmées par des responsables du Pentagone, des hackers chinois ont réussi à pénétrer des systèmes informatiques dans lesquels étaient stockés les plans de plusieurs armes américaines, dont des avions et des missiles.

 

Selon le quotidien américain, les pirates informatiques ont, entre autres, eu accès aux plans du système de missiles Patriot, du système de radar ultramoderne Aegis, du chasseur F-18 ou de l'hélicoptère Black Hawk. Le programme de développement du chasseur F-35, le plus coûteux de l'histoire du Pentagone, a également été consulté.
Le Pentagone, qui "prend la menace de l'espionnage et la sécurité informatiques très au sérieux", précise que ces intrusions n'ont toutefois entraîné aucune "érosion des capacités" militaires américaines. "Nous maintenons une confiance totale dans nos systèmes d'armes", a réagi son porte-parole, George Little.

 

Un rapport interne du Defense Science Board, un organisme de conseil regroupant des experts de la société civile et de l'administration, a confirmé que les systèmes qui ont été piratés contenaient notamment les plans de dizaines de systèmes d'armement militaires cruciaux.

Le document n'accuse pourtant pas ouvertement la Chine, se contentant de rappeler les récentes mises en garde adressées par Washington à Pékin dans ce dossier. Mais plusieurs hautes responsables interrogés par le Washington Post ont confirmé que cette attaque était une conséquence d'une vaste campagne d'espionnage chinois contre des industries de la défense et des agences du gouvernement américain.

 

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En mars, des hauts responsables des services de renseignement ont multiplié devant le Sénat les avertissements sur la vulnérabilité de la nation au cyberespionnage, au cybercrime et à la destruction des réseaux informatiques, qu'ils soient le fait d'attaques menées par des Etats, des cyberterroristes ou des groupes de hackers criminels.

 

Le président Barack Obama lui-même avait affirmé que les Etats-Unis "[avaient] été très clairs avec les Chinois, en leur expliquant que [le pays] attend[ait] d'eux qu'ils respectent les conventions et les lois internationales."

Le piratage informatique et l'espionnage numérique se sont imposés ces derniers temps comme un sujet brûlant dans les relations déjà tendues entre Washington et Pékin. Le 20 février, l'administration Obama avait promis une réaction "vigoureuse" aux vols de secrets industriels par des entreprises ou des pays étrangers, dans un document cadre qui mentionnait de nombreux exemples de telles activités au profit d'entités chinoises.

 

Pékin s'était alors fermement défendu d'avoir mis sur pied une opération de grande envergure pour voler des secrets industriels, malgré l'identification par une société américaine de sécurité informatique d'un immeuble de la banlieue de Shanghaï depuis lequel ces attaques auraient été menées.

Le sujet sera, à coup sûr, évoqué lors de prochaine rencontre entre M. Obama et le président chinois Xi Jinping en Californie, au début du mois de juin.

 

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Le siège du "New York Times", à New York, le 7 février. Le quotidien a été victime de cyberattaques attribuées à la Chine, fin octobre 2012.

Les États-Unis courent un risque de "cyber Pearl Harbor", avait mis en garde Leon Panetta, le secrétaire à la défense, en octobre. Mardi 12 février, le président Obama a été plus concret encore : "Nos ennemis cherchent [...] à saboter notre réseau électrique, nos institutions financières et nos systèmes de contrôle aérien", a-t-il lancé dans son discours sur l'état de l'Union, juste après avoir pointé les menaces d'Al-Qaida et de l'Iran.


Ainsi érigée en grande cause nationale, la cybersécurité avait fait l'objet, quelques heures plus tôt, d'un décret présidentiel destiné à inciter les milieux économiques rétifs à accepter un minimum de régulation par l'Etat fédéral pour prévenir et contrer le danger invisible. Un péril dont les récentes attaques contre les systèmes informatiques du New York Times et de plusieurs autres médias, attribuées à la Chine, ont rappelé la gravité. Une centrale électrique a été visée par une cyberattaque pendant plusieurs semaines, a révélé récemment le ministère de la sécurité intérieure.

Le décret signé mardi par Barack Obama demande aux administrations de la défense et du renseignement de communiquer les informations classées secrètes sur les cybermenaces, aux sociétés privées susceptibles d'être visées. Le texte appelle aussi au développement de normes destinées à protéger les systèmes informatiques des secteurs stratégiques, tels que les banques, l'électricité et les transports.


"A présent, le Congrès doit agir lui aussi", a ajouté le président. Car son décret, au contenu limité par les pouvoirs propres à l'exécutif, ne fait que compenser l'incapacité des élus à se mettre d'accord sur une législation anti-cybercriminalité. Les patrons craignent qu'une loi ne leur impose des normes informatiques et ne les oblige à rendre publique les attaques. Ils estiment que les lourdeurs administratives risquent de les empêcher de s'adapter en temps réel aux nouvelles menaces.

En 2012, un projet de loi discuté au Sénat n'a pas abouti. Il limitait les droits des consommateurs en cas de vol ou de diffusion de leurs données personnelles. Résultat, les mesures de protection ont pris bien du retard. "Nous, le gouvernement américain, nous avons installé des chaises longues, informé les voleurs que l'argenterie se trouvait dans le tiroir du bas, nous avons ouvert une bière et les avons regardés faire", a ironisé, le 10 février sur CBS, Mike Rogers, le président (républicain) de la commission sur l'espionnage de la Chambre, remonté contre Pékin.

 

Accusé d'inaction, l'administration Obama a récemment élevé le ton. "Nous devons commencer à dire clairement aux Chinois que les Etats-Unis vont passer à l'action afin de protéger non seulement notre gouvernement, mais aussi notre secteur privé", a averti la secrétaire d'Etat Hillary Clinton juste avant de passer la main, fin janvier. Gordon Crovitz, éditorialiste du Wall Street Journal, appelle les autorités à faire respecter, y compris par la force, la liberté de circulation dans le cyberespace et à lutter contre les pirates, de la même façon que la marine américaine a fait respecter la libre circulation sur les mers du globe, indispensable elle aussi au commerce.

Comme pour répondre à cette injonction, le Pentagone vient d'annoncer qu'il allait porter de 900 à 4 900 ses effectifs chargés de la "lutte contre le piratage informatique" et des "opérations numériques offensives". La Maison Blanche, elle, met discrètement au point une réglementation qui, selon le New York Times, conférera au président, en cas de cyberattaque, des pouvoirs de riposte analogues à ceux qu'il détient déjà en matière d'usage de drones.

 

 

From : le Monde,.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Stratégie - Défense - Relations Internationales
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