Le débat sur l'identité nationale
D'où vient l'idée d'un débat sur l'identité nationale ?
C'est un thème de la présidentielle 2007. La candidate socialiste Ségolène Royal suggère alors à chaque Français de posséder un drapeau tricolore, et décide de chanter La Marseillaise lors de ses meetings. De son côté, Nicolas Sarkozy promet de créer un ministère de l'Immigration et l'Identité nationale. Il pose dès le 26 mars 2007 la problématique : "Je n'ai pas l'intention de laisser à l'extrême droite le monopole de la nation. Si on ne réfléchit pas à ce que signifient les valeurs de la France, comment voulez-vous que les derniers Français arrivés par l'immigration soient intégrés ?" Le ministre en charge de l'Identité nationale Éric Besson a relancé la réflexion dimanche 25 octobre.
Un site dédié à cet effet est actif à l'adresse suivante : www.debatidentitenationale.fr . (également pour consulter le calendrier des débats locaux.)
Qu'est-ce qu'être français !? Allez poser déjà cette question à nos ministres et à notre Président de la République ! Il semble que , eux non plus , ils ne savaient même pas comment le définir : Être français , c'est quoi exactement !?
Président Sarkozy : ??? Hum , hum ??
1er ministre Fillon : ??? Hum, hum ??
Eric Besson et les autres ministres : ??? Hum, hum ??
Etc ......
Quels sont les axes avancés par Éric Besson ?
Ils sont au nombre de deux. Le premier tourne autour de "l'identité nationale". Le ministre formule plusieurs questions : "Qu'est-ce qu'être français, quelles sont les valeurs qui nous relient, quelle est la nature du lien qui fait que nous sommes français et que nous devons être fiers ?" Des propositions concrètes seront soumises au débat, comme l'obligation pour l'ensemble des jeunes Français de chanter, au moins une fois par an, La Marseillaise .
Autre axe de réflexion : l'apport de l'immigration à l'identité nationale. L'objectif, selon Éric Besson, est ainsi de "mieux faire partager les valeurs de l'identité nationale à chaque étape du parcours d'intégration".
Quelles sont les bases de travail ?
Le débat sera alimenté par le rapport parlementaire sur "le respect des symboles de la République" des députés UMP Jean-Philippe Maurer (Bas-Rhin), Françoise Hostalier (Nord), Jacqueline Irles (Pyrénées-Orientales) et Philippe Meunier (Rhône), remis le 25 mai dernier. Un rapport du Haut Conseil de l'Intégration (HCI), présenté à Éric Besson le 21 avril dernier, nourrira aussi la réflexion autour de l'identité nationale.
Quel est le calendrier fixé par le gouvernement ?
Lancé lundi 2 novembre, le débat s'achèvera le 31 janvier. Le 4 février, Éric Besson devrait animer un grand colloque de synthèse.
Qui sera sollicité ?
À l'invitation du ministère de l'Identité nationale, les préfets et les sous-préfets doivent organiser une réunion par arrondissement avec les "forces vives de la nation". Ces débats locaux seront animés par le corps préfectoral et les parlementaires nationaux et européens. Les enseignants, les parents d'élèves, les associations, les syndicats, le patronat, les élus locaux et les représentants des anciens combattants pourront participer aux réunions. Les ambassadeurs étrangers seront également consultés.
Illustration : point de vue British , à lire les carnets de Major Thompson

Nos ambassadeurs et consuls de France à l'étranger doivent participer aussi à ce débat ( car des fois il semble qu'ils oublient un peu qu'ils sont français ! )..... Le 14 Juillet , au lieu d' offrir de réception aux français ( de passage ou des résidents ) et fêter avec leurs concitoyens ( salut du drapeau ?, chanter la marseillaise ?, gouvernement pour le peuple ? ) certains représentants de la République préfèrent les ignorer ! Voir article " Carnets de voyage : Consulat général de France à Hcm-ville Vietnam " http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-34594261.html . Des jeunes français et françaises ont eu cette réflexion : à quoi sert-il d'apprendre la Marseillaise , de venir fêter avec ces représentants de la République ... lorque l'occasion se présente ils nous ignorent et préfèrent faire la fête avec autrui ! D'ailleurs , l'attitude de nos représentants ne mérite guère mieux d'estime de la part des autorités locales !
Illustration : point de vue sportif , la main qui vole .....la victoire aux Irlandais ( la presse étrangère sur la main de Cheat Henry ! )

Que dit la Constitution ?
Les deux premiers articles de la Constitution esquissent la définition de l'identité nationale et désignent les emblèmes français.
Article 1 : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales.
Illustration : point de vue laique , la fille aïnée de l'Eglise .

Article 2 : La langue de la République est le français.
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est La Marseillaise.
La devise de la République est "Liberté, Égalité, Fraternité".
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Illustration : point de vue gastronomique, du pain du fromage et du vin .

À quoi cela va servir ?
Selon les mots du ministère de l'Identité nationale : Le débat "doit favoriser la construction d'une vision mieux partagée de ce qu'est l'identité nationale, et il doit faire émerger des actions permettant de conforter l'identité nationale, et de réaffirmer les valeurs républicaines et la fierté d'être français".
Etes-vous vraiment sûr d’être Français ?
Naïvement, on pensait que la carte d’identité nationale et le passeport était un garant suffisant de "Francitude". Erreur. Les lois sur l’immigration se sont durcies, du coup, l’administration est plus méfiante. Et beaucoup de Français doivent désormais prouver qu’ils sont bien Français". Et doivent produire un certificat de nationalité Française (CNF).
Dans les guichets des tribunaux d’instance, chargés de délivrer les fameux CNF, on la définit de façon très claire. Très sèche. Il y a ceux qui "en sont", naturellement. Les Français de souche "né en France, d’un parent Français né en France", qui n’ont pas besoin du précieux document. Et puis il y a tous les autres. Français immigrés de la deuxième génération né en France, Français nés à l’étranger… Considérés comme des fraudeurs potentiels dans un climat de suspicion généralisée. Pour eux, le CNF est désormais obligatoire. A eux de prouver qu’ils sont Français, ce qui peut s’avérer très, très compliqué, comme sont en train de le réaliser des milliers de nos compatriotes quand ils veulent refaire leurs papiers .
Voir témoignage:
Stéphane Sitbon-Gomez, le bras droit de Cécile Duflot, la patronne des Verts, ne s’était lui non plus "jamais senti fils d’immigré". Ce jeune diplômé de Sciences po né en France essaie d’obtenir son CNF depuis cinq ans. "Cela a commencé en 2004, je passais le bac, ma carte d’identité expirait, j’ai fait une demande de CNF. Mon père est Français né à Tunis. Mais pour le tribunal, sa nationalité est douteuse. On nous a donc demandé de remonter dans la branche paternelle jusqu’au grand père de ma grand-mère né dans le Gers pour prouver notre filiation Française. Comme s’il fallait démontrer la pureté de son sang ! Ce jour là, un truc s’est cassé". Stéphane Sitbon a failli passer le bac en "candidat étranger": "heureusement, on est tombé à la mairie sur une fonctionnaire sympa qui m’a refait ma carte d’identité, sans CNF, en douce". L’odyssée ubuesque continue à ce jour. "La semaine dernière, on nous a dit que ce serait plus simple de prendre la nationalité tunisienne !".
Brigitte Abitbol, la soixantaine, a manqué s’étrangler quand on lui ait fait remarquer « la consonance israélite » de son nom et qu’on lui a réclamé un certificat de mariage religieux à la synagogue. "Un fonctionnaire m’a dit que j’étais recensée comme juive algérienne. Moi dont une bonne partie de la famille est morte à Auschwitz…" s’émeut-elle. "Je suis Française avant tout. A l’école en Algérie, je chantais la Marseillaise tous les jours. Quand je suis arrivée en métropole à sept ans, je connaissais les paroles mieux que tous les autres". Pourquoi le droit de la nationalité s’intéresse-t-il à la religion ? Les juifs d’Algérie bénéficiaient du décret Crémieux, signé en 1870, annulé pendant Vichy, puis réétabli, et ont été tous naturalisés Français. Les musulmans, non. Ce qui a créé après l’indépendance de l’Algérie des situations inextricables.
Kim Vo-Thi, née en France, a ainsi eu la surprise de se voir contester son CNF à la préfecture quand elle a voulu refaire ses papiers. Pour la fonctionnaire, le CNF « n’était pas valable », car la jeune femme porte un nom légèrement différent de celui de son père : "C’est un usage particulier à certains noms viêtnamiens. Mais j’avais un papier du tribunal d’instance expliquant tout cela". Rien n’y a fait. On la renvoie d’un sec : "En France, on ne fait pas comme cela". Dans ses mésaventures, Kim a cependant eu de la chance. Au bout de plusieurs mois, elle a pu trouver un fonctionnaire plus compréhensif qui lui a permis de renouveler ses papiers. Et son CNF n’est heureusement pas contesté par la justice. Car oui, il est possible de se faire assigner comme un vulgaire délinquant par le parquet pour se faire retirer sa nationalité. C’est ce qui est arrivé à 438 personnes en 2008.
Il n’y a pas si longtemps, pourtant, il n’y avait nul besoin de CNF quand on avait ses papiers. La loi et les pratiques se sont peu à peu durcies. D’abord avec la circulaire Pasqua de 1993 : avec les nouvelles cartes d’identités informatisées, le CNF devenait obligatoire même en cas de renouvellement. C’est désormais la même chose pour les passeports, selon le décret de 2005 sur les passeports électroniques : Nicolas Sarkozy est alors ministre de l’intérieur. Des modifications administratives qui se révèlent un cauchemar pour les Français de l’étranger, par exemple, pour qui les délais d’attente peuvent atteindre un an ! Même engorgement à Paris, où toutes les demandes de CNF, jadis traitées dans les tribunaux d’arrondissement, sont désormais centralisées dans un unique "Pôle nationalité", rue du Château des Rentiers dans le XIIIe. Elles attendent de longs mois avant d’être traitées… "La nationalité, c’est affectif, cela touche l’identité même des gens. Nous, on est obligé de suivre les textes. » explique la greffière en chef au tribunal de Rouen « C’est comme une démonstration mathématique : c’est oui ou non. S’il manque des pièces, on ne peut rien faire. Le droit de la nationalité est très complexe. On s’est retrouvé devant des personnes de soixante ans qui avaient passé toute leur vie en France à qui on disait, non, vous n’êtes pas Français. C’est violent".
Comme un soupçon permanent
Quelques expériences ordinaires des préjugés qu'ils peuvent rencontrer tous les jours. Pas de victimisation, encore moins de misérabilisme. Davantage d'humour que de colère ....
Noria :
« J'ai l'impression qu'on m'oblige à prouver que je suis française dès lors que je me permets de critiquer la politique de mon pays ( la France ) ou une institution. On me répond : “Ah parce que c'est mieux en Algérie, peut-être ? ” Alors que je connais à peine l'Algérie. »
Gilles :
« C'est comme si on me déniait le droit de porter un jugement critique. Comme si on me répondait : “Sois déjà content d'être là et qu'on veuille bien de toi. Tu as été adopté, ne crache pas dans la soupe.” »
« Quand je vais au syndic de ma copropriété avec deux voisins, la gérante ne m'adresse pas un regard, ce qui est d'autant plus paradoxal que c'est moi qui tiens l'ordre du jour. Quand je parle, elle fait comme si elle ne comprenait pas ce que je raconte. »
« Quand il se passe un fait divers, je me dis : “Pourvu que ce ne soit pas un Noir ou un Arabe qui ait foutu la merde ! ” Bizarrement, quand c'est la victime, on en parle moins. »
Des français de souche qui dénigrent la nationallité française .....
http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-ces-personnalites-et-symboles-hauts-en-couleurs-de-la-france-qui-chantent-la-marseillaise-a-tue-tet-113478698.html
Les Contrôles au faciès
Ce témoignage "confirme la discrimination au faciès que subissent quotidiennement des milliers de Français ou de présumés étrangers, lors des contrôles de police", a estimé mardi dans un communiqué le collectif "Police + Citoyens", qui rassemble la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Conseil représentatif des associations noires (CRAN), Banlieue active, Hui Ji, AC le feu et la branche française du réseau européen contre le racisme (ENAR).
"Nous sommes profondément attachés à la police républicaine et c'est au nom de ce lien, indestructible, qui doit exister entre la police et ses administrés, quels que soient leur âge, leur religion, leur mode de vie ou leur couleur de peau, que nous appelons à agir, pour en finir avec les contrôles au faciès", ont souligné les associations.
Les Mariages gris
La semaine dernière, le ministre de l'Immigration a annoncé qu'il allait engager une "réflexion" sur les "mariages gris", qu'il a qualifiés "d'escroquerie sentimentale à but migratoire". Par "mariages gris", Eric Besson entendait désigner des unions qui seraient conclues entre une personne étrangère souhaitant obtenir un titre de séjour ou la nationalité française et une personne de nationalité française de bonne foi, abusée dans ses sentiments.
Le Cran (Conseil représentatif des associations noires) a dénoncé une prise de position remettant en cause les mariages mixtes en France.
L'humoriste Stéphane Guillon , dans une chronique particulièrement acerbe, a pris pour cible les "mariages gris", nouveau cheval de bataille d'Eric Besson, n'hésitant pas à prendre en exemple la jeune compagne tunisienne de 22 ans du ministre " Attention, le mariage gris, ça peut être dans les 2 sens (...) Je dis à Eric Besson, en toute amitié, qu'il faut qu'il fasse gaffe aux mariages gris. Tant qu'il n'est pas marié ça va, mais s'il franchit le pas, il y aura une enquête de vie privée. Avec plus de 30 ans d'écart, c'est obligatoire. Quand ça ne peut plus être ni pour ton physique ni pour ta vigueur, ils contrôlent."Une comparaison restée en travers de la gorge d'Eric Besson .
Etc .....
Un débat pour faire diversion ?
L'opposition dénonce une opération destinée à capturer l'électorat du FN à l'approche des régionales de mars 2010. Éric Besson ne dément pas. Au contraire : "Nous n'aurions jamais dû abandonner au Front national un certain nombre de valeurs qui font partie du patrimoine républicain", a-t-il récemment estimé avant d'ajouter : "Je pense que la mort du FN serait la meilleure nouvelle pour tous."
Qu'en pense le Parti socialiste ?
Le Parti socialiste doit décider cette semaine à quel niveau il participera au débat. Selon le porte-parole du PS, le débat est "faussé par excellence", car Nicolas Sarkozy doit s'exprimer le 4 décembre sur ce thème, soit deux mois avant la fin des consultations.
Le débat suscite-t-il l'intérêt des Français ?
Dans un sondage CSA publié dimanche 1er novembre par Le Parisien , 60 % se disent favorables au débat. Dans une autre enquête publiée par Ouest-France , 77 % sont favorables à l'apprentissage de La Marseillaise à l'école.
Si la contestation est vive à gauche, elle a aussi touché la droite dont plusieurs personnalités redoutent des dérapages. L'ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, Alain Juppé, estime que la question de l'identité nationale a déjà été tranchée en 1872 par Ernest Renan. L'ex-ministre et présidente du Parti chrétien démocrate, Christine Boutin, pointe, elle, un « débat très risqué » et estime qu'« on ouvre un boulevard à l'extrême droite. »
Un peu d'Histoire ( selon M.Rocard )
Michel Rocard : - Cela ne m'inspire pas grand-chose de bon. La France est incontestablement l'un des pays occidentaux qui a la plus forte identité nationale. Des individus comme Louis XIV, Napoléon Bonaparte et Charles de Gaulle sont fortement créateurs de références identitaires. Et puis la France a cette particularité d'être différente de tous les autres pays d'Europe sur un point majeur. Mais cela nécessite de prendre le temps de parcourir l'histoire.
Les grands empires qui sont apparus à travers le monde - en Amérique, en Afrique, comme au Moyen-Orient ou en Asie - sont presque toujours respectueux des identités linguistiques et religieuses des territoires qu'ils absorbent. Mais nous avons en Europe une autre tradition, beaucoup plus exigeante dans l'unification des territoires. C'est celle des royaumes. Nous n'avons pas d'empire qui réussit, mais huit ou neuf communautés linguistiques et religieuses - linguistiques à titre principal- qui vont créer des nations, chacune avec leurs rois ou leurs princes. Pendant un millénaire et demi, elles devront se défendre les unes des autres et construire une identité. C'est vrai du Portugal. C'est vrai aussi de l'Espagne, même s'il y a une petite difficulté linguistique avec la Catalogne et le Pays Basque. C'est vrai aussi de l'Angleterre et de la communauté néerlandophone, qui va prendre la forme des Provinces unies, les Pays-Bas. C'est vrai de la Pologne, c'est vrai aussi de la Hongrie et de la Russie.
Il y a deux retards dans la constitution des nations: l'Italie et l'Allemagne. Mais tout de même l'Italie et l'Allemagne ont ces caractéristiques d'être des communautés linguistiques, qui se donnent un peu après les autres une structure d'Etat.
La France est un cas absolument unique. Une petite zone militarisée - Ile-de-France, Val de Loire - va produire une collectivité linguistique nationale.
La langue française, c'est le Val de Loire, son lieu de naissance. Cette communauté va se militariser à outrance, parce qu'elle est petite et parce qu'elle est exposée dans une zone de plaine. En conséquence, le royaume de France va se développer en s'étendant militairement, bien au-delà de sa communauté linguistique. La naissance de la France se réalise par la conquête militaire d'au moins cinq cultures - j'appelle culture la coïncidence entre une langue et un art de prier. Je veux parler de la Bretagne, de l'Occitanie, de l'Alsace, d'une partie de la Flandre, de la Corse, et puis de notre
petit bout du Pays basque. Vous avez le souvenir de la guerre des Albigeois ? Elle aurait fait entre 400 et 500.000 morts, avec les techniques militaires de l'époque - et la gentillesse de Simon de Montfort. C'est la conquête par le Nord de tout le Midi qui, au sud d'une ligne allant de Bordeaux à Grenoble, parlait Occitan.
C'est ça, la France. Le pouvoir central est construit militairement, ce n'est pas le produit d'une communauté. Tout cela est assez fabuleux et donne à la France une identité très spécifique qui est beaucoup moins marquée par le droit du sang. Très tôt, il y a un sentiment national étonnant, par l'échange de souvenir d'événements.
La victoire de Philippe Auguste à Bouvines [en 1214] permet une sorte de fierté nationale. Il a un peu du David contre Goliath dans la bataille du petit royaume de France face à cette immensité qui était en train de se confédérer, le Saint Empire romain germanique. Et on a fait craquer l'empire.
Illustration : point de vue diplomatique , un donneur de leçons

Puis le moment de cristallisation nationale formidable, c'est la bataille de Valmy, sous la Révolution [en 1792]. Dans les troupes commandées par Dumouriez, on évalue à moins de 20% ceux qui parlaient français.
Et ensuite arrive la IIIe République avec ses hussards noirs [les instituteurs] qui imposent le français dans toutes les écoles.
Tout cela nous donne un art de vivre ensemble, parfois avec une assez grande indifférence au droit du sang, et donc une majoration de l'identité de choix de culture et de volonté d'un destin commun, largement façonné par la Révolution. Et tout cela est assez magnifique. On a même fait vivre cette identité à la Martinique, à la Guadeloupe, au Sénégal et à dans presque toutes nos colonies.
Illustration : point de vue africaine , un colonialiste .
En 1789, les Français secouent le joug de la monarchie absolue.
Illustration : pays des droits de l'Homme , la Révolution de 1789 .

Les trois ordres se réunissent, ils écrivent la déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, et il ne leur vient pas à l'idée de n'écrire que pour eux. Ils écrivent pour le monde entier. Les deux premiers mots sont "Les hommes", sans distinction géographique, linguistique ou raciale. "Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune." C'est un trait culturel....
From : le Point , Nouvel'Obs , le Post , Rue 89 , le Monde , 20 Minutes , Daily Motion ....