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La capitale de la province occidentale chinoise du Xinjiang, Urumqi, a été le théâtre, ce matin, d’un nouvel attentat meurtrier. D’après des témoins cités par l’agence officielle chinois Xinhua, deux véhicules auraient foncé dans la foule sur un marché en plein air, lançant des explosifs. L’un des deux véhicules aurait ensuite lui-même explosé. Xinhua n’a donné aucune estimation du nombre de morts ni de blessés.Au moins 31 personnes ont été tuées dans l'attentat perpétré jeudi à Urumqi, la capitale de la région musulmane chinoise du Xinjiang, ont rapporté les autorités.

 

 Cette attaque semble illustrer, à nouveau, l’intensification du combat des séparatistes Ouïghours, et leur violence croissante. Ces derniers mois, plusieurs attentats meurtriers ont secoué la Chine. Sans qu’aucune enquête indépendante n’ait pu être effectuée, le pouvoir a systématiquement mis en cause les séparatistes ouïghours, une minorité turcophone et de confession musulmane originaire du Xinjiang. Fin mars, en particulier, une attaque au couteau par un commando, dans la gare de Kunming, dans le sud du pays, avait fait trente morts et des dizaines de blessés.

 

 Plus récemment, c’est la gare d’Urumqi qui avait été visée par une attaque, le jour même où Xi Jinping, le chef de l’Etat, se rendait dans la ville. Trois personnes étaient décédées. A l’automne dernier, une voiture avait foncé dans la foule, place Tiananmen, avant d’aller exploser près du portrait de Mao. Cinq personnes, dont les trois attaquants, avaient trouvé la mort. Le séparatisme ouïghour n’est pas récent, mais il semble donc gagné par la radicalisation. Pékin pointe systématiquement les liens supposés entre ce mouvement terroriste et le fondamentalisme musulman.

 

 Mais les observateurs indépendants insistent plutôt sur la marginalisation économique et culturelle qu’ont subie les Ouïghours sur leur propre territoire. Tout en annonçant des projets de développement économique pour la région, le pouvoir renforce surtout, actuellement, son dispositif répressif dans toute la région.

 

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Les Ouïgours, un peuple sous surveillance

Le Xinkiang, abcès de fixation historique du territoire chinois, à l'heure de nouvelles émeutes sanglantes. Traditionnellement, le Xinkiang est l'un des trois flancs faibles du territoire chinois (avec le Tibet et la Mongolie intérieure). Mal mais régulièrement sinisé depuis 1949, le territoire est important pour Pékin. Outre l'existence du centre d'essai nucléaire (en sommeil), la province est vaste et mitoyenne des anciennes républiques musulmanes soviétiques. C'est ce qu'on appelait autrefois le Turkestan oriental, largement séparé de la Chine utile et historique des "dix-huit provinces".

Urumqi, 3 millions d'habitants, est peuplée de Hans à plus de 75 %. Le Xinjiang, qui fait trois fois la taille de la France, compte 22 millions d'habitants, dont 45 % d'Ouïgours, très majoritaires dans le chapelet d'oasis au sud du désert du Taklamakan.

 

Il n'a jamais fait bon être un Ouïgour en Chine. On vous y classe souvent d'emblée comme « voleur » ou « terroriste ». Après l'attentat sanglant qui a coûté la vie le 1er mars à vingt-neuf passagers de la gare de Kunming, au Yunnan, tués par un commando d'assaillants ouïgours armés de sabres, Abdu, un Ouïgour qui habite Dali, célèbre ville touristique de la province, s'est vu expulser de son logement par la police, sur une simple demande de son propriétaire. Il n'a retrouvé son toit que grâce à une mobilisation massive d'internautes chinois, han (l'ethnie majoritaire) et ouïgours (musulmans et turcophones) réunis. La police a même dû lui présenter des excuses.

Comme Abdu, les terroristes de la gare de Kunming venaient de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, l'extrême Ouest chinois, aux confins de l'Asie centrale. Ils n'ont traversé le pays pour frapper une province située en bordure de l'Asie du Sud-Est qu'après avoir échoué à gagner l'étranger afin de rejoindre le djihad international, ont révélé, mercredi 5 mars, les autorités du Yunnan.

Des manifestations ouïgoures dans la capitale du Xinjiang avaient dégénéré en pogroms anti-Han suivis d'une violente répression, faisant près de 200 morts.

Depuis des décennies, des heurts souvent violents ont eu lieu, qui montrent la permanence des insatisfactions et des revendications de la population de souche (les Ouïghours, vivier de la future population ottomane qui s'installa sur le plateau anatolien). Certains mouvements, généralement appuyés ou abrités par les Etats-Unis, sont indépendantistes, ce qui est proprement inacceptable pour les autorités de Pékin, quelle que soit la nature du régime.

 

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Les conséquences en Chine d'un divorce éventuel entre le développement économique soutenu et une société en voie de diversification ? L'avenir du régime politique est imprévisible. Même si les évènements de la place Tien An men en 1989 (« le printemps de Pékin ») ont envoyé un grave avertissement aux dirigeants. Plusieurs scénarios peuvent être ébauchés, certains peuvent être privilégiés, mais l'inconnue reste majeure. Y compris pour les Chinois. Cela dit, l'évolution économique depuis trente ans est telle que le paysage social en a été aussi et le fait-même profondément transformé. Urbanisation, relation à l'argent et au profit, conséquences sur la cellule familiale, développements inégaux des provinces, modification des « classes » sociales, tous ces paramètres et bien d'autres peuvent faire craindre un divorce entre des réalités économiques de plus en plus contrastées voir inégalitaires et la société elle-même dans sa diversité.

 

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L'attentat perpétré le 22 mai à Urumqi, le plus meurtrier que la Chine ait connu puisqu'il a fait à ce stade 31 morts, a fait prendre à la capitale de la région autonome ouïgoure du Xinjiang des allures de ville irakienne.
L'attaque a eu lieu à 5 h 50 du matin heure locale (7 h 50, heure de Pékin) sur un marché de rue, situé non loin du Parc du peuple, et fréquenté essentiellement par des chinois hans. Selon la presse chinoise, des Ouïgours (peuple turcophone et de tradition musulmane) font aussi partie des blessés. Selon les médias officiels chinois, cinq kamikazes, sans doute formés à l'étranger, seraient à l'origine de l'attaque et « se sont fait exploser ».


C'est le second attentat en moins d'un mois à cibler la capitale du Xinjiang (après une attaque à la bombe et au couteau à la gare d'Urumqi le 30 avril), et le quatrième d'une série noire d'attaques indiscriminées et inédites contre des civils, manifestement destinées à faire le plus de victimes possibles, puisque plusieurs d'entre elles ont eu lieu dans des gares (29 personnes ont ainsi péri à Kunming le 1er mars) ou des endroits fréquentés. Le premier de ces attentats terroristes d'inspiration djihadiste avait eu lieu le 28 octobre 2013 à Pékin lorsqu'un véhicule a foncé dans une foule de touristes sur la place Tiananmen, à Pékin, avant de prendre feu, faisant deux morts et des dizaines de blessés parmi les passants.

 

Haute surveillance policière après l’attentat chinois
La ville d'Urumqi s'est réveillée ce matin sous haute surveillance policière. L'attentat du marché de la ville hier a fait 31 morts et une centaine de blessés. C'est la plus grave attaque terroriste qui ait eu lieu dans la région du Xinjiang. Les explosions, provoquées par des bombes lancées hors de voitures conduites par cinq terroristes, ont semé la terreur et provoqué d'importants dégâts. Les autorités chinoises, peu habituées à des attentats de cette ampleur, ont simplement réagi en déclarant qu'elles avaient les moyens d''éliminer ce terrorisme'. Le ministre de la Sécurité publique chinois s'est rendu sur place pour rencontrer des victimes de l'attaque. D'un côté, Pékin pointe du doigt les fondamentalistes islamistes ouïghours, mais de l'autre le gouvernement chinois est accusé par beaucoup de persécuter, économiquement et socialement, les Ouïghour, majoritaires dans le Xinjiang.


Tout comme l'attaque du 30 avril à la gare d'Urumqi, intervenue le dernier jour du déplacement officiel du président chinois Xi Jinping au Xinjiang, le massacre d'hier est des plus embarrassants pour le pouvoir : il a eu lieu alors que M. Xi accueillait à Shanghaï plusieurs chefs d'Etat étrangers dans le cadre d'un sommet régional sur la sécurité en Asie, la CICA, à laquelle la Chine souhaite donner davantage de crédibilité internationale.

En cela, l'attentat démontre les failles béantes d'un système policier obnubilé par la répression politique, religieuse et culturelle des Ouïgours, et bien plus démuni qu'on pourrait le croire lorsqu'il s'agit de lutter contre des cellules de combattants néo-fondamentalistes. Celles-ci sont soit activées, soit inspirées par le seul groupe djihadiste ouïgour connu, en l'occurrence le Parti islamiste du Turkestan (TIP), un groupuscule installé dans les zones afghano-pakistanaises et hôte des talibans qui prêche la guerre contre les « envahisseurs chinois ». Le TIP a succédé à l'ETIM, le Mouvement islamique du Turkestan oriental, un acronyme que les Chinois continuent d'utiliser.


Les médias chinois, qui ont dénoncé un « acte de terreur » et un « crime contre l'humanité », ont fait le récit suivant de l'attaque du 22 mai à Urumqi : deux véhicules de type 4 × 4, sans plaque d'immatriculation, ont foncé à vive allure parmi les gens qui faisaient leur marché, avant que des « engins explosifs » ne soient jetés par leurs occupants. La plupart des chalands étaient des habitués, pour la plupart des personnes âgées. Un vendeur, interrogé par l'agence Xinhua, a expliqué avoir vu les véhicules renverser et tuer devant lui « quatre citoyens âgés ». Au moins un des véhicules a explosé. « Une voiture allait très vite, il y en avait une autre derrière, tout près. Je me suis dit que c'était mauvais signe, je me suis retournée et me suis mise à courir, puis j'ai entendu une explosion », a expliqué une habitante à la Télévision centrale chinoise.

Des témoins ont assuré que la police a tiré. Le sort des terroristes n'est pas connu, mais une source a affirmé que plusieurs d'entre eux ont péri. La vidéo de la télévision centrale chinoise montre également une éboueuse ouïgoure en larme qui se lamente que des gens ordinaires aient été visés. Brandissant son badge d'éboueuse, elle ajoute, dans une tirade révélant l'obligation pour les médias officiels de présenter le gouvernement chinois sous une lumière positive : « Vous voyez bien comme le Parti communiste chinois est bon. Je n'avais pas de travail avant. C'est le PCC qui m'a trouvé celui-ci, et j'en suis contente. Je suis contre eux [ceux qui ont provoqué l'attentat], je suis contre tout ce qui fait mal aux gens ordinaires, je les hais ! Ils sont trop cruels, tout le monde les hait ! »

La ligne officielle est de dénoncer les terroristes comme une « poignée de séparatistes » aspirant à gâcher les bienfaits du développement chinois et de l'harmonie interethnique. Un joggeur a déclaré à l'agence Xinhua avoir aperçu des drapeaux triangulaires noirs et blancs avec des inscriptions en langue ouïgoure (le ouïgour est retranscrit en Chine en alphabet arabe). Place Tiananmen, des touristes présents au moment de l'attaque du 28 octobre avaient également aperçu des bannières accrochées au véhicule et arborant la Chahada, la profession de foi de l'islam, étendard des djihadistes.

La voiture, un 4 × 4 Mercedes, avait également foncé sans vergogne dans la foule en ce lieu emblématique du pouvoir chinois pourtant sous très haute surveillance. A Urumqi, plusieurs autres témoignages sur Weibo, le Twitter chinois, ont fait état de fanions avec des slogans en ouïgour. Si elles dénoncent des « terroristes et des séparatistes » (tout en évitant de préciser qu'ils sont Ouïgours), et montrent du doigt l'ETIM, les autorités chinoises n'ont jusqu'à aujourd'hui divulgué qu'une quantité très limitée d'informations sur la série d'attentats sanglants qui a touché le Xinjiang et le reste de la Chine depuis octobre dernier.

 

« On est face à un système évidemment peu soucieux de transparence, et pour lequel le réflexe est toujours de minimiser ce qui se passe, pour ne pas perdre davantage la face et ne pas faire de publicité aux terroristes », expliquait au Monde un observateur étranger familier de la problématique terroriste islamiste après l'attentat de Tiananmen. En outre, rien ne filtre jamais dans la presse chinoise des exactions policières qui sont monnaie courant au Xinjiang, ou encore des brimades et des dénis de droits dont les Ouïgours s'estiment victimes.


En frappant Urumqi pour la deuxième fois en un mois, l'attentat du 22 mai ébranle une ville toujours profondément traumatisée par les affrontements interethniques de juillet 2009, qui avaient fait près de 200 morts, en majorité des Chinois hans, dans des circonstances extrêmement troubles. La brutalité inouïe de certains assaillants ouïgours, la passivité suspecte des forces de police, puis les représailles indiscriminées contre les Ouïgours après les affrontements, enfin les disparitions mystérieuses d'une partie de ceux qui ont été emmenés lors de rafles à grande échelle dans les quartiers ouïgours, ont attisé la méfiance réciproque entre les communautés jusqu'à un point de non retour.

La ville s'est recomposée et les communautés se sont polarisées, les Hans dans la partie nord de la ville et les Ouïgours au sud, dans le quartier d'Erdaqiao et ses faubourgs. « Depuis 2009, l'atmosphère s'est totalement dégradée. Beaucoup de gens ont déménagé, les communautés ne se mélangent pas, la confiance est rompue », nous expliquait lors d'un reportage à Urumqi en février un Chinois han dont la famille, des cadres d'entreprise d'Etat et de l'armée, est de longue date installée à Urumqi.

 
Sous Xi Jinping, les autorités chinoises ont encore intensifié la répression au Xinjiang, faisant la chasse à tout ce qui est susceptible de véhiculer les aspirations ethno-nationales des 10 millions de Ouïgours, même quand cela s'incarne dans une critique rationnelle des politiques chinoises au Xinjiang, des initiatives de promotion de la langue, ou encore un attachement à de très riches traditions religieuses et culturelles dont beaucoup sont de facto interdites.

« Après 2009, de simples compromis à la marge auraient pu pacifier le cœur de la société ouïgoure et la décrisper, remarque Rémi Castets, sinologue et spécialiste du Xinjiang à Sciences Po Bordeaux. Or, on n'en a pas vus de la part du gouvernement chinois. » Au contraire, les arrestations de personnalités modérées, comme en 2014 celle de l'universitaire Ilham Tohti, ou en 2013 celle d'Abduweli Ayup, un linguiste qui avait lancé des écoles indépendantes d'étude de la langue ouïgoure à son retour des Etats-Unis, ont fait le lit d'une politique du pire – et du terrorisme. « Ces gens là n'étaient pas du tout dans la radicalité ni dans le séparatisme, rappelle M. Castets. Ils faisaient partie de ceux qui pouvaient jouer un rôle de pacificateurs. Or, le fait qu'ils ont été écartés sans vergogne a fait émerger la radicalité comme seule et unique option. Aujourd'hui, on est clairement face à des militants islamistes djihadistes structurés en cellules, qui ont pour programme d'attiser la haine entre Hans et Ouïgours. C'est le schéma du FLN en Algérie à l'époque de la colonisation française. »

 

 

La Chine a connu ces derniers mois une série d'attentats spectaculaires attribués à des ouïgours : un premier place Tiananmen, à Pékin (le 28 octobre 2013), puis les attaques des gares de Kunming (le 1er mars) et d'Urumqi (le 30 avril), et possiblement celle de Canton (six blessés à l'arme blanche, le 6 mai).
 
■Comment interpréter cette série d'attentats ?
Avec ces attentats, la Chine est entrée dans l'ère du terrorisme de masse, indiscriminé, et surtout, impossible à dissimuler, en raison du caractère meurtrier des attentats et de leur situation géographique (hors du Xinjiang, excepté pour Urumqi).

Si les autorités chinoises ont dénoncé le Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM) et le Parti islamique du Turkestan (TIP), elles s'en tiennent toujours à des informations extrêmement lapidaires, afin de minimiser les failles embarrassantes de son système de sécurité et pour ne pas faire d'émules au Xinjiang et dans la mouvance djihadiste internationale.

On ne sait ainsi quasiment rien des assaillants de la gare de Kunming, si ce n'est le nom de leur chef présumé, un Ouïgour. Quant à l'attentat d'octobre place Tiananmen, une source a révélé que la jeep qui a foncé dans la foule pour prendre feu sous le portrait de Mao, tuant ses trois occupants et deux touristes, contenait un mélange nitrate-fuel qui n'a pas explosé – sans quoi la bombe aurait non seulement endommagé ou soufflé la sacro-sainte Porte de la paix céleste, symbole politique de la nation, mais tué des dizaines de personnes.

Cet attentat a marqué le début d'une série noire de quatre attentats en sept mois, qui ont fait une trentaine de morts sans compter les kamikazes. Elle montre la vulnérabilité de la Chine : le système de contrôle chinois au Xinjiang a beau être sophistiqué (caméras de surveillance, fichage informatique, réseau d'informateurs), il est le produit d'une dictature obnubilée par une vision binaire du monde, très politique, ce qui la rend assez prévisible dans son fonctionnement. En outre, les forces de police au Xinjiang sont très corrompues.

 
■Quelle est la réalité de la menace terroriste en provenance du Xinjiang ?
La menace est réelle, mais la perception en est faussée, pour plusieurs raisons. D'une part, la Chine use et abuse de l'étiquette de « terrorisme ». Cela a toujours été un moyen de mater la contestation, en associant toute manifestation de mécontentement, violente ou pas, à ce que le régime chinois dénonce comme les « trois forces » : « séparatisme, fondamentalisme et terrorisme ». La « main de l'étranger » est systématiquement mise en cause.

Cet amalgame permet d'escamoter tout débat sur les politiques chinoises au Xinjiang, qui sont pourtant la source d'une grande partie du malaise ouïgour : ces politiques favorisent en effet l'immigration des Chinois Han, l'ethnie majoritaire, contribuent à un partage inique des ressources, s'attaquent à la culture et à la langue ouïgoures ou encore enserrent les pratiques religieuses dans un carcan de régulations.

Pékin affiche zéro tolérance pour la critique : l'opposition ouïgoure en exil en Occident, pro-démocratique et non violente (représentée par le Congrès mondial ouïgour de Rebiya Kadeer), est vilipendée, tandis que les voix les plus modérées, comme celle de l'universitaire ouïgour Ilham Tohti, arrêté début janvier à Pékin, sont étouffées. Il ne faut pas oublier qu'à la différence des autres provinces chinoises (hors Tibet), où l'opinion publique sur Internet et le rôle indirect de certains médias font contrepoids aux décisions les plus dictatoriales, l'appareil policier agit au Xinjiang en dehors de la moindre supervision citoyenne.

Les actes de vendetta contre les autorités locales sont récurrents au Xinjiang et plusieurs cycles de violence ont clairement été identifiés depuis l'établissement de la Chine populaire en 1949. Depuis les émeutes interethniques de 2009 à Urumqi, ressenties comme un déni de justice et une manipulation par les Ouïgours, le resserrement tous azimuts du contrôle, via notamment des perquisitions à domicile, a conduit à une recrudescence des attaques ciblées contre commissariats et policiers, et parfois d'autres fonctionnaires locaux. Attaques auxquelles l'Etat a répondu en envoyant au moindre incident des forces spéciales qui ont multiplié les tueries (faisant entre 100 et 200 morts en 2013), alimentant une spirale de violence.

 

 

 

 

 

 

From : les Echos ,le Monde (Brice Pedroletti),...............

 

http://www.amnesty.org/fr/library/asset/ASA17/021/2004/fr/4ada86b9-d5cd-11dd-bb24-1fb85fe8fa05/asa170212004en.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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