Publicité

M. VALLS "RACIALISE LA QUESTION" ?

 

Les propos de Manuel Valls sur l'intégration des Roms, qui ont déclenché la polémique jusqu'au sein même du gouvernement, sont approuvés par 77 % des Français, d'après un sondage BVA pour Le Parisien/i-Télé/CQFD paru samedi 28 septembre. Mardi, le ministre de l'intérieur – sollicité par les maires pour procéder aux évacuations de campements – avait déclaré que "seule une minorité [des Roms] cherche à s'intégrer" et que leur "mode de vie" était en "confrontation" avec celui des populations locales.
Ses propos ont été critiqués au sein du PS et du gouvernement, notamment par la ministre du logement, Cécile Duflot, qui a demandé au président, François Hollande, d'intervenir.

 

Selon le sondage BVA effectué vendredi, seulement 21 % des personnes interrogées pensent que le ministre de l'intérieur a tort, et 2 % ne se prononcent pas. Une écrasante majorité – 93 % – estime en outre que les Roms "s'intègrent mal dans la société française". Enfin, ce sondage confirme la popularité du M. Valls : 19 % le jugent "pas assez à gauche", 9 % "trop à gauche", et 67 % "juste comme il faut".

 

 

L'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit a réagi de son côté aux propos de Manuel Valls dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de samedi, estimant qu'il "racialise la question" et "renforce les extrémismes". "Son discours est dangereux et idiot. Il y a des gens qui, il y a une soixantaine d'années, parlaient de la même façon des Roms et des juifs", explique M. Cohn-Bendit.

"Dans les années 1930, 80 % des Français pensaient que c'était difficile d'intégrer les juifs", poursuit l'eurodéputé. "Les Roms font l'objet d'une haine ancestrale. Personne ne les veut. La question n'est pas de savoir s'ils sont 'bons' ou 'gentils' : ils sont victimes. Il faut être prudent, car, en période de crise, les majorités se défoulent sur les minorités. Les Roms sont des boucs émissaires parfaits", insiste Daniel Cohn-Bendit.

Il critique enfin le gouvernement qui "fait de la répression, mais rien pour l'intégration" des Roms. "Oui, un camp illégal pose des soucis. Mais où est le camp légal, alors ?" demande-t-il.

 

 

George Pau-Langevin, minstre déléguée de la Réussite éducative, rappelle, en référence aux Roms, que "la République est responsable de la scolarisation de tous les enfants" et souligne que la France a su "intégrer des populations variées".
La ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, George Pau-Langevin, a déclaré que "nul peuple n'est délinquant ou marginal par nature".


Dans un contexte de tensions au gouvernement sur le dossier des Roms, la ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, George Pau-Langevin, est intervenue sur la question de la scolarisation des enfants de cette communauté. "La République est responsable de la scolarisation de tous les enfants" et "les particularismes sociaux et culturels ne sauraient justifier" un manquement à ce devoir, a-t-elle déclaré.

"Tout enfant est éducable, nul peuple n'est délinquant ou marginal par nature", a affirmé la ministre, avant d'assurer que la France saurait relever le défi de l'intégration de "ces nouveaux déshérités", à condition que "les efforts so(ient) justement répartis dans notre pays et à travers les différents pays d'Europe".

"Nous rejetons tout discours essentialiste"
A l'occasion d'un colloque sur la question de l'intégration des Roms, George Pau-Langevin a défendu une politique qui "dépasse" le simple démantèlement des campements illcites. En déclarant "rejeter tout discours essentialiste", la ministre a recueilli une salve d'applaudissements à l'Assemblée nationale.

"Nous sommes conscients des difficultés posées, notamment pour les habitants des quartiers populaires souvent les plus exposés à des conditions de cohabitation insatisfaisantes", a déclarée la ministre en évoquant des "comportements qui dérangent parfois". Pour autant, a-t-elle poursuivi, "notre pays a su au fil du temps intégrer des populations variées, souvent marquées à leur arrivée par la précarité et la marginalité".

 

 

 

Roms: les proches de Manuel Valls signent une tribune de soutien

Seize élus socialistes, parmi lesquels l'ancien ministre, Daniel Vaillant, et le maire de Lyon, Gérard Collomb, publient dans le Journal du dimanche une tribune saluant l'action de Manuel Valls contre les campements illicites de Roms. Le ministre de l'Intérieur a semé le trouble dans son propre camp mardi en niant la volonté d'intégration d'une majorité de Roms, s'attirant les foudres de sa collègue du Logement Cécile Duflot, et les critiques plus indirectes samedi du ministre de l'Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon.

Dans leur tribune, les seize "élus de gauche", tous maires ou premier adjoint, appellent à l'unité de la gauche et du PS sur ces questions et disent vouloir "sortir de l'hypocrisie qui consiste à faire croire que parce qu'elle est humaniste, la gauche devrait laisser faire".

 

Les signataires, parmi lesquels les maires de Saint-Etienne, Argenteuil (Val d'Oise), Villeneuve d'Ascq (Nord) ou Villeurbanne (Rhône), dénoncent la "réalité humainement inacceptable" de "l'installation illicite aux portes et au coeur de nos villes (...) de bidonvilles où vivent des populations d'origine Rom". "C'est pour cela qu'à la suite de décisions de justice ou pour des raisons d'ordre public, le plus souvent à la demande des élus de tout bord politique qui, comme nous, relaient les attentes légitimes et parfois l'exaspération des habitants, le ministre de l'Intérieur fait procéder à des évacuations de campements. Cette action, nous la soutenons", insistent les signataires.

Sur la même ligne que Manuel Valls qui avait estimé que "les solutions d'intégration" ne peuvent "concerner que quelques familles", ces élus socialistes affirment que "l'avenir des communautés Roms est principalement dans leur pays d'origine". Elles "doivent pouvoir y bénéficier de conditions de vie décentes qui ne les contraignent plus au départ". D'où un appel au "renforcement de la coopération décentralisée avec les collectivités locales roumaines".

 

 

Couacs en série : Ayrault verrouille les interviews de ses ministres , Ayrault verrouille la communication des ministres

Les ministres français devront désormais informer en amont le cabinet du chef du gouvernement de leur "plan médias" et obtenir son feu vert, prévient un proche conseiller de Jean-Marc Ayrault dans une note envoyée aux responsables de leur communication, publiée notamment sur le site internet de Libération, mercredi 2 octobre.

Le premier ministre, sommé par le président François Hollande de mettre fin aux couacs à répétition au sein du gouvernement après la controverse sur les Roms entre Cécile Duflot et Manuel Valls. Il a rappelé les membres du gouvernement au "respect des principes gouvernementaux". En l'occurrence, "la responsabilité", la "solidarité" et la "collégialité", a récapitulé le président. Je n'aime pas faire ce rappel. C'est la dernière fois". M. Ayrault n'a pas perdu de temps pour tenter de verrouiller la communication gouvernementale.

 

"ÉVALUER LA PERTINENCE" DU PROJET

"Le schéma est le suivant", écrit Jérôme Batout, chef du pôle stratégie, médias et communication de Matignon :

"Lorsque votre ministre reçoit une invitation pour un passage média (radio, télé, presse écrite papier ou internet), vous nous informez au préalable, avant de donner un accord au média."
Si un ministre envisage de "susciter un passage média", il est aussi demandé à son conseiller en communication d'en informer les services du chef du gouvernement avant de prendre contact avec l'organe de presse concerné.
Matignon aura ainsi la possibilité "d'évaluer la pertinence" de ce projet "au regard de l'ensemble des passages médias déjà programmés et de l'actualité", poursuit M. Batout dans ce document dont les services du premier ministre confirment l'authenticité. C'est en fonction de cette évaluation que ce projet d'intervention pourra être validé, "ce qui arrivera dans la plupart des cas", promet le conseiller de Jean-Marc Ayrault.

Il promet aussi aux conseillers en communication des ministres de leur répondre "dans un délai aussi rapide que possible". Concernant les interviews écrites et les tribunes, Jérôme Batout assure qu'il n'y aura pas de relecture systématique par Matignon. Mais, ajoute-t-il, il appartient aux ministres et à leurs conseillers "d'apprécier si une relecture est souhaitable"

 

 

Dans cette lettre, Jérôme Batout annonce que pour assurer une meilleure «coordination d'ensemble», toute demande d'interview de ministre devra désormais recevoir le feu vert de Matignon. «Le schéma est le suivant : lorsque votre ministre reçoit une invitation pour un passage média (radio, télé, presse écrite papier ou internet), vous nous informez au préalable, avant de donner un accord au média», précise-t-il. «Lorsque votre ministre envisage de susciter un passage média, vous nous informez avant de prendre l'attache du média».

 

«Nous aurons la possibilité d'évaluer la pertinence du projet de média»

Jérôme Batout écrit que «recevant les informations des uns et des autres, nous (ndlr :Matignon) aurons la possibilité d'évaluer la pertinence du projet de média au regard de l'ensemble des passages médias déjà programmés, et de l'actualité».«En fonction de cette appréciation», le passage dans un média «sera validé - c'est ce qui arrivera dans la plupart des cas», assure le conseiller. «Dans la pratique, les choses se passeront ainsi : vous enverrez un message à mon adresse avec en tête de l'objet le hashtag #grille, et vous préciserez dans le corps du message les détails pertinents sur le projet», détaille M. Batout.

Il promet de répondre à la demande «dans un délai aussi rapide que possible». Pour les interviews de presse écrite ou les tribunes, «il n'y a pas de relecture systématique par Matignon, même si, comme je vous l'avais dit fin juin, il vous appartient d'apprécier si une relecture est souhaitable». «Le cabinet du Premier ministre sera toujours à votre disposition pour cela», assure Jérôme Batout. Les équipes ministérielles ont rendez-vous à Matignon le 9 octobre «pour parler travail bien sûr, et pour faire la connaissance de celles et ceux qui nous ont rejoints depuis notre dernière rencontre», conclut le chef du département presse-communication de Matignon.

 

 

 

 

From : l'Express , le Monde, le Parisien,....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :