La machine à fabriquer des " Bons Français " ?! Des Français qui se servent impunément de la République ... ?!
From : le Parisien , Europe 1 , ....
Dans son livre, "Pour en finir avec les conflits d'intérêts", l'ex-Haut commissaire aux solidarités actives révèle que pendant des années le président de la République, le Premier ministre, les ministres des Postes et des hauts fonctionnaires se voyaient régulièrement offrir par La Poste des épreuves de luxe de nouveaux timbres, très rares et donc très prisés des collectionneurs.
Certains avaient pour habitude de les revendre, se constituant alors de confortables primes.
Sans le nommer, il évoque le cas d'un homme politique dont il avait eu à examiner le cas dans le cadre de ses fonctions au sein de la commission pour la transparence financière de la vie politique.
Apparaissait dans son patrimoine "une maison dans le sud de la France", dont l'intéressé expliquait qu'il avait pu la financer "en grande partie" par "la vente de timbres", poursuit M. Hirsch. Interrogé plus avant, il expliquait alors que ces timbres "lui avaient été offerts pendant son mandat" et que les ventes réalisées "se chiffraient à plusieurs centaines de milliers de francs".
Fait -il partie du corps traditionnel des " bons français " ???
Le principe est simple : à chaque sortie d’un nouveau timbre, une épreuve de luxe est remise en cadeau à quelques hauts personnages de l’Etat, dont fait partie le ministre des Postes. Valeur du présent ? Environ 15.000 euros par an.
Interrogé par le JDD, Gérard Longuet ne cache pas qu'il s'agit de lui mais oppose un démenti formel à Martin Hirsch, assurant qu'"évidemment cette maison n'a pas été pas été payée en timbres".
Alors ministre des Postes, il reconnaît avoir bénéficié de la dotation en question et avance que la revente de ces timbres rapportait "l'équivalent de 1.000 euros pas mois". "Je recevais un chèque mensuel et cette rémunération était une prime déclarée.
Contacté par le journal, Martin Hirsch "maintient l'essentiel de ses écrits". "Je viens d'adresser une lettre à Gérard Longuet dans laquelle je lui rappelle ce qu'il avait déclaré à la commission", ajoute-t-il.
Dans son ouvrage, l'ancien haut commissaire raconte avoir eu confirmation de l'existence de cette tradition "très particulière" de dotation en timbres par l'ancien président de La Poste de 1990 à 1993, Yves Cousquer.
Martin Hirsch persiste et signe
Martin Hirsch fonde ses soupçons sur les informations qu’il a recueillies lorsqu’il faisait partie de la commission pour la transparence financière de la vie politique. Cette instance avait interrogé Gérard Longuet sur l’achat "d’une maison dans le sud de la France", qu’il affirmait avoir pu la financer "en grande partie" par "la vente de timbres". Gérard Longuet aurait précisé que ces timbres "lui avaient été offerts pendant son mandat" et que les ventes réalisées "se chiffraient à plusieurs centaines de milliers de francs"
"Il n'avait plus en tête la liste exhaustive, au demeurant codifiée par le ministre, des bénéficiaires, mais il se souvenait du Premier ministre et du ministre en charge des PTT. A la question de savoir si l'un d'entre eux avait renvoyé ces hommages philatéliques, la réponse semblait négative", écrit-il.
Le système, qu'il qualifie de "l'un des secrets les mieux gardés de la République", a été arrêté "au milieu des années 1990", sous le mandat de Jacques Chirac, ajoute Martin Hirsch.
L’ex-commissaire aux Solidarités actives dément tout règlement de comptes.
“J’écris tout haut ce que beaucoup pensent tout bas“, s’est justifié l’ancien Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, jeudi matin sur Europe 1. Invité pour présenter son livre, Pour en finir avec les conflits d'intérêts, principalement dans la vie politique et la haute administration, il a défendu l’idée “d’une loi qui fasse de la prévention“, obligeant les élus à rédiger une déclaration d’intérêts.
Martin Hirsch, qui a eu des échanges vifs avec Jean-François Copé et Gérard Longuet, affirme ne pas chercher à régler ses comptes. "Ce n'est pas un livre de délation, c’est un livre de propositions", qui a été rédigé pour "faire en sorte qu’il y ait des règles qui soient satisfaisantes pour la démocratie", a-t-il ainsi soutenu.
Martin Hirsch justifie son combat par l’actualité récente, qui a vu la mise en cause d'Eric Woerth dans l’affaire Bettencourt, ou encore d'Henri Proglio pour sa double casquette à la tête d’EDF et de Veolia. “Est-ce que vous avez lu une seule proposition sur comment est-ce qu’on peut mettre fin, prévenir les conflits d’intérêts ?“, s’est-il interrogé.
“Un livre de proposition“
Accusé d'avoir enfreint les règles de confidentialité de la Commission pour la transparence financière de la vie politique, dont il a été membre, Marin Hirsch se défend de tout règlement de compte personnel.
"Je ne dévoile aucune donnée qui soit couverte par le secret", a-t-il martelé :
“Ce qui me choque beaucoup plus, c’est que la Commission pour la transparence financière de la vie politique, qui a été mise en place il y a 15 ans (…) demande au Parlement d’avoir accès aux revenus des responsables qu’elle contrôle, et c’est resté lettre morte“, a-t-il dénoncé.
Pour lutter plus efficacement contre ces conflits d’intérêts, “il me semble qu’il y a deux solutions“, a-t-il poursuivi, avant de proposer : “on ne peut pas avoir d’activité privée pour une grande entreprise“ lorsqu'on est haut fonctionnaire. D'autre part, “ces activité doivent être déclarées. On doit savoir quel client a un député de telle sorte qu’il ne puisse jamais défendre un amendement qui soit lié à l’intérêt de cette entreprise“.