Lutte des classes ....moyennes ?
From : Figaro , le Monde ,...
Laurent Wauquiez, qui était venu assurer la promotion de son livre La lutte des classes moyennes (Odile Jacob) est tombé dans un véritable traquenard entre Stéphane Guillon qui n'a pas arrêté de le titiller et Audrey Pulvar qui a épinglé son bouquin dans l'émission On n'est pas couché samedi soir sur France 2.
Tout est parti de la proposition polémique, soutenue par Wauquiez de favoriser l'accès aux HLM pour les personnes qui occupent un emploi. Audrey Pulvar a immédiatement sorti l'artillerie lourde, se disant "consternée" par le livre du jeune ministre, l'accusant notamment d'"opposer les pauvres à d'autres pauvres". Se coupant mutuellement la parole, ne se laissant guère la latitude de répondre à chacune de leurs interventions, chacun des débatteurs accuse l'autre de ne pas le laisser parler, et de n'avoir rien à proposer de mieux.
Très en verve, Audrey Pulvar reproche à Laurent Wauquiez de brosser un portrait fallacieux de la pauvreté en France : "vous parlez des pauvres comme des assistés, des drogués, des alcooliques, qu'on ne pense qu'à eux...", s'écrit-elle. Alors que Wauquiez lui reproche de caricaturer son propos, Pulvar s'empare du "fantasme de l'écran plat" : "En quoi était-il utile de nous expliquer que parmi ces gens, il y a des problèmes d'alcool, de drogue ?", "vous êtes dans le fantasme de l'écran plat : à chaque rentrée scolaire, la droite dit que les allocations de rentrée servent à acheter des écrans plats et des Playstations et que ce n'est pas bien du tout", "ce fantasme de l'écran plat, il est là", renchérit-elle en brandissant le livre.
« Vous êtes quelqu'un de brillant mais je suis consternée par ce livre, a attaqué la journaliste, parce que vous opposez des pauvres à des moins pauvres et ça, c'est dramatique. Il y a huit millions de pauvres en France. Vous nous en parlez comme des gens qui sont des assistés, des drogués, des alcooliques. »
Déstabilisé, Laurent Wauquiez a alors appelé à la rescousse l'autre chroniqueuse de On n'est pas couché, Natacha Polony : « Madame Polony, aidez-moi un peu parce que là, elle force le trait. » Puis, il s'est fâché : « Madame Pulvar, c'est honteux de caricaturer comme ça (...) Il faut remettre au coeur du débat public les classes moyennes, auxquelles vous ne tendez jamais le micro, auxquelles vous ne vous intéressez pas. » « C'est faux, a rétorqué Audrey Pulvar. Il faut vous réveiller tôt, j'en parle tous les matins sur France Inter ».