Une quarantaine de députés de la majorité n'a pas voté mardi le programme de stabilité présenté par le gouvernement. Décryptage.
265 pour, 232 contre. Mais surtout 41 abstentions chez les députés de la majorité. Le gouvernement l'a échappé belle mardi 29 avril, lorsque les parlementaires ont été consultés sur le programme de stabilité.
Si la feuille de route qui engage la France pour les trois ans à venir a été adoptée avec 33 voix d'avance, c'est la première fois que la majorité apparaît aussi divisée sur un texte.
La centaine de députés dits "frondeurs", qui a multiplié les démarches ces dernières semaines afin d'infléchir les orientations économiques du gouvernement, a décidé, pour une moitié d'entre eux, de ne pas soutenir le plan d'économies de 50 milliards.
On retrouve parmi eux de nombreux parlementaires issus de l'aile gauche du PS, notamment des courants "Un monde d'avance" () de Benoît Hamon, et "Maintenant la gauche" () animé par Emmanuel Maurel. "La gauche populaire" () de Laurent Baumel compte également quelques représentants, de même que la sensibilité aubryiste () au sein du Parti socialiste.
voir :
Plan de stabilité : qui a voté pour ? Qui a voté contre ? Qui s'est abstenu ?
Le plan de 50 milliards d'euros d'économies a été adopté, mardi 29 avril, par l'Assemblée par 265 voix pour, 232 contre et 67 abstentions. Qui a voté pour ? Qui a voté contre ? Qui s'est abstenu ? Les détails.
Ceux qui ont voté pour :
265. Ont voté en faveur du plan de stabilité 242 socialistes, l'UMP Frédéric Lefebvre, trois UDI, trois écologistes, 13 radicaux de gauche et apparentés, deux élus d'Outre-mer alliés du Front de gauche et une non-inscrite, l'ex-PS Sylvie Andrieux.
Ceux qui ont voté contre :
232. Ont voté contre, les trois chevènementistes du Mouvement républicain et citoyen (MRC), 192 UMP, 7 UDI, 12 écologistes, 12 députés du Front de gauche ou de leurs alliés ultra-marins et six non-inscrits, dont les deux députés du FN.
Ceux qui se sont abstenus :
67. Se sont abstenus 41 socialistes, trois UMP, 17 UDI, deux écologistes, deux radicaux de gauche, un élu d'Outre-mer et un non-inscrit, Jean Lassalle (MoDem).
Ceux qui n'ont pas voté :
13. Sur les 577 membres de l'Assemblée, cinq députés n'ont pas pris part au vote, dont, comme c'est la tradition, le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS). Six ministres (non encore remplacés par leurs suppléants) n'avaient pas le droit de voter et deux sièges sont vacants à la suite de démissions.
Une fronde historique ?
Au total 44 des 291 députés membres ou apparentés du groupe socialiste ont refusé mardi de voter le programme de stabilité budgétaire, ce qui constitue un record.
En effet, seulement 11 députés du groupe majoritaire le 8 avril s'étaient abstenus lors du vote de confiance à Manuel Valls. Sur le traité budgétaire européen, en octobre 2012, 9 s'étaient abstenus et 20 avaient voté contre. Sur la loi de sécurisation de l'emploi, en avril 2013, on avait compté 35 abstentions et six contre.
voir :