Affaire Soumaré
From : Libération (?)
Après une petite semaine d’intense polémique autour de l’initiative des deux maires UMP du Val-d’Oise qui ont mis sur le dos du socialiste Ali Soumaré cinq affaires judiciaires, dont un vol aggravé pour lequel un homonyme avait été condamné, la droite veut boucler cette affaire au plus vite.
Ainsi, François Fillon, jusqu’alors silencieux, a regretté qu’on «parle beaucoup trop» de la controverse, embarrassante pour l’UMP francilienne, au détriment «du fond». Voeu qu’avait formulé son collègue, ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, mercredi, appelant à un climat de campagne «calme, apaisé, de confrontation d’idées». Sur la démarche qui consiste à exhumer le passé judiciaire de ses adversaires, le Premier ministre ne trouve guère à redire: «les électeurs ont droit à la plus grande transparence. [...] Quand on est candidat, il faut être exemplaire, et ça vaut pour tout le monde», estime-t-il.
Pour le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, la situation est désormais «très nettement clarifiée» concernant la tête de liste PS du Val-d’Oise, le maire (UMP) de Franconville, Francis Delattre, ayant présenté ses excuses pour l’erreur de l’homonymie. Sauf côté socialiste, juge-t-il sur Radio Classique : «Il y a en revanche les autres sujets pour lesquels M. Soumaré aurait dû s’expliquer dès le départ.» Bertrand voit dans les suites données à cette affaire un contrefeu allumé par le PS pour «faire oublier la tragi-comédie» autour de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon.
Jean-François Copé développe le même argument pour clore le chapitre Soumaré : «Il y a des fait avérés, maintenant c’est dit. Ça a été mis à la connaissance du public, maintenant il faut tourner la page», a expédié le chef de file des députés UMP, arguant à son tour qu’«il y a eu tout de même des condamnations avérées».
Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, n’en démord pourtant pas: «Je continue de penser que quelqu’un de condamné n’est pas un exemple, je pense même que c’est stigmatiser la diversité», a-t-il blâmé, mercredi sur France Info, voyant dans l’investiture d’Ali Soumaré une première: «Aucun parti politique n’avait osé présenter quelqu’un de condamné pour des actes graves comme tête de liste.» Mais le porte-parole s’était efforcé de conclure la polémique, en appelant à «un avant Soumaré et un après Soumaré» et en proposant notamment que les candidats rendent désormais public leur casier judiciaire.
Pas si vite, semblent dire les socialistes. L’ancien premier sécrétaire du PS, François Hollande, considère, dans un entretien jeudi à Aujourd’hui en Fance/Le Parisien, que «ceux qui ont diffamé deviendront à leur tour des délinquants» et rappelle le principe selon lequel «une fois qu’une condamnation est prescrite, elle est oubliée». Mais se radoucit au sujet de la chef de file de l’UMP en Ile-de-France, Valérie Pécresse, qui avait «condamné l’initiative de Francis Delattre»: «Quoique tardif, son démenti est le bienvenu. Je lui accorde la bonne foi quand elle dit qu’elle n’a jamais été avertie. Mais elle n’aurait jamais dû tolérer un tel procédé», a-t-il estimé.
From: Le Post
Affaire Soumaré: Huchon s'interroge sur les sources
From : acteurs publics , ...
L'équipe de campagne du président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, s'est interrogée samedi sur un lien entre les accusations UMP sur le passé judiciaire du candidat PS dans le Val-d'Oise, Ali Soumaré, et les récents rebondissements dans l'affaire de Villiers-le-Bel.
De son côté, la rivale UMP de M. Huchon, Valérie Pécresse, s'est refusée au moindre commentaire sur cette affaire, estimant, contrairement à ses colistiers du Val-d'Oise, que ce n'était "pas un sujet" pour la droite.
"Au-delà des faits reprochés, on doit, d'ores et déjà, s'interroger sur l'origine de la transmission d'informations ou de documents apparemment de sources judiciaire ou policière", a déclaré dans un communiqué Marie-Pierre de la Gontrie, porte-parole de la campagne Huchon 2010.
"Cette nouvelle mise en cause d'Ali Soumaré, qui fut porte-parole des familles de Villiers-le-Bel, quelques jours après l'engagement de poursuites judiciaires à l'encontre de fonctionnaires de police dans le cadre des incidents de Villiers-le-Bel, pose question", ajoute-t-elle.
A quelques semaines du premier tour des régionales, l'UMP du Val-d'Oise, notamment son chef de file aux élections des 14 et 21 mars Axel Poniatowski, a attaqué vendredi sur son passé judiciaire la tête de liste PS dans le département, Ali Soumaré, qui a décidé de porter plainte en diffamation.
M. Huchon a précisé samedi, en marge d'un débat sur la lutte contre l'exclusion organisé à Paris par le Secours catholique, que "les assignations" en justice seraient "remises aux diffamateurs lundi".
Lui aussi "s'interroge sur la manière dont les pièces judiciaires et policières de ce soi-disant dossier sont parvenues" aux élus UMP. "Franchement ça m'interroge. Normalement, elles ne sont pas légalement accessibles", a-t-il ajouté.
Egalement présente à la manifestation, son adversaire UMP aux régionales, Valérie Pécresse, a déclaré n'avoir "aucun commentaire à faire sur cette affaire".
"Les condamnations judiciaires dont aurait fait, et je parle au conditionnel, l'objet M. Ali Soumaré, si elles sont vraies mais je n'ai aucun élément pour le savoir, eh bien, c'est au Parti socialiste de prendre sa responsabilité concernant ces faits", a lancé Mme Pécresse. "Ca n'est certainement pas un sujet à nous", a-t-elle averti.
De son côté, Elisabeth Boyer, vice-présidente du PRG et candidate sur les listes Huchon dans le Val-d'Oise, a accusé samedi l'UMP valdoisienne de montrer "son vrai visage, celui d'une vieille droite réactionnaire qui ne recule devant rien pour attaquer ses concurrents au moment où elle est en difficulté"
Peillon l'accuse, Devedjan le poursuit en diffamation
From : Afp, Libération , Wat
Au cours d’un débat télévisé jeudi, l’eurodéputé PS a ressorti un vieil article de presse relatant un fait divers ayant valu en 1965 une condamnation à Devedjian et Madelin.
Patrick Devedjian «va poursuivre en diffamation» l’eurodéputé PS Vincent Peillon «pour les propos qu’il a tenus sur LCI» où il a évoqué un fait divers ayant valu au ministre de la Relance une condamnation en correctionnelle en 1965, a annoncé jeudi soir à l’AFP l’entourage de ce dernier.
Au cours d’un débat télévisé jeudi, dans lequel était évoquée l’affaire Ali Soumaré, Vincent Peillon a produit une coupure de presse relatant un fait divers ayant valu en 1965 une condamnation par un tribunal correctionnel à Patrick Devedjian ainsi qu’à l’ancien ministre Alain Madelin (UMP).
Sur le mode ironique l’élu socialiste a souhaité à Ali Soumaré (PS) une «aussi belle carrière» que ces deux hommes politiques de droite.
L’eurodéputé socialiste a sorti de sa poche une copie d’un article en disant: «Je vous ai amené un document très intéressant qui est l’édition du Petit varois du 11 novembre 1965. Le titre "en correctionnelle, deux jeunes dévoyés en vacances à La Croix Valmer avaient essoufflé la police"».
«La fin nous apprend que ces deux jeunes avaient volé une Simca 1000, volé des moteurs de bateaux, avaient des papiers d’identité faux, des plaques d’immatriculation fausses, avaient avec eux un pistolet 6,35 et avaient fait courir la police», a poursuivi l’ex-lieutenant de Ségolène Royal.
«J’ai cherché les noms et c’est finalement une jolie anecdote, on a deux noms: MM. Alain Madelin, Patrick Devedjian.», a lâché M. Peillon.
«Je souhaite véritablement qu’Ali Soumaré fasse une aussi belle carrière», a-t-il lancé, reprochant au passage à un journaliste du groupe Figaro qui participait au débat d’avoir «à longueur de pages» rapporté les déboires du jeune candidat PS aux régionales accusé par des élus UMP d’être un «délinquant multirécidiviste».
«On traite ça par pages entières plutôt que de parler de tas d’autres sujets qui sont intéressants», a reproché M. Peillon.
Les accusations lancées vendredi dernier contre Ali Soumaré par deux maires UMP du Val d’Oise - dont celui de Franconville Francis Delattre - se sont révélées partiellement fausses. Une condamnation qui était imputée au jeune candidat d’origine malienne concernait en réalité un homonyme, et une autre vieille d’une dizaine d’années était prescrite.