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Les insultes envers l'ambassadeur de Turquie en Israël crispent les relations", titre le quotidien d'Istanbul. "Les rapports houleux entre la Turquie et Israël connaissent un nouveau creux", relate-t-il. Après la diffusion en Turquie d'un téléfilm jugé antisémite, Oguz Celikhol, l'ambassadeur d'Ankara à Tel-Aviv, a été convoqué le 11 janvier par Danny Ayalon, vice-ministre des Affaires étrangères israélien. Il aurait été traité de façon peu amène. Ces tensions surviennent alors qu'Ehoud Barak est attendu bientôt à Ankara.


Le pouvoir turc prend ses distances avec l’allié israélien

Pendant la guerre à Gaza, Recep Tayyip Erdogan et son épouse n’ont cessé de manifester leur soutien aux Palestiniens. Une attitude critiquée par l’opposition, mais appréciée par une grande partie de l’opinion.


Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait accueilli son homologue israélien, Ehoud Olmert, à Ankara, le 22 décembre. A la fin de cette rencontre, il lui avait serré la main et lui avait promis de le tenir au courant de la réaction syrienne au sujet des négociations [israélo-syriennes] nouées grâce à la médiation turque. A ce moment-là, il ne savait pas encore que son interlocuteur avait déjà fixé la date des opérations à Gaza. C’est donc seulement quelques jours plus tard qu’il comprit que le but de la visite d’Olmert avait été de se servir du gouvernement turc de l’AKP (Parti de la justice et du développement) comme paravent afin de détourner les regards des acteurs régionaux et internationaux de ce qui allait se passer à Gaza. C’est ce qui explique la colère d’Erdogan, qui s’est lancé dans une vaste campagne anti-israélienne.


Il a d’abord dénoncé l’affront infligé à la Turquie, malgré ses importants efforts de médiation pour relancer le dialogue israélo-syrien. Et, chaque fois que les opérations israéliennes redoublaient d’intensité à Gaza, Erdogan redoublait de critiques. Quand les Israéliens lui ont reproché d’être “émotif”, de manquer de réalisme et de faire preuve de partialité, il a répliqué en disant : “Oui, je suis émotif, quand le peuple palestinien est la victime.” Il n’a pas hésité à rappeler à la ministre des Affaires étrangères israélienne, Tzipi Livni, qu’elle s’adressait au Premier ministre du pays qui avait sauvé des Juifs des massacres commis lors de la Reconquista en Espagne il y a cinq siècles [lors de leur expulsion, en 1492, beaucoup de Juifs d’Espagne avaient été accueillis dans l’Empire ottoman]. Dans la presse turque, on l’a mis en garde contre le risque qu’il prenait en laissant son gouvernement apporter un soutien non dissimulé aux grandes manifestations anti-israéliennes qui se sont déroulées dans les villes turques. On lui prédit qu’il aurait à en payer le prix à la mi-avril, quand le Congrès américain débattrait de la question du génocide arménien. On dit également qu’à Tel-Aviv on pourrait ne plus décrocher le téléphone quand il essaierait d’appeler le Premier ministre, puisque lui-même avait refusé de prendre une communication d’Olmert. Face à ces mises en garde, il s’est emporté et a déclaré : “Je suis le Premier ministre que les Israéliens ont fait attendre pas moins d’une demi-heure à un poste de contrôle devant Ramallah. Ils n’ont pas de leçons de diplomatie ni de démocratie à me donner !” Pourtant, l’opposition turque lui reproche de faire ses déclarations à usage interne et en vue des prochaines municipales. Elle affirme qu’il avait été mis au courant de ce qui allait se passer à Gaza.


A l’intérieur et à l’extérieur de la Turquie, il y en a qui veulent saborder le rôle régional d’Ankara et qui comparent ce qui se passe à Gaza à ce qui se passe dans le nord de l’Irak, où l’armée turque intervient contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Dans les médias turcs, des éditorialistes de la mouvance islamiste demandent de revenir sur les accords militaires et les contrats commerciaux turco-israéliens. Selon eux, on ne peut pas laisser s’entraîner dans l’espace aérien turc des pilotes de chasse israéliens qui bombardent les Palestiniens.


Mme Erdogan n’a pas laissé son mari faire face seul. Elle s’est empressée d’inviter les épouses de personnalités politiques arabes, musulmanes et internationales le 10 janvier à Istanbul pour manifester leur solidarité avec Gaza, une initiative qui ne manquera pas d’ajouter à l’irritation d’Israël et de jeter de l’huile sur le feu, à un moment où les relations turco-israéliennes sont déjà tendues. Le coup fatal est arrivé le 6 janvier, quand des milliers d’habitants d’Ankara ont accueilli par des protestations une équipe israélienne de basket-ball venue disputer un match d’Eurocoupe. Un drapeau israélien a été brûlé, ce qui s’est soldé par l’annulation du match et des dédommagements à la charge de la fédération sportive turque.



Israel humilie l'ambassadeur turc

L'ambassadeur de Turquie avait été humilié par M. Ayalon lundi, devant des photographes et des cameramen, en signe de protestation contre la diffusion, sur une chaîne de télévision privée turque, d'une série intitulée "La vallée des loups" et jugée antisémite par Israël.

M. Ayalon avait refusé de lui serrer la main, le contraignant à attendre longuement dans un couloir, puis à s'asseoir à un niveau plus bas que ses interlocuteurs.


M. Ayalon a convoqué M. Celikkol lundi au bureau du parlement pour exprimer le mécontentement israélien face à la série télévisée turque qui dépeint les agents des renseignements israéliens comme des ravisseurs d'enfants. Au début de la réunion, M. Ayalon a demandé aux photographes de remarquer que ses assistants et lui-même étaient assis sur des chaises plus hautes que celle de l'ambassadeur turc.

Cette réunion est considérée par beaucoup comme une humiliation intentionnelle de l'ambassadeur turc. Ankara a convoqué l' ambassadeur israélien en Turquie le lendemain pour demander des explications et des excuses d'Israël.

Les relations entre la Turquie et Israël se sont assombries en décembre 2008, quand Israël a lancé une offensive contre la bande de Gaza. Pour protester contre l'opération anti-palestinienne qui a duré 22 jours, M. Erdogan est sorti d'un débat avec le président israélien Shimon Peres lors du Forum économique mondial en Suisse en janvier 2009. La Turquie a interdit à Israël de participer à l' exercice de la force aérienne de l'OTAN en octobre et a par la suite refusé de censurer une fiction télévisée qui montrait des Israéliens tuant des Palestiniens

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, devrait se rendre à Ankara la semaine prochaine pour tenter une nouvelle fois d'améliorer les relations bilatérales.


Israël a présenté mercredi les excuses qu'"attendait" la Turquie pour le traitement réservé à son ambassadeur à Tel-Aviv, après trois jours de crise qui ont témoigné à nouveau de la dégradation des relations entre ces deux alliés stratégiques.

"On m'a informé que nous avions reçu la réponse que nous voulions et que nous attendions, en termes diplomatiques. La lettre comprend des excuses", a déclaré à la presse à son retour d'une visite en Russie, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
Mais ces regrets exprimés du bout des lèvres n'avaient pas satisfait les Turcs.

"Nous trouvons la déclaration israélienne insuffisante", avaient ainsi affirmé des responsables du ministère turc des Affaires étrangères.

Hasard du calendrier, M. Lieberman faisait mercredi sa première visite de travail à Chypre, un pays hostile à la Turquie.

Il y a tenté de calmer le jeu, en appelant Ankara à traiter Israël "avec respect et dignité", tout en soulignant que son pays ne voulait pas d'une confrontation.

La Turquie, pays musulman mais laïc, a longtemps fait figure d'allié régional d'Israël, après la signature en 1996 d'un accord de coopération militaire bilatérale.

Mais leurs relations se sont nettement détériorées après l'opération israélienne dévastatrice contre Gaza, l'hiver dernier, critiquée avec force par M. Erdogan. Et ce dernier a de nouveau critiqué Israël lundi, en recevant son homologue libanais Saad Hariri.

Cette nouvelle poussée de fièvre entre les deux pays est intervenue à quatre jours d'une visite, prévue dimanche à Ankara, du ministre israélien de la Défense, Ehud Barak.
From : Courrier international ,  ....

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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