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Crise diplomatique entre la France et le Mexique
Alors que Nicolas Sarkozy souhaitait dédier l'année du Mexique en France à Florence Cassez, Mexico a décidé de se retirer de l'organisation de l'évènement. Le gouvernement mexicain refuse tout transfèrement de la jeune femme condamnée à 60 ans de prison en France.

 

 

 
Camouflet diplomatique pour Nicolas Sarkozy. Lundi soir, le président de la République a, après tergiversations et à l'issue d'un coup de fil à Florence Cassez, décidé de maintenir l'année du Mexique en France. Il souhaitait ainsi médiatiser la situation de la jeune femme qui clame son innocence, en demandant à ce qu'elle soit évoquée au début de chaque manifestation de cet événement culturel. La condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement craignait que l'annulation de l'année du Mexique en France ne conduise à des représailles et notamment à son transfert dans une prison de haute sécurité.

 

 

Prenant acte de ses craintes, le chef de l'Etat a donc préféré honorer ses engagements, arguant que « le peuple de France est ami avec le peuple du Mexique ». « Nous faisons la différence entre le peuple mexicain et certains de ses dirigeants (…) Supprimer l'année du Mexique en France serait faire offense au peuple mexicain ».

La diplomatie français espérait sans doute que la crise était close. Mais Mexico ne l'entend pas de cette oreille. Estimant que « n'existent pas les conditions pour que l'année du Mexique en France soit menée à bien de manière appropriée et que soit mis en œuvre l'objectif pour lequel elle avait été conçue », le ministère des Affaires étrangères a donc choisi d'annuler sa participation. Le gouvernement mexicain a par ailleurs exclu tout transfèrement en France de Florence Cassez.

 


Affaire Cassez : Et la diplomatie ?

Les autorités mexicaines ont déclaré lundi soir qu'elles n'avaient aucune intention de transférer Florence Cassez en France. Elles réagissaient ainsi à la demande de Nicolas Sarkozy, qui a de nouveau réclamé lundi le rapatriement de cette Française de 36 ans condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour complicité d'enlèvement et de séquestration, afin qu'elle purge sa peine en France.

 

 

 

Affaire Cassez : rappel

Patronne d'une boutique de Calais, cette jeune femme, aujourd'hui âgée de 36 ans, quitte la France en 2003 pour le Mexique, où vit déjà son frère. Elle y rencontre un homme, Israel Vallarta. Plusieurs fois condamné, il a reconnu un meurtre et dix enlèvements. La police mexicaine le soupçonne d'être le chef d'une bande de kidnappeurs, "Los zodiacos". Florence Cassez nie avoir eu connaissance de ces activités criminelles, et dit avoir toujours cru que Vallarta était un vendeur de voiture. Ce dernier confirme avoir laissé la Française dans l'ignorance.

 

Ils passent quelques mois ensemble, puis se séparent. Florence Cassez rentre en France début 2005. Puis revient au Mexique, et retourne habiter chez Israël Vallarta. Le 8 décembre 2005, à la veille d'élections au Mexique, tous deux sont arrêtés sur une autoroute, et amenés par la police au ranch de Vallarta. Les policiers se lancent alors dans une grande mise en scène, posent une fausse cloison, et font venir des personnes kidnappées. Le lendemain, ils appellent des journalistes de télévision, qui filment "en direct" l'arrestation de Vallarta et Cassez, et la libération des "otages". Un seul reconnaîtra par la suite la jeune femme.

 

Arrêtée, emprisonnée, Florence Cassez parvient, en février 2006, à intervenir au téléphone dans une émission télévisée, Punto de Partida. La jeune femme raconte la mise en scène policière. Une mise en scène reconnue en direct par le chef de la police fédérale mexicaine (AFI), Genaro García Luna. Pour lui, il s'agissait d'une "reconstitution demandée par les médias". D'autres sources estiment que, dans un contexte de campagne électorale, il s'agissait d'une mise en scène à la gloire des forces de police.

 

Le 13 juin 2006, une victime d'enlèvement, Cristina Ríos Valladares, accuse, dans la presse, Florence Cassez d'être sa ravisseuse, dit reconnaître sa voix et affirme qu'elle a menacé de la tuer et de mutiler son fils. L'avocat de la jeune Française, lui, parle d'une machination contre Vallarta, dans laquelle serait mêlé Eduardo Margolis, un ex-associé du frère de Florence, Sébastien. Au terme de dix-huit mois de procès, Florence Cassez sera condamnée, le 25 avril 2008, à 96 ans de prison pour enlèvement, association de malfaiteurs, possession d'armes et de munitions. Une peine réduite en 2009 à 60 ans de détention.

 

Pour ses proches et son avocat, Florence Cassez est la victime collatérale d'une opération électorale. Une version qu'épouse la presse française, séduite par l'histoire de la jeune femme, mais qui provoque un scandale au Mexique, où les télévisions présentent une thèse à charge, évoquant par exemple une liste de noms de futures victimes retrouvée sur la Française, ou faisant témoigner Cristina Vallardes.

 

 

 

Rien ne va plus entre Paris et Mexico. Les déclarations de Nicolas Sarkozy samedi soir sur l'affaire Florence Cassez ont provoqué la colère du  gouvernement mexicain qui a annoncé cette nuit son retrait de l'organisation de l'année du Mexique en France.

Le gouvernement mexicain a convoqué vendredi l'ambassadeur de France au Mexique, en réciprocité de la mesure prise par Paris en réaction au rejet du pourvoi en cassation de Florence Cassez, a indiqué le ministère mexicain des Affaires étrangères.

"L'ambassadeur Daniel Parfait a été convoqué aujourd'hui", a déclaré la sous-secrétaire d'Etat aux Relations extérieures, Lourdes Aranda, à des journalistes. "La relation bilatérale est prioritaire et nous ne voulons pas qu'elle puisse être ternie par une affaire spécifiquement juridique et conjoncturelle", a-t-elle dit.

Cette convocation arrive quelques heures après la convocation de l'ambassadeur du Mexique à Paris par le chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, qui avait qualifié de "décision inique" le rejet du pourvoi en cassation de la Française Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour enlèvements.

 

Le gouvernement mexicain réaffirme, comme il l'avait déjà fait en mars 2009 après le jugement en appel, qu'il ne peut donner son accord au transfèrement de Florence Cassez en France dans le cadre de la Convention de Strasbourg, «en raison des différences substantielles entre les systèmes juridiques des deux pays».

Et le ministère mexicain enfonce le clou : «Il est vraiment surprenant qu'un chef d'Etat prenne une décision de politique extérieure affectant les liens entre deux peuples et deux gouvernements en consultant une personne condamnée par la justice mexicaine pour des délits de nature particulièrement grave.»

L'Elysée n'avait pas réagi ce matin à 7 heures, mais Nicolas Sarkozy devait joindre son homologue mexicain dans les heures qui viennent.

 

 

 

 

La France pèse t-elle encore dans le monde ? Même intégrée  dans l'Union européenne ?!

L’Union européenne est-elle une grande puissance ?
La question de la puissance de l’Union européenne (UE) renvoie à son poids dans le monde. Dès lors apparaît la dichotomie entre son poids économique et son poids diplomatique, politique et militaire. Peut-on encore qualifier l’UE, ce « géant économique », de « nain politique » ?

 

 

1. L’UE, première puissance commerciale du monde
Avec seulement 7,3 % de la population mondiale, l’Union européenne est de loin la première puissance commerciale au monde. Même sans compter les échanges intracommunautaires, elle occupe largement la première place dans les échanges mondiaux. Elle est la première exportatrice de services, loin devant les États-Unis, ce qui n’est pas négligeable dans un monde où le secteur tertiaire tient une place éminente. L’UE constitue par ailleurs un pôle économique de toute première importance avec un PIB supérieur à celui des États-Unis. Pourtant, malgré ce poids économique considérable, l’Union européenne peine à devenir une grande puissance politique.

 

 

2. L’UE, nain politique ?
Le rapport de l’Union européenne à la puissance, au sens politique du terme, est complexe et trouve ses racines dans les débuts même de la construction européenne.

 

 

2.1 L’Europe et la puissance
Lorsque la France propose le 9 mai 1950 la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, elle le fait certes au nom de la paix et de la réconciliation franco-allemande, mais aussi avec des arrière-pensées de puissance. Pour elle, la construction d’une Europe unie est un moyen de retrouver une puissance perdue à travers les deux guerres mondiales, et notamment la seconde. Derrière le projet de la France se cache donc des ambitions claires : prendre le leadership d’une Europe capable de peser dans le monde. Or, ses partenaires ne sont pas du tout en phase avec ces ambitions. Pour la RFA, la construction européenne est un vecteur de réhabilitation. Mais elle est également un garde-fou contre des velléités de puissance qui pourraient se manifester à l’avenir. L’Allemagne a peur d’elle-même et l’Europe unie est un moyen de se prémunir contre ses propres démons. Il existe donc chez elle une méfiance vis-à-vis de la puissance, qui mène souvent à l’affrontement entre les nations. Les pays du Benelux partagent cette méfiance tant ils ont eu à subir à travers l’histoire la puissance de leurs deux grands voisins. Pour eux, l’Europe constitue un rempart contre les débordements des puissances française et allemande. Ils préfèrent sans conteste la tutelle américaine, lointaine, peu menaçante et protectrice, plutôt que celle de la France et de l’Allemagne au sein d’une Europe politique. La France est donc le seul pays pour lequel l’Europe représente un vecteur de concurrence face à la super-puissance américaine. Ces ambiguïtés et ces méfiances expliquent en grande partie l’échec de l’Europe politique jusqu’à nos jours.

 

 

2.2 Le tournant de 1989
La fin de la Guerre froide marque un tournant pour l’Europe politique. La menace que faisait peser l’URSS sur l’Europe détournait les Européens, Français mis à part, d’une volonté de puissance. Une organisation du « Vieux continent » sur le plan diplomatique et militaire risquait d’entraîner un désengagement des Américains en Europe. Or, aucune défense européenne ne pouvait rivaliser mieux que celle de l’Amérique avec la puissance soviétique. L’effondrement du bloc de l’Est fait au contraire planer le doute sur le maintien d’un engagement américain fort en Europe. De plus, les guerres réapparaissent sur le continent, rendant nécessaire une réflexion sur la création d’une Europe politique. Ceci explique en partie la naissance du second pilier de l’UE dans le traité de Maastricht : la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Une coopération intergouvernementale est prévue en matière de diplomatie et de défense, afin de permettre aux Européens de réagir lorsqu’un conflit comme celui de Yougoslavie se présente à leurs portes et de pouvoir faire entendre leur voix face à l’hyper-puissance américaine.

 

 

 

2.3 Les déceptions de la PESC
Pourtant, la PESC s’avère difficile à mettre en œuvre et la guerre en Bosnie en est une illustration criante. De même, si les Européens avaient été associés au processus d’Oslo, visant au règlement de la question israélo-palestinienne, leur influence sur ce dossier est devenue ensuite bien faible. L’UE peine donc à s’affirmer comme une puissance politique qui compte dans le monde. Ceci s’explique par les divergences d’approche entre États membres, entre les atlantistes et les autres, favorables à une véritable émergence de l’Europe sur la scène mondiale. En outre, une politique étrangère doit s’appuyer sur une capacité de défense qui fait défaut à l’UE. Les forces armées de la plupart de ses membres sont intégrées dans l’OTAN, tandis que certains sont neutres et souhaitent le rester (Irlande, Autriche, Suède, Finlande, Malte).

En outre, deux pays disposent d’une force de frappe nucléaire (France et Royaume-Uni), ce qui rend difficile une harmonisation des stratégies militaires. Enfin, l’UE se trouve dans un contexte budgétaire difficile, qui pèse sur les dépenses militaires. Pour toutes ces raisons, la PESC s’avère encore un échec, dont la récente guerre en Irak en 2003 a révélé l’ampleur. Les Européens se sont montrés incapables d’afficher une position commune, ce qui constituait pourtant la base de la PESC. Parler d’une seule voix semble donc encore impossible, alors comment imaginer agir militairement ensemble ?

 

 

2.4 Les limites d’un “soft power” ?
La potentialité pour l’Europe de faire entendre sa voix dans le monde réside sans doute aujourd’hui dans son approche multilatérale des relations internationales et dans sa volonté de faire respecter le droit international. L’ensemble des relations extérieures de l’Union constitue une sorte de diplomatie européenne. En outre, elle propose aux pays tiers un modèle, celui de l’intégration régionale, que d’autres parties du monde peuvent tenter de reproduire (comme le Mercosur en Amérique latine par exemple).

En revanche, sa capacité d’intervention est limitée. L’Union européenne est plus à l’aise pour gérer les conflits dans les opérations civiles que dans l’envoi de troupes. Sa puissance militaire est encore à construire. Par ailleurs la dépendance énergétique de l’Europe la rend vulnérable et pousse chaque pays membre à jouer un jeu national. Dans ce contexte, la relation avec l’OTAN et les Etats-Unis reste déterminante.

 

 

Risque de boycott 

Sur place, les entrepreneurs le reconnaissent: le cas de Florence Cassez, devenu une affaire d'État, pèse sur le climat des affaires. «L'image de la France est touchée depuis plusieurs mois déjà», indique un chef d'entreprise mexicain. Pour Karine Berger, directeur des marchés de la société d'assurance-crédit Euler Hermes, il existe un risque de boycott des entreprises françaises, «en particulier sur les secteurs les plus concurrentiels comme l'industrie automobile et les biens de construction». Les Mexicains peuvent se retourner vers d'autres entreprises, européennes, américaines ou brésiliennes. Un effet sur le commerce extérieur n'est pas non plus exclu. «Lorsque la France s'est opposée à la guerre en Irak, les exportations françaises de biens alimentaires ont été très touchées», rappelle l'économiste.

 

Sur ce registre, force est de constater que la France est loin d'être un partenaire stratégique de la deuxième économie latino-américaine. La France n'est que le quarantième fournisseur du Mexique, qui lui-même n'arrive qu'au soixantième rang des clients de l'Hexagone. La France n'est que le cinquième partenaire économique européen du Mexique, devancée par l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne. Et ce malgré, la signature en 2000 d'un traité de libre-échange avec l'Union européenne. De fait, l'économie mexicaine reste très dépendante du grand voisin américain, qui absorbe 80% de ses exportations. Côté investissements, la France, là encore, n'est qu'un acteur secondaire puisqu'elle pèse à peine 0,2% des sommes investies dans ce pays. Les investisseurs, dans les deux pays, misaient sur l'Année du Mexique pour changer la donne. Les voici aujourd'hui dans l'expectative

 

From : France Soir , le Parisien , Vie Publique , le Monde, le Figaro ,...

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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