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A peine cinq jours après avoir pris son poste, le nouvel ambassadeur de France à Tunis a provoqué la colère des Tunisiens. Boris Boillon, 41 ans, a présenté samedi soir ses «excuses» à la télévision nationale tunisienne pour avoir répondu jeudi à des questions de journalistes d'une manière hautaine.

 

Des centaines de manifestants avaient défilé dans la journée devant l'ambassade de France à Tunis pour réclamer le départ du nouvel ambassadeur, dénonçant «son manque de diplomatie» et «son agressivité». On y voit des banderolles avec des slogans : " Colis de merde à renvoyer à l'expéditeur , 37 Quai d'Orsay Paris "

 

 

 

 

Arrivé mercredi, l'ambassadeur s'était attiré les foudres de nombreux Tunisiens en quelques jours.

Jeudi, lors d'une conférence de presse, Boris Boillon avait refusé de répondre à des questions de journalistes, ou les avait qualifiées de «questions débiles» ou de «n'importe quoi». Elles portaient sur la gestion de la révolution tunisienne par la France et, en filigrane, la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, proposant le «savoir-faire» de Paris en matière maintien de l'ordre à Tunis.

Dans une vidéo diffusée sur internet, on a pu le voir tancer des journalistes tunisiens pour leurs questions "débiles" sur la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie ou les liens de la France avec l'ancien président tunisien.

A un moment, il avait repoussé le micro d'une journaliste en la réprimandant avant de s'en aller.
L'ambassadeur avait refusé de répondre jeudi à des journalistes qui l'interrogeaient sur la ministre des Affaires étrangères. Il leur avait reproché d'essayer de le faire tomber dans «des trucs débiles ». «Vous croyez que moi, l'ambassadeur de France en Tunisie, je vais répondre à cette question ?!», avait lancé l'ex-ambassadeur de France en Irak. «Vous croyez que je suis dans la petite phrase débile ? Moi, je suis là pour exposer une philosophie».

 

 

Des centaines de manifestants avaient défilé dans la journée devant l'ambassade de France à Tunis pour réclamer le départ du nouvel ambassadeur, dénonçant «son manque de diplomatie» et «son agressivité».
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a minimisé l'ampleur de la polémique. "C'est un incident isolé", a dit sur RTL le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, sur RTL.
"Il faut rester calme et relativiser parce qu'il a rencontré beaucoup de journalistes et déjà beaucoup d'autorités tunisiennes qui lui ont tous manifesté leur soutien et leurs encouragements", a-t-il dit.

 

 

Sur une page Facebook intitulée "Tous contre Boillon", à laquelle plus de 7.000 personnes avaient souscrit samedi, une internaute réclamait "des excuses publiques et à la TV".
«M. Boillon, vous occupez un poste diplomatique et vous n'avez rien d'un diplomate», «dégagez, petit Sarko !», «Boris dégage !», «C'est vous qui faites honte à la France», pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants, mobilisés par des appels sur Facebook.

«Je suis très choquée, c'est la première apparition de l'ambassadeur, il a paru très agressif pour un diplomate. C'est dommage, on espérait une nouvelle coopération sur des nouvelles bases mais cette personne a créé une tension avec la presse, il s'est cramé!», a déclaré Houria, 50 ans.

Des extraits de cette rencontre ont été diffusés à la télévision tunisienne ainsi que sur Facebook. Une page du réseau social a été ouverte sous le titre : «Boris Boillon, dégage !». Parmi les commentaires, on peut lire : «Le dégage tunisien n'épargne personne. Le peuple tunisien choisit ses ministres et il est mûr pour juger les ambassadeurs étrangers».

Agé de 41 ans, Boris Boillon remplace Pierre Ménat, 60 ans, qui a fait les frais des erreurs d'appréciation de la diplomatie française lors de la révolution tunisienne. A Paris, le ministère des Affaires étrangères, interrogé par Reuters, n'a pas souhaité réagir à cette polémique.

 

Face au tollé, le nouvel ambassadeur avait adressé un message d'apaisement via Twitter. "Vraiment désolé si j'ai pu offenser. Ce n'était pas mon intention", écrivait-il.
Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie a présenté samedi soir des excuses publiques pour s'être montré cassant avec des journalistes lors d'une récente conférence de presse.
"Je dis que je suis désolé (...) Je regrette mes paroles, j'ai été stupide", a déclaré Boris Boillon à la télévision nationale tunisienne. "Je demande les excuses de tous les Tunisiens."
«Je m'excuse auprès des journalistes et de tous les Tunisiens», a déclaré, dans un arabe parfait, le benjamin des diplomates français, qui avait présenté mercredi ses lettres de créance. «S'ils ont pris mes réponses comme une manière de répondre de façon hautaine, je le regrette et je suis vraiment désolé et je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien», a-t-il poursuivi.
Nicolas Sarkozy a rappelé l'ambassadeur de France à Tunis Pierre Ménat et nommé à sa place Boris Boillon, 41 ans, qui a grandi en Algérie et parle couramment arabe.
Les révélations en cascade sur les vacances tunisiennes de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, n'ont pas contribué à réchauffer les relations bilatérales.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, doit se rendre à Tunis le 22 février. Elle sera le premier membre de son gouvernement à se rendre dans l'ex-protectorat français depuis la chute de Ben Ali, alors que le Royaume-Uni, l'Allemagne ou l'Italie y ont déjà dépêché des émissaires.

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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