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 SARKOLEAKS- Le Canard enchaîné publie dans son édition de mercredi 5 mars ce qu'il présente comme le verbatim d'un après-midi à l'Elysée, enregistré par l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, à l'aide d'un dictaphone.

L'hebdomadaire indique avoir choisi parmi "des centaines d'heures" d'enregistrements, ceux du 27 février 2011, lors d'une réunion de travail autour de Nicolas Sarkozy à quelques heures du remaniement qu'il va annoncer. Autour de Patrick Buisson, Henri Guaino, le conseiller spécial de l'ex-président, Franck Louvrier, son conseiller en communication, mais aussi le publicitaire Jean-Michel Goudard et le sondeur Pierre Giacometti règlent les dernières modalités du discours.

Un appareil enregistreur tourne, selon Le Canard, qui retrace dès lors le déroulé de deux heures et demi à l'Elysée entre l'arrivée au Palais du conseiller-qui-enregistre-tout et son retour à son domicile.

 

QUATRE EXEMPLES

#CHIENS

Selon Le Canard, par exemple, après l'enregistrement de l'allocution par laquelle il annonce le remaniement, celui qui est encore président s'interroge : "On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient [dans les jardins élyséens]?". Réponse de Patrick Buisson qui porte un micro : "Tu parlais des journalistes?".

#MAM

Autre exemple, Nicolas Sarkozy dit de Michèle Alliot-Marie : "J'ai accepté qu'elle me fasse une lettre de démission. Mais, enfin, personne n'est dupe.  [...] Elle ne se rend pas bien compte. C'est comme si elle n'avait rien fait, qu'elle pouvait continuer."

#HORTEFEUX

Et quand le chef de l'État parle (en son absence) de son vieil ami Brice Hortefeux, au moment de lui demander de quitter le ministère de l'Intérieur, ça donne : "Je ne veux pas finir comme Daniel Vaillant avec Jospin. [...] Brice dit que le sentiment d'insécurité a régressé. Toutes les études montrent que ce n'est pas vrai".

#LE FIGARO

Dernier exemple de citation surprenante, celle de Patrick Buisson appelant le directeur de la rédaction du Figaro, Etienne Mougeotte, à la demande du chef de l'Etat, pour lui donner en avant première le détail des propos présidentiels. Patrick Buisson, écrit Le Canard, "conseille fortement au patron du Figaro 'de faire passer dans le titre l'idée de la nécessité de s'adapter aux circonstances nouvelles. C'est ça l'idée.'". Le lendemain, lundi 28 février, le Figaro titrait en une : "Un gouvernement fortement remanié : la stratégie de Sarkozy face aux défis du monde arabe."

[Mise à jour, 21 heures 30] Le site Atlantico annonce qu'il va mettre en ligne mercredi 5 mars un son où l'on entend notamment Patrick Buisson s’interroger auprès d’un autre conseiller sur la capacité du nouveau secrétaire général de l’Elysée Xavier Musca à savoir "se mouiller" auprès du Parquet  autant que Claude Guéant pour les "affaires" et commenter le risque pour le sondeur Pierre Giacometti de perdre "des contrats" en raison du départ du gouvernement de Brice Hortefeux.

 

PREMIÈRE RÉACTION

Interrogé sur les ondes de RTL, le journaliste Jean-Claude Dassier, qui connaît bien Patrick Buisson, indique ne pas y avoir cru quand Le Point a révélé l'information, le 12 février, puis que l'intéressé a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation. Mais aujourd'hui, l'ancien directeur de LCI n'en revient pas :

Je suis abasourdi. Je pense avoir connu et connaître un peu Patrick Buisson. J'avoue que je suis sur le cul.
"Comment se fait-il que ça sorte?", s'interroge le vice-président de Valeurs Actuelles en ajoutant : "Qui a ces documents, d'où vient cette cassette ?".

 

 

Le Canard enchaîné et le site internet Atlantico publient mercredi plusieurs extraits d'enregistrements d'échanges entre Nicolas Sarkozy et ses conseillers réalisés à leur insu en 2011 par son conseiller controversé Patrick Buisson.

 

Dans son édition de mercredi, le Canard publie le verbatim de l'enregistrement d'une réunion à l'Elysée, le 27 février 2011, autour de Nicolas Sarkozy à quelques heures du remaniement qu'il va annoncer.

L'hebdomadaire moque le "fayot" Patrick Buisson qui se répand en encouragements et en félicitations auprès du chef de l'Etat.

Selon Le Canard, par exemple, après l'enregistrement de l'allocution dans laquelle il annonce le remaniement, l'ex-président revient: "+On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient+ (dans les jardins élyséens)?"

L'hebdomadaire satirique poursuit: "Buisson spirituel: +Tu parlais des journalistes?+ Puis courtisan: +C'était très bien! Tu avais les bonnes intonations. Tu as bien détaché les phrases importantes. Faut pas y toucher."

De son côté le site Atlantico met en ligne les enregistrements sonores et les verbatims d'au moins quatre enregistrements, dans le contexte d'une réunion de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers le 26 février 2011 à la Lanterne à Versailles consacrée au remaniement. Brice Hortefeux devait ensuite être remplacé par Claude Guéant à l'Intérieur et Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé au Quai d'Orsay.

"Remplacer (le Premier ministre François) Fillon par (Jean-Louis) Borloo, c'est grotesque", déclare Sarkozy lors de la réunion. "Y'a qu'une seule personne qui pourrait remplacer Fillon aujourd'hui, c'est Juppé. Je m'entends très bien avec Alain...Même si Fillon n'est pas décevant, il est comme on le sait."

Dans la voiture qui les ramène de Versailles, Buisson et le publicitaire Jean-Michel Goudard, conseiller en communication ne se privent pas de commentaires acerbes.

"C'est dur, hein?", lache notamment Buisson à propos de la présence de Carla Sarkozy à Versailles. "Ah t'es amusant. Si je la connaissais pas un peu mieux depuis la télé j'aurais trouvé ça...lamentable...interventions percutantes quand même hein", lui répond Goudard.

Les deux hommes s'inquiètent ensuite du changement de fonction de Claude Guéant, qui passe du secrétariat de l'Elysée à l'Intérieur. "Tu vois l'avantage de Guéant, la depuis 3 mois, c'est qu'il connaissait un petit peu les dossiers, notamment pour les affaires auprès du parquet. Il se mouillait un petit peu", dit Buisson, mis en cause dans l'affaire des marchés des sondages de l'Elysée. "Ben ça l'intéresse quand même directement parce que... l'Elysée c'était lui à cette époque-là", lui rétorque Goudard.

Buisson, ancien journaliste de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, se plaint aussi à propos du remaniement de ne pas avoir "réussi à entraîner la tête" du ministre de la Justice Michel Mercier, qu'il qualifie de "totalement calamiteux".

"Il y a plus calamiteux encore", assène Goudard, en nommant la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui, selon lui, "ne dit que des conneries".

Dans un communiqué transmis à l'AFP par son avocat Gilles-William Goldnadel, Patrick Buisson se défend: "En tant qu'intervenant essentiel de ces réunions" il "ne pouvait prendre des notes écrites et utilisait ces enregistrements pour préparer la réunion suivante".

Ces derniers "étaient détruits au fur et à mesure sauf manifestement quelques-uns qui lui ont été dérobés et dont il est fait présentement un usage extravagant et pervers", affirme-t-il.

Patrick Buisson, accusé mi-février par Le Point d'avoir enregistré certaines de ses conversations avec l'ancien président, avait alors indiqué qu'il comptait porter plainte contre l'hebdomadaire.

L'article du Canard enchaîné "ne change en rien la plainte déposée par Patrick Buisson contre l'hebdomadaire Le Point le 21 février", selon son communiqué. Car "le fait que M. Buisson aurait pu faire un usage clandestin, malveillant et systématique de ce qui n'était qu'un enregistrement de travail relève de la diffamation".

Patrick Buisson, qui a joué un rôle central dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, a été accusé d'infuser dans la politique française, des thèses de sa famille d'origine, l'extrême-droite. Dans l'un des enregistrements, il se présente comme "royaliste".

M. Besson est aussi au coeur de l'affaire des sondages, dans laquelle un juge enquête sur la régularité des contrats conclus sous la présidence Sarkozy, sans appel d'offres, entre l'Élysée et neuf instituts de sondage, dont la société de conseil Publifact de M. Buisson.

 

 

Suite à la publication par le Canard Enchaîné du verbatim d'une réunion à l'Elysée le 27 février 2011, Atlantico publie des extraits d'un enregistrement de la matinée du samedi 26 février 2011 réalisé par Patrick Buisson à l'insu de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers.

 

Première trahison
Comme le révélait Le Point il y a trois semaines - sans preuves à l’époque - , Patrick Buisson, longtemps décrit comme l’éminence grise de Nicolas Sarkozy, a donc bien enregistré, à leur insu, l’ancien président ainsi que ses conseillers à l’Elysée.

Pourquoi aucun doute n’est possible. Tout d’abord maître Gilles-William Goldnadel, l’avocat de Patrick Buisson a reconnu l’authenticité de l’enregistrement mentionné par le Canard Enchaîné le 4 mars. A l’écoute de celui qu’Atlantico s’est procuré, réalisé à un autre moment, on entend Patrick Buisson, seul, insérer un enregistreur dans la poche de sa veste puis rejoindre Nicolas Sarkozy et ses conseillers. L’enregistrement d’une durée de plusieurs heures comprend aussi bien les conversations de Patrick Buisson avec différents conseillers  qu’une réunion stratégique organisée le samedi 26 février 2011 à la Lanterne à Versailles. Il se conclut une fois que Patrick Buisson est à nouveau seul, après avoir salué la dernière personne avec laquelle il se trouvait.

Pourquoi il s’agit bien d’une trahison. Contrairement à ce qu’a tenté de laisser entendre l’avocat de Patrick Buisson après la publication de l’article du Canard Enchaîné, Nicolas Sarkozy n’était absolument pas informé des enregistrements pirates de son conseiller. Atlantico en a obtenu la confirmation auprès de différents membres de l’entourage de l’ancien président. Michel Gaudin en particulier, son actuel directeur de cabinet, nous l’a formellement confirmé et ne juge pas du tout crédible que ces bandes aient été des enregistrements de travail comme Patrick Buisson l’a soutenu au cours de la journée du 4 mars par la voix de son avocat.

 

Deuxième trahison
Plutôt que d’avoir confessé ces enregistrements pirates au moment des révélations du Point et d’avoir prévenu Nicolas Sarkozy du fait que certains n’étaient plus en sa possession, Patrick Buisson n’a retrouvé la mémoire qu’au fur et à mesure de la journée du 4 mars, au terme de laquelle il a fini par reconnaître « de très bonne grâce avoir utilisé un dictaphone » et plus grave, avoir malheureusement laissé traîner certains de ces enregistrements et s’en être, selon lui, fait dérober d’autres par une personne X.

Problème, selon des informations d’Atlantico, Patrick Buisson se serait en fait déjà ému dans le passé auprès de membres de son entourage professionnel du fait que des copies de ces enregistrements puissent être entre les mains d’un de ses familiers avec lequel il se trouve dans un conflit privé violent.

Pendant trois semaines, celui qui dénonçait « un mensonge total et ignominieux » et qui annonçait qu’il portait plainte pour diffamation contre Le Point a tout fait pour convaincre Nicolas Sarkozy et l’ensemble de ses interlocuteurs qu’il ne s’agissait que d’un complot politique.

Bon indicateur de cette volonté de dénégation absolue de l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, les « éléments de langage » très buissonniens repris dans le feuilleton épistolaire de Valeurs Actuelles qui dévoile chaque semaine les dessous de la vie politique. Dans l’article « Une ténébreuse affaire » signée de M. de Rastignac mais dont l’auteur est un proche de Patrick Buisson par ailleurs employé au Figaro sur les pages Figarovox, on lisait ainsi comment l‘entretien entre Nicolas Sarkozy et son ex-conseiller se serait déroulé à la veille des révélations du Point. « Les deux hommes évoquèrent rapidement ce qu’ils appelèrent ce "bruit de vespasiennes" pour s’entretenir ensuite de tout autres sujets. Comme pris en faute, Martial Kropoly  expliqua pourquoi il avait choisi de se rendre à la réunion publique d’Eleonore de Conygham  : "j’ai fait tout cela par amitié" s’excusait-il. » Cerise sur le gâteau des éléments de langage buissonniens, à en croire Valeurs Actuelles, ce ne serait pas Nicolas Sarkozy qui aurait pris ses distances avec son ancienne éminence grise mais Patrick Buisson lui-même : « cette conversation était hantée par l’inquiétude qu’à l’ancien chef de l’Etat de perdre son conseiller. On sentait aussi dans l’atmosphère la lassitude du conseiller, adulé en campagne, oublié entre deux élections. »

Toujours selon « Mr de Rastignac »,  « le lendemain [des révélations du Point], après la parution du funeste écho les deux hommes se sont parlé sur l’étrange cornet. Les cornets furent froids et sévères. La malveillance était parvenue à son but. Le jeudi, alors que Martial Kropoly était parti en voyage au bout du monde, son directeur de cabinet appelait M. de Bièvres  pour l’assurer de la confiance et de l’amitié du "président". Mais le conseiller ne dissimulait pas sa colère. "Vous direz à Martial Kropoly, a-t-il répondu, que je suis très choqué de son attitude" »

Selon les informations recueillies par Atlantico auprès de l’entourage de Nicolas Sarkozy, l’échange aurait effectivement été très très froid, l’ancien président ayant, lui, été extrêmement choqué par les révélations du Point.

Trois semaines plus tard, avec l’article du Canard Enchaîné et les bandes d’Atlantico, plus question de dénégation de la part de Patrick Buisson. Après plusieurs versions successives des arguments visant à défendre son client, Me Gilles-William Goldnadel en est venu à affirmer : « C’est bien lui qui a procédé mais il m’a expliqué que cela lui servait de notes. Ce n’était pas une fraude. (…) C’étaient des enregistrements de travail pour préparer les prochaines réunions. D’habitude, il les détruisait. Certaines ne l’ont pas été. Aujourd’hui, on en fait un usage malveillant. Ce n’est pas Patrick Buisson qui les a rendus public. Il n’en a pas fait le moindre usage… Il fera un communiqué pour le dire. Ce n’était pas dans un but pervers ou clandestin. D’ailleurs, il n’était pas le seul à user des enregistrements… » a indiqué l’avocat. Une dernière affirmation que rien n’étaye.

Selon le Point, l’ancien journaliste du périodique d’extrême droite Minute n’en serait pas à son coup d’essai. Patrick Buisson avait été soupçonné d’avoir fait installer des micros dans le bureau d’un des actionnaires du journal.

 

Troisième trahison
Outre le fait d’avoir enregistré Nicolas Sarkozy à son insu, la loyauté de Patrick Buisson envers l’ancien président est également mise à mal par le contenu même de ces enregistrements pirates. A plusieurs reprises et alors qu’il ne se trouve pas avec le président, Patrick Buisson échange avec d’autres interlocuteurs des propos peu respectueux sur Nicolas Sarkozy et son épouse.

Juste avant la fin de l'enregistrement, Patrick Buisson démontre par ailleurs l’estime dans laquelle il tient Nicolas Sarkozy en soulignant l’influence qu’il a sur le chef de l’Etat, notamment sur les questions d’immigration et d’intégration.

L’ancien journaliste de Minute et actuel président de la chaine Histoire, conclut par un rappel de son ADN politique profond… le royalisme.

 

 

From : Europe 1, Atlantico ,.....

http://www.atlantico.fr/decryptage/sarkoleaks-enregistrements-sarkozy-buisson-trois-trahisons-1000895.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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