Alors que la proposition russe de démanteler l'arsenal chimique de Damas a été reçue favorablement par les Etats-Unis et la France, ces derniers ont réaffirmé ce mercredi leur engagement militaire à intervenir contre le régime syrien si les efforts diplomatiques en cours échouent
Mais face à des opinions très sceptiques sur des frappes contre Damas, ils ne peuvent refuser la main tendue de Moscou, alors que la Russie a transmis mercredi aux Etats-Unis des propositions visant à trouver une issue diplomatique à la crise déclenchée le 21 août par une attaque chimique imputée par à Bachar al-Assad.
Les chefs des diplomaties américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, se retrouveront jeudi à Genève et pourraient y rester jusqu'à samedi. Des experts en armement américains ainsi que l'envoyé spécial de la Ligue arabe et de l'ONU Lakhdar Brahimi seront présents. D'ici là les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU devaient se retrouver dans la nuit de mercredi à jeudi.
la Russie montre ses muscles en Méditerranée
Moscou annonce le déploiement "dans les prochains jours" d'un navire anti-sous-marins et d'un croiseur équipé de missiles.
Le ton monte en mer Méditerranée. Après l'annonce de l'envoi par la France d'une frégate au large de la Syrie, la Russie déclare qu'elle va envoyer "dans les prochains jours" en Méditerranée orientale un navire anti-sous-marins et un croiseur équipé de missiles. "La situation qui se complique dans l'est de la Méditerranée exige de notre part une certaine adaptation des forces navales. Un bateau de lutte anti-sous-marine et un bateau lance-missiles vont s'ajouter dans les prochains jours à la flotte" russe déjà présente dans cette région, a précisé une source au sein de l'état-major des forces armées
Croiseur Moskva : qualifié de " tueur des porte-avions " par NATO
Ce croiseur de la classe 1164 est équipé de 16 missiles anti-navire lance-P-1000 Vulkan (également connu sous le nom de missiles anti-navires SS-N-12 Sandbox, selon la classification de l'OTAN).
Les forces de la marine russe permanentes en Méditerranée incluent désormais le porte-avions Aleksandr Chabline, l'amiral Nevelskov, Peresvet et Minsk Novovcherkassk de la Flotte de la mer Noire et de la mer Baltique ainsi que la corvette Neustrashimy et le destroyer anti- sous-marin Admiral Panteleyev .
Le navire- amphibies Nikolay Filchenkov et la corvette Smetlivy participeront ensuite à la flotte russe. Les deux navires traversent le détroit de Bosphore et Dardanelles le12-14/9 avant de se diriger vers la Méditerranée orientale.
Les grandes manœuvres se poursuivent en Méditerranée alors que les tractations diplomatiques continuent autour d'une éventuelle intervention militaire en Syrie. Les Etats-Unis ont ainsi annoncé jeudi 29 août le déploiement d'un destroyer supplémentaire face aux côtes syriennes, portant temporairement à cinq le nombre de navires équipés de missiles de croisière en Méditerranée orientale. En temps normal, trois destroyers américains croisent en Méditerranée, sous responsabilité de la VIe flotte américaine, essentiellement pour une mission de défense antimissile.
L'USS Stout est amené à prendre la relève sur place de l'USS Mahan, mais les deux navires devraient croiser ensemble, avec trois autres destroyers, pendant un temps indéterminé au large des côtes syriennes, selon lui. A l'heure actuelle, quatre destroyers, le Mahan, le Ramage, le Barry et le Gravely, croisent en Méditerranée orientale, prêts à lancer leurs missiles Tomahawk dans une frappe punitive contre le régime de Bachar Al-Assad si le président américain l'ordonne
L'US Navy a décidé de maintenir en Méditerranée l'USS Mahan, un navire qui devait initialement retourner à son port d'attache, renforçant ainsi sa présence dans la région après de nouvelles allégations d'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Au total, quatre destroyers de la VIe flotte américaine – le Gravely, le Barry, le Mahan et le Ramage – tous équipés de plusieurs dizaines de missiles de croisière Tomahawk, croiseront dans les eaux méditerranéennes, contre trois habituellement.
Le rôle du Pentagone est "de fournir au président toutes les options pour faire face à toutes les éventualités" a expliqué le ministre de la défense Chuck Hagel, se refusant à toute précision sur les moyens militaires en question. La présence des quatre destroyers ne signifie pas qu'une décision d'intervention a été prise contre le régime de Bachar Al-Assad, a-t-il souligné.
Ce renfort permettrait néanmoins aux militaires d'agir plus rapidement si Barack Obama leur en donnait l'ordre. Un scénario très improbable pour le moment. "Des gens réclament une action immédiate. (Mais) se précipiter pour faire des choses qui tourneraient mal, nous embourber dans des situations très difficiles, peut nous entraîner dans des interventions très compliquées et coûteuses qui ne feraient qu'alimenter encore le ressentiment dans la région", a argumenté le président américain lors d'un entretien vendredi sur CNN.
Un avis partagé par le plus haut gradé et principal conseiller militaire de Barack Obama, le général Martin Dempsey. En juillet, ce dernier avait présenté au président de la commission de la défense du Sénat toute une série d'options militaires, notamment l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne ou une opération destinée à neutraliser les nombreux sites d'armes chimiques syriennes. Pour chacune d'elles, le gradé avait insisté sur le coût financier et humain de l'opération.
En cas d'attaque, la doctrine américaine prévoit généralement dès le début l'utilisation de missiles de croisière pour "ouvrir la porte" et se débarrasser notamment des défenses anti-aériennes ennemies. Lors du premier jour du conflit en Libye, des navires et sous-marins américains, ainsi qu'un sous-marin britannique avaient ainsi lancé une première vague d'environ 110 missiles Tomahawk sur le pays.
Le Charles de Gaulle
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