Ebranlés par les révélations du journaliste américain Edward Jay Epstein sur l'affaire du Sofitel, les proches du principal intéressé, réunis au sein du club DSK, ont estimé dimanche 27 novembre que le parquet devait enquêter.
"Les nombreuses révélations d'un journaliste d'investigation indépendant, Edward Epstein dans le NYRB (New York Review of Books), viennent confirmer la possibilité d'un traquenard politique visant à espionner, voire à éliminer sciemment de la course (présidentielle), le principal concurrent du chef de l'Etat avec la complicité du parti majoritaire et d'un groupe international français (le groupe Accor, proporiétaire du Sofitel)!", écrit le Club DSK dans un communiqué.
"Le Parquet doit se saisir des éléments d'investigation pour se procurer les fadettes des communications téléphoniques et e-mails entre l'Elysée, l'UMP et New York le 14 mai 2011 où il semble avéré que des communications, d'abord démenties, puis reconnues, ont permis d'être au courant de l'affaire du Sofitel", ajoute ce club de partisans de l'ancien directeur général du FMI.
Il estime également que "le Parlement doit créer une commission parlementaire pour réaliser une enquête en toute transparence sur les différents élements connus à ce jour afin de contribuer à la manifestation de la vérité dans cette affaire du BlackBerry Gate !".
Dans son enquête, le journaliste américain avance que le téléphone BlackBerry de Dominique Strauss-Kahn aurait pu avoir été piraté. D'après "plusieurs sources proches de DSK", une "amie" travaillant à l'UMP aurait annoncé le matin même du 14 mai à l'ancien ministre qu'un courriel qu'il avait envoyé à son épouse Anne Sinclair avait été lu avant l'affaire du Sofitel dans les bureaux du parti du président Nicolas Sarkozy.
Le journaliste assure que ce fameux téléphone n'a d'ailleurs toujours pas été retrouvé que ce soit "par la police ou les détectives privés" embauchés par les avocats de DSK et qu'il a apparemment été désactivé au Sofitel.
L'un des avocats américains de M. Strauss-Kahn a aussitôt déclaré ne pas exclure que son client ait été victime d'une "entreprise délibérée visant à le détruire politiquement".
Faire bouillonner l'imagination du public en se contentant de suggérer les choses, c'est un exercice de style très délicat. C'est pourtant ce que nous propose le journaliste américain Edward Epstein, dans une enquête de l'affaire DSK/Diallo. Bienvenue dans un univers de suppositions et de questions.Un “possible piège” ? Un " Complot " ? ,.. Reste que rien ne l’obligeait à y tomber, tête et pantalon baissés.
Le journaliste américain ayant relancé les interrogations sur l'affaire DSK à New York a ajouté lundi à la confusion, affirmant ne pas avoir les images d'une "danse de joie" à l'hôtel Sofitel, qu'il s'était dit prêt à diffuser.Ces enregistrements de caméras de surveillance "font partie du dossier judiciaire", a déclaré Edward Epstein à l'AFP. "Si je les obtiens, dès que je les aurai, je les diffuserai, si j'ai l'autorisation de le faire", a-t-il précisé, avant d'ajouter : "si le groupe Accor (dont fait partie le Sofitel) ne s'y oppose pas". "Mais je ne les ai pas".
M. Epstein avait auparavant déclaré au site internet de Paris Match qu'il était prêt à diffuser ces enregistrements si ses sources l'y autorisaient, et il avait mentionné la date de mardi.
Dans une longue enquête publiée ce week-end dans le magazine New York Review of Books, le journaliste a affirmé que les caméras de surveillance du Sofitel montraient le 14 mai deux employés se tapant dans les mains et entamant une danse de trois minutes, deux minutes seulement après que la police eut été informée des accusations de Nafissatou Diallo contre Dominique Strauss-Kahn.
"Je n'ai aucune idée" de ce qu'ils fêtaient, a cependant précisé lundi le journaliste. "Comment pourrais-je le savoir, il n'y a pas de son".
Le Sofitel a affirmé que la séquence ne durait que huit secondes, que les deux hommes avaient été interrogés, et avaient exclu tout lien avec l'affaire Nafissatou Diallo. Selon France 2, ils fêtaient des résultats sportifs, une hypothèse également mentionnée lundi par le site internet américain Daily Beast.
Dans « Affaires DSK, la contre-enquête », de Michel Taubmann - son biographe - qui sort aujourd'hui aux éditions du Moment, l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) revient sur ce qui s'est passé dans la suite 2806 du Sofitel le 14 mai.... A la vue de DSK sortant nu de sa salle de bain, Nafissatou Diallo aurait été « surprise mais pas terrifiée », selon Michel Taubmann. « Elle le fixe droit dans les yeux, puis elle regarde ostensiblement son sexe », raconte l'auteur. DSK y aurait vu « une proposition » qui mènera à une relation « précipitée. » Un zizi charmeur ???
De son côté, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a nié dimanche tout "complot" contre Dominique Strauss-Kahn et dénoncé un "vrai fantasme". "J'ai lu l'article du journaliste américain [Edward Epstein]. Qu'est-ce qu'il remarque ? Que DSK a égaré son téléphone. Ce n'est pas parce qu'il a égaré son téléphone qu'il y a complot", a déclaré M. Guéant lors de l'émission "Le Grand Rendez-vous" d'Europe1, I-télé et Le Parisien.
La veille, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, avait jugé "la ficelle [du complot] très, très grosse". Interrogé par la presse en marge d'une réunion des cadres de l'UMP à Paris sur l'enquête d'un journaliste américain pointant des zones d'ombres dans cette affaire, M. Copé a répondu qu'on était "dans une espèce d'ambiance où se multiplient rumeurs et ragots". "Moi, s'il y a des faits avérés, s'il y a des preuves évidentes, il va de soi qu'on doit les uns et les autres en tirer les conséquences, mais tant que ce ne sont que des allégations, sur la base de témoignages anonymes dont on ne sait strictement rien, vous comprendrez alors que nous restions un peu plus réservés et surtout pas dupes", a-t-il ajouté."Tout cela est absolument ridicule. Moi je veux bien voir des preuves et des faits s'il en y en a (...) Aujourd'hui, on essaie de recoller des bouts d'éléments pour faire croire à cette thèse du complot qui n'a aucun sens", a-t-il ajouté un peu plus tard sur TF1.
"On n'est dupe de rien. Le petit numéro sur le complot à six mois de la présidentielle, on commence à nous le servir sur tous les sujets (...) Ce ne sont que des leurres pour faire diversion. Au rythme où ça va, je me demande si on ne devrait pas voir, pour le même prix, une certaine responsabilité de l'UMP dans l'assassinat de Kennedy, puisque ce journaliste est spécialiste de l'analyse du complot concernant [cet assassinat]", a-t-il ironisé.
L'avocat de Nafissatou Diallo, Douglas Wigdor : "Cette histoire n'aura aucun impact sur la procédure civile", a-t-il précisé dans un courriel.M. Wigdor s'est lui aussi rendu à Paris ces derniers jours, dans le cadre de la préparation du procès civil.Il y a notamment rencontré l'avocat de Tristane Banon, David Koubbi.
Il a de nouveau rejeté toute idée de complot."Vous imaginez possible de manipuler ma cliente et tous ces gens du Sofitel pour monter un piège ? Vous les voyez travailler tous pour Nicolas Sarkozy ou son parti ? Cela ne tient pas la route", a-t-il dit.
Une autre femme est recherchée par les avocats de Nafissatou Diallo. Dans la nuit du 13 au 14 mai, elle a été vue en compagnie de Dominique Strauss-Kahn à Manhattan. Selon Me Douglas Wigdor, elle apparaît sur les images des caméras de surveillance de l'hôtel vers une heure du matin. «On distingue d'abord une voiture, genre berline, qui s'arrête devant l'entrée de l'hôtel. DSK en descend le premier. Puis, après vingt, trente secondes, une femme sort à son tour. Blonde, la quarantaine, mince. DSK entre dans le lobby. Elle attend un peu puis suit le même chemin. Elle n'est pas à ses côtés lorsqu'il s'arrête au comptoir de la réception, mais ils prennent ensuite l'ascenseur», indique l'avocat, qui estime que le couple «voulait donner l'impression de ne pas être ensemble». Il n'y a pas de caméra au 28e étage où se trouve la suite 2806. Aux alentours de 3 heures du matin, selon la vidéo, la même femme quitte l'hôtel. Le procureur Cyrus Vance avait cherché à entrer en contact avec ce témoin qui avait refusé de donner suite.
Des informations, non confirmées, ont fait état d'une deuxième visite féminine cette nuit-là. Deux employées du Sofitel ont, elles, raconté à leur hiérarchie qu'elles avaient fait l'objet d'une «drague lourde» de la part du patron du FMI lors de son arrivée le vendredi. Ce dernier leur aurait proposé avec insistance de boire une coupe de champagne après leur service.
L'autre face de DSK ....
L'Hôtel Carlton de Lille, plaque tournante des parties fines organisées pour les notables de la ville .On découvre que cet incroyable «scandale de palace», qui éclabousse des notables lillois, des policiers et aussi... DSK, masque un réseau international de prostitution, des affaires de drogue et des trafics en tout genre.
Il y a trois jours, le patron du FMI s'est fait prendre la main dans le sac au Sofitel de New York. Alors le proxénète de 62 ans Dominique Alderweireld, dit Dodo la Saumure veut montrer qu'il «sait» que parmi ses clients il compte aussi des puissants. Ce qu'il ignore, en revanche, c'est qu'au moment précis où il fait le malin, au moment où il jure qu'il «a les flics et les magistrats dans la manche», brandissant la photocopie d'une décision de justice qui le blanchit, il est déjà dans le collimateur de la police. Autant que son ami René Kojfer, responsable des relations publiques de l'Hôtel Carlton, assis en face de lui.Une affaire qui aurait pu passer inaperçue si le maquereau et son comparse avaient accepté de «tomber» seuls. Mais non, le tandem Dodo-Kojfer emporte, dans sa chute, onze autres personnes. Parmi lesquelles des notables, un avocat, des policiers, des chefs d'entreprise, les dirigeants du Carlton... Le Tout-Lille aurait perdu la tête dans des parties fines avec des call-girls. Leurs terrains de jeu : des hôtels de luxe dans la capitale des Flandres, à Paris et à Washington.
Kojfer peut se targuer d'avoir du beau monde dans son carnet d'adresses : des notables, des policiers, des avocats, des élus, des dignitaires du Grand Orient de France...
Le démantèlement d'un réseau de prostitution opérant entre la Belgique, Lille, Paris et même Washington.
On ignore à ce stade qui est la balance, mais depuis les premières arrestations début octobre, le scandale a déjà conduit une demi-douzaine de notables locaux derrière les barreaux, provoqué la mise en examen d'une figure du barreau de la ville et celle du numéro trois de la police du département. Sans compter l'incarcération d'un proxénète et de trois de ses complices présumés en Belgique. Sans parler du flot de révélations tapageuses sur le client le plus célèbre du réseau : Dominique Strauss-Kahn tout juste rescapé d'une accusation de viol aux Etats-Unis.
M. Guéant, interrogé sur une rumeur selon laquelle DSK avait été surpris en décembre 2006 au Bois de Boulogne dans ce haut lieu de la prostitution, répond au JDD : "Oui, j'ai entendu parler de cette histoire au cours de laquelle monsieur Strauss-Kahn avait été contrôlé au bois de Boulogne par les fonctionnaires chargés de la surveillance de cet endroit lors d'un contrôle de routine."
"Il n'était pas tombé dans un guet-apens de la police ! Il n'était pas suivi. Ce n'est quand même pas la faute de la police s'il était là-bas ce soir-là !", ajoute le ministre qui relève qu'aucune procédure n'avait été engagée à l'époque contre DSK.
Dans cet entretien, Claude Guéant qualifie de "foutaises" et de "fantasmes" toute "théorie du complot" avec pour but de torpiller la candidature de DSK en 2012, que ce soit avec l'affaire du Sofitel de New York ou celle de proxénétisme du Carlton de Lille. "M. Strauss-Kahn n'était pas espionné par la police française ! C'est scandaleux de le prétendre aujourd'hui", déclare le ministre selon qui "on essaie de détourner le regard sur (...) l'essentiel dans cette histoire : y a-t-il eu des fautes pénales et civiles commises ?"
Claude Guéant exclut par ailleurs toute intervention de Paris auprès des autorités américaines en amont de l'arrestation de DSK à New York, expliquant l'avoir apprise "dans la nuit" avant de s'assurer "le lendemain matin", que Nicolas Sarkozy "avait bien été informé". "Imaginer que nous ayons pu appeler la justice américaine relève du fantasme pur et simple", dit-il
From : le Monde ,le Figaro, Libération,...