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Quelle est la rumeur ?
Envoyés massivement aux parents d'élèves, des SMS expliquent que la "théorie du genre" va être enseignée à l'école et appellent à défendre "l'avenir" des enfants, selon un texto reçu par une internaute, qui le partage sur Twitter, mardi 28 janvier

 

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France: la polémique sur la «théorie du genre» s'invite à l'Assemblée


Depuis vendredi, une centaine d'écoles françaises ont été perturbées par des absences d'élèves après un appel au boycott adressé aux parents pour protester contre un présumé enseignement d'une « théorie du genre » à l'école primaire qui apprendrait aux garçons à devenir des filles. Le ministre de l'Éducation Vincent Peillon a donc sommé ce mercredi les chefs d'établissements de convoquer les parents concernés. À l'Assemblée nationale, le débat fait rage.
Un nouvel enseignement apparu en septembre dernier dans un tiers des académies françaises – « Les ABCD de l’égalité » – provoque aujourd’hui l’inquiétude de parents d’élèves. L'idée est d'enseigner l'égalité entre les hommes et les femmes, entre les garçons et les filles. Mais certains y voient une tentative d'enseigner aux enfants qu'ils ne naissent pas fille ou garçon, mais qu'ils peuvent construire leur identité sexuelle. C'est ce qu'ils appellent la « théorie du genre ».

Des écoles françaises apprendraient donc aux garçons à devenir des filles. Cette folle rumeur, relayée selon le gouvernement par des mouvements proches de l'extrême droite, a alarmé des parents qui ont suivi un appel au boycott de l'école.

 

Ce mercredi, le ministre de l’Éducation Vincent Peillon a donc demandé à ce que ces parents soient convoqués par les directeurs des établissements concernés. « On les invite pour leur expliquer que ceux qui leur ont fait peur ont raconté n’importe quoi », précise le député socialiste Thierry Mandon.

« Il faut absolument aujourd’hui que nous soyons beaucoup plus fermes sur un certain nombre d’offensives de désinformation, de mensonges qui sont lancés sur les réseaux sociaux », affirme pour sa part le socialiste Régis Juanico.

Mais avant les réseaux sociaux, le débat a déjà lieu dans l’hémicyle. Et l’UMP Patrick Ollier n’en démord pas : la théorie du genre est bien enseignée aujourd’hui en France. « Ces programmes, qu’on le veuille ou pas, vont distiller des éléments de la théorie du genre. Ce débat est légitime. Monsieur Peillon peut raconter ce qu’il veut, ça ne convaincra pas les parents qui sont inquiets par rapport à ça, parce qu’il y a matière à être inquiet », assure le député des Hauts-de-Seine.

D’autres au contraire jugent que le débat n’est pas une priorité. « La théorie du genre est absurdité absolue. Il faut s’y opposer totalement. Cependant, ce n’est pas ce que les Français attendent aujourd’hui. Je crois que la gauche utilise un peu trop les questions de société. Il vaut mieux s’attaquer au chômage à la délinquance », considère le député UMP Gérald Darmanin. À droite, on redoute surtout que ce débat ouvre un boulevard à l’extrême droit à seulement deux mois des municipales.


 
La théorie du genre, qu’est-ce que c’est ?

C’est d’abord en anglais que le mot « genre » (« gender ») est apparu dans le champ des sciences sociales. C'étaient les années 1950. Des universitaires américains commençaient alors à s’intéresser aux transsexuels.

Le concept a ensuite été repris par des mouvements féministes faisant le distinguo entre le sexe d'une personne – notion purement anatomique – et son genre, son identité sexuelle que, selon eux, chacun se construit. Une idée véhiculée par Simone de Beauvoir et son célèbre « On ne nait pas femme, on le devient ». Les féministes entendaient ainsi démontrer que le sexe ne détermine pas la condition des femmes, leur avenir professionnel, leur place dans la société.

Mais avec les évolutions contemporaines – divorces, travail des femmes, acceptation de l'homosexualité –, une frange de la population a commencé à s'inquiéter. Des auteurs catholiques, soutenus plus tard par le pape Benoît XVI, ont alors fait émerger cette notion de « théorie du genre » pour dénoncer ce qu'ils percevaient comme une remise en cause de la nature des choses. Et pour beaucoup de Français, croyants ou non, l'adoption du mariage pour tous l'an dernier a été perçue comme une poussée de ce mode de pensée.

 

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C'est le dernier « coup » des opposants à la supposée « théorie » du genre : suivant les recommandations de Farida Belghoul, ancienne figure de la lutte des « Beurs » des années 1980, devenue proche du militant d'extrême droite Alain Soral, des dizaines de parents ont retiré, lundi 27 janvier, leurs enfants de l'école pour protester contre « l'enseignement obligatoire de la théorie du genre » dès la primaire.

Après des boycotts de parents, Peillon dément tout enseignement du « genre » à l'école

Une vaste opération d'intox, qui repose sur des fantasmes de plus en plus répandus.

 

Première intox : il existerait une « idéologie du gender » pour imposer de force « une société basée sur les orientations sexuelles qui deviennent le fondement du droit et de l'égalité »

 

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C'est la première escroquerie des anti-« gender » : ils postulent qu'il existe une « idéologie » du « gender », une sorte de théorie philosophique et politique, voire d'agenda précis qui serait suivi par les tenants de ce « courant », avec un but à atteindre.

Or, c'est tout simplement faux. Les anti ont réussi assez brillamment à amalgamer deux notions très différentes. Il y a d'un côté les « gender studies », issues des Etats-Unis, qui sont un paradigme universitaire : dans les années 1960 et 1970, plusieurs chercheurs ont étudié les raisons des inégalités hommes-femmes, dont ils ont fait un matériau d'études. En réalité, ces « gender studies » se traduisent par « études sur le genre », et sont donc une discipline universitaire, en aucun cas une idéologie ou une théorie politique. D'autant qu'au sein de ce courant universitaire les oppositions sont vives.

Lire : La « théorie du genre », ennemie de « l'ordre naturel »

D'un autre côté se trouve la politique de lutte contre les inégalités hommes-femmes que mène le gouvernement, et que menaient déjà ses prédécesseurs. Cette politique passe par une sensibilisation à la question des inégalités et des « rôles » sociaux de l'homme et de la femme, notamment à l'école.

Sur le fond, l'éducation nationale a peu à peu intégré des questions de société et une forme de sensibilisation, que ce soit à l'écologie, au racisme ou aux dangers des drogues. La nouveauté provient de l'intégration des questions de discrimination sexuelle et d'égalité homme-femme, avec les « ABCD de l'égalité ».

 

Deuxième intox : l'enseignement de la « théorie du genre » devient obligatoire

Ce climat d'hystérie autour des questions d'égalité hommes-femmes ou de lutte contre l'homophobie débouche sur des phénomènes assez dramatiques, comme cette vague de SMS appelant les parents à retirer leurs enfants des écoles un jour donné pour dénoncer cet « enseignement obligatoire » du « genre ».

Derrière ces rumeurs, on trouve l'extrême droite. Plus précisément, des militants proches de l'extrême droite qui ont monté un « jour de retrait de l'école », assurant que « l'Etat, sous couvert de lutter contre l'homophobie, introduit à notre insu la théorie du genre à l'école : homosexualité, bisexualité et transsexualité entrent dans tous les programmes scolaires ».

L'enseignement de l'égalité hommes-femmes est prévu par la loi depuis 1989 et l'article L. 121-1 du code de l'éducation : « Les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d'enseignement supérieur [...] contribuent à favoriser la mixité et l'égalité entre les hommes et les femmes, notamment en matière d'orientation. [...] Ils assurent une formation à la connaissance et au respect des droits de la personne ainsi qu'à la compréhension des situations concrètes qui y portent atteinte. [...] Les écoles, les collèges et les lycées assurent une mission d'information sur les violences et une éducation à la sexualité. »

 

La politique d'éducation à l'égalité entre hommes et femmes est d'ailleurs un objectif européen, puisque l'Union européenne a fait de l'égalité hommes-femmes un principe fondamental. Elle demande donc aux Etats membres de transcrire ce principe par des actions diverses, et notamment de sensibilisation à l'école. Le gouvernement a poursuivi cette politique en évoquant la lutte contre les « stéréotypes » sur les hommes et les femmes.

Il s'agit donc de quelques activités pédagogiques destinées à sensibiliser à la non-discrimination des homosexuels et à l'égalité entre les sexes. En aucun cas de l'enseignement d'une « théorie du genre ». De même, évoquer les « stéréotypes de genre » signifie expliquer aux enfants les clichés liés au genre, par exemple celui de la femme à la maison et cantonnée aux tâches ménagères. Il ne s'agit évidemment pas de « déguiser les petits garçons en filles », comme on le lit chez les anti-« gender ». La convention interministérielle de 2013 est d'ailleurs assez proche de celle qui avait cours depuis 2006, et qui n'était donc pas le fruit du travail du gouvernement actuel.

 

 

Troisième intox : un document distribué en primaire enseigne la « théorie du genre »

Pour mettre en place son programme de sensibilisation, l'Education nationale a distribué dix séquences pédagogiques, adaptables de la grande section de maternelle au CM2, expérimentés dans plus de 600 classes de 275 écoles.

Evidemment, pour les « anti-gender », ce document est un « cheval de Troie ». « Au nom de l'égalité, on veut traquer et chasser chez nos enfants, dès l'âge de 5 ans, tout comportement typiquement féminin ou masculin », dénonce Vigi Gender, le site qu'ils ont mis en place. Un tract de La Manif pour tous fustigeait « cette vision idéologique, dans la droite ligne des concepts gender. Elle revient à nier notre réalité biologique et culturelle et à déconstruire les repères élémentaires de nos enfants. Sous couvert de lutte pour l'égalité, c'est l'indifférenciation entre garçons et filles qui se profile ! ».

Il suffit pourtant de lire le site de l'ABCD, et particulièrement les outils pédagogiques mis à disposition des enseignants, pour constater qu'il n'y a pas là de quoi hurler au scandale – à moins de considérer que l'égalité entre femmes et hommes n'a pas sa place à l'école. Les activités proposées pour combattre les stéréotypes consistent en leur déconstruction : il n'y a pas des sports de filles et des sports de garçon, analyses d'œuvres d'art qui illustrent les différences de mode au travers des époques, etc.

 

 Quatrième intox : la masturbation serait encouragée dès la maternelle

C'est l'un des derniers angles d'attaque des contempteurs de la supposée « théorie du genre » : l'Organisation mondiale de la santé (OMS) enjoindrait aux écoles et crèches d'« encourager la masturbation enfantine ». Pis, le document serait « un abrégé de corruption de mineurs inspiré par la théorie du genre ».

Ce rapport a été rédigé, à partir de 2008, par une vingtaine d'experts sous l'égide du ministère de la santé et de la politique sociale espagnol et du bureau européen de l'OMS. Il a été publié il y a plus de trois ans… mais n'a été popularisé que ces dernières semaines à la faveur de sa traduction en français par une institution suisse.


Selon ce document, l'éducation sexuelle informelle n'est pas suffisante pour garantir un niveau satisfaisant de santé sexuelle et ce afin que les individus puissent se « comporter en connaissance de cause, non seulement envers eux-mêmes, mais aussi envers la société ». Il rappelle l'état des connaissances sur le développement de la sexualité aux différents âges de l'enfant et appelle, justement, à différencier les discours à ses différents stades du développement :

« Lorsque l'on parle de comportements sexuels des enfants et des jeunes, il est primordial de garder à l'esprit que la sexualité des enfants est différente de celle des adultes et qu'il est faux d'analyser les comportements sexuels des enfants et des jeunes du point de vue de la sexualité des adultes. Les adultes donnent une signification sexuelle à certains comportements sur la base de leurs expériences d'adultes et trouvent parfois difficile de voir les choses du point de vue des enfants. Or, il est essentiel d'adopter ce point de vue. »Aussi dressent-ils une liste de « standards » pour « promouvoir la santé sexuelle et à développer ou adapter des programmes d'éducation sexuelle à différents niveaux de développement et de formation ». Dans ce document de 70 pages, il y a six occurrences du terme « masturbation ». Il n'est à aucun moment question « d'encourager » les enfants à se masturber. En revanche, les auteurs du rapport rappellent qu'une forme d'autosexualité existe dès le plus jeune âge et qu'il conviendrait d'en informer les enfants qui en font la demande.

Rappelons enfin que dans sa version en vigueur depuis 2004, le code de l'éducation indique qu'« une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d'au moins trois séances annuelles et par groupes d'âge homogènes ».


Cinquième intox : le gouvernement voudrait interdire l'enseignement à domicile


Hystérie, approximations, alerte permanente au « totalitarisme » et à la « dictature », les « anti-gender » instaurent un climat dans lequel il est difficile de distinguer le vrai au milieu des outrances. Dernier cas en date : la prétendue volonté du gouvernement d'interdire l'enseignement à domicile. « La théorie du gender sera imposée à tous, quitte à interdire l'école à la maison », pouvait-on lire sur des sites proches du mouvement. L'information s'est évidemment très vite répandue.

Or, ici encore, on est dans la confusion complète et savamment entretenue. Les « anti » ne précisent en général jamais que le texte dont ils parlent n'est pas un projet de loi, mais une proposition. En clair, il n'émane pas du gouvernement, mais des parlementaires. Et, en l'espèce, il ne vient pas de parlementaires de gauche supposés vendus au « gender », mais des sénateurs UMP Hugues Portelli, Christian Cambon, Jacques Gautier, Hélène Masson-Maret, Michel Houel, Colette Mélot et Louis Pinton.

Leur idée est de limiter les possibilités d'enseignement à domicile pour éviter « une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux ». Ils demandent qu'une scolarisation à domicile soit validée par un médecin agréé qui reconnaisse de réelles difficultés pour l'enfant à être scolarisé.

Cette proposition n'est donc pas une mesure que le gouvernement s'apprêterait à prendre : il s'agit d'une initiative parlementaire, issue des rangs de l'opposition de droite au Sénat, et qui n'a que peu de chances de devenir réalité dans l'immédiat.

 

 

 

Cinq intox sur la « théorie du genre »


A l'origine de cette campagne massive : un collectif nommé Journée de retrait de l'école (JRE), qui entend protéger "la pudeur et l'intégrité de nos enfants" en les retirant de l'école une journée par mois, sans prévenir l'établissement. Dans son viseur : le programme ABCD de l'égalité des ministères des Droits des femmes et de l'Education nationale, en test dans 10 académies et qui vise les jeunes de 3 à 15 ans.

La consigne est détaillée sur le site de JRE : "Vous justifierez l'absence de votre enfant le lendemain, par le motif suivant : journée de retrait de l'école pour l'interdiction de la théorie du genre dans tous les établissements scolaires." Le message semble avoir été entendu, après sa diffusion via différentes antennes locales de l'organisation. Dans l'Oise par exemple, certaines écoles ont enregistré un taux d'absentéisme de 10 à 60%, lundi, selon les établissements, rapporte Le Parisien.

 

Rumeur n°1 : l'école va enseigner la "théorie du genre"
Ce que dit la rumeur. Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, "sur les traces de son prédécesseur Luc Chatel", voudrait "généraliser et officialiser l'enseignement de la 'théorie du genre' dans les écoles publiques et privées sous contrat à partir de la rentrée 2014".

Son origine. Le vocabulaire "théorie du genre" était déjà employé par les opposants les plus radicaux au mariage pour tous, Alliance Vita et Manif pour tous en tête. Ces collectifs ont transformé les "études sur le genre" (recherches interdisciplinaires qui tendent à démontrer que le sexe biologique ne suffit pas à faire un homme ou une femme et que les normes sociales y contribuent) en "théorie du genre", une idéologie qui viserait à nier toute différenciation sexuelle. Idéologie qu'il faudrait par conséquent combattre.

Sur la même ligne, l'Observatoire de la théorie du genre affirme que le programme ABCD de l’égalité est une "porte ouverte sur la théorie du genre à l’école", et estime que "les activités prévues par le programme ABCD tendent donc à empiéter sur le renforcement des savoirs fondamentaux".

Ceux qui relaient la rumeur. Le JRE, à l'origine de la campagne de "retrait de l'école" martèle son opposition à la "théorie du genre". A sa tête, Farida Belghoul, qui fut une figure de la "deuxième génération" de l’immigration, dans les années 1980. Son visage est devenu public après la Marche pour l'égalité ou Marche des Beurs, en 1983. Ecrivaine et cinéaste, elle a rejoint en 2013 le mouvement Egalité et réconciliation d'Alain Soral, essayiste et polémiste proche de Dieudonné. Elle marchait à Paris, dimanche, lors du "jour de colère". La militante a décidé de ne plus s'habiller que "selon sa nature première", c'est-à-dire de ne plus porter que des robes, rapporte Rue89.

Dans l'ABCD de l'égalité. Le programme, destiné à lutter contre les inégalités entre filles et garçons, de la maternelle au collège, met à la disposition des enseignants des outils pédagogiques, afin qu'eux-mêmes évitent de faire appel à des stéréotypes de genre dans leur enseignement. Ils sont incités, par exemple, à "expliquer que Juliette peut devenir pompier et Arnaud infirmier", résume Europe1. Ils ne sont pas pour autant censés interdire à Antoine de vouloir devenir pompier.

 

Rumeur n°2 : "éducation sexuelle" et "masturbation" dès la maternelle
Ce que dit la rumeur. Selon des SMS reçus par des parents d'élèves et rapportés par Ouest France, "dans les écoles, des cours d’éducation sexuelle et de masturbation" sont dispensés dès la maternelle.

Son origine. Un texte publié en 2010, intitulé Standards pour l’éducation sexuelle. Le rapport est cosigné par le Centre fédéral allemand pour l’éducation à la santé (BZgA), le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et un collège d'experts internationaux. Son objectif est de "donner aux enfants et aux jeunes une éducation adéquate en matière de sexualité" pour lutter contre les MST, IST, violences sexuelles et grossesses non désirées, souligne Libération, qui y consacre un article.

Ceux qui la relaient. On retrouve ce rapport cité sur le site d'Alain Soral, ainsi que sur Boulevard Voltaire, de Robert Ménard, et sur d'autres sites proches de l'extrême droite.

Dans l'ABCD de l'égalité. Le ministère de l'Education n'a jamais fait référence à ce rapport, qui n'a aucune valeur dans l'Hexagone. Aucune mention n'est d'ailleurs faite de la sexualité dans les modules du programme ABCD, élaboré par les ministères des Droits des femmes et de l'Education nationale et consultable en ligne.

 

Rumeur n°3 : l'homosexualité abordée à la maternelle
Ce que dit la rumeur. "L'homosexualité abordée dans les programmes scolaires dès la maternelle", titre le média communautaire Islam & info. Des parents s'interrogent aussi à ce sujet sur la page Facebook de francetv info.

Son origine. Des esprits échauffés et l'imprécision du terme "école". Car l'homosexualité apparaît bien dans un programme : celui de sciences de la vie et de la terre (SVT), en classe de première L et ES. A la rentrée 2011, les lycéens ont découvert la question du genre et de l'orientation sexuelle dans un chapitre intitulé "Devenir homme ou femme". A l'époque, des députés UMP ont d'ailleurs demandé au ministre de l'Education de Nicolas Sarkozy, Luc Chatel, de retirer ces manuels scolaires.

Avant cela, Le Baiser de la Lune, de Sébastien Watel, court-métrage mettant en scène des poissons mâles amoureux, destiné aux classes de CM1 et CM2, avait choqué le Collectif pour l'enfant, qui milite contre l'homoparentalité, racontait L'Express en 2010. Plus récemment, c'est le film Tomboy, de Céline Sciamma, montré à certaines classes de cycle 3 (CE2, CM1, CM2), dont celle de notre instituteur blogueur, qui a irrité les intégristes.

Dans l'ABCD de l'égalité. Pas un mot de plus sur l'homosexualité que sur la sexualité. Dans les dix académies qui testent déjà le projet éducatif, "on fait des colonnes 'métiers de filles' et 'métiers de garçons'", raconte Le Parisien, plutôt que de se demander "c'est quoi être homosexuel".

 

 

Rumeur n°4 : pénis et vagins en peluche à l'école
Ce que dit la rumeur. "Les parents parlent de peluches en forme de pénis et de vagin qui seraient présentées aux enfants pour distinguer les genres", écrit L'Est républicain.

Son origine (probable). Une boîte pédagogique surnommée Sex-Box, qui a choqué les conservateurs suisses, en 2011. Elle contient un pénis en bois et en peluche et un vagin, en peluche aussi, destinés à intégrer les programmes d'éducation sexuelle de la ville de Bâle. Mais là encore, pas à l'école maternelle, ni primaire. "Cette boîte contient du matériel d’enseignement pour le secondaire. Mais elle a été présentée [par un journal] comme étant prévue pour l’école enfantine et ça a choqué", explique Gabriela Fuchs, responsable de communication de la Conférence des directeurs de l’instruction publique, au Matin.ch.

Dans l'ABCD de l'égalité. Aucune peluche à connotation sexuelle n'est mentionnée. D'ailleurs, il n'est pas prévu d'aborder la sexualité dans l'ABCD de l'égalité.

 

 

Rumeur n°5 : le gouvernement veut interdire l'enseignement à domicile
Ce que dit la rumeur. "La théorie du 'gender' sera imposée à tous, quitte à interdire l'école à la maison", écrit prorussia.tv.

Ceux qui la relaient. La rumeur est reprise sur Le Salon beige, blog proche de l'extrême droite et de la frange "ultra" des catholiques.

Son origine. Une proposition de loi signée par des sénateurs UMP, selon LeMonde.fr. Leur volonté est de "limiter les possibilités d'enseignement à domicile", précise le site du quotidien, pour éviter "une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux".

Dans l'ABCD de l'égalité. L'idée n'étant qu'à l'état de proposition, elle n'apparaît bien entendu nulle part dans les projets de l'Education nationale

 

 

 

From : le Monde,......

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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