Selon un sondage Ifop à paraître dimanche dans le JDD, 76% des Français ne croient aux chances de survie du PS.
A la question posée par l’Ifop sur le risque d’éclatement du Parti socialiste d’ici 2017, ils répondent oui à 76%. Plus incroyable encore 64% des sympathisants socialistes jugent cette éventualité probable.
Le pronostic d’une mort du PS tel qu’il existe depuis sa renaissance à Epinay sous la houlette de François Mitterrand est écrasant. Voilà qui devrait faire réfléchir les camarades socialistes réunis jusqu’à dimanche à La Rochelle où ils entendront le discours de Manuel Valls dans un climat de grande confusion. "Le PS d’Epinay est en voie d’implosion. Jamais le risque d'éclatement n’a été aussi grand dans un parti qui a connu de nombreuses secousses depuis les tensions Mitterrand/Rocard, le choc de 2002 après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle et la fraude au congrès de Reims", rappelle Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.
UMP, PS, FN... Les partis n’ont plus la cote
Par ailleurs, toujours interrogés par l’Ifop pour le JDD, les Français sont sans surprise très sévères avec leurs partis politiques. Seuls 37% les jugent "utiles", 24% estiment qu’ils peuvent réformer, mais ils sont seulement 17% à penser qu’ils sont adaptés à la situation actuelle du pays et 14% à l’écoute des attentes des Français. L’impuissance et la déconnexion restent donc bien les deux mots qui caractérisent les partis politiques de l’Hexagone.
Interrogés sur la cote des partis (PS, UMP et FN), les réponses des Français sont globalement peu variables. Certes, l’UMP s’en tire le mieux (31% de bonnes opinion mais 67% de mauvaises opinions). Mais sa mauvaise cote n’est pas si éloignée de celle du FN (25) et du PS (24). Les partis n’ont plus la cote. On remarquera quand même que le FN de Marine Le Pen, qui sort d’une victoire aux européennes, devance le PS qui est au pouvoir
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A la veille de l'université d'été PS à La Rochelle, qui s'annonce houleuse après le changement de gouvernement, 200 députés du parti et son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis sortent du silence pour demander aux "frondeurs" de rentrer dans le rang, un appel qui a peu de chances d'être entendu.
Alors que nombre d'élus et de militants s'avouent désorientés par la crise que vient de traverser l'exécutif, M. Cambadélis prévient qu'il s'opposera à des débats au PS qui auraient "pour but de renverser le gouvernement".
"Je me porte garant des débats, mais je ne saurais accepter qu?ils aient pour but de renverser le gouvernement", affirme M. Cambadélis dans une interview au Monde daté de vendredi, jour où s'ouvre l'Université d'été.
Comme on lui demande si le gouvernement a toujours une majorité à l'Assemblée pour faire voter ses réformes, le député de Paris répond : "Les socialistes et la gauche sont condamnés à surmonter leurs divergences. Qui peut, socialiste, arriver à souhaiter que le gouvernement tombe ? Les conséquences seraient incalculables".
"La gauche a toujours eu deux cultures : celle de la réforme et celle de la contestation", selon le patron du PS. "Elles doivent dialoguer, mais ne pas s?affronter car, sinon, nous allons tous nous marginaliser", insiste-t-il.
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Quelques députés, qui ne sont pas étiquetés "frondeurs", n'ont pas signé non plus l'appel.
Le mouvement «Cohérence socialiste» fait dix propositions à l'occasion de l'université d'été du PS.
C'est le cas de quatre députés d'une nouvelle sensibilité "Cohérences socialistes" Yann Galut, Alexis Bachelay, Karine Berger, et la rapporteure générale au budget Valérie Rabault, qui se veulent "des sociaux-démocrates à équidistance des frondeurs et de Manuel Valls".
"Avec le remaniement, on bascule dans le social-libéralisme qui n'est pas le centre de gravité du PS. On a beaucoup d'interrogations et on attend une clarification de Manuel Valls dimanche à La Rochelle", souligne Yann Galut. "On a toujours voté les textes jusqu'à présent, pour l'avenir je dis: on verra", prévient-il.
Tout en se disant d'accord sur le fond avec la tribune des 200 députés, l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault ne l'a pas signé non plus, préférant se réserver pour une "expression personnelle sur la France et l'Europe.
C'est la génération montante du Parti socialiste. Leur objectif est de présenter une motion lorsque le PS organisera son congrès. En attendant, les quatre députés du mouvement «Cohérence socialiste» avancent leurs propositions.
À l'occasion d'une conférence de presse organisée en marge de l'université d'été de La Rochelle, les parlementaires présentent dix propositions «pour faire avancer la réflexion collective.» Certaines devraient faire du bruit.
Ainsi, en pleine crise gouvernementale, ces députés veulent ni plus ni moins que «la suppression de la fonction de premier ministre pour mettre fin au caractère bancal et illisible du couple exécutif.» Interrogé par Le Scan, Yann Galut détaille: «Le président de la République au dessus de la mêlée et le premier ministre au front, ça n'existe plus. Le chef de l'État doit accepter d'être en première ligne.»
Au Parlement, ils optent pour une «réduction du nombre de députés à 400 et de sénateurs à 100.» «Franchement, 577 députés (le nombre actuel de députés, ndlr) c'est un nombre trop important. On préfère avoir moins de députés mais renforcer les moyens de nos équipes, pas notre indemnité bien sûr. Il faut un vrai cabinet pour les députés, comme en Allemagne», précise Yann Galut.
Le mouvement souhaite une «dose de proportionnelle pour les députés et la modification du mode d'élection des sénateurs.»
Ils comptent également aller plus loin dans l'interdiction du cumul des mandats en limitant le cumul dans le temps.
Yann Galut, Valérie Rabault, Alexis Bachelay et Karine Berger plaident enfin pour l'adhésion automatique aux syndicats «pour répondre à la crise de la représentativité.»
Ce n'est pas la première fois que ce jeune mouvement fait parler de lui. Lors de son lancement, les élus s'étaient déclarés favorables à l'organisation d'une primaire socialiste pour 2017.
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Frondeurs toujours déterminés -
Même appel au "rassemblement" des 203 députés PS qui, dans une tribune publiée par Le Monde, demandent aux parlementaires dits "frondeurs" d'être "pleinement responsables de l'intérêt général de la gauche et du pays".
"Le cap de la politique économique a été fixé, et nous l'assumons (...) On ne peut redonner confiance à un pays qui doute par des coups de volant brusques et répétitifs", écrivent les signataires, dont le président de l'Assemblée Claude Bartolone et celui du groupe socialiste Bruno Le Roux.
Le texte, qui juge que "le débat entre godillots et déloyaux n'a pas sens", s'en prend directement aux "frondeurs", un groupe d'une quarantaine de députés qui n'ont pas voté la confiance au Premier ministre sur le pacte de responsabilité en avril et se sont abstenus sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale en juillet.
"Le problème n'est pas qu'il y ait des désaccords, il en a déjà existé (...) Le problème réside dans la permanence d'une défiance a priori à l'égard de l'exécutif, qui a conduit une mobilisation de socialistes contre d'autres socialistes ou allant jusqu'à mobiliser d'autres groupes pour faire battre le gouvernement", jugent-ils.
L'idée de cette tribune "est née fin juillet quand on entendait surtout les frondeurs alors qu'à chacun des votes ils étaient extrêmement minoritaires", explique le député Philippe Doucet. "Il était important que l'immense majorité du groupe socialiste puisse s'exprimer", ajoute-t-il.
Du côté des contestataires, Jean-Marc Germain assimile cette tribune à un "aveu de faiblesse". "200 députés, c'est maigre", souligne-t-il alors que le PS en compte 290. "Cessons cet autoritarisme stérile, laissons les débats se tenir sans pistolet sur la tempe".
Les "frondeurs" ont d'autant plus l'intention de continuer à se faire entendre qu'ils n'ont guère apprécié l'arrivée de l'ancien banquier Emmanuel Macron à Bercy et l'ode aux entreprises de Manuel Valls devant le Medef, mercredi.
La Rochelle, le 30 aout
Trois jours après la déclaration d'amour de Manuel Valls aux patrons du Medef (édition abonnés) et en pleine université d'été du Parti socialiste à La Rochelle, les frondeurs sont bien décidés à peser sur le débat. Samedi 30 août, ces députés et élus PS contestataires dont certains se sont abstenus sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en juillet ont officialisé leur collectif « Vive la gauche » devant 300 à 400 personnes dans un amphithéâtre de la faculté de lettres.
Dans un texte que s'est procuré Le Monde et qui a été rendu public lors de cette réunion, Christian Paul, Laurent Baumel ou encore Jérôme Guedj, s'alarment de l'état de la France en rappelant le résultat des élections européennes qui ont vu le Front national arriver en tête :
« La durée et la profondeur de la récession minent le quotidien des Français et la confiance en un destin collectif. Privées d'une amélioration de leurs conditions de vie, les classes populaires et moyennes ont exprimé leur colère. Le vote majoritaire d'un sombre dimanche en faveur de l'extrême droite a été le révélateur insupportable d'une société sous tension. »
UNE ÉVOLUTION DES INSTITUTIONS
Tout en critiquant le premier ministre (« Les applaudissements du Medef ne seront jamais le critère de notre réussite »), les signataires proposent un « un plan d'urgence alliant un soutien ciblé aux entreprises, du pouvoir d'achat supplémentaire pour les familles et un maintien des capacités d'investissement local ».
Ces socialistes, dont certains avaient déjà signé l'appel des 100 au printemps, demandent également une évolution des institutions :
« Contre l'épuisement démocratique et la colère qui s'expriment, nous devons dépasser les institutions asphyxiantes de cette Ve République corsetée. Pour permettre à la gauche de rassembler durablement une majorité sociale et politique, nous devons changer les modes de représentation et de délibération de notre pays et les adapter aux temps présents. »
Au milieu du public, Christiane Taubira, ministre de la justice reconduite dans le nouveau gouvernement malgré son positionnement proche de celui d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, a suscité la curiosité.
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Angela Merkel, la chancelière allemande, a accueilli avec scepticisme le nouveau gouvernement français, dans l'attente de "véritables réformes structurelles". Suscitant une réaction outrée à La Rochelle de la part du premier secrétaire du PS.
L'Allemagne, sujet de discorde entre les socialistes français? Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a tonné ce vendredi depuis la tribune de l'université d'été du PS à La Rochelle que la France n'était "pas un Land allemand", et a déploré la façon "dont nous parle" l'Allemagne "depuis 48 heures". En cause, les divergences de vues entre les deux pays sur le rythme de réduction des déficits à tenir et des réformes structurelles à mener.
"Je crois que nos deux nations ne peuvent pas avancer ensemble s'il n'y a pas du respect entre ces deux nations. Nous sommes une grande nation qui fait des efforts pour nous rassembler. Nous ne sommes pas un Länder (Land, au singulier en allemand) allemand", a lancé Jean-Christophe Cambadélis.
Face au scepticisme d'Angela Merkel
Le Premier ministre Manuel Valls a refusé mercredi un "face-à-face absurde avec l'Allemagne", tout en demandant d'adapter le rythme de réduction des dépenses publiques. Mais la chancelière Angela Merkel a renouvelé mercredi soir son appel à de "véritables réformes structurelles en France", sans plus de commentaires sur le nouveau gouvernement français, lors d'une interview publique organisée par le magazine Cicero. "En France, il s'agit de savoir si l'on fait de véritables réformes structurelles. Cela, le président français aussi l'avait annoncé", a déclaré Angela Merkel.
Appel du pied au SPD
"On ne peut pas parler à la France comme on nous a parlé depuis 48 heures. Je te remercie d'être venu nous parler le vrai langage de l'Allemagne", a affirmé Jean-Christophe Cambadélis en s'adressant à Martin Schulz, membre du SPD, qui fut le candidat des sociaux-démocrates lors des élections européennes. "Il y a entre le SPD et Mme (Angela) Merkel une grande différence. Le SPD nous tend la main, Mme Merkel nous fait la leçon". Mais le président du Parlement européen s'est absenté de la salle peu après ces propos
From : Libération , JDD ,le Quotidien ,le Monde ,l'Express,.........
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