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Nicolas Sarkozy peut-il se réconcilier avec les Français ?

From : FranceTVInfo

S'il a trouvé, avec François Hollande, plus mal aimé que lui, l'ancien président continue de provoquer des réactions épidermiques chez une partie des Français.

Francetv info a interrogé des sondeurs sur le sujet.

Nicolas Sarkozy a finalement annoncé sur sa page Facebook, vendredi 19 septembre, son retour en politique, deux ans après sa défaite à l'élection présidentielle. Il devrait s'exprimer, dimanche soir, au journal de 20 heures de France 2. Alors que son successeur François Hollande atteint des records d'impopularité (13% d'opinions favorables, selon le baromètre Ipsos-Le Point), le moment peut sembler idéal pour revenir dans le rôle de l'homme providentiel.

Pourtant, avant François Hollande, c'est Nicolas Sarkozy qui s'est trouvé, pendant une partie de son quinquennat, dans la position du président historiquement impopulaire (il était tombé à 29% d'opinions favorables, selon le baromètre Ipsos-Le Point). Il espère sans doute que ses deux ans en retrait du jeu politique ont adouci son image de personnalité qui ne laisse pas indifférent. Francetv info a interrogé des sondeurs pour savoir si Nicolas Sarkozy pouvait réellement se réconcilier avec une opinion publique qui l'a, parfois, malmené.

Non, il est resté trop présent pour faire oublier son image

Officiellement, Nicolas Sarkozy revient après deux ans où il s'est éloigné de la vie politique. Mais en réalité, Nicolas Sarkozy n'a, pour les sondeurs, jamais été suffisamment loin. "Il n’a pas recouru à une vraie stratégie de silence médiatique, comme l’a fait, par exemple, Martine Aubry [après sa défaite contre François Hollande à la primaire socialiste, en 2011]" explique Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l'institut de sondage Ifop. "Avec ses 'cartes postales', il n’a jamais vraiment quitté les Français."

Certes, il n'a accordé aucune interview avant son apparition télévisée du 2 juillet, lorsqu'il s'est défendu après sa mise en examen. Mais ses déplacements partout en France ces deux dernières années – les fameuses cartes postales, toujours sous un prétexte non politique (un concert de Carla Bruni, l'invitation d'un élu...) – étaient justement destinés à ne pas se faire oublier des électeurs. Il n'a pas non plus été complètement muet dans les médias, comme le rappelle notre diaporama.

Résultat : pour Frédéric Dabi, "les enquêtes qualitatives montrent que son image a très peu changé." Emmanuel Rivière, directeur de l'unité Stratégies d'opinion de TNS Sofres, nuance ce constat. "Le rejet de Sarkozy aujourd'hui est moins vif. Depuis deux ans, il est moins visible, et ne cristallise plus autant la colère des Français." Si sa cote reste, naturellement, très basse à gauche, elle a connu, dans l'opinion en général, une embellie. "On pouvait parler de décrispation, d'une relative reconquête, y compris au centre." Depuis quelques mois, cependant, elle est repartie à la baisse. En septembre, le nombre de sondés souhaitant qu'il ait un avenir en politique est descendu de 4 points, à 30%, ce qui le place tout de même devant tous les ténors de sa famille politique, à l'exception d'Alain Juppé.

Non, les affaires ont donné une autre raison de ne pas l'aimer

La stratégie de relative discrétion de l'ancien président s'est heurtée à un problème : les affaires judiciaires qui se sont accumulées sur son passage, en particulier sa mise en examen pour corruption et trafic d'influence le 2 juillet. C'est à cela qu'Emmanuel Rivière attribue la dégradation de sa popularité dans les sondages.

Vendredi 19 septembre, le jour de son retour, une enquête Harris Interactive pour la chaîne LCP affirmait que 65% des personnes interrogées voyaient d'un mauvais œil le retour de Nicolas Sarkozy en politique. Selon l'institut de sondage, elles citaient en priorité, et souvent spontanément, "les affaires" pour justifier leur opinion. Et le spectre de la justice ne devrait pas lâcher Sarkozy de sitôt, estime Emmanuel Rivière : s'il prend la tête de l'UMP, "les affaires du parti deviennent les siennes, notamment Bygmalion".

Non, les Français ne sont pas intéressés par son duel avec Hollande

Parfois chahuté par l'opinion pendant sa présidence, Nicolas Sarkozy semble avoir un atout : son successeur, François Hollande, bat tous les records d'impopularité. En 2012, le candidat socialiste avait construit son image de "président normal" en opposition avec celle de Nicolas Sarkozy. Pour Emmanuel Rivière, "les sentiments très négatifs, notamment à gauche" contre ce dernier ont encouragé le vote utile, dans le but de "chasser Sarkozy", plus que d'élire Hollande. Sans être affirmatif, le sondeur de TNS Sofres estime que le contraste peut servir Nicolas Sarkozy : "Peut-être que, là où l'on regrettait l’aspect conflictuel de Sarkozy, on se dit maintenant que sa poigne manque au nouveau président de la République."

Mais ce duel importe-t-il vraiment aux Français ? "Pour la majorité d'entre eux, ce n'est pas le temps de la comparaison entre les personnalités pour 2017", estime Frédéric Dabi. Pour lui, Sarkozy ne gagnera pas en popularité sur le dos de Hollande, pas plus que les socialistes ne surferont sur un retour de l'anti-sarkozisme comme l'espérait le socialiste Jean-Marie Le Guen sur LCP. Les Français ont des problèmes plus urgents, et les deux tiers (64%) affirmaient qu'ils n'étaient "pas intéressés" par le retour de l'ancien président, dans un sondage diffusé le 16 septembre pour LCI.

Oui... si l'on parle des sympathisants UMP

Pour Nicolas Sarkozy, l'objectif annoncé est de prendre la tête de sa "famille politique". Et chez les sympathisants UMP, sa popularité est au beau fixe. Au dernier baromètre TNS Sofres, 76% d'entre eux veulent le voir jouer un rôle important à l'avenir. Un sentiment qui est justement lié à son image très clivante. "Son impopularité dans l'opinion a toujours été un moteur de sa forte popularité à l'UMP", analyse Emmanuel Rivière.

C'est seulement ensuite que Nicolas Sarkozy devra montrer qu'il peut ratisser large en 2017. Pour Frédéric Dabi, il part avec un désavantage sur un de ses rivaux, Alain Juppé : "Les sympathisants UMP veulent avant tout gagner la présidentielle. A la primaire, ils choisiront le mieux placé pour le faire. Et aujourd'hui, le plus à même de rassembler toute la droite et les Français, c'est Alain Juppé."

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Nicolas Sarkozy, un candidat menacé par les « affaires »

Rarement prétendant à l’élection présidentielle n’aura été à ce point menacé par les « affaires ». Toutefois, si le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans une dizaine de procédures judiciaires, toutes ne présentent pas pour lui le même degré de dangerosité. Par ailleurs, certains dossiers portent sur des faits remontant à la période antérieure à son accession à l’Elysée, en 2007, d’autres sont liés à son quinquennat, les dernières affaires étant postérieures à sa défaite, au mois de mai 2012.


Il en est ainsi de l’affaire Azibert : de toutes les procédures dans lesquelles il est impliqué, il s’agit de la plus inquiétante pour Nicolas Sarkozy, la seule dans laquelle il soit pour l’heure poursuivi. Il est en effet mis en examen depuis le 1er juillet pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel », au même titre que son avocat et ami Thierry Herzog, pour avoir tenté d’obtenir des renseignements confidentiels ainsi qu’une décision favorable de la cour de cassation, saisie du dossier Bettencourt. Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir utilisé les services d’un « informateur » de haut rang au sein de la juridiction suprême, l’avocat général Gilbert Azibert, à qui ils auraient en échange promis un poste à Monaco.

Autre menace potentielle : le dossier Air Cocaïne. En marge de son enquête sur un trafic de stupéfiants entre la France et la République Dominicaine...

Pour l'ex-président, la route sera pavée d'embûches. Politiques, mais aussi judiciaires : mis en examen pour corruption et trafic d'influence, Nicolas Sarkozy apparaît aussi dans de nombreux dossiers qui sont autant d'épées de Damoclès pour lui.

Corruption en marge de l'affaire Bettencourt

Le dossier Bettencourt est comme le sparadrap du capitaine Haddock pour Nicolas Sarkozy. S'il a bénéficié d'un non-lieu dans le volet financier de l'affaire (contrairement à son ex-trésorier de campagne pour 2007 Eric Woerth, qui sera jugé en janvier prochain), c'est tout de même ce dossier qui lui vaut sa mise en examen pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel.

A-t-il tenté d'obtenir des informations sur la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt auprès d'un magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, en échange de la promesse d'une intervention en faveur de celui-ci pour un poste doré à Monaco ? Les juges Patricia Simon et Claire Thépaut – les "deux dames", comme il les a surnommées – le soupçonnent au regard de conversations surprises entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog, lui aussi mis en examen.

Ces discussions ont été captées dans le cadre du placement sur écoutes de l'ex-président, décidé dans l'enquête sur des accusations de financement de sa campagne 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi (voir plus bas). Au final, l'ex-président n'a pas obtenu gain de cause de la cour de cassation, ni Gilbert Azibert le poste qu'il convoitait, ce qui n'empêche pas que le délit de corruption soit constitué selon le code pénal (ce que Nicolas Sarkozy avait fait mine d'ignorer). L'enquête des "deux dames" le dira. Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue puis mis en examen.

Soupçons de financement de la campagne 2007 par Kadhafi

Des juges du pôle financier enquêtent depuis avril 2013 sur les accusations de financement de la campagne de 2007 portées par l'intermédiaire Ziad Takieddine. L'homme d'affaires franco-libanais avait affirmé détenir les preuves d'un financement par la Libye de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, sans toutefois les fournir.

Les interrogations dataient de l'interpellation directe de Nicolas Sarkozy par Saif al islam Kadhafi, le fils du Guide suprême, en 2011. Parmi les ex-dignitaires libyens, certains ont confirmé ce financement, sans fournir d'élément matériel, d'autres ont démenti. Cette semaine encore, un cousin de Mouammar Kadhafi et ex-dignitaire du régime, Ahmed Kadhaf al-Dam, évoque "des dizaines de millions d'euros" distribués à Nicolas Sarkozy "en plusieurs versements à partir de 2005-2006".

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a déposé plainte pour faux contre Mediapart, qui avait publié une note semblant accréditer ce financement en pleine présidentielle de 2012. Une autre enquête est ouverte à ce sujet.

L'affaire Bygmalion et la campagne de 2012

Trois juges d’instruction, dont Renaud Van Ruymbeke et Serge Tournaire, sont chargés d'une information judiciaire pour faux et usage de faux, abus de confiance, tentative d’escroquerie et complicité et recel de ces délits dans le dossier Bygmalion. Les magistrats vont se pencher sur les 22 millions d’euros versés par l’UMP à la société de communication lors de la campagne présidentielle de 2012. D’après des cadres de Bygmalion, cette somme a servi à financer des meetings de Nicolas Sarkozy. Grâce à des fausses factures, près de 17 millions auraient ainsi été dissimulés à la Commission nationale des comptes de campagnes, permettant au camp Sarkozy d'exploser le plafond de dépenses autorisé. Le candidat le savait-il ?

La manœuvre a de toute façon échoué : les dépenses de l'ancien président ont excédé de 466.118 euros le plafond autorisé, ont jugé la Commission des comptes de campagne puis le Conseil constitutionnel. Les deux instances ont en effet réintégré dans le compte de campagne du candidat des dépenses que Nicolas Sarkozy avait dit effectuer en tant que président, pour des meetings notamment. Une enquête pour détournement de fonds publics a été ouverte en octobre 2013 par le parquet de Paris sur le financement d'un meeting à Toulon fin 2011.

Ce dépassement du plafond avait privé Nicolas Sarkozy du remboursement de l'Etat, obligeant l'UMP à régler une facture de 11 millions. Le parti avait alors lancé un Sarkothon, mettant à contribution ses militants jusqu'à réunir la somme nécessaire (environ 400.000 euros) pour combler le trou. Une enquête est également ouverte, cette fois pour abus de confiance, sur la prise en charge par l'UMP de ces pénalités.

Arbitrage Tapie

Trois juges d'instruction enquêtent sur la décision prise fin 2007 par l'ex-ministre de l'Économie Christine Lagarde, actuelle directrice générale du Fonds monétaire international, de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux opposant depuis 1993 l'homme d'affaires Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas.

Les magistrats soupçonnent que cet arbitrage, ayant abouti en juillet 2008 à une sentence accordant 403 millions d'euros à Bernard Tapie, n'ait été qu'un "simulacre" organisé avec l'aval de l'Elysée.

Nicolas Sarkozy a rencontré au moins six fois Bernard Tapie en 2007, avant son élection, et à 12 reprises une fois installé à l'Élysée, entre le 15 juin 2007 et le 21 novembre 2010. Claude Guéant, son ex-bras droit, a été placé en garde à vue dans le dossier.

Cinq personnes sont mises en examen pour "escroquerie en bande organisée", dont Bernard Tapie, et l'ex-directeur de cabinet du ministère de l'Economie, Stéphane Richard, devenu patron d'Orange. Christine Lagarde est elle mise en examen pour "négligences".

Les sondages de l'Elysée

Nicolas Sarkozy est également indirectement visé par l'information judiciaire ouverte dans l'affaire des sondages de l'Elysée. Le juge d'instruction Serge Tournaire enquête sur les conditions d'attribution des enquêtes commandées par l'Elysée de 2007 à 2012.

L'association Anticor, qui a déposé plusieurs plaintes à l'origine de l'enquête, pointe notamment la convention conclue en 2007 entre l'Elysée et Publifact, société de Patrick Buisson qui était alors conseiller de Nicolas Sarkozy. Les règles de mise en concurrence prévues dans l'attribution de marchés publics pourraient ne pas avoir été appliquées, ce qui rendrait possible des poursuites pour détournement de fonds publics.

From : le Monde , FranceTVInfo , NouvelObs,..........

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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