Publicité

Les chefs d’entreprise ont de moins en moins le moral.

Les patrons français recommencent à broyer du noir et cela ne fait pas l’affaire du gouvernement. L’indice de confiance des chefs d’entreprise, interrogés par l’Insee au mois d’août, a chuté de 2 points et se retrouve à 91 points. C’est en-dessous de la moyenne de longue période qui est de 100 et surtout, cet indicateur marque un retour aux niveaux d’août 2013.

Ce mercredi, Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’Economie , a déclaré vouloir « restaurer la confiance que nos partenaires, les investisseurs et l’étranger, doivent avoir dans notre pays et de restaurer aussi la confiance que les Français doivent avoir en eux-mêmes ». Cela devient urgent. Car le recul de la confiance est perceptible dans tous les secteurs. C’est toutefois dans le commerce de détail que le repli est le plus fort et dans le bâtiment que la perte de confiance est la plus inquiétante. Dans la construction, les chefs d’entreprise sont particulièrement pessimistes, puisque l’indice ressort à seulement 89 points. Il faut dire que les mises en chantier ont de nouveau chuté de 13,3 % entre mai et juillet.

Vers « un troisième trimestre de croissance nulle »

Pour les économistes de BNP Paribas, « après la croissance nulle décevante du deuxième trimestre, il n’y a pas plus de perspectives de reprise au troisième trimestre ». Selon eux, « un troisième trimestre de croissance nulle se profile en France ». Or, pour atteindre la prévision du gouvernement, c’est à dire 0,5 % de croissance cette année, il faut que le PIB progresse de 0,25 % au cours des deux trimestres restant. Il est donc possible que le gouvernement soit encore trop optimiste.

D’autant qu’une autre statistique publiée ce mercredi matin incite à la prudence. Les patrons de l’industrie manufacturière ne sont plus prêts à investir plus. Alors qu’ils prévoyaient d’augmenter de 4 % les investissements cette année en avril dernier, interrogés ce mois-ci, les chefs d’entreprises indiquent vouloir les accroître de seulement 1 %. « Cette révision à la baisse concerne l’ensemble des grands secteurs sauf celui des équipements électriques, électroniques, informatiques, machines », souligne l’Insee. Là encore, le manque de confiance mais aussi de demande, tant en France qu’à l’étranger, explique ce retournement de tendance.

Après l’industrie, le commerce détruit aussi des emplois


Les repreneurs de La Redoute ont prévu un plan social comportant la suppression de 1 178 postes en quatre ans.
Mauvaise nouvelle pour l’économie française. Un des derniers moteurs de l’emploi est en train de caler à son tour : le commerce. C’est ce que montre une étude publiée lundi 20 octobre par le cabinet Trendeo. Depuis deux trimestres, ce secteur longtemps porteur a commencé à détruire des emplois, indique la société française, qui relève dans la presse toutes les annonces de création et de suppression de postes.

Pour le moment, le nombre net d’emplois disparus demeure minime, de l’ordre de 250 en six mois. Mais la rupture avec la période précédente se révèle spectaculaire. « Depuis 2009, le commerce était en effet le premier créateur d’emplois, avec un solde positif de 89 000 postes », relève David Cousquer, le fondateur de Trendeo. La fin de cette période constitue donc un « phénomène significatif et inquiétant », ajoute M. Cousquer.

Le mouvement est engagé depuis 2010. De trimestre en trimestre, les créations d’emplois se font plus rares, tandis que la courbe des suppressions monte régulièrement.

Une évolution à relier à la crise, qui pèse de plus en plus sur le pouvoir d’achat des Français. Pour éviter de perdre trop de clients, les enseignes de la grande distribution se sont lancées depuis deux ans dans une guerre des prix. Elle comprime leurs marges. Un contexte qui ne les incite pas à embaucher massivement.

RÉDUIRE LA VOILURE

De nombreuses sociétés intervenant dans le négoce et la distribution au sens large ont dû réduire la voilure. En 2013, Descours & Cabaud, un négociant lyonnais en produits pour le BTP et l’industrie, a ainsi allégé son effectif d’environ 400 personnes. Les repreneurs de La Redoute, ancienne filiale de Kering (ex-PPR), ont prévu de leur côté un plan social comportant la suppression de 1 178 postes en quatre ans.

Autre exemple : Coop Alsace. Il y a quelques années, ce groupe d’hypermarchés, de supermarchés et de supérettes comptait plus de 4 000 salariés. Depuis, il a cédé de nombreux actifs. Cela n’a pas suffi. Henri Ancel, son PDG, a annoncé vendredi 17 octobre qu’il allait déposer, lundi devant la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg, le bilan de l’entreprise, qui n’emploie plus que 150 personnes.

Ces difficultés du commerce sont d’autant plus problématiques que les autres secteurs sont pour la plupart déjà à la peine. « L’industrie ne repart toujours pas, même si elle souffre moins que par le passé », note M. Cousquer.

Jeudi 16 octobre, le laboratoire allemand Fresenius Kabi a encore annoncé la suppression de 338 emplois sur 461 dans son usine de La Châtre (Indre), en raison de l’arrêt de la production de poches de sang.

Ces neuf derniers mois, Trendeo a recensé 153 fermetures d’usine dans le pays, pour 119 ouvertures. Au total, 1 512 usines ont été fermées depuis le début de la crise en 2009, compensées seulement à 60 % par la création de nouveaux sites.

MAUVAIS ANNÉE POUR LES BANQUES

Et ce marasme de l’industrie est de moins en moins compensé par le dynamisme des services. La banque, en particulier, pourrait connaître sa plus mauvaise année depuis 2009. « Il n’y a guère que les secteurs du logiciel et des conseils et services spécialisés qui continuent à afficher un dynamisme tel que les créations d’emplois y dépassent nettement les suppressions », souligne le responsable de Trendeo.

Sa conclusion n’est guère optimiste. La croissance qui permettrait d’effacer les lourdes pertes de la période 2008-2009 n’est toujours pas présente. « Au rythme actuel, plusieurs années seront nécessaires à l’inversion de la courbe du chômage », estime M. Cousquer. Loin, très loin de l’objectif affiché par François Hollande durant sa campagne électorale

***********************

"Je demande qu'on réoriente la politique économique (...) (Il faut) emprunter le bon chemin dans les deux ans qui viennent" faute de quoi la gauche va "échouer", lance-t-elle dimanche 19 octobre en direction du chef de l'Etat, qui l'a battue lors des primaires de 2011 pour la présidentielle. "Je ne me résigne pas (...) à la victoire de la droite en 2017", lâche-t-elle encore.

La maire PS de Lille était déjà sortie du bois ces derniers mois en s'insurgeant contre la réforme territoriale et l'abandon de l'encadrement des loyers mais elle semble être passée à la vitesse supérieure.

Elle a d'ailleurs lancé une deuxième salve en publiant dans la nuit sur internet sa contribution aux Etats généraux du PS, où elle plaide pour "une nouvelle social-démocratie", un projet qui n'est, insiste-t-elle, "ni le libéralisme économique, ni le social-libéralisme".

Réquisitoire

Un texte signé à ce stade par 34 responsables socialistes: des frondeurs comme Jean-Marc Germain et Christian Paul, des présidents de région (Jacques Auxiette, François Bonneau, Marie-Guite Dufay et René Souchon), les ex-ministres François Lamy et Philippe Martin, des présidents de conseils généraux (Matthieu Klein, André Vezinhet) mais aussi des députés non étiquetés "frondeurs".

Dans le JDD, si elle admet que l'exécutif a accompli quelques "bonnes choses" -elle cite en une petite phrase "le retour de la France sur la scène internationale, les moyens complémentaires donnés à la police, à la justice, à l'éducation, la retraite à 60 ans pour les longues carrière"- , tout le reste de l'interview est un réquisitoire contre l'action du tandem Hollande-Valls.

Nous avions prévu qu'à mi-mandat, la croissance serait revenue, le chômage en repli et les déficits réduits en deçà de 3 %. Ce n'est pas le cas. Il nous faut trouver au plus vite le bon réglage des politiques économiques qui permettra de sortir la France de la crise",

assène-t-elle à la veille du vote en première lecture de la partie recettes du budget 2015.

Des critiques sur le fond de la politique menée: "regardons la vérité en face. La politique menée depuis deux ans, en France, comme presque partout ailleurs en Europe, s'est faite au détriment de la croissance" ou encore "Il n'y a pas d'un côté les sérieux et de l'autre les laxistes. Mais je demande une inflexion de la politique entre la réduction des déficits et la croissance".

Mais aussi sur la gouvernance Hollande : il faut "refaire de la politique", "donner la destination du voyage" car "on n'a pas fixé le cap", déplore celle qui, en privé, ne perd jamais une occasion d'étriller le chef de l'Etat.

"Plus on sera nombreux à le dire à gauche, plus on aura une chance d'être entendus"

Surtout, si ses amitiés avec certains "frondeurs" -un qualificatif qu'elle rejette- étaient connues, Martine Aubry franchit un pas supplémentaire en disant pour la première fois publiquement "partager leurs propositions" économiques et "regrette" au passage "que le Parlement n'ait pas pu en discuter" dans le cadre du Pacte de responsabilité et de solidarité.

"J'espère que la prise de conscience sera là, que le débat aura lieu. En tout cas, plus on sera nombreux à le dire à gauche -élus nationaux ou locaux, mais aussi dans la société civile- plus on aura une chance d'être entendus", lance-t-elle en guise d'avertissement. A l'unisson de ces frondeurs, elle juge d'ailleurs que "20 milliards d'euros peuvent et doivent être libérés sur les 41 mds d'euros" d'aides aux entreprises.

Tenante d'une "nouvelle social-démocratie", l'ex-ministre des Affaires sociales du gouvernement Jospin propose de "mieux cibler les aides aux entreprises sur celles qui sont exposées à la concurrence internationale et sur celles qui investissent et embauchent", un "plan de soutien à la croissance qui touche les ménages et les collectivités locales" ainsi qu'une "fusion" du CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi) avec le crédit d'impôt recherche.


Non aux "vieilles recettes libérales"

Elle juge aussi qu'une grande réforme fiscale "est plus que jamais nécessaire pour réconcilier les Français avec l'impôt" et surtout "préférable à des mesures au fil de l'eau, aux allers-retours sur les mesures fiscales, aux baisses des prestations familiales ou au gel des retraites qui inquiètent les Français en situation difficile". Seul à échapper à ses piques assassines, le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, dont elle salue l'initiative "salutaire" des Etats généraux.

"Il faut en finir avec les vieilles recettes libérales. Ne perdons pas notre temps dans des débats du passé sans cesse remis sur la table par le Medef : le repos dominical, c'était il y a un siècle, l'assurance-chômage, soixante ans, les lois Auroux et les seuils sociaux, trente ans, les 35 heures, seize ans", ajoute-t-elle en visant autant le gouvernement Valls que le patronat.

Une façon de se poser très clairement en recours à gauche. Pourtant, promis juré, elle n'est "candidate" à rien d'autre qu'au "débat d'idées".

From : NouvelObs,.le Monde,..........

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :