Nicolas Sarkozy, dont la campagne pour la présidence de l'UMP débute officiellement jeudi, est pressé de clarifier sa position sur la primaire de 2016 que ses rivaux le soupçonnent de vouloir escamoter pour briguer l'Elysée à la Bonaparte.
L'ancien président se serait, selon ses proches, résigné au principe d'une primaire à droite pour la présidentielle de 2017 après l'avoir longtemps désapprouvée, mais rien n'atteste de cette conversion depuis sa déclaration de candidature.
Et dans le "chamboule-tout" qu'il promet à l'UMP après l'élection du 29 novembre, ses principaux concurrents pour 2017, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, redoutent que cette procédure, certes en contradiction avec la tradition gaulliste du "chef", ne disparaisse corps et biens.
Si la primaire était abandonnée, "ce serait un point de conflit dur", prévient Alain Juppé mardi dans Sud Ouest.
Les nouveaux statuts de l'UMP, nés du conflit de l'automne 2012 entre Jean-François Copé et François Fillon, prévoient à l'article 34 l'organisation d'une "primaire ouverte à l'ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la République".
Il est indiqué qu'un parti politique autre que l'UMP qui en ferait la demande peut y prendre part "après accord du Bureau politique". Ces nouvelles règles ont été validées à près de 93% en juin 2013 par les militants UMP.
LA PRIMAIRE, LA CHANCE DE JUPPÉ
Depuis son entrée en lice, Nicolas Sarkozy esquive la question. Pas un mot dans sa déclaration publiée sur Facebook et cette réponse évasive - "Je n'ai pas besoin de rassurer Alain Juppé" - dimanche soir sur France 2.
Pourtant, par une confidence au Journal du Dimanche, l'ancien président a relancé les spéculations sur ses intentions réelles : "Si je réussis cette nouvelle formation, ils (Juppé et Fillon) ne pourront plus me rattraper". En clair, plus besoin de départager les prétendants à la présidentielle.
"L'article 34 implique, comme pour la primaire du PS en 2011, que tout électeur peut venir voter. Avec cette procédure, Alain Juppé bat Nicolas Sarkozy", estime le politologue Thomas Guénolé.
"Si ce dernier reprend maintenant l'UMP, c'est parce qu'il s'agit de sa dernière fenêtre de tir pour essayer de faire sauter l'article", ajoute-t-il.
Une source proche de la direction de l'UMP envisage une autre stratégie : "Sarkozy va faire croire que la primaire aura lieu mais il fera tout, avec son ouverture au centre, pour que les sondages l'imposent aux autres, jusqu'à rendre la primaire inutile. Donc il n'y aura pas de primaire si tout se passe bien pour lui."
En octobre 2011, la "primaire citoyenne" du Parti socialiste avait réuni près de 2,7 millions de votants au premier tour et 2,9 millions au second tour.
"Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire les primaires tout seul, ça ne marchera pas. Si le but est de faire voter les 175.000 militants de l'UMP, ce n'est pas la peine, ils l'auront fait en décembre prochain", déclare Alain Juppé dans Sud Ouest.
SARKOZY "NE LÂCHERA PAS" LA PRIMAIRE
Le maire de Bordeaux, candidat déclaré à la primaire avec François Fillon et Xavier Bertrand, souhaite ouvrir le scrutin à l'UDI et au MoDem afin d'éviter une dispersion des candidatures qui "pourrait entraîner un deuxième tour entre le candidat socialiste et Marine Le Pen".
"Je sais très bien que beaucoup de militants de l'UMP ne comprennent pas que je souhaite travailler avec le MoDem, car ils ont toujours en travers de la gorge la prise de position de Bayrou au moment de l'élection présidentielle", souligne Alain Juppé. Le président du MoDem s'était prononcé pour François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012.
"Oui, il a fait une erreur. Mais, aujourd'hui, sa position à l'égard du pouvoir socialiste est claire", assure Alain Juppé.
Claude Guéant, fidèle de Nicolas Sarkozy, est sceptique.
"Je pense que les militants de l'UMP auront quand même un regard attentif sur ce que sont des primaires ouvertes, ils n'ont pas envie que le candidat de l'UMP soit désigné par les socialistes", a-t-il dit lundi sur BFM TV.
Face à ces déclarations lourdes d'ambiguïtés, les soutiens de l'ancien président jouent l'apaisement ou la distance.
"Il m'a garanti qu'il ne lâcherait pas les primaires", a déclaré sur BFM TV Nathalie Kosciusko-Morizet, qui milite pour sa part pour des primaires ouvertes au-delà du centre.
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Le spécialiste des dépenses publiques, le député René Dosière, s'est penché sur les dépense de l'Elysée. Selon son analyse, le coût moyen des déplacements de François Hollande en France en 2013 était trois fois inférieur à ceux de Nicolas Sarkozy en 2011.
Comparant 2011, dernière année pleine du quinquennat de Nicolas Sarkozy et 2013, première année pleine du mandat de François Hollande, M. Dosière a expliqué « que le budget de l'Elysée a diminué de 8,6% à 101,1 millions d'euros ».
Le poste déplacements a décru de 19% à 14,7 millions, grâce notamment à « une réduction de la taille des délégations, l'utilisation de modes de transport plus économiques (train, voiture, avion plus modeste) et des prestations plus modestes en matière d'hébergement, de restauration, de réception ».
"Hollande applique à l'Elysée les économies qu... par BFMTV
« En France, François Hollande a effectué 56 déplacements pour un coût de 2,3 millions, soit un coût moyen de 41 000 euros par déplacement. En 2011, les 77 déplacements de Nicolas Sarkozy avaient coûté 9,7 millions, soit 126 000 euros par déplacement », écrit le député de l'Aisne dans son étude.
A l'étranger, la différence est plus modeste: 293 000 euros pour un voyage de François Hollande contre 320 000 pour Nicolas Sarkozy.
- 26 % sur les dépenses de fonctionnement
Poste budgétaire le plus important de l'Elysée, la masse salariale a fléchi de 1,7%, du fait d'une diminution des effectifs de 5% (de 882 à 836 personnes).
Enfin, les dépenses de fonctionnement ont baissé de 26% à 14,7 millions, en raison notamment d'un recours accru à la mise en concurrence à travers les marchés publics, une réduction du parc automobile ou encore la suppression de tout sondage (« deux millions d'euros par an sous Sarkozy », selon M. Dosière).
Les dépenses florales réduites de moitié
Le poste « fleurs » a fondu de moitié (de 200 000 à 100 000 euros). Il atteignait entre 400 000 et 500 000 euros du temps de Jacques Chirac, selon le député de l'Aisne.
Pour 2015, le budget de l'Elysée est prévu en légère baisse à 100 millions d'euros (101,67 millions programmés en 2014). Le budget effectivement réalisé, souvent inférieur au budget prévu, devrait passer sous la barre symbolique des 100 millions.
La fin des économies ?
A l'avenir, le député socialiste s'est déclaré « pas sûr qu'on puisse encore faire des réductions de dépenses très fortes, à l'exception peut-être d'économies de personnels ».
La Cour des comptes avait souligné en juillet dans son rapport annuel sur la gestion financière de l'Elysée que des efforts avaient été accomplis, mais que des progrès étaient encore possibles, notamment dans le domaine des achats.
M. Dosière a préconisé enfin la publication intégrale des comptes de l'Elysée sur son site internet, à l'exemple de ce que fait maintenant l'Assemblée nationale.
From : YahooActualites,
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