UMP : « Pas de chèque en blanc » pour Sarkozy
Dix ans après sa première élection à la présidence de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), Nicolas Sarkozy est revenu, samedi 29 novembre, aux manettes du parti. L’objectif reste le même : transformer l’appareil partisan en une machine de guerre électorale pour conquérir l’Elysée. La stratégie aussi : comme en 2004, il se pose en rassembleur du principal parti de droite. Mais son score est différent : il est près de 20 points inférieur à celui qu’il avait obtenu (64,5 % contre 85 %).
La victoire est là, mais on est loin du plébiscite espéré un temps par les sarkozystes. Le principal enseignement : l’ancien chef de l’Etat n’a pas tué le match à droite dans la course pour 2017. Sa petite victoire ne lui permet pas d’écraser la concurrence dans la nouvelle campagne qui débute, celle de la primaire de 2016 pour la présidentielle. M. Sarkozy n’a pas réussi à obtenir un score soviétique et à s’imposer comme le candidat naturel de son camp pour la présidentielle, comme cela avait été le cas il y a dix ans. Résultat : celui qui s’imagine comme le chef incontesté de son camp n’a pas les pleins pouvoirs. Le successeur de Jean-François Copé va devoir composer avec ses rivaux.
Et d’abord avec Bruno Le Maire, qui est l’autre gagnant du scrutin interne. En obtenant plus 29,18 %, le député de l’Eure a réussi son pari : il a émergé en portant le thème du « renouveau ». Il a montré qu’il faudrait désormais compter avec lui à droite. M. Le Maire, qui entend « garder [sa] liberté » pourrait profiter de la dynamique pour se déclarer candidat à la primaire. En attendant, Nicolas Sarkozy a déjà prévenu de s’entretenir avec lui lundi matin, comme avec les autres responsables du parti.
Ses trois rivaux déclarés pour la primaire ont montré samedi soir qu’ils n’entendaient pas mettre un genou à terre devant lui. Et comptaient bien le contraindre à participer à une primaire ouverte et transparente en 2016. Principal rival de M. Sarkozy, Alain Juppé lui a adressé ses « félicitations très amicales », sans oublier de préciser : « A lui maintenant de redonner à l’UMP l’élan qu’elle attend, et pour cela il faudra rassembler. » « Qu’il apaise, car il y a eu des tensions incontestables », a poursuivi le maire de Bordeaux. « Ce n’est pas dans le conflit interne que l’on peut faire évoluer les choses. C’est à lui de prendre l’initiative », a-t-il insisté, en mettant en avant ses propres revendications : « Je suis prêt à l’aider dans la ligne que j’ai indiquée, un large rassemblement de la droite et du centre. » Sujet de clivage entre les deux favoris pour 2017.
« L’union n’est pas soumission.
Le résultat obtenu par M. Sarkozy ne lui donne « pas de chèque en blanc », a résumé le député, Benoist Apparu, qui soutient M. Juppé, dimanche sur France Info.
A son tour, François Fillon a montré qu’il ne se soumettrait pas à celui qui a été élu président de l’UMP et continuerait à faire entendre sa « différence ». Dans un communiqué très offensif, l’ancien premier ministre a félicité « le nouveau président » de sa formation politique, sans citer son nom. « Je prends acte du choix des adhérents et j’invite au respect de toutes les opinions exprimées lors de cette élection », écrit-il, avant de lâcher : « L’union n’est pas soumission. Un grand parti moderne accepte la différence. » Quant à Xavier Bertrand, il n’a même pas félicité le vainqueur. Cet autre candidat à la primaire a simplement constaté que « les militants ont choisi Nicolas Sarkozy pour présider l’UMP ». En revanche, il a « salué le score élevé de Bruno Le Maire, qui confirme la demande de renouveau de nos militants ».
M. Sarkozy ne fait plus l’unanimité au sein de son propre camp depuis sa défaite à la présidentielle, à l’issue d’une campagne marquée par des dérives droitières. Beaucoup de parlementaires ne sont plus prêts à le suivre comme c’était le cas en 2004. « Quand un général est sûr de vous amener la victoire mais que vous ne l’aimez pas trop, vous suivez sans broncher. Mais quand vous avez des doutes sur ses capacités et que vous ne l’aimez pas trop, vous décrochez », analyse un député UMP, qui a pris ses distances avec l’ancien président de la République. Sa campagne brouillonne n’a pas été de nature à rassurer les élus sceptiques…
Mariton (UMP) : «Pas de culte du chef à l'UMP». Les résultats prouvent qu'il n'y a «pas d'évidence à l'UMP, pas de culte du chef», estime Hervé Mariton sur BFMTV, candidat malheureux aux urnes, samedi, avec 6,32 %. «J'ai dépensé dix à 20 fois moins d'argent que mes concurrents pour ma campagne», explique-t-il.
Apparu (UMP) : «Pas de chèque en blanc à Sarkozy». Le député-maire de Châlons-en-Champagne (Marne), Benoist Apparu, dit, sur France Info, attendre «du nouveau président de l'UMP qu'il soit dans un esprit de rassemblement» et assure qu'il n'y a «pas de chèque en blanc à Sarkozy». «On se réjouit tous d'avoir un résultat très équilibré», poursuit-il. Pour 2017, il veut «défendre la candidature d'Alain Juppé, quelqu'un qui va essayer de guider l'électorat plutôt que de le suivre».
Battu à l'élection de la présidence de l'UMP avec le score plus qu'honorable de 29,18 % des voix, Bruno Le Maire, 45 ans, fait désormais partie des personnalités incontournables de son parti, après une campagne jugée "réussie" par ses pairs.
Au gré d'une campagne tous azimuts, Bruno Le Maire, parfait germanophone et surdiplômé - agrégation de lettres modernes, Sciences Po, ENA - a su, avec 95 meetings au compteur, casser son image de technocrate un peu froid, accentuée par une silhouette élancée, les cheveux poivre-et-sel et les yeux bleus. "Il faut du sang neuf à l'UMP" Troquant ses costumes cravate pour le jean et le col roulé, l'autoproclamé "candidat du renouveau", qui fut le plus jeune directeur de cabinet d'un Premier ministre, en l'occurrence Dominique de Villepin, a aimé descendre de l'estrade à chacune de ses réunions publiques pour se mêler à un public conquis, micro à la main, se prêtant sans chichis au jeu des questions-réponses. "Il faut du sang neuf à l'UMP. On en a plus qu'assez des histoires qui salissent notre parti.
Avec lui, on repartira du bon pied. Finies les magouilles !", s'est ainsi exclamée Colette, une quinquagénaire à Nîmes, où il a tenu meeting le 30 octobre devant environ 500 personnes. Une belle assurance La foi en son destin l'aura accompagné jusqu'au bout. "Je pense qu'il y aura une belle surprise en faveur du renouveau", a-t-il encore fait remarquer ce samedi, quelques heures avant l'annonce des résultats. Tout au long de la campagne, il aura montré une belle assurance. Sarkozy ? "Même pas peur", semblait lui lancer son ex-ministre des Affaires européennes et de l'Agriculture, élu député de l'Eure en 2007, après avoir refusé le poste d'ambassadeur à Rome que Jacques Chirac lui proposait. "Je suis libre" "J'irai jusqu'au bout, je n'ai rien à perdre, je suis libre", a-t-il répété, un rien bravache, égratignant à chacun de ses meetings, tout en restant courtois, l'ancien président.
Devant les militants anti-mariage gay de "Sens commun", il a résisté aux huées et aux sifflets, persistant à dire qu'il faut garder la loi Taubira quand Nicolas Sarkozy finissait par prononcer le mot "abrogation", donnant l'impression de plier sous la pression de la salle. Ascension dans les sondages Cette détermination explique probablement en partie son ascension dans les sondages - selon un sondage BVA, sa cote d'influence vient même de dépasser celle de Nicolas Sarkozy, à 67 % contre 65 %, auprès des sympathisants de droite.
"Invertébré", "cynique"... Quand Marine Le Pen étrille Sarkozy
Depuis son Congrès à Lyon, la patronne du FN a évoqué le retour de l'ex-président : "Ce film-là, je l'ai déjà vu, je connais la fin."
Pour Marine le Pen et ses amis, réunis en congrès à Lyon, "Sarko" ne fait plus peur. Certes il a été élu président de l'UMP ce samedi soir, et elle à nouveau présidente du FN ce week-end. Un match pourra alors (re)commencer en vue de 2017. Mais l'ex chef de l'Etat a raté son come-back auprès des Français, tranche un proche de la présidente, résumant l'état d'esprit dans les rangs frontistes :
Je pensais qu'il ferait un retour du feu de Dieu mais là…"
Même son de cloche du vice-président Florian Philippot : "Juppé a été sifflé mais c'est Sarkozy qui est hué dans le cœur des Français".
"Entre moi et le centre, Sarkozy a assez peu d'espace"
La patronne du FN, qui avait un moment cru que les affaires judiciaires empêcheraient le retour de l'ancien président, tranche catégorique :
Ce qu'il dit n'imprime pas. Ce n'est pas intéressant, on passe devant sa télé, il est en bruit de fond et on se dit : ce film-là, je l'ai déjà vu, je connais la fin."
Sur le fond, elle juge l'ancien président "brouillon" et d'un "culot inouï" : "Faire campagne sur les référendums me sidère, il faut être cynique. Il a empêché le référendum en Grèce, supprimer le recours aux référendums pour les élargissements, s'est assis sur les résultats du référendum de 2005. C'est un invertébré ! Auparavant, il avait soit le corset de Cécilia, soit celui de Guaino ou Buisson pour tenir droit. Quand il ne les a plus, il s'effondre". N'en jetez plus !
Philippot (FN) : Sarkozy est «démasqué». «Tout ça pour ça !», réagit Florian Philippot sur France Inter. «Un retour orchestré depuis deux ans et demi, avec une accélération de la campagne», des «meetings» et des interventions dans les médias «pour être moins bien élu qu'en 2004», «c'est un score tout à fait décevant». «Ça signifie qu'il est démaqué, ses outrances, ses mensonges, ses enfumages sont démasqués», poursuit-il, prédisant à l'UMP «une guerre des chefs assez sanglante». Quels mensonges ? «Il multiplie les meetings, disant qu'il veut renouer le contact avec les Français par les référendums», alors qu'il a été «le seul président de la République à ne faire aucun référendum» et le seul à «annuler les résultats d'un référendum» [celui sur la constitution européenne, en 2005, ndlr]. «Il y a beaucoup de mensonges chez Sarkozy», insiste-t-il.
Alain Juppé et François Fillon travaillant de concert avec Nicolas Sarkozy pour construire un nouvel UMP?
«Ça m'étonnerait», répondait le député Edouard Philippe, proche du maire de Bordeaux dimanche sur BFM TV. Le bras droit d'Alain Juppé, Gilles Boyer à lui aussi écarté cette idée et critiqué le principe même d'un comité» d'ancien premiers ministres: «Le Bureau Politique élu, dont les anciens PM sont membres de droit, est la seule instance de gouvernance légitime». Le probable adversaire de Nicolas Sarkozy en vue d'une primaire en 2016 n'entend pas se laisser reléguer au second plan dans un comité «d'anciens». Pour l'heure, seul Dominique de Villepin a fait part de son intérêt pour l'offre de Nicolas Sarkozy.
Nouveau coup dur ce lundi matin, c'est le camp Fillon qui laisse entendre qu'il ne rejoindra pas «le comité». Selon RTL l'entourage de l'ancien premier ministre craint également le piège: «Il nous présente un comité des vieux sages pour en faire le comité des vieux cons». Un autre ajoute: «Il décroche Dominique de Villepin de son croc de boucher pour nous tendre un piège, ironise un filloniste. On n'est pas obligé de foncer dedans».
Selon RTL, Nicolas Sarkozy aurait également tenté d'intégrer le président UMP du Sénat Gérard Larcher, ainsi que le nouveau président de l'association des maires de France, François Baroin, sans parvenir à soulever leur enthousiasme. Quoi qu'il advienne du projet, l'enjeu essentiel pour le camp de l'ancien président est d'en avoir été à l'origine. S'il n'aboutit pas, ses détracteurs devront endosser la responsabilité d'une éventuelle division.
Les deux hommes ne devraient être présents à Paris en ce début de semaine, alors que Nicolas Sarkozy prend ses fonctions au siège de la rue Vaugirard et début ses rencontrent avec les caciques du parti. François Fillon passera son lundi dans la Sarthe, et ne reviendra à l'Assemblée que ce mardi. L'ancien ministre des affaires étrangères le maire de Bordeaux s'envole de son côté pour le Sénégal afin d'assister à l'investiture de Michaëlle Jean, la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie. Et «pour y tenir une conférence au lendemain du sommet sur la Francophonie» -une conférence gratuite-, explique au Parisien un proche d'Alain Juppé
From : le Monde , Telégramme ,le Figaro,.......
Sarkozy Président de la République traite son collaborateur d'imbécile !