Pour déterminer la rémunération réelle des PDG des groupes français cotés, la société Proxinvest a épluché les rapports annuels. Et cette année, ceux qui gagnent plus que 240 Smic ne sont plus 13 mais 18 !
18 patrons gagnent plus de 240 smic
C’est David Jones qui complète le podium avec une rémunération de 9,9 millions d’euros, dont 5,4 millions au titre de son indemnité de départ. L’ex-directeur général d’Havas a en effet cédé sa place en août 2013 à Yannick Bolloré (fils de Vincent Bolloré, qui détient 37% d’Havas). Proxinvest conteste le motif cette indemnité de départ, qui ne peut être attribuée selon le code Afep-Medef qu’en cas de départ contraint ou de changement de stratégie, ce qui n’est pas la cas chez Havas, mais aussi le fait qu’elle n’ait pas été soumise au vote de l’assemblée générale.
Ce trio de tête illustre bien les quelques excès repérés par Proxinvest. Si la rémunération moyenne du SBF 120 n’a progressé que de 1% l’an dernier et que celle du CAC 40 a même baissé de 2%, le nombre de patrons dépassant le plafond de la rémunération maximale socialement acceptable (fixé par Proxinvest à 4,7 millions, soit 240 smic) a augmenté de 13 à 18 personnes.
Arnaud Lagardère, le patron du groupe Lagardère arrive en tête du classement avec une rémunération annuelle globale de 16,6 millions d’euros. Arnaud Lagardère, le patron du groupe Lagardère arrive en tête du classement avec une rémunération annuelle globale de 16,6 millions d’euros.
L’Etat a joué un « rôle modérateur » en plafonnant les rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques à 450.000 euros, ce qui a contrebalancé « les dérives de certains dirigeants », a détaillé le directeur général du cabinet, Loïc Dessaint.
M. Dessaint cite notamment Bernard Arnault (LVMH, 11 millions d’euros), patron le mieux payé du CAC 40 grâce à « des rémunérations variables élevés par rapport à des résultats pas très bons », l’ancien dirigeant d’Havas David Jones (9,9 millions d’euros), dont l’indemnité de départ de 5,4 millions d’euros « ne semble pas conforme au code Afep-Medef », ou Christopher Viehbacher (8,6 millions d’euros), limogé de Sanofi mais qui part avec un bonus de 1,7 million d’euros.
Des montants plus élevés que ceux qu’on a vus circuler jusqu’à présent parce que Proxinvest va un peu au-delà de la rémunération basique (fixe+variable annuel). Son calcul intègre en plus la rémunération actionnariale (stock-options, actions gratuites et actions de performance), qui peut représenter une bonne partie de la rémunération des patrons des grands groupes français : en moyenne 40% du salaire total.
Un fossé entre entreprises publiques et privées
Entre Bernard Arnault et Henri Proglio (ex-EDF, 457.000€), le ratio de rémunération totale en 2013 était de 24. Parmi les dirigeants du SBF 120 –les 120 plus grandes valeurs cotées françaises–, Arnaud Lagardère est le mieux payé avec une rémunération totale de 16,6 millions d’euros grâce à la vente des parts du groupe Lagardère dans EADS, qui lui a rapporté 13,1 millions d’euros.
L'analyste cite notamment Bernard Arnault (LVMH, 11 millions d'euros), patron le mieux payé du CAC 40 grâce à "des rémunérations variables élevées par rapport à des résultats pas très bons", l'ancien dirigeant d'Havas David Jones (9,9 millions d'euros), dont l'indemnité de départ de 5,4 millions d'euros "ne semble pas conforme au code Afep-Medef", ou Christopher Viehbacher (8,6 millions d'euros), limogé de Sanofi mais qui part avec un bonus de 1,7 million d'euros.
Entre Bernard Arnault (LVMH) et Henri Proglio (ex-EDF, 457.000 euros), le ratio de rémunération totale en 2013 était de 24.
Pour expliquer la première place d’Arnaud Lagardère, Proxinvest explique qu’une grosse partie de la rémunération provient de la plus-value de cession des titres EADS, qui a gonflé les résultats du groupe Lagardère l’an dernier. Et comme Lagardère est un des derniers groupes cotés avec le statut de commandite par actions (comme Michelin), qui rémunère ses dirigeants par un pourcentage prélevé sur le résultat net, cela a mécaniquement fait grimper le salaire du patron, par ailleurs actionnaire à 8% de son groupe. Ce qui permet à Proxinvest de revenir sur l’une de ses grands combats depuis des années: "Nous pensons que les sociétés en commandite par actions ne devraient pas être cotés en bourse, car elles créent un trop grand déséquilibre entre les actionnaires", estime Loïc Dessaint, directeur associé chez Proxinvest.
Avec 11 millions d’euros -soit une rémunération globale en baisse de 19% par rapport à l’an dernier- Bernard Arnault n’occupe "que" la deuxième place du classement. Mais les spécialistes de Proxinvest signalent que, malgré une performance du groupe de luxe pas exceptionnelle en 2013 l’an dernier (une hausse du résultat net de seulement 2%), la part variable de Bernard Arnault a été de 2,2 millions, identique aux années précédentes, où le groupe a bien mieux réussi. Le groupe regrette aussi que les conditions d’obtention des stock-options soient si faciles et un manque transparence sur les conventions réglementées du groupe, qui rajoutent 3 millions d’euros à la rémunération annuelle du patron de LVMH.
Globalement, « on aurait pu s’attendre à une plus forte baisse en raison d’un horizon mitigé et de perspectives pas évidentes » pour les entreprises du CAC 40, dont le bénéfice net cumulé a reculé de 9,4% en 2013.
La taxe à 75%, supportée par les entreprises plutôt que par les bénéficiaires, n’a pas eu d’effet notable, seul Stéphane Richard (Orange) ayant réduit sa rémunération pour ne pas en faire supporter le coût à son groupe. Le coût annuel des retraites chapeau n’est lui pas pris en compte par Proxinvest, qui constate que seuls six dirigeants du CAC 40 ne bénéficient pas de tels régimes et regrette une pratique « trop généreuse » et « opaque ».
La rémunération totale -qui regroupe le salaire fixe, les bonus, les actions gratuites, les options et les indemnités de départ versés au dirigeant- a atteint en moyenne 3,97 millions d'euros en 2013, contre un peu plus de 4 millions en 2012.
L'Etat a joué un "rôle modérateur" en plafonnant les rémunérations des dirigeants d'entreprises publiques à 450.000 euros, ce qui a contrebalancé "les dérives de certains dirigeants", a détaillé le directeur général du cabinet Proxinvest, Loïc Dessaint.
La taxe à 75%, supportée par les entreprises plutôt que par les bénéficiaires, n'a pas eu d'effet notable, seul Stéphane Richard (Orange) ayant réduit sa rémunération pour ne pas en faire supporter le coût à son groupe.
Le coût annuel des retraites chapeau n'est, lui, pas pris en compte par Proxinvest, qui constate que seuls six dirigeants du CAC 40 ne bénéficient pas de tels régimes et qui regrette une pratique "trop généreuse" et "opaque".
Au total, 18 dirigeants du SBF 120 ont dépassé en 2013 un plafond établi par Proxinvest de 240 Smic, soit 4,7 millions d'euros, contre 13 dirigeants en 2012
Les patrons des 80 groupes ont vu leur rémunérations augmenter de 9,3% en un an et revenir à leur niveau d’avant la crise de 2008, à plus de deux millions d’euros par an. A titre de comparaison, le salaire moyen en France n’a augmenté que de 2,1% en 2012
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