Publicité

L'affaire du déjeuner Fillon-Jouyet embarrasse les deux hommes

François Fillon et Jean-Pierre Jouyet se retrouvent dans une situation embarrassante après les révélations du journal Le Monde. François Fillon a porté plainte pour diffamation.

François Fillon a décidé de porter plainte contre le journal Le Monde et deux de ses journalistes. Ils affirment que l'ancien Premier ministre a encouragé l'Elysée à "taper sur Sarkozy" afin d'empêcher le retour en politique de l'ex-chef de l'État, notamment en accélérant les procédures judiciaires à son encontre. Il aurait formulé cette demande lors d'un déjeuner avec le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet au mois de juin dernier.

La manchette du Monde est une bombe à fragmentation multiple. Les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment détenir un enregistrement d'une conversation avec Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Élysée, le plus proche ami de François Hollande, qui compromet François Fillon. Dans cet article, les auteurs retranscrivent les confidences que leur fait Jouyet lors d'un rendez-vous qui aurait eu lieu le 20 septembre à l'Élysée.

Selon les propos rapportés, Jouyet raconte dans le détail un déjeuner qui aurait eu lieu le 24 juin entre lui-même, François Fillon (qu'il a servi comme secrétaire d'État aux Affaires européennes de mai 2007 à décembre 2008) et Antoine Gosset-Grainville, un ancien collaborateur de Fillon à Matignon. Selon Le Monde, François Fillon se serait montré pressé que l'Élysée active la justice afin de confondre rapidement Nicolas Sarkozy en vue d'empêcher son retour en politique. Toujours selon Le Monde, Jouyet décline et argue que l'Élysée n'a pas la main sur la magistrature.


Puis, le secrétaire général de l'Élysée en aurait ensuite parlé au président de la République, lequel avait autorisé cette rencontre du moment qu'elle n'ait pas lieu au Château. François Hollande aurait alors fermé clairement la porte à toute intervention sur le cours de la justice : "Non, non, on ne s'en occupe pas." Jean-Pierre Jouyet est connu pour son humanité mais aussi pour son franc-parler. Le service de presse de l'Élysée peine à canaliser l'expression de ce grand commis de l'État qui "parle trop", souffle-t-on dans les couloirs du Palais.


Imprudences terrifiantes de Jouyet


À ce stade, François Fillon et Jean-Pierre Jouyet ont tous deux démenti la nature de cet échange un peu plus tôt dans la semaine. Mais c'était avant que Le Monde ne brandisse, pour preuve, un enregistrement dont le contenu est relaté longuement dans cet article. Contacté par Le Point, François Fillon n'a pas souhaité répondre. L'Élysée pas davantage. L'entourage de l'ex-Premier ministre a ensuite annoncé à l'Agence France-Presse ses intentions : "François Fillon va porter plainte contre les deux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, et contre Le Monde, pour diffamation." "Pour l'instant, Jouyet dément et le sonore n'a pas été publié. Si un enregistrement devait impliquer Jouyet, le champ de la diffamation serait éventuellement étendu", précise l'entourage de l'ancien Premier ministre, qui s'en remet à l'un de ses fidèles, le député Jérôme Chartier, pour assurer un point de presse à 17 h 15 devant le siège de l'UMP.


De deux choses l'une, ou bien Jouyet dit la vérité et c'est accablant pour François Fillon. Ou bien Jouyet ment et invente cette histoire dans le but d'authentifier le fait que l'Élysée - contrairement aux soupçons de Nicolas Sarkozy - n'abrite aucun "cabinet noir". Dans tous les cas de figure, c'est dévastateur ! Dans l'hypothèse où Fillon aurait entrepris cette démarche, il se décrédibilise dans le combat à droite. Dans l'hypothèse où l'enregistrement de Jouyet est authentique, c'est assurément une imprudence terrible que de s'exprimer ainsi devant des journalistes aussi affûtés que le tandem Davet-Lhomme. On ne voit pas comment François Hollande peut laisser passer une telle faute, même si, in fine, cette histoire lui donne le beau rôle.

Au-delà des personnages en cause, cet article laisse entendre qu'un ancien Premier ministre pense que l'Élysée est en position de peser sur la justice. Autrement dit, il y aurait une pratique inavouable du pouvoir, celle de l'entre-soi des hautes sphères... Pour l'opinion, déjà très suspicieuse à ce sujet, les dégâts seront considérables si cette histoire devait prendre de l'ampleur. Pas sûr qu'en rentrant la tête dans les épaules comme ils le font actuellement, les protagonistes de cette fable moderne - avec enregistrements buissonesques, faux démentis, rebondissements - puissent tous en sortir indemnes... Un coup de chaud à l'Élysée qui vient ruiner la séquence "TF1 et annonces" déjà passablement ratée.


Une affaire gênante pour François Fillon

Cette affaire est d’abord très gênante pour François Fillon. L’ancien Premier ministre s’est toujours présenté comme l’homme honnête, droit, rigoureux face à Nicolas Sarkozy – au temps du pouvoir – et face à Jean-François Copé – du temps de la bataille pour l’UMP.

Et cette image est désormais sévèrement écornée par ces révélations. François Fillon a-t-il comploté avec la gauche au pouvoir pour faire tomber un adversaire de sa propre famille politique ? C’est pour tenter d’atténuer les effets d’une telle question que François Fillon, acculé, a réagi si fort samedi.


Jean-Pierre Jouyet directement menacé

Sa plainte pour diffamation menace directement son ancien ministre et ami Jean-Pierre Jouyet. Si le secrétaire général de l’Elysée a bien raconté ce déjeuner, et que ce récit a été enregistré comme l'affirment les journalistes du Monde, pourquoi les a-t-il démentis en fin de semaine ?

S’agit-il d’une manœuvre pour déstabiliser la droite ou de beaucoup de naïveté? Le simple fait de poser ces questions affaiblit l’ami de François Hollande, son plus proche collaborateur, Jean-Pierre Jouyet. L’affaire du déjeuner du 24 juin n’a pas encore produit tous ses effets…

François Fillon a-t-il sollicité l'exécutif pour accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy? Les révélations de journalistes du Monde mettent dans l'embarras malgré leur démenti l'ex-Premier ministre et surtout Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée.

L'affaire a pris une tournure judiciaire samedi avec l'annonce par l'entourage de M. Fillon d'une "plainte" de l'ex-chef du gouvernement "contre les deux journalistes, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, et contre Le Monde pour diffamation".

Objet du litige: les révélations des deux enquêteurs qui affirment dans leur livre "Sarko s'est tuer" (Stock) qu'au cours d'un déjeuner dans un restaurant proche de l'Elysée le 24 juin, M. Fillon aurait dénoncé auprès de M. Jouyet le remboursement par l'UMP des pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de campagne de M. Sarkozy en 2012.

"Tapez vite, tapez vite! Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir. Alors agissez!", aurait lancé M. Fillon, accusant l'ex-président d'"abus de bien social", "de faute personnelle".

L'ex-chef du gouvernement, qui entretient des relations notoirement exécrables avec l'ancien chef de l’État, est aujourd'hui entré dans une concurrence féroce avec lui pour la présidentielle de 2017.

MM. Fillon et Jouyet ont démenti avoir tenu de tels propos, de même qu'Antoine Gosset-Grainville, ancien directeur adjoint de cabinet de M. Fillon, lui aussi présent à ce déjeuner. "Méprisable", s'est offusqué dès mercredi l'ex-Premier ministre, avant l'annonce de son dépôt de plainte samedi.

"Inimaginable", avait quant à lui rétorqué M. Jouyet. L'ex-secrétaire d’État aux Affaires européennes de M. Fillon (mai 2007 à décembre 2008) s'est fendu d'un SMS à son ancien patron exprimant "excuses et regrets" pour "ces bruits de couloirs élyséens".

Mais les deux journalistes maintiennent leur version avec à l'appui une interview du numéro 2 de l’Élysée le 20 septembre au palais présidentiel, enregistrée avec l'assentiment de l'intéressé, et publiée en partie dans le Monde paru samedi.

Samedi, un proche de M. Fillon, le député UMP Jérôme Chartier, a demandé aux journalistes de "faire entendre" leur enregistrement.

"Que la vérité éclate, c'est ce que demande François Fillon", a ajouté M. Chartier, dénonçant une "polémique infâme".


- 'Personnage intrigant' -
Cette affaire peut-elle éclabousser le chef de l’État? L'Élysée, sollicité samedi par l'AFP, est resté silencieux. Mais un proche du président souligne que François Hollande s'est toujours tenu scrupuleusement au respect de l'indépendance de la justice et "n'est jamais sorti de cette ligne", "il est inattaquable, inflexible", a-t-il assuré à l'AFP.

Dans l'article du Monde, le chef de l'Etat n'est d'ailleurs pas mis en cause. Selon les propos rapportés de M. Jouyet, il a opposé un non catégorique à toute intervention. "Quand Fillon m'a dit ça, j'ai dit: +Tiens, oui, on pourrait simplement signaler le machin...+ Mais François (Hollande) m'a dit: +Non, non, on ne s'en occupe pas+", relate le quotidien.

Ce même intime du président reproche en revanche au numéro 2 de l’Élysée "de ne pas dire la vérité" et affirme qu'"il n'y a que l'enregistrement qui compte".

En tout cas, conclut-il, "c'est du pain béni pour Nicolas Sarkozy" face à M. Fillon pour 2017.

"C'est très grave", estime pour sa part un membre de l'exécutif assurant que nombre de ministres voient en Jean-Pierre Jouyet "un personnage intrigant" qui "manipule tout le monde".

Ils reprochent à cet ami intime de François Hollande, qui l'a propulsé le 16 avril secrétaire général de l’Élysée, un poste charnière, d'entretenir des relations "troubles" avec la droite.

Il y a un an exactement, des allégations de "cabinet noir" à l’Élysée avait été propagées, via l'hebdomadaire Valeurs actuelles, par un ex-chef du service des télécommunications et de l'informatique de la présidence.

Ce dernier mettait en cause de supposées recherches illégales dans les archives électroniques protégées de l'ex-président Sarkozy. Dans un communiqué, la présidence de la République, voulant "rétablir la vérité des faits", avait expliqué avoir simplement "été saisie, au printemps 2013, de trois réquisitions judiciaires auxquelles il a été répondu dans le strict respect du droit".

Une nouvelle affaire va secouer l'UMP. François Fillon porte plainte, selon une information BFMTV obtenue auprès de son entourage, en diffamation contre deux journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Dans les propos rapportés dans le verbatim publié dans le quotidien il aurait sollicité Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée, pour que ce dernier accélère les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy.

"Cette affaire l'agace au plus haut point", rapporte Damien Fleurot, chef adjoint du service politique de BFMTV. "Des proches de son entourage nous ont fait savoir que cette affaire n'a qu'un seul but discréditer la candidature à l'élection présidentielle de François Fillon" même s'il doit d'abord en passer par la case des primaires, précise notre journaliste.

"Stop aux boules puantes", réagit François Fillon dimanche dans le JDD. "On me prête des propos que je déments formellement avoir tenu et que les deux participants à ce déjeuner, Antoine Gosset-Grainville et Jean-Pierre Jouyet démentent formellement. C’est la raison pour laquelle j’ai porté plainte en diffamation et je demande désormais à la justice de faire toute la vérité", se défend l'ancien Premier ministre, qui dénonce "une tentative de déstabilisation et de complot" à son égard

Une image d'homme intègre

François Fillon a décidé de porter plainte pour diffamation contre le quotidien qui publie ce verbatim mais aussi contre les deux journalistes, Gérard Davet et Fabrice Lhomme. "Cette affaire prend une tournure un peu délicate pour l'ancien Premier ministre qui a cette image d'homme intègre, même s'il est toujours très bas dans les sondages", rappelle Damien Fleurot.

Mais certains disent à l'UMP que si les propos de Jean-Pierre Jouyet sont vrais, si François Fillon a cherché à s'appuyer sur l'Elysée pour déstabiliser Nicolas Sarkozy, il faut qu'il quitte ses fonctions de vice-président de l'UMP.

Fillon a appelé Sarkozy

Ce verbatim revient sur le déjeuner qui a eu lieu le 24 juin dernier dans un restaurant proche de l'Elysée, autour de la table il y avait trois hommes François Fillon, un de ses anciens collaborateurs, et Jean-Pierre Jouyet le secrétaire général de l'Elysée.

Selon les enregistrements des deux journalistes du Monde retranscrits dans le quotidien, Jean-Pierre Jouyet raconte aux journalistes la teneur de l'échange avec François Fillon qui aurait demandé que l'Elysée se saisisse des affaires judiciaires qui entourent Nicolas Sarkozy, que la justice accélère pour empêcher le retour sur l'avant-scène de la vie politique de l'ancien président de la République. Jean-Pierre Jouyet dit ne pas l'avoir fait, que les méthodes ont changé depuis l'arrivée de François Hollande et que l'Elysée n'intervient plus sur les affaires judiciaires en cours.

Un proche de François Fillon, Jérôme Chartier, a confirmé en fin d'après-midi sur BFMTV que François Fillon avait décidé de porter plainte contre les auteurs de l'article le mettant en cause. "Ces allégations scandaleuses déshonorent François Fillon", a-t-il déploré. "Les trois personnes qui ont participé à ce déjeuner ont tour à tour démenti les allégations du Monde", a-t-il tenu à rappeler.

Plus tard dans la soirée de samedi, François Fillon s'est entretenu au téléphone avec Nicolas Sarkozy au sujet des révélations du Monde.

From : le Monde, le NouvelObs ,BFMTV,.....

Voir :

http://miscellaneous-land.over-blog.net/2014/11/sarkozy-fillon-jouyet-nous-a-tuer-2.html

http://miscellaneous-land.over-blog.net/2014/11/sarkozy-l-information-judiciaire-vise-elle-a-determiner-si-l-ump-pouvait-se-substituer-a-son-candidat-pour-prendre-en-charge-plus-de-400.html

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :