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Eric Zemmour, et iTELE, c’est terminé. La chaîne d’information en continu a pris la décision d’arrêter « ça se dispute », émission dans laquelle intervenait le polémiste, selon les informations du Monde.fr .

« Nous sommes très soucieux de respecter la liberté d’expression. Et nous avons défendu celle d’Eric pendant plus de dix ans, pour que ses idées soient prises en compte, contredites et débattues. Mais aujourd’hui, on a l’impression que c’est lui qui fixe les règles et de quoi on parle », a déclaré au Monde.fr, Céline Pigalle, la directrice de la rédaction, pour justifier la fin de la collaboration de la chaîne avec le polémiste.

Sans surprise, à droite, cette décision a été immédiatement critiquée. Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignann le député UMP Eric Ciotti et Christine Boutin, ont chacun protesté sur Twitter contre l'arrêt de l'émission d'Eric Zemmour. sir iTELE, approuvé en revanche par des députés socialistes.

Mais si dans un premier temps des voix se sont élevées à gauche pour approuver cette décision, à l'image des députés PS Alexis Bachelay (porte-parole du mouvement La Gauche forte) et Philippe Doucet, ce samedi des responsables politique de gauche pourtant régulièrement dénoncés par Eric Zemmour sont venus critiquer cette décision.

 

 

Mélenchon et Cohn-Bendit critique cette décision 
"Nous menons le combat contre les idées de Zemmour, et ses déclarations sont inacceptables, car même s'il nie avoir parlé de +déporter+, il y a l'idée de faire partir des millions de musulmans par la force", a précisé ensuite Alexis Corbière à l'AFP.

"Mais nous sommes pour la confrontation d'idées et la liberté d'expression. Nous mettons en garde contre le fait de transformer Zemmour en une victime et un martyr, ce qui serait un paradoxe ! Nous ne voulons pas des postures mais des actes efficaces : la pensée zemmourienne se répand via le Front national, c'est sur le plan des idées qu'il faut argumenter, et ne pas donner l'impression d'une censure", a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt, c'est l'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, également chroniqueur sur Europe 1, qui a déclaré samedi qu'il se devait de soutenir la présence d'Eric Zemmour "dans l'espace public que cela me fasse mal ou pas".

"Le problème c'est que Zemmour existe non seulement en tant que Zemmour mais c'est un des grands intellectuels du Front national, et le FN existe dans la France profonde ou pas. Comme je défends la proportionnelle et le droit du FN a être représenté à l'Assemblée nationale, je me dois de défendre la présence de Zemmour dans l'espace public que cela me fasse mal ou pas", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Les journalistes ont des problèmes avec Zemmour, je les comprends. Faut-il le laisser dire ses insanités ? Je pencherais à dire oui, même si j'avoue que souvent c'est insupportable. Au nom de la liberté et de la diversité dans les medias", a-t-il ajouté.

 

L'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, également chroniqueur sur Europe 1, a de son côté défendu déclaré samedi la présence d'Eric Zemmour « dans l'espace public » : « comme je défends la proportionnelle et le droit du FN a être representé à l'Assemblée nationale, je me dois de défendre la présence de Zemmour dans l'espace public que cela me fasse mal ou pas », a-t-il déclaré à l'AFP, « au nom de la liberté et de la diversité dans les medias ».
 

Le FN dénonce une « censure »

Eric Zemmour peut compter sur le soutien des élus du Front national. Sitôt l’annonce de l’annulation de l’émission du polémiste par iTélé, la présidente du parti, Marine Le Pen, a dénoncé sur Twitter une « censure » tandis que Louis Aliot « ray[ait] iTélé de [s]es sources d’information » en raison de cette « atteinte au pluralisme des idées ».

 

 

Jeudi, les associations antiracistes étaient massivement montées au créneau après les propos de ce dernier sur les musulmans, multipliant les annonces d’actions en justice et les appels aux médias pour qu’ils cessent leurs collaborations avec l’auteur du « Suicide français ».

Les associations haussent le ton contre Eric Zemmour. Le Cran et plusieurs d’entre elles ont annoncé des actions en justice contre le polémiste Eric Zemmour après ses propos sur les musulmans. Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a ainsi annoncé qu’il allait citer Eric Zemmour à comparaître vendredi devant le Tribunal de grande instance de Paris « pour apologie de crime contre l’humanité et incitation à la haine raciale ».

Dans un entretien au Corriere della Sera le 30 octobre, relayé récemment, Eric Zemmour avait déclaré que les musulmans « vivent entre eux, dans les banlieues » et que « les Français ont été obligés de les quitter ». Face à l’ampleur prise par la polémique, Eric Zemmour a dénoncé jeudi sur RTL « une manipulation fantastique ».

« La vraie question n’est pas de savoir pourquoi Eric Zemmour est si raciste », a estimé le président du Cran Louis-Georges Tin, « mais pourquoi les médias accordent tant de place à un homme si infect et si malfaisant ».

C’est pourquoi le Cran a appelé les médias à cesser leur collaboration avec Eric Zemmour. Il leur demande de ne plus l’invité et a l’intention de rencontrer les directions de iTELE, de RTL et du Figaro, médias où il intervient régulièrement, « pour demander qu’il soit mis à l’écart ».
 

De son côté SOS Racisme, qui avait été l’un des premiers à annoncer une plainte dans cette affaire, a lancé une pétition en ligne appelant les employeurs d’Eric Zemmour à cesser leur collaboration avec lui. « A la tête de RTL, iTELE, Paris Première et Le Figaro, vous êtes les employeurs d’Eric Zemmour et, de ce fait, lui offrez la légitimité de chacun de vos médias, sans que cela ne puisse être justifié par aucune déontologie », estime l’association anti-raciste.

Mercredi déjà, la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) avait demandé aux médias de « ne plus offrir de tribune » à Eric Zemmour et avait annoncé le dépôt d’une plainte à son encontre pour incitation à la haine raciale.

Le Cran n’en est pas à sa première action contre Eric Zemmour puisque le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qu’il avait saisi, avait « mis fermement en garde » RTL en juin après une chronique du polémiste évoquant « les bandes » d’étrangers « qui dévalisent, violentent ou dépouillent ».

En Seine-et-Marne, l’Association des musulmans de Meaux et sa région a également annoncé jeudi avoir déposé plainte contre le polémiste, pour incitation à la haine raciale. Ses propos sont « indignes d’une personne qui se dit républicaine » et « n’en déplaise à Zemmour, les musulmans aiment le roquefort, la raclette, le reblochon et surtout la vache-qui-rit », écrivent-ils dans un communiqué.

Une autre association, le comité 15 mars et libertés, a annoncé une citation directe d’Eric Zemmour devant le tribunal correctionnel de Paris pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » en raison de l’appartenance à une race ou une religion.

 

 

« Chaos et guerre civile »

Dans un entretien au Corriere della Sera le 30 octobre Eric Zemmour avait déclaré que les musulmans « vivent entre eux, dans les banlieues » et que « les Français ont été obligés de les quitter ». Il avait ajouté que « cette situation d’un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile ».

Dans une lettre ouverte, plusieurs associations et personnalités politiques ou culturelles ont appelé le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) à « faire cesser la diffusion de la haine d’Éric Zemmour ».

Mercredi, la Société des journalistes de RTL s’était « désolidarisée » des propos du polémiste, estimant que ses prises de positions « ternissaient les valeurs défendues » par la station. La direction de RTL a refusé jeudi de commenter cette réaction, tout comme les menaces de plainte.

 

 

La décision a été prise par la direction d’iTélé, au terme d’une semaine de polémique à propos de l’interview donnée au Corriere della Sera, dans laquelle Eric Zemmour critique les musulmans. Le chroniqueur intervenait dans cette émission hebdomadaire de débat depuis une dizaine d’années, et donnait la réplique au journaliste Nicolas Domenach.

« Nous avons perçu du trouble et de la colère autour des propos d’Eric Zemmour, mais nous n’avons pas voulu agir dans la précipitation, pour qu’on ne puisse pas dire que nous avons été manipulés ou instrumentalisés », a expliqué au Monde la directrice de la rédaction, Céline Pigalle. Ces derniers jours, la société des journalistes d’iTélé a relayé en interne l’indignation de membres de la rédaction, demandant à la direction de s’exprimer.

L’entretien d’Eric Zemmour au quotidien italien, paru le 30 octobre, a fait polémique en France après que le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon l’eut épinglé sur son blog dans une note du 15 décembre intitulée « Zemmour se lâche en Italie : déporter cinq millions de musulmans ? Ça peut se voir ! » Mais le chroniqueur-journaliste-auteur-idéologue n’y prononce pas lui-même le mot de « déportation », comme l’a plus tard expliqué à Figaro Vox le journaliste qui a réalisé l’entretien. Sur RTL, jeudi, Eric Zemmour a donc dénoncé une « manipulation fantastique ».

« Nous avons vu le journaliste du Corriere della Sera, puis nous avons sollicité et filmé un entretien avec Eric Zemmour, pour qu’il puisse exposer ses arguments. Mais les réponses qu’il a apportées n’ont pas dissipé le trouble », raconte Mme Pigalle. L’entretien, un temps prévu pour être diffusé vendredi soir à la place de « Ça se dispute », ne le sera pas, par souci de « cohérence ».

« Nous sommes très soucieux de respecter la liberté d’expression. Et nous avons défendu celle d’Eric [Zemmour] pendant plus de dix ans, pour que ses idées soient prises en compte, contredites et débattues. Mais aujourd’hui, on a l’impression que c’est lui qui fixe les règles et de quoi on parle. On a de moins en moins le sentiment qu’on peut débattre. Le dialogue est devenu de plus en plus difficile, voire impossible. On a l’impression qu’il se parle à lui-même et à son public », explique Céline Pigalle, rappelant que « Ça se dispute » était une émission de débat.

 

Après avoir été écarté d’iTélé, l’avenir du polémiste semble aussi très incertain sur RTL, où il est à l’antenne deux fois par semaine. Mercredi 17 décembre, la Société des journalistes (SDJ) de la station s’est « désolidarisée » d’Eric Zemmour. La SDJ signale que « ses prises de position, récurrentes à l’antenne et hors antenne, ternissent les valeurs de vivre-ensemble qui ont toujours été défendues par RTL ».

Le polémiste entretient des rapports compliqués avec RTL. Déjà, à la rentrée 2012, la station avait choisi de raréfier sa présence à l’antenne. La chronique quotidienne « Z comme Zemmour » avait été supprimée au profit d’interventions hebdomadaires. Interrogé par le magazine Le Point en juin 2012, Christopher Baldelli, PDG de la station de la rue Bayard, avait tenu à préciser, prudent : « Eric Zemmour exprime son point de vue et non la ligne éditoriale de la station. »

 

 

 

 

From : le Monde , les Echos ,....

 

http://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/0204030831596-i-1076976.php?4Djl1Urh6tGeZZLW.99
 

 http://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/0204026678762-les-medias-appeles-a-mettre-a-lecart-eric-zemmour-1076445.php?JyzK1vB0lEMWCRRc.99
 

 http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2014/12/19/itele-met-fin-a-sa-collaboration-avec-eric-zemmour_4544072_3236.html#OWT34g2LtClPFgP5.99
 

http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/12/20/vives-critiques-a-droite-et-au-fn-apres-l-eviction-de-zemmour-par-i-tele_1167775?

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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