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France : Présidentielle Round politique  Villepinte - Sarkozy 

La guerre des agendas succède à celle des images A l'exception des rendez-vous institutionnels, le premier ministre et celui de l'Intérieur ne s'affichent plus ensemble depuis leur fameux footing du 20 septembre à Evian.

Bruno Jeudy
[17 octobre 2005]

DOMINIQUE DE VILLEPIN et Nicolas Sarkozy s'éviteraient-ils ? Les agendas respectifs du premier ministre et de son numéro deux leur permettent, en tout cas, de se croiser le moins possible en dehors de leurs obligations institutionnelles. Cinq ministres accompagnent, aujourd'hui à Barcelone, le chef du gouvernement. Mais, comme lors du déplacement au Maroc le mois dernier, le ministre d'Etat n'est pas du voyage. Officiellement, les sujets évoqués au cours de cette première rencontre franco-espagnole sur la coopération transfrontalière ne concernent pas le ministre de l'Intérieur. Les gouvernements français et espagnol doivent examiner les questions de transports, de coopération décentralisée et de santé. Pourtant, il y a fort à parier qu'on évoquera aussi l'immigration clandestine. Un sujet sensible en Espagne, qui a demandé l'aide de l'Union européenne. A Matignon, on admet que ce thème d'actualité devrait être discuté pendant le tête-à-tête entre Dominique de Villepin et José Luis Zapatero.


Déjà le mois dernier, le premier ministre s'était rendu au Maroc avec cinq membres du gouvernement. Interrogé sur l'absence du ministre de l'Intérieur alors que les questions d'immigration et de lutte contre le terrorisme sont capitales entre Paris et Rabat, il avait répondu : «Ce sont des sujets que je connais très bien et que je peux traiter moi-même.» Dans l'entourage de Dominique de Villepin comme dans celui de Nicolas Sarkozy, on dédramatise. «Il n'y a aucun problème. Ce sont les Espagnols qui ont choisi les thèmes des tables rondes», assure-t-on à Matignon. «On a deux ministres délégués : Brice Hortefeux était au Maroc et Christian Estrosi va à Barcelone. Nicolas Sarkozy n'a jamais aimé les sommets. Il trouve que c'est une perte de temps», fait-on valoir Place Beauvau.


Ni voyage ni conférence de presse mensuelle commune... Les rapports entre Villepin et Sarkozy se limitent de plus en plus au strict nécessaire. Le président de l'UMP garde en travers de la gorge la violente charge du premier ministre devant les députés. Il y a deux semaines, celui-ci avait ni plus ni moins déclaré que la rupture, «ça se termine toujours dans le sang». Mardi dernier à Matignon, le ministre de l'Intérieur a manifesté sa mauvaise humeur en quittant, au bout d'une demi-heure, sans motif apparent, le rituel petit déjeuner de la majorité. Le premier ministre était, paraît-il, furieux.  
 

Depuis le 20 septembre et la photo impromptue des deux hommes faisant leur footing à Evian, lors des journées parlementaires de l'UMP, les occasions de voir le tandem gouvernemental, en dehors des rendez-vous obligatoires (Conseil des ministres, séances de questions au gouvernement à l'Assemblée...), se sont raréfiées. On est passé de la guerre des images à celle des agendas. «C'est absurde. Si on commence à se faire la guerre sur les agendas, on ne va pas s'en sortir», soupire-t-on à Matignon. «Quand c'est nous qui le recevons à l'UMP, on lui réserve le meilleur accueil», réplique un proche du président de l'UMP.


Même si les deux camps le nient formellement, chacun surveille l'agenda du rival. Coïncidence ou pas, c'est sans le ministre des Cultes que le premier ministre participera vendredi au centenaire de la Fédération protestante de France. «Le cabinet de Nicolas Sarkozy est très ennuyé car le ministre a un problème d'agenda. S'il vient, ce ne sera pas avant 19 h 40», dit-on au siège de la Fédération protestante de France, où l'on a programmé le discours du premier ministre à 18 h 30.


Dans la majorité, certains en appellent au calme. Président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan exhorte «tout ce petit monde à prendre exemple sur les Anglais Tony Blair et Gordon Brown, qui parviennent bien à cohabiter dans le même gouvernement alors qu'ils sont rivaux dans leur parti».

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Pour se protéger de l'ascension de Villepin, il verrouille l'appareil du parti.
Sarkozy met l'UMP au pas pour lui préparer sa campagne

Par Antoine GUIRAL

samedi 15 octobre 2005 (Liberation - 06:00)
 
 
En ces temps-là, Nicolas Sarkozy se sentait invincible. C'était juste après le non au référendum. Plus sûr de lui que jamais, il faisait les questions et les réponses : «Qui est-ce qui pourrait m'empêcher d'être président de la République?... Moi.» Et prédisait l'échec immédiat du nouveau Premier ministre avec cette sentence : «Dans l'esprit des gens, Villepin c'est Chirac.» Quatre mois plus tard, tout a changé pour le président de l'UMP, qui réunit à huis clos, samedi, les cadres de son parti. Pris en étau entre Jacques Chirac qui ne lui passe plus rien et Dominique de Villepin qui cherche à l'étouffer, le ministre de l'Intérieur en est plutôt aux interrogations existentielles : quand quitter le gouvernement, sur quel motif et avec quel message aux Français? En attendant d'y voir plus clair, il consacre une large part de son activité à bétonner l'UMP.

La ruche du patron. Au siège du parti, rue la Boétie à Paris, «chacun a sa feuille de route. Nous travaillons avec des objectifs précis et un but unique : faire élire le patron à la présidentielle de 2007», sourit un dirigeant du parti. L'UMP est aujourd'hui la priorité du ministre de l'Intérieur. Une base arrière qu'il entend fortifier pour dissuader Villepin de se lancer dans la bataille contre lui et ­ le cas échéant ­ disposer d'un puissant arsenal pour le combattre. Sa longue expérience au RPR et l'échec d'Edouard Balladur, candidat sans parti en 1995, l'ont convaincu qu'avoir une formation politique dans sa manche représentait une force sans équivalent. «Il est en train de bâtir avec l'UMP ce que Chirac, Séguin ou Michèle Alliot-Marie rêvaient de faire du RPR lorsqu'ils le contrôlaient : un redoutable appareil politique doté de publications, d'études et d'une vraie force de frappe militante», souligne un dirigeant de l'UMP qui a passé des années dans les arcanes de l'ex-parti gaulliste.

Avec quelque 171 500 encartés, acquis à sa cause dans leur immense majorité, Nicolas Sarkozy n'a guère eu à réfléchir trop longtemps. Toute sa stratégie consiste à s'abriter derrière eux et à les instrumentaliser en introduisant une bonne dose de démocratie... au service exclusif de ses intérêts.

Entorse à la chiraquie. Samedi, le patron de l'UMP évoquera ainsi devant ses cadres sa dernière trouvaille : un congrès électronique ­ rebaptisé «congrès virtuel» par ses détracteurs ­ début 2006, pour modifier les statuts du parti à propos du mode de désignation du candidat de l'UMP à la présidentielle. Un sujet explosif que les fondateurs du parti n'avaient pas pu régler en 2002 et qui divise aujourd'hui les chefs de la majorité. Concrètement, les adhérents seraient invités à approuver, ou à rejeter, via Internet, une proposition de changement de statuts autorisant la désignation par vote des militants du candidat UMP à la présidentielle. Encore embryonnaire, ce projet qui doit être validé par un bureau politique en fin d'année. Hostiles à toute désignation d'un candidat par les militants au nom du principe gaulliste de «la rencontre d'un homme et du peuple», les chiraquiens préparent leur riposte.

Liste noire. Tout miel avec les nouveaux militants recrutés par des méthodes de marketing agressif (Internet, mailing, caravane sur les lieux de vacances...), Nicolas Sarkozy s'ingénie aussi à renforcer sa suprématie dans toutes les strates de l'appareil du parti. Au mois de mars est prévu un vaste renouvellement des cadres dans les fédérations. «Tout est en train de se mettre en place pour faire la peau des élus et parlementaires non estampillés sarkozystes. C'est Paris et le secrétaire général de l'UMP Brice Hortefeux qui téléguident les opérations avec une liste noire de tous ceux dont ils veulent se débarrasser», affirme un député chiraquien du sud de la France. Nicolas Sarkozy a également dégainé la redoutable arme des investitures aux législatives et municipales pour les villes de plus de 30 000 habitants. Avec à la clé un processus a priori plus démocratique pour les militants dans le choix des candidats. Un calendrier calé en amont de la présidentielle a ainsi été retenu au motif d'éviter les pressions liées à ce scrutin. Il pourrait en réalité donner des migraines aux imprudents refusant de soutenir dès aujourd'hui Nicolas Sarkozy. Sous la houlette de Jean-Claude Gaudin, n° 2 du parti et maire de Marseille, un «premier tour d'horizon des circonscriptions» vient de démarrer. Il s'achèvera au printemps 2006 avec une liste des candidats retenus par la rue de la Boétie pour les législatives de 2007. Mais, nouveauté de taille, ils devront dans certains cas être confirmés «pour avis» (le conseil national du parti validant in fine le lauréat) par un vote des militants de la circonscription.

Sur mesure. Pour convertir toutes les troupes au sarkozysme, la méthode douce est aussi utilisée. Les élus locaux sont ainsi choyés par le siège du parti, qui fournit par exemple toute une logistique à ceux qui rament dans l'opposition des conseils régionaux, généraux ou municipaux. Le tout bien sûr avec les compliments de Nicolas Sarkozy. Tout le secteur des études a aussi été renforcé. Les courriers reçus, les messages laissés sur le site Internet ou le numéro vert du parti sont traités en temps réel. Ils sont ensuite remontés en note à Nicolas Sarkozy, «qui en est très friand pour prendre le pouls de la France», note un cadre du parti.

Dans sa course à l'échalote avec Dominique de Villepin, le président de l'UMP réclame aussi des événements toutes les semaines où il tient le haut de l'affiche. Ses collaborateurs lui ont concocté une savante alternance de conventions thématiques, grands raouts d'élus et de cadres, rencontres avec les militants ou opérations portes ouvertes dans les permanences comme celle des 19 et 20 novembre, programmée en plein congrès du PS au Mans. Autant d'occasions pour Nicolas Sarkozy de marquer sa différence, de roder son programme et de s'exonérer du bilan gouvernemental.

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Debré ne veut pas
de primaires à l'UMP

NOUVELOBS.COM | 17.10.05 | 09:13

Le président de l'Assemblée nationale a déclaré qu'il ne voterait pas en cas de primaire à l'UMP pour la présidentielle de 2007, estimant que "ce n'est pas au parti de donner l'investiture".   
  
Le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a déclaré dimanche 16 octobre qu'il ne voterait pas si l'UMP organisait un vote pour l'investiture d'un candidat à l'élection présidentielle de 2007.
"Ceux qui aujourd'hui demandent des primaires, ce sont ceux qui en 1995 les refusaient", a-t-il indiqué, dans une allusion à ceux, qui soutenaient la candidature de Edouard Balladur contre celle de Jacques Chirac en 1995, parmi lesquels Nicolas Sarkozy.
"Je ne voterai pas parce que ce n'est pas au parti de donner l'investiture", a déclaré Jean-Louis Debré, invité de l'émission "Grand Jury - RTL - Le Figaro - LCI".
Il a défendu l'idée que l'UMP se détermine après que les candidats se soient déclarés, tandis que, a-t-il rappelé, "(Nicolas) Sarkozy veut qu'avant que les candidats se déterminent, on vote pour qu'il n'y ait qu'un candidat qui se présente".

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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