Le président iranien
provoque un tollé
NOUVELOBS.COM | 09.12.05 | 16:51
Mahmoud Ahmadinejad a invité jeudi les pays d'Europe responsables de l'Holocauste à héberger l'Etat hébreu.
L e président iranien Mahmoud Ahmadinejad a provoqué jeudi 8 décembre un tollé dans la communauté internationale en suggérant à l'Europe d'héberger l'Etat d'Israël sur son sol en réparation de l'Holocauste.
"Certains pays européens insistent pour dire que, durant la seconde guerre mondiale, Hitler a brûlé des millions de juifs et les a mis dans des camps de concentration", a déclaré Mahmoud Ahmadinejad lors d'une conférence de presse à La Mecque où se tenait un sommet islamique.
"Tout historien, commentateur ou scientifique qui doute de cela est mis en prison ou est condamné", a ajouté le président iranien.
"Donnons une terre aux sionistes en Europe ou en Allemagne ou en Autriche pour qu'ils puissent y installer leur gouvernement", a-t-il lancé. "Ils ont été confrontés à l'injustice en Europe, alors pourquoi les persécutions retombent-elles sur les Palestiniens? Offrez un morceau de terre d'Europe, et nous soutiendrons cette décision et n'attaquerons pas ce gouvernement."
"Aucune racine"
"Ceux qui occupent et dirigent Jérusalem, quelle est l'origine de leurs pères?", s'est-il interrogé.
"La plupart d'entre eux n'ont aucune racine en Palestine, mais ils tiennent le destin de la Palestine entre leurs mains et se permettent de tuer le peuple palestinien."
Le président iranien n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, en octobre, Mahmoud Ahmadinejad avait été vivement critiqué pour avoir comparé Israël à une "tache honteuse" qui devrait être "rayée de la carte". Malgré les condamnations unanimes, le chef de l'Etat avait maintenu ses propos et avait même organisé de grandes manifestations anti-israéliennes.
Les dernières déclarations de Mahmoud Ahmadinejad ont à nouveau suscité l'indignation générale. A commencer par Israël où le ministre des Affaires étrangères Silvan Shalom a estimé que les propos prononcés jeudi par le président iranien "devraient provoquer un réveil de nous tous à travers le monde".
"Cette déclaration étrange et extrême nous montre, encore une fois, à qui nous avons affaire", a ajouté Silvan Shalom. "Nous devrions tout faire pour le stopper et pour stopper les efforts iraniens en vue de développer la bombe nucléaire. Ce pays qui ne reconnaît pas l'existence de l'Etat d'Israël fera tout pour détruire l'Etat d'Israël."
"Indignation"
A Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Jacques Chirac, à l'issue d'une rencontre informelle consacrée à l'Europe, ont condamné jeudi les propos de Mahmoud Ahmadinejad.
"Ces propos du président iranien sont parfaitement inacceptables. En tant que chancelière d'Allemagne, qui a à cet égard une responsabilité face à l'histoire, je condamne avec la plus grande fermeté ces positions", a déclaré Angela Merkel lors d'un conférence de presse conjointe avec Jacques Chirac.
Le président français a exprimé la même "indignation face au caractère inacceptable des propos qui ont été tenus par l'Iran". Le président français a noté que l'Union européenne partageait ce "sentiment unanime".
"Totalement inacceptables"
Au nom de l'Union européenne, le secrétaire britannique au Foreign Office, Jack Straw, a qualifié les derniers propos du président iranien de "totalement inacceptables". Pour lui, "ils n'ont aucune place dans un débat politique civilisé".
A Washington, le département d'Etat américain a qualifié les remarques du président iranien de "consternantes et répréhensibles".
Ces propos semblent "être un modèle récurrent de rhétorique qui est à la fois hostile et en décalage avec les valeurs que partage le reste de la communauté internationale", a souligné Adam Ereli, porte-parole du département d'Etat.
En France, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), en réponse à la "proposition du président iranien de délocaliser Israël en Europe", a proposé de "délocaliser Ahmadinejad hors du pouvoir". AP
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La nouvelle diatribe anti-Israël du président iranien
Quelques semaines après avoir affirmé que l'Etat hébreu devait "être rayé de la carte", Mahmoud Ahmadinejad a cette fois proposé que l'Allemagne et l'Autriche l'accueillent sur leur territoire si elles se sentent coupables de la Shoah.
Créé le 08 décembre 2005
Mis à jour le 08 décembre 2005 à 22h00
Mahmoud Ahmadinejad, le nouveau président iranien, continue ses attaques verbales contre Israël. En octobre, il avait scandalisé la communauté internationale, en affirmant que "Israël doit être rayé de la carte".
La diplomatie iranienne avait ensuite tenté d'atténuer ces propos en expliquant qu'ils niaient simplement toute légitimité à l'Etat israélien, politique que Téhéran suit depuis la révolution islamique.
"Deux ou trois provinces"
Ce jeudi, dans une interview à la chaîne de télévision satellitaire iranienne Al-Alam, il a cette fois proposé que l'Etat d'Israël soit hébergé en Europe, notamment en Allemagne et en Autriche, si ces deux pays s'estiment coupables de massacres de juifs pendant la 2ème guerre mondiale.
"Maintenant que vous croyez que les juifs ont été opprimés, pourquoi les musulmans palestiniens doivent-ils en payer le prix ? Bon, vous les avez opprimé, donnez un morceau de terre européenne au régime sioniste pour qu'il y établisse le gouvernement qu'il veut et nous le soutiendrons", a-t-il lancé. "Que l'Allemagne et l'Autriche donnent deux ou trois de leurs provinces au régime sioniste et le problème sera réglé à la racine", a ajouté le président ultraconservateur, élu en juin dernier.
"Tumeur"
Selon Mahmoud Ahmadinejad, "les pays européens insistent sur le fait qu'ils ont commis un génocide juif pendant la deuxième mondiale", et "qu'en conséquence ils doivent soutenir le régime d'occupation à Qods (Jérusalem)". "Nous n'acceptons pas cela", a-t-il encore commenté depuis La Mecque, où il participe à un sommet de l'Organisation de la conférence islamique.
Il a aussi fait référence au révisionnisme sur le génocide, en remarquant que "n'importe quel chercheur qui nie ce propos avec des preuves historiques est poursuivi durement, emprisonné et condamné". Qualifiant l'Etat d'Israël de "tumeur", il a réitéré la position traditionnelle de Téhéran sur l'organisation d'un referendum "des populations natives de cet endroit", excluant donc la population juive arrivée après la deuxième guerre mondiale, "afin qu'elles déterminent leur propre régime".
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Le Conseil de sécurité ONU condamne les propos révisionnistes du président iranien
9 décembre 2005 – « Les membres du Conseil des sécurité condamnent les remarques concernant Israël et niant l'Holocauste attribuées à Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d'Iran », a déclaré aujourd'hui à la presse le président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, le représentant du Royaume-Uni Emyr Jones Parry.
Emyr Jones Parry a ajouté que les membres du Conseil de sécurité soutenaient totalement la déclaration faite aujourd'hui par le Secrétaire général, dans laquelle il rappelle que « le mois dernier à peine, l'Assemblée générale a voté une résolution qui 'rejette tout déni de l'Holocauste en tant qu'évènement historique, que ce déni soit total ou partiel' », et « lance un appel urgent à tous les États Membres pour qu'ils combattent un tel déni et éduquent leurs populations aux faits historiques bien avérés de l'Holocauste » (voir notre dépêche d'aujourd'hui).
Le représentant du Royaume-Uni a souligné que le Conseil de sécurité réaffirmait « les droits et obligations d'Israël en tant que membre à part entière et de longue date des Nations Unies ».
Le Conseil réaffirme également qu'aux termes de la Charte des Nations Unies, « tous les membres se sont engagés à s'abstenir de la menace ou du recours à la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat ».
Le 27 octobre dernier, le Secrétaire général avait appris « avec consternation » les remarques de Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique d'Iran, appelant à « rayer Israël de la carte ». Il avait annulé en conséquence son voyage prévu en Iran (voir notre dépêche du 27 octobre 2005).
Le Conseil de sécurité avait le lendemain prononcé une condamnation des propos du président iranien (voir notre dépêche du 28 octobre 2005).
L'Assemblée générale a adopté le 1er novembre une résolution historique proclamant le 27 janvier, jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, «Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste», pour se souvenir des crimes du passé et pour prévenir les actes de génocide dans le futur (voir notre dépêche du 1er novembre 2005).
Le 27 janvier 1945, le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, où trois millions de personnes ont été victimes des chambres à gaz et des fours crématoires, a été libéré par les Alliés.
Au total, plus de 6 millions de Juifs, dont au moins 1,2 millions d'enfants, ont été exterminés par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, sur les 9 millions de Juifs vivant en Europe à la veille de la guerre. Dans les camps de la mort du régime nazi d'Adolf Hitler, ont aussi péri près d'un demi-million de Roms et près de 250.000 handicapés, ainsi que des milliers d'opposants au régime, d'intellectuels et d'homosexuels.
Dans sa résolution 181 (II) du 29 novembre 1947, l'Assemblée générale prévoyait la fin du mandat britannique sur la Palestine à compter du 1er août 1948, engageant le Royaume-Uni à assurer « l'évacuation d'une zone située sur le territoire de l'Etat juif et possédant un port maritime et un arrière-pays suffisants pour donner les facilités nécessaires en vue d'une immigration importante ».
Elle disposait aussi que « les Etats indépendants arabe et juif », ainsi qu'un statut international prévu à l'époque pour Jérusalem, commenceraient « d'exister en Palestine deux mois après l'évacuation des forces armées de la Puissance mandataire ».
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jeudi 8 décembre 2005, mis à jour à 18:21
Le président iranien propose un Etat juif en Europe
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a exprimé des doutes sur la réalité du génocide juif pendant la Seconde Guerre mondiale et proposé le transfert d'Israël en Europe.
© Reuters
Ces propos, tenus lors d'une conférence de presse à La Mecque (Arabie saoudite) et rapportés par l'agence de presse officielle iranienne Irna, font suite à ses déclarations controversées en octobre sur la nécessité de "rayer de la carte" l'Etat juif.
"Certains pays européens insistent pour dire qu'Hitler a tué des millions de juifs dans des fours et vont jusqu'à dire que quiconque affirme le contraire doit être condamné et jeté en prison", a déclaré le nouveau président ultra-conservateur.
"Bien que nous n'acceptions pas cette affirmation, si elle était vraie nous poserions la question suivante aux Européens: 'le meurtre de juifs innocents par Hitler constitue-t-il la raison de leur soutien aux occupants de Jérusalem?".
"Si les Européens étaient honnêtes, ils devraient offrir une partie de leurs territoires en Europe - comme l'Allemagne, l'Autriche ou d'autres pays - aux sionistes, de manière à ce que ces derniers y installent leur Etat. Proposez une partie de l'Europe et (en échange) nous vous soutiendrons", a-t-il ajouté.
Le gouvernement israélien a rapidement réagi à ces propos.
Pour le porte-parole du Premier ministre Ariel Sharon, Mahmoud Ahmadinejad "a exprimé un consensus existant dans de nombreux cercles du monde arabe voulant que le peuple juif (...) n'ait pas le droit de créer un Etat juif démocratique sur sa terre ancestrale", a dit Raanan Gissin.
"Je tiens à lui rappeler que nous étions ici bien avant ses ancêtres. De ce fait, nous disposons du droit d'être ici, sur la terre de nos aïeux, et d'y vivre. Grâce à Dieu, nous avons la capacité de nous défendre et d'empêcher que de semblables propos ne deviennent une réalité".
REACTION DE LA MAISON BLANCHE
"Ce n'est pas la première fois, malheureusement, que le président iranien exprime les idées les plus scandaleuses concernant Israël et les juifs", a déclaré de son côté Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "Il ne constitue pas un problème uniquement pour Israël, il est une source d'inquiétude pour l'ensemble de la communauté internationale."
A Washington, le porte-parole de la Maison blanche, Scott McClellan, a déclaré: "Cela ne fait que souligner nos inquiétudes quant au régime iranien et nous donne raison de penser que ce régime ne devrait pas être en mesure de mettre au point des armes nucléaires".
La République islamique d'Iran qualifie Israël d'"Etat terroriste" et a mis au point des missiles capables d'atteindre le territoire israélien. Téhéran affirme qu'il utilisera ces missiles en cas d'attaque israélienne contre les sites nucléaires iraniens.
A La Mecque, le chef de l'Etat iranien a également déclaré: "La question qui se pose est d'où proviennent ceux qui gouvernent en Palestine en tant qu'occupants? Où leurs pères vivaient-ils? Ils n'ont pas de racines en Palestine alors qu'ils se sont emparés du sort de cette nation."
"Le droit à l'autodétermination n'est-il pas l'un des principes contenus dans la charte des Nations unies? Pourquoi privent-ils les Palestiniens de leurs droits?", s'est interrogé Ahmadinejad.
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L'Iran surenchérit dans le négationnisme Moyen-Orient Le président Ahmadinejad s'en est de nouveau pris à Israël et a dénoncé le «mythe du massacre des Juifs».
Delphine Minoui Le figaro
[15 décembre 2005]
LE PRÉSIDENT IRANIEN persiste et signe dans ses diatribes anti-israéliennes. Hier, Mahmoud Ahmadinejad a réitéré ses propos en dénonçant le «mythe du massacre des Juifs» et en proposant de créer un Etat israélien en Europe, aux Etats-Unis, au Canada ou encore en Alaska. En octobre , il avait déjà provoqué un tollé au sein de la communauté internationale en appelant à «rayer Israël de la carte». La semaine dernière, c'est devant ses homologues des pays musulmans réunis à La Mecque qu'il a tenu ouvertement un discours négationniste sur la Shoah.
D'après Ahmadinejad, qui s'exprimait hier devant des milliers de personnes réunies à Zahedan, au sud-ouest de l'Iran, «ils (les Occidentaux) ont inventé le mythe du massacre des Juifs et le placent au-dessus de Dieu, des religions et des prophètes». Et d'ajouter : «Si quelqu'un, dans leurs pays, met en cause Dieu, on ne lui dit rien, mais si on critique le mythe du massacre des Juifs, les haut-parleurs sionistes et les gouvernements à la solde du sionisme commencent à vociférer.»
Rhétorique systématique
Ces nouveaux propos ont déclenché une salve de réactions indignées dans le monde entier, à commencer par celle de la Maison-Blanche qui les a qualifiés de «scandaleux». Pour un public iranien, ces paroles n'ont, en fait, rien de nouveau. Elles ne sont que la répétition de l'éternel refrain révolutionnaire qui domine l'espace public depuis le renversement du chah et la prise du pouvoir par les religieux en 1979. Tous les vendredis, la grande prière se termine ainsi à coup de slogans appelant à la destruction de l'Etat d'Israël.
La rhétorique antisioniste se retrouve aussi sur les nombreuses fresques qui ornent les artères de Téhéran. Mais depuis l'élection de Mahmoud Ahmadinejad, en juin dernier, ces propos sont devenus plus systématiques et contrastent avec la politique d'ouverture prônée par Mohammad Khatami, le président réformateur sortant.
A 49 ans, Mahmoud Ahmadinejad, l'ancien maire populo-islamiste de Téhéran, est d'une autre trempe. Arrivé au pouvoir en août dernier, il a joué la carte du changement radical. Il a fait rappeler une quarantaine d'ambassadeurs en poste à l'étranger, a changé les directeurs de six banques étatiques et placé des amis des gardiens de la révolution au gouvernement. Il a aussi fait nommer Ali Larijani, proche de son idéologie, à la tête du délicat dossier nucléaire. Il y a quelques jours, ce dernier a ouvertement annoncé l'intention de l'Iran de reprendre au plus vite l'enrichissement d'uranium. Au risque de se mettre à dos les Européens et de faire enrager les faucons de Washington.
«Le problème d'Ahmadinejad, note un diplomate occidental en poste à Téhéran, c'est qu'il fait tout pour coller à la caricature que les néoconservateurs de Washington se font de lui. Du coup, il alimente leur rhétorique. Et au lieu de servir les intérêts de l'Iran, il leur porte préjudice.»