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Municipales: quel est le rapport de forces pour le second tour?
Alexandre Sulzer  20 minutes

 
Le dépôt des candidatures en préfecture pour le second tour des élections municipales a été clos mardi à 18h. 20minutes.fr fait le point sur les forces en présence.

 

Combien de triangulaires?
Au vu des résultats du premier tour, quelque 110 villes de plus de 30.000 habitants pouvaient compter trois listes, mais des ententes, notamment avec le MoDem, ont réduit le nombre de ces compétitions. Les principales auront lieu à Pau, Bayonne, Biarritz, Aix-en-Provence, Montpellier, Nice, Ajaccio, Draguignan, Perpignan, Castres, Digne, Saint-Etienne, Moulins, Grenoble, Rennes, Metz, Toul, Schiltigheim, Mulhouse, Hénin-Beaumont, 5e, 7e et 14e arrondissements de Paris…

 


Combien de quadrangulaires?
Plusieurs sont annoncées, notamment à Cannes, Clermont-Ferrand, Bastia, Hyères, Foix et Puteaux.

 


Avec qui s'allie le MoDem?
Les situations divergent dans chaque ville. Parfois, il y va tout seul (Paris, Pau, Aix-en-Provence, Quimper, Belfort…), parfois il fait alliance avec la gauche (Marseille, Lille, Melun, Asnières, Chartres, Poissy, Aubagne, Brive-la-Gaillarde, Sèvres, Perpignan…), parfois avec la droite (Toulouse, Colombes, Nevers, Metz…). D'autres fois encore, il ne donne pas de consigne de vote (Strasbourg, Caen, Blois, Avignon, Evreux…).

 


Le PS fait-il alliance avec les Verts?
Oui, ils fusionnent dans certaines villes (Paris, Lille, Tours, Strasbourg, Valence, Quimper, Angoulême). Mais lorsqu'ils le peuvent, les écologistes se maintiennent, comme à Montpellier ou à Montreuil (où Dominique Voynet est tête de liste). Parfois, c'est le PS qui aurait refusé la fusion (Roubaix, Rennes, Montpellier, Grenoble).

Le PS fait-il alliance avec le PCF?
La règle veut que celui qui a recueilli le plus de voix bénéficie du désistement de l'autre. Mais celle-ci a volé en éclat en Seine-Saint-Denis, où le PS a maintenu quatre candidats (Bagnolet, Saint-Denis, Aubervilliers et La Courneuve).

Le PS fait-il alliance avec la LCR?
Faute de réponse du PS, la LCR, qui avait proposé aux socialistes des fusions là où elle obtenu plus de 5%, a annoncé qu'elle n'appellerait pas à voter pour le PS et le PCF, mais simplement à «battre la droite» (ex: à Toulouse).

 

 

Les luttes fratricides à droite et à gauche sont-elles résolues?
Oui, dans la plupart des cas. Le besoin de ne pas privilégier le camp adverse a eu raison des désaccords fratricides, aussi bien à droite qu'à gauche (à Reims, Aix-en-Provence, Belfort ou Avignon, par exemple). A Paris, la droite s'est réconciliée dans le 15e arrondissement, mais pas encore dans le 8e. Principales exceptions: Metz, Nice, Saint-Maur, Toul (rivalités à droite), Hénin-Beaumont, Evreux (rivalités à gauche).

 

 

Dans combien de villes se maintient le FN?
Il ne pouvait se maintenir que dans sept villes de plus de 30.000 habitants: Perpignan, Mulhouse, septième secteur de Marseille, Hénin-Beaumont, Villeneuve-Saint-George, Romans-sur-Isère et Calais. Dans cette dernière ville, le FN a toutefois décidé de se retirer pour favoriser l'UMP face au PCF.








La gauche progresse, la droite évite la déroute
Le Monde  10.03.08
Caroline Monnot et Jean-Baptiste de Montvalon



La nette poussée de la gauche, au premier tour des élections municipales, dimanche 9 mars, n'a pas pris l'allure d'une déroute pour la droite. Large défaite ou simple rééquilibrage après la "vague bleue" de 2001 ? La réponse sera en partie livrée dans deux grandes villes détenues par la droite, Marseille et Toulouse.

 

Se refusant à parler de "vote-sanction" – contrairement à Ségolène Royal –, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré sur France 2 : "Nous ne le saurons qu'à l'issue du second tour." Espérant bénéficier d'ici au 16 mars, date du second tour, d'un sursaut de leur électorat, les responsables de la majorité se sont efforcés de faire bonne figure. "Les chiffres du premier tour sont encore indécis, mais ils sont plus équilibrés que ce qui nous avait été annoncé tout au long de cette campagne", a déclaré François Fillon dès le début de la soirée.

 

Les reconquêtes du PS. Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, avait fixé comme objectif à son parti de reprendre trente villes parmi la quarantaine de perdues en 2001. Seules deux ont basculé dès le premier tourdans l'escarcelle du PS : Rouen et Bourg-en-Bresse.

Assuré de garder Paris, Lyon, et Lille, le Parti socialiste a ravi des villes moyennes telles qu'Alençon, Laval, Chalon-sur-Saône ou encore Rodez, qui étaient détenues par la droite de longue date. Le PS semble bien placé pour reconquérir Strasbourg, voire Toulouse, et peut espérer gagner Amiens, Angoulême et Orléans.

 


La résistance de la droite. Conservant facilement Bordeaux, où Alain Juppé a été réélu dès le premier tour, la majorité a préservé ses chances à Marseille. Alors qu'il avait été donné perdant dans des sondages récents, Jean-Claude Gaudin, qui est arrivé en tête dans cinq des huit secteurs de la ville, paraît désormais en mesure de conserver la mairie. Le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a été réélu dès le premier tour à Meaux (Seine-et-Marne) avec près de 68 % des voix.

Le sort des ministres. Deux des vingt-deux ministres candidats l'ont emporté dans des villes détenues par la gauche : Laurent Wauquiez au Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Luc Chatel à Chaumont (Haute-Marne). A l'inverse, Christine Lagarde et Christine Albanel figurent sur des listes UMP largement distancées par le PS dans les 12e et 4e arrondissements de Paris. Xavier Darcos est en ballottage incertain à Périgueux, de même que Rama Yade, numéro trois sur la liste UMP de Colombes (Hauts-de-Seine).

 


Vote national ou enjeu local ? Afin de préserver les chances de l'UMP, le premier ministre a clairement "dénationalisé" les enjeux du scrutin, prenant le contre-pied de la ligne qui avait été fixée par Nicolas Sarkozy et qu'il avait lui-même suivie jusqu'à présent. "Il ne faut pas mélanger les enjeux", a affirmé M. Fillon. Cherchant à pousser son avantage, le PS, à l'inverse, a continué de prendre pour cible le couple exécutif. Selon M. Hollande, les électeurs ont manifesté par leur vote leur "volonté d'avertir le président de la République et le gouvernement sur la politique qui est menée depuis neuf mois et notamment sur la question du pouvoir d'achat". "J'ai vu monter très fortement la désillusion et même la colère", a indiqué Mme Royal.

 

 

Le MoDem parfois arbitre. Arrivé lui-même en deuxième position à Pau, où il est engagé dans une triangulaire incertaine, le président du MoDem, François Bayrou a indiqué qu'il ne donnerait "pas de consigne générale" pour le second tour, mais examinerait la situation "ville par ville, candidat par candidat". S'il a obtenu des résultats mitigés dans les villes où il présentait des listes autonomes, le parti centriste est en mesure de se maintenir au second tour dans plusieurs villes – où il a franchi la barre des 10 % –, comme Saint-Etienne, Aix-en-Provence, Chartres ou Metz. A Paris, le MoDem ne dépasse les 10 % que dans trois arrondissements (5e, 7e, 14e), mais franchit les 5 % (qui permettent de fusionner avec une autre liste) partout.

Cette position charnière du MoDem a relancé le débat interne au PS à son sujet. Sitôt connus les résultats du premier tour, Mme Royal a estimé qu'il fallait "faire des alliances partout avec le MoDem", rappelant qu'elle avait prôné un rapprochement avec François Bayrou lors de la présidentielle. M. Delanoë, qui pourrait lui disputer le leadership du PS, s'est délibérément démarqué de sa rivale sur ce point, dimanche soir, en ne s'adressant qu'aux Verts.

 

Le sursaut du Parti communiste, le soulagement des Verts. Avec les conquêtes de Dieppe et Vierzon, le PCF fait mieux que résister. Le parti de Marie-George Buffet conserve la quasi-totalité de ses bastions, en devançant le PS là où ce dernier avait déclenché des primaires.

 

Les Verts divisent par deux leur score à Paris. Mais devraient disposer de plus d'élus qu'en 2001 au soir du second tour, notamment grâce aux alliances qu'ils ont nouées avec le PS.

 

L'échec du Front national. Marine Le Pen est nettement distancée à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Le FN – qui présentait beaucoup moins de listes qu'en 2001 – en avait fait une bataille emblématique. 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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