Publicité

Les scores du Modem aux Municipales
Municipales : 16% des voix pour le Modem sur les 350 villes où se présentaient des listes autonomes


Après le premier tour des élections municipales, les principaux chiffres et analyses des résultats des candidats du Mouvement Démocrate montrent la réalité et la force de la ligne d'indépendance portée par le Modem. Ainsi, Jean-Jacques Jegou au Plessis Trévise, Denis Badré à Ville-d'Avray, Jean-Marie Vanlerenberghe à Arras, Rodolphe Thomas à Hérouville St Clair ou encore Hervé Chevreau à Epinay-sur-Seine ont notamment été réélus dès le premier tour. 15 villes ont été gagnées au premier tour dont 2 de plus de 40 000 habitants. Au total, sur près de 350 villes où se présentaient des listes autonomes, le Modem recueille en moyenne près de 16% des voix, ce qui confirme son ancrage territorial. Eric Azière, en charge des élections a estimé que le MoDem avait d'ores et déjà 554 conseillers municipaux élus au premier tour, et en prévoit "plusieurs milliers à l'issue du second".







Le MoDem au centre du jeu pour les alliances de second tour
20minutes

 
Le Mouvement démocrate (MoDem), qui risque de ne conquérir aucune grande ville, se retrouve pourtant au coeur de toutes les stratégies d'alliance et espère en tirer des bénéfices en termes d'élus.

Laminé aux législatives de juin 2007 avec seulement trois députés dont François Bayrou, le parti centriste compte en effet sur les scrutins municipaux et cantonaux pour commencer à reconstituer un réseau d'élus locaux, sur lesquels le "troisième homme" de la présidentielle (18,57% des voix) pourra s'appuyer pour préparer 2012.

 

Le MoDem est en position de se maintenir en triangulaires dans 37 villes de plus de 30.000 habitants et trois arrondissements de Paris (V, VII et XIVes), et réalise dans de nombreuses autres communes des scores supérieurs à 5% lui permettant de fusionner. Il jouera donc souvent un rôle d'arbitre, ce qui explique qu'il soit très courtisé à droite comme à gauche.


Alors que François Bayrou pourrait affronter une triangulaire à risques à Pau, seule ville que le MoDem espère conquérir, les responsables de l'UMP, jusqu'au Premier ministre François Fillon, n'ont pas hésité, lundi, à lui proposer "une négociation globale", en échange de leur soutien dans la capitale du Béarn. Une proposition à laquelle il n'a pas immédiatement répondu.


A Colombes (Hauts-de-Seine) où Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, est numéro trois sur la liste de la maire UMP sortante, le candidat MoDem (8,6% au premier tour) peut par exemple faire basculer le scrutin dans un sens ou dans l'autre.

 

Dès dimanche soir, Ségolène Royal, qui avait en vain recherché le soutien de François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle, avait pour sa part plaidé pour des alliances de la gauche "partout avec le MoDem". Le numéro un du PS François Hollande a cependant réaffirmé lundi que le PS n'est "pas dans une stratégie d'alliance", les accords ne pouvant se faire que "ville par ville".

 

A Paris, le maire PS sortant Bertrand Delanoë est pour l'instant resté sourd aux ouvertures du MoDem, qui lui propose un "partenariat".

Il parait en effet assuré de sa victoire sans les listes de Marielle de Sarnez (9,06%), même si les bayrouistes pourraient aider les socialistes à battre les maires UMP sortants dans les Ier, Ve et XVIIe arrondissements.

Le MoDem Paris, qui estime que "les conditions ne sont pas réunies" pour un rapprochement avec Françoise de Panafieu, espère que M. Delanoë prendra en compte plusieurs paramètres.

Celui à qui l'on prête des ambitions nationales voudra-t-il montrer sa "modernité" en réussissant l'alliance que Ségolène Royal n'est pas parvenue à nouer, demandent les centristes. Et tiendra-t-il compte des autres villes de France, où le MoDem peut choisir ou non d'aider les socialistes en fonction de ce qui se passe dans la capitale?

 

Ainsi, à Marseille, le candidat du MoDem Jean-Luc Bennahmias (ex-Vert), dont les 5,54% peuvent faire pencher la balance entre le socialiste Jean-Noël Guérini et l'UMP Jean-Claude Gaudin, a expliqué qu'il rencontrerait les deux candidats, car "ça se joue sur une discussion globale pour le MoDem qu'on essaie de faire à Paris, Marseille et Toulouse".

Comme au premier tour, où il avait par exemple soutenu l'UMP Alain Juppé à Bordeaux et le socialiste François Rebsamen à Dijon, le MoDem devrait s'entendre au cas par cas avec l'UMP ou le PS.

Pour le politologue Philippe Braud, le "problème" du MoDem est "comment faire bonne figure dans l'habit d'Arlequin de ses alliances multiples".








Très convoité, le MoDem opte pour une stratégie au cas par cas
Le Monde avec AFP et Reuters  11.03.08 



Le Mouvement démocrate (MoDem) s'est retrouvé au coeur de toutes les stratégies d'alliance au lendemain du premier tour des municipales. François Bayrou, président du MoDem, avait indiqué dès dimanche soir que son mouvement ne donnerait pas de consigne générale pour le second tour des municipales, mais examinerait la situation "ville par ville, candidat par candidat".

 

Lundi soir, il a réitéré sa position, en rejetant en particulier la main tendue par l'UMP. "Je n'ai eu aucune négociation d'aucune sorte, je n'ai d'ailleurs eu aucun appel d'aucune sorte en provenance notamment de l'UMP et je crois que dans tout ça il y a une grande part de bluff", a-t-il dit lors d'un point de presse. L'UMP avait fait, dans la matinée, une offre d'échange de bons procédés au parti créé par François Bayrou, dont le score national de 3,74 % cache des performances plus significatives dans les grandes villes.

"Nous partageons beaucoup de choses ensemble mais en même temps, il doit y avoir un échange entre eux et nous sur cette question", avait ainsi expliqué le premier ministre, François Fillon. "Effectivement, dans un certain nombre de villes la position du MoDem est très importante et peut décider du résultat", avait auparavant dit sur RTL Patrick Devedjian, qui a ensuite précisé à la presse qu'il n'envisageait qu'une discussion "globale". "Nous sommes ouvert naturellement à une discussion mais elle ne peut se faire que sur la base de l'échange", a-t-il déclaré.

 


Au PS, tandis que l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal souhaitait, dimanche soir, des "alliances partout" avec le MoDem, François Hollande a dit, lundi, n'accepter que des alliances au cas par cas, et à condition que le parti centriste accepte les programmes de la gauche. Il a fait remarquer que François Bayrou se présentait lui-même à Pau contre le PS. "Nous ne pouvons pas construire une alliance avec quelqu'un qui n'en veut pas et qui a comme seul objectif de victoire ce matin la ville de Pau qui est une ville dirigée par la gauche depuis 1971", a-t-il dit.



Situations diverses
Mardi matin, les situations dans les principales grandes villes en ballottage se présentaient de manière très diverses, le MoDem penchant tantôt à gauche, tantôt à droite, et parfois ni pour l'un ni pour l'autre.

Ainsi à Marseille par exemple, le MoDem Jean-Luc Benhamias, ancien élu des Verts, a annoncé, lundi soir, qu'il allait fusionner avec les listes de gauche emmenées par Jean-Noël Guérini, contre le maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin.

Idem à Melun, où le PS et le MoDem vont présenter une liste commune pour le second tour, pour tenter de ravir la préfecture de Seine-et-Marne au sortant UMP Gérard Millet. Selon l'accord conclu, Aude Luquet, tête de liste MoDem, prend la deuxième place de la liste commune, dans laquelle entre un tiers de ses soutiens.

Autre cas de figure très différent, Colombes. La liste de l'UMP sur place, où la secrétaire d'Etat Rama Yade est numéro trois, et celle du MoDem ont annoncé leur fusion pour le second tour dans cette commune des Hauts-de-Seine où la gauche est arrivée de très peu en tête dimanche.

A Strasbourg, la candidate MoDem Chantal Cutajar (5,74%), ancienne adjointe de la maire sortante UMP Fabienne Keller entrée en dissidence, ne retournera pas vers elle et a fait l'éloge publiquement du candidat PS Roland Ries, arrivé largement en tête au premier tour. Un accord avec la droite est donc exclu même si les négociations avec Roland Ries ont échoué en fin de journée, notamment en raison de réticences des Verts, avec lesquels le sénateur socialiste du Bas-Rhin s'était entendu dans la matinée.

Par contre, à Paris, Bertrand Delanoë a conclu lundi un accord avec ses alliés traditionnels, les Verts, mais a repoussé un accord avec le MoDem proposé par Marielle de Sarnez, chef de file MoDem à Paris, qui a parlé de "geste de fermeture".  Elle a répliqué en annonçant le maintien de ses trois listes ayant dépassé 10 % au premier tour. Soit celles du 14ème qu'elle mène, du 7ème et surtout du 5ème où son champion Philippe Meyer (14,33 %) détient peut-être la clef du duel Tiberi/Cohen-Solal.  L'accord de fusion des listes avec les Verts prévoit que Jacques Boutault, maire Vert du 2e, conduira la liste commune dans cet arrondissement. Les Verts auront en outre neuf places de conseillers de Paris, alors qu'ils en demandaient douze et qu'ils en avaient dix-sept dans l'assemblée sortante (23 en 2001).

Parallèlement, le MoDem ne donnera aucune consigne de vote pour le second tour dans plusieurs villes, comme à Caen.






Aucune stratégie nationale n'a guidé les alliances du MoDem 
La Croix

Le dépôt des listes pour le second tour des élections municipales est clos depuis mardi soir, donnant lieu jusqu'à la dernière minute à d'incessantes tractations

En 2001, aux dernières élections municipales, la bipolarisation de la vie politique jouait à plein. Hormis quelques rares exceptions locales, les deux camps faisaient bloc en fusionnant, entre les deux tours, les listes qui s’étaient concurrencées le dimanche précédent. Seul le FN, isolé, venait ici ou là troubler le duel droite-gauche.

 


Cette année, l’apparition du MoDem a changé la donne. Pour la première fois depuis les municipales de 1971, une force centriste a fait le choix à la carte de ses alliances d’avant le premier tour ou d’entre les deux tours. Un coup à droite, un coup à gauche. « Ville par ville, candidat par candidat », préfère dire François Bayrou.

 

Première attitude, le maintien de la liste MoDem lorsque celle-ci s’est qualifiée pour le second tour. C’est notamment le cas à Saint-Étienne (20,23 % des suffrages exprimés pour Gilles Artigues), Aix-en-Provence (20,15 %), Saint-Nazaire (18,69 %), Belfort (16,91 %), Saint-Malo (13,09 %), Quimper (11,61 %) et Rennes (10,23 %), ainsi que dans les trois arrondissements parisiens concernés, les 7e (15,69 %), 5e (14,33 %) et 14e (13,93 % pour Marielle de Sarnez).

 

À Blois, en revanche, où il aurait également pu se maintenir (16,19 %), le MoDem s’est retiré sans donner de consigne de vote pour le second tour. « Je n’ai pas une tête de roue de secours », a expliqué la tête de liste Jean-Pierre Mortelette. Le MoDem n’a donc pas voulu trancher entre le PS et le Nouveau Centre, auquel appartient le maire ex-UDF Nicolas Perruchot.


Dans les villes où le parti de François Bayrou n’est pas en situation de se maintenir et n’a conclu aucun accord avec l’ UMP ou avec le PS, il ne donne logiquement pas non plus de consigne de vote. C’est en particulier le cas à Caen et à Strasbourg. Dans plusieurs villes, comme Paris ou Strasbourg, le choix du MoDem est toutefois un choix par défaut, après l’échec d’un accord avec le PS.

« J’avais invité le MoDem à une légitime clarification vis-à-vis des électeurs, avant le premier tour », a expliqué le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Soulignant des « divergences » qui « rendent difficile la perspective d’une gouvernance commune » mais aussi des « convergences » qui, « une fois le Conseil de Paris élu », pourraient ouvrir « les voies d’un partenariat original ».

 


Restent les villes où le MoDem a passé un accord avec la gauche ou avec la droite. Le MoDem penche ainsi à gauche à Marseille, où il a dépassé 5 % des suffrages exprimés dans trois secteurs (1er, 3e et 5e), Lille et Poissy (Yvelines).

Dans cette dernière ville, où la liste PS avait devancé de 28 voix celle du MoDem, il s’agit avant tout d’une alliance contre le député et maire UMP Jacques Masdeu-Arus. Même chose à Asnières-sur-Seine, où les listes PS (33,66 %), divers droite (12,44 %) et MoDem (12,34 %) font front commun contre le député et maire sortant UMP Manuel Aeschlimann (41,56 %).

 


À l’inverse, le MoDem a conclu une alliance avec l’UMP dans des villes où il a obtenu entre 5 et 10 % : Colombes dans les Hauts-de-Seine (liste sur laquelle figure la secrétaire d’État Rama Yade), Metz et Toulouse. À Metz, le parti majoritaire a retiré son investiture à la députée UMP Marie-Jo Zimmermann, dorénavant alliée au parlementaire européen MoDem Nathalie Griesbeck, pour la donner à celle du maire divers droite Jean-Marie Rausch.

Enfin, à Toulouse, le MoDem (5,90 %) a opté pour le maire ex UDF Jean-Luc Moudenc, alors que le second tour s’ annonce très serré. À Toulouse, comme à Marseille, l’alliance avec la droite ou avec la gauche a toutefois provoqué localement des remous au sein du MoDem.

 

Les autres fusions sont sans surprise, notamment le « désistement républicain » pratiqué partout entre le PS et le PCF. Même principe d’union entre le PS et les Verts, que ce dernier parti ait obtenu plus (Valence, Quimper, Lille) ou moins (Paris, Strasbourg) de 10 %. Sauf, exceptions notables, Grenoble (15,57 %) et Montpellier (11,12 %) où les écologistes maintiennent finalement leur liste. 

Publicité
Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :