CPE : les Contre
NOUVELOBS.COM | 07.02.06 | 10:25
- Chez les syndicats
- Chez les politiques
Chez les syndicats
L'Apeis, Association de défense des chômeurs et précaires: Avec le CPE, "c'est la précarité, l'instabilité, c'est moins de droits et plus de contraintes".
La Confédération syndicale des familles (CSF) : L'"objectif caché" du gouvernement "est de détricoter le droit du travail".
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT:
- Le CPE ne va pas "régler le problème du chômage des jeunes". "C'est l'économie qui va créer les emplois, pas les contrats de travail. On en est au 35e contrat jeune depuis 20 ans, s'il suffisait de changer le contrat de travail pour régler le problème du chômage des jeunes, on le saurait", dit François Chérèque.
"Les moins de 26 ans ne comptent plus dans les effectifs des entreprises pour le calcul des systèmes sociaux, représentation syndicale, droit à la formation". Avec le CPE, les jeunes auront "deux ans de précarité". "Il faut donner des réponses sur l'apprentissage, l'alternance, la formation" afin de trouver des solutions "pour les jeunes qui n'ont pas le niveau de qualification adapté" au monde du travail. "Le Premier ministre a décidé tout seul d'un système qui est le plus flexible qui existe en Europe." (RMC Info, mardi 7 février)
- "Ce n'est jamais la modification du contrat de travail qui fait l'embauche mais le développement de l'emploi. Là-dessus le gouvernement est en échec". (Déclaration, lundi 6 février)
Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa : Le gouvernement va "mettre le feu à la plaine" s'il remplace le Contrat à durée indéterminée (CDI) par un contrat comme le Contrat première embauche (CPE). "Dans ce pays, les identités salariales se sont construites sur une figure dominante, le CDI" a souligné Alain Olive, qui a fustigé le CPE, contrat destiné aux jeunes permettant pendant deux ans de "licencier quelqu'un à tout moment sans que ça passe devant un juge".
Le secrétaire général de l'Unsa a en outre accusé le gouvernement de considérer "qu'il suffit d'enlever des garanties autour du contrat de travail pour relancer l'emploi". Sur la méthode, il a reproché au gouvernement d'avoir "contourné les syndicats" lors de l'annonce du CPE. Le responsable syndical s'est enfin demandé si le CPE respectait la réglementation internationale, notamment "la convention contre les discriminations de l'Organisation Internationale du Travail" signée par la France. (Déclaration, lundi 6 février)
La Fidl, le syndicat lycéen, "appelle toute la jeunesse à se mobiliser contre la précarisation des jeunes, réitère son souhait d'une mobilisation totalement unitaire".
- La Fidl dénonce un "gouvernement anti-jeunes", se disant "scandalisé" de la mise en place du contrat première embauche (CPE) et appelant "l'ensemble des lycéens à se mobiliser au plus vite pour préserver leur avenir". Le CPE "impose aux jeunes une période d'essai de deux ans pendant lesquels le jeune employé peut être licencié sans motif".
Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien "prépare dans le même temps une rentrée basée sur la sécurité avec mise en place de permanences police/justice et portiques de sécurité". "Nous ne pouvons laisser les mesures anti-jeunes se succéder !". (Communiqué, jeudi 19 février)
L'Union nationale lycéenne UNL, syndicat lycéen : Le Contrat première embauche est un "Contrat Précaire contre l'Epanouissement", et constitue une "véritable déclaration de guerre à notre génération". "Après s'être attaqué aux droits des travailleurs de plus de 26 ans, le gouvernement fait de la jeunesse sa cible principale avec l'élargissement du Contrat nouvelles embauches en créant le CPE, l'UNL condamne cette logique". En "s'attaquant aux droits des jeunes travailleurs et apprentis, c'est une véritable déclaration de guerre que le gouvernement fait à notre génération". "Après le CIP en 1994, le CPE marque une nouvelle étape franchise dans la précarisation de la jeunesse" car "au lieu de permettre aux moins de 26 ans, premières victimes du chômage, d'accéder à un emploi sûr, le gouvernement lance un contrat mettant une pression supplémentaire aux jeunes travailleurs".
(Communiqué, lundi 16 janvier)
La Mutuelle des étudiants : La LMDE a exprimé "sa vive inquiétude concernant la décision du gouvernement d'accélérer le calendrier parlementaire du projet de loi sur l'Egalité des chances, dans lequel les contrats première embauche doivent être intégrés".
"Aucune organisation de jeunesse n'a été auditionnée" sur ce nouveau contrat, qui s'adresse aux moins de 26 ans et autorise les employeurs à licencier leurs salariés les deux premières années, sans justification. Relevant que le gouvernement a déclaré l'urgence sur le texte puis a décidé d'en avancer l'examen par les parlementaires de quinze jours, elle a estimé "ce choix de bâcler le travail parlementaire étonnant et inquiétant". "Pourtant le sujet est suffisamment grave pour que le débat démocratique soit pleinement garanti". Elle a donc "renouvelé son appel au gouvernement à retirer ce projet et à engager 'un Grenelle de la jeunesse' concernant l'emploi et la situation sociale des jeunes". (Communiqué, mardi 24 janvier)
L'organisation étudiante Fage a regretté que "la précarisation qui s'applique à l'ensemble des salariés, par le biais du CNE, s'applique désormais également aux jeunes par l'intermédiaire du CPE". "La mise en place d'une période d'essai de deux ans prive les jeunes de la stabilité nécessaire à la réalisation de projets et de l'espoir d'un avenir serein". La deuxième organisation étudiante a en revanche exprimé sa satisfaction devant d'autres mesures annoncées lundi par Dominique de Villepin, comme "l'exonération totale de charges pour tous les contrats à durée indéterminée (CDI, CNE, CPE) signés au profit de jeunes de moins de 26 ans au chômage depuis plus de six mois" ou "l'indemnisation du chômage dès le quatrième mois" ou encore la rémunération obligatoire des stagiaires en stage supérieur à trois mois. (Déclaration, lundi 16 janvier)
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière :
- "La majorité des Français condamnent" ce contrat qui concerne "non seulement les jeunes" mais tous les salariés eu égard à une "volonté de mettre en cause le CDI qui est l'un des fondements du code du travail".
Jean-Claude Mailly reproche à Dominique de Villepin de vouloir "avoir raison tout seul". (France-2, mardi 7 février)
- "Nous constatons que le CPE concerne les étudiants quand ils sont à la recherche de stages ou de travail mais aussi les salariés de moins de 26 ans, les uns et les autres étant sous la menace d'un licenciement sans motivation". "A partir de ce constat, nous voyons que les critiques émises par les organisations étudiantes et les syndicats sont très largement convergentes". "Si c'est possible, FO est donc prête à une action ciblée pour tenter d'obtenir le retrait de ce contrat, selon des modalités à définir en commun". "FO n'a rien contre l'unité d'action, mais après la journée d'action du 4 octobre utile et réussie, il n'est pas question de rééditer des journées 'saute moutons', il faut faire plus fort". "On verra le moment venu si autre chose est possible". (Déclarations, jeudi 19 janvier)
Jacques Voisin, président de la CFTC : "J'ai l'impression qu'on ne s'est pas assez battus, pas assez engagés contre le CNE, nous aurions pu éviter les risques de sa deuxième version, le contrat première embauche (CPE)".
"Pour répondre au problème de la précarité, on la globalise". "Sur le fond le mal était déjà fait avec le CNE, un vrai coup de boutoir contre le droit du travail, avec sa période d'insécurisation de deux ans", pendant laquelle l'employeur peut congédier son salarié sans motif. Avec le CNE "on a complètement cassé les conditions du contrat de travail", car "en retirant la responsabilité de l'entreprise vis-à-vis du salarié, on a effectivement fusillé le code du travail". (Déclarations, jeudi 19 janvier)
Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC : La centrale rejette le Contrat première embauche "en l'état". "Le CPE présente un certain nombre de risques à l'analyse". Lors de l'annonce de la création du CPE, les organisations syndicales l'avaient rejeté, à l'exception de la CFE-CGC: Bernard Van Craeynest avait jugé que "le fait de limiter à deux ans la période de probation" pouvait "marquer un progrès". "Nous allons passer dans l'opposition" si le projet n'est pas modifié, a prévenu le nouveau président de la centrale des cadres.
Il a indiqué avoir adressé des "amendements aux groupes parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat", demandant notamment que le licenciement soit justifié et la prime de précarité aménagée en fonction du temps passé dans l'entreprise. (Déclarations, vendredi 3 février)
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU : "Il s'agit d'un dossier très lourd pour l'avenir des jeunes". Soulignant "la très large condamnation exprimée par les syndicats et leur communauté d'analyse sur ce sujet", il a estimé qu'il y avait là "assurément, une possibilité offerte de trouver des convergences". "Cette question qui est centrale pour l'avenir des jeunes va-t-elle susciter des mobilisations ? C'est une autre question", a-t-il estimé. (Déclarations, jeudi 19 janvier)
Le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) : Le Contrat première embauche "n'est pas conforme aux principes fondamentaux affirmés par la convention n° 158 de l'OIT, tant au regard de l'exigence du délai raisonnable de la période d'essai que de celle de la motivation du licenciement".
"Le principe même du contrat à durée indéterminée et la logique de protection de l'emploi qui le sous-tend sont à l'évidence dans la ligne de mire du gouvernement". "La précarisation sans cesse croissante des salariés, par un recours excessif à toutes ces formes dérogatoires au CDI que sont le CDD, le travail intérimaire, le contrat nouvelle embauche et le contrat première embauche, est déclinée désormais sur tous les tons, au nom du primat de l'économie sur le droit ou d'un principe de réalité libérale". (Communiqué, mardi 17 janvier)
Le syndicat des journalistes (SNJ), qualifiant le Contrat première embauche de "contrat de première exploitation" a estimé le CPE était "un leurre qui donne à la jeunesse un avenir en toc". "C'est au moment où les stagiaires dénoncent leur exploitation à outrance au travers du mouvement des masques blancs que le gouvernement trouve utile de jeter un peu plus d'huile sur le feu avec sa proposition de CPE". Selon le SNJ, "la profession de journaliste a aussi ses masques blancs avec la multiplication des 'contrats à durée impossible à déterminer'.
Stages peu ou pas rémunérés, piges au rabais, CDD à répétition sont le quotidien de nombreux jeunes journalistes ayant rêvé d'une profession à forte implication sociale".
Le SNJ, estimant qu'il est impossible de fournir une information de qualité avec "des 'soutiers' taillables et révocables pendant deux longues années", demande aux journalistes "d'apporter leur soutien à tous ceux qui, dans le cadre de la journée d'action du 7 février, se battent pour exiger le retrait du projet de CPE". (Communiqué, mercredi 1er février)
L'union syndicale Solidaires : Avec le CPE, "les employeurs auront toutes facilités pour se débarrasser de leurs salariés pendant deux ans. La réponse du gouvernement à la révolte des banlieues est donc d'accroître encore plus la précarité des jeunes". "Cette mesure discriminatoire, qui n'aura aucun effet sur l'emploi, est un nouveau coup porté au contrat à durée indéterminé (CDI)". "Face à ces attaques frontales contre les droits des salariés, une grève interprofessionnelle unitaire doit avoir lieu dans les plus brefs délais". (Communiqué, mardi 17 janvier)
Annie Thomas, présidente CFDT de l'Unedic : "Ce nouveau contrat rajoute une forme de précarité", alors que l'"on devrait tout faire aujourd'hui pour que l'emploi des jeunes soit fiable, sûr, qu'il leur permette d'avoir des projets".
"Ce n'est pas en introduisant beaucoup plus de flexibilité dans les contrats de travail qu'on va amener les uns et les autres à se sentir bien dans son travail, à être compétent, à vouloir s'investir... toutes choses dont l'économie française a besoin !". "La majorité des employeurs ont déjà déclaré qu'ils (n'allaient pas) garder les gens qu'ils ont embauché en CNE", le Contrat nouvelles embauches dont s'inspire le CPE.
"Si les jeunes ont des difficultés aujourd'hui", c'est notamment "parce que les chefs d'entreprise ne jouent pas le jeu !". Elle a également pointé la "responsabilité des pouvoirs publics par rapport à l'Education nationale, en particulier la formation initiale", dans l'important chômage des jeunes. "Tous les ans, 150.000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification (....), et lorsqu'on sort avec une qualification, elle n'est pas toujours adaptée aux besoins du monde du travail". (Déclarations, mardi 17 janvier)
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT :
- "On est au début d'un processus de mobilisation durable pour s'opposer à la déréglementation du travail". (Lundi 6 février)
- Les mesures Villepin concernant l'emploi sont "destinées à faire éclater le droit collectif, notamment en matière de contrats de travail". "Ces mesures épousent la thèse selon laquelle une plus grande flexibilité et précarité subies par les salariés permettraient l'amélioration de la situation de l'emploi". L'objectif de Villepin est "de favoriser la rupture négociée du contrat entre chaque salarié et son employeur. C'est un véritable marché de dupes".
"Toutes ces mesures sont, de plus, agrémentées de cadeaux financiers aux employeurs sous forme d'allégements et d'exonérations de charges. Le Medef vient de toucher ses étrennes". "Nous ne sommes pas parvenus à empêcher le CNE parce que nous n'avons pas su construire des prolongements à la journée d'action unitaire du 4 octobre 2005". (Le Monde, mardi 17 janvier)
La CFDT : "Dominique de Villepin choisit de répondre à la précarité des jeunes par un nouveau contrat précaire.
Malgré les mesures d'habillage (...), il s'agit ni plus ni moins d'un 'CNE jeunes' pour les entreprises de plus de 20 salariés qui instaure une discrimination par l'âge dans l'accès à l'emploi. Loin de sécuriser les parcours professionnels, cette mesure donne au contraire aux employeurs la possibilité de licencier les jeunes sans motif et à tout moment. L'accès des jeunes à l'emploi mérite autre chose qu'un contrat standard qui ignore la diversité des niveaux de qualification et des parcours initiaux". (Communiqué, lundi 16 janvier)
Le Medef estime que le contrat première embauche (CPE) "n'est pas une mesure phare" et qu'il "faut aller beaucoup beaucoup plus loin" dans la libéralisation du droit du travail. Dominique de Villepin "introduit un peu plus de flexibilité dans le droit du travail, et tant mieux". "Je ne crois pas pour autant que ce soit une mesure phare". "Il faut changer de modèle économique. Là on est en train de replâtrer un modèle qui existe, il faut aller beaucoup, beaucoup plus loin". (BFM, mardi 17 janvier)
François Desanti, secrétaire général de la CGT-chômeurs : "Comme le contrat nouvelles embauches (CNE), le CPE est un contrat précaire, mal payé, qui va mettre une main d'oeuvre toujours plus corvéable sur le marché du travail". "Cela ne va pas permettre, contrairement aux annonces qui sont faites, à ces jeunes d'avoir un accès au logement et au crédit normal, on sait que les bailleurs et les banquiers vont être extrêmement prudents". "C'est la remise à l'ordre du jour de ce qu'on appelait avant les contrats journaliers. Cela veut dire que l'avenir du salariat se conjugue au minimum".
"On assiste à l'organisation d'un grand garage de la précarité". (Déclarations, lundi 16 janvier)
L'UNSA, l'Union nationale des syndicats autonomes "désapprouve le contrat première embauche qui ne ferait que conduire à la généralisation du contrat nouvelle embauche qu'elle a déjà rejeté par ailleurs". L'organisation syndicale estime que "seule une véritable politique de croissance visant à créer des capacités de production supplémentaire pourra permettre de lutter contre le chômage". (Communiqué, lundi 16 janvier)
Jeunesse ouvrière chrétienne, mouvement d'éducation populaire : Le Contrat première embauche révèle un "manque de confiance accordée aux jeunes".
"Ce nouveau dispositif laisse les jeunes travailleurs dans l'incertitude pendant deux ans et doute que cela soit véritablement une solution pour l'emploi et s'interroge sur la confiance que la société accorde aux jeunes". La JOC "reste sceptique" et "se demande quel signe la société envoie aux jeunes pour leur donner confiance dans l'avenir". "La philosophie même du contrat, c'est, 'nous ne sommes pas sûr de vous, donc nous ne prenons pas de risques'". La JOC a estimé que les employeurs "devraient justement faire confiance aux jeunes, ne pas s'opposer à eux, leur donner une chance en fonction de leurs qualités". (Communiqué, lundi 16 janvier)
Chez les politiques
Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR: "C'est un premier tour de chauffe, ça suffira pas." "Tout ne se jouera pas à l'Assemblée nationale, ça se jouera aussi dans la rue et dans le cadre du rapport de forces." "J'espère que demain (lundi), du parti socialiste à la LCR, l'ensemble des syndicats et l'ensemble des collectifs, seront bien la main dans la main pour réclamer le retrait total et sans condition du contrat première embauche". (I-télé, lundi 6 février)
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste: "Dans sa course effrénée pour imposer la précarité à tous, le Premier ministre choisit une fois de plus le passage en force". (Déclaration, lundi 6 février 2006)
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes (PS) : "On n'a pas le droit de dire aux jeunes qu'une société ne propose que de la précarité", le gouvernement "a agi par pure idéologie libérale". (Déclaration, lundi 6 février 2006)
François Hollande, le premier secrétaire du PS :
- Le CPE va "ouvrir la porte au démantèlement général du code du travail". (Déclaration, lundi 6 février 2006)
- "Quand on entend un Premier ministre dire que le plus précaire, c'est le plus social, on n'est pas simplement contre un texte, on est contre une conception, une philosophie". "Si le CPE passe, c'est la porte ouverte vers le démantèlement général du code du travail". Il a récusé les accusations d'obstruction parlementaire sur le projet de loi relatif à l'égalité des chances, en assurant que les débats portaient "sur le fond". "Grâce aux informations données, au débat, on sait que le CPE n'est pas un contrat à durée indéterminée, c'est un contrat journalier qui peut être prolongé". "Si le plus social, c'est d'occulter les partenaires sociaux, si le plus social, c'est le plus précaire, c'est une conception du droit du travail inquiétante". (Déclaration sur Europe 1, lundi 6 février)
- Le "contrat première embauche" est un "sous-contrat avec un sous-salaire, avec une sous-sécurité, c'est-à-dire une vraie précarité". Il a fustigé "un contrat dérogatoire au droit commun". Le Contrat nouvelles embauches (CNE) "n'a pas créé un emploi de plus. Ce qui est en cause, c'est l'éclatement maintenant du droit du travail selon les catégories et les âges". (Voeux à la presse, lundi 16 janvier)
Lionel Jospin, ancien Premier ministre (PS): "Avec le CPE, on dit aux jeunes: "si vous voulez aller à l'emploi, il faut passer par la précarité"". Il a également critiqué le bilan du gouvernement en matière d'éducation et de violence à l'école. "Nous avions fait baisser la violence à l'école, je constate qu'elle augmente considérablement sous M. Sarkozy et M. de Robien". (Déclaration, vendredi 3 février)
Nicolas Dupont-Aignan, député UMP de l'Essonne :
- "Le CPE, c'est un pansement de plus", "ce n'est pas la solution alors qu'il y a l'infection dans le corps économique français". (Déclaration, lundi 6 février 2006)
- "Je crois que la gauche exagère beaucoup quand elle pousse des cris sur le CPE, pour autant je suis convaincu que ce n'est pas la solution". Le député a jugé que "ce CPE (lui) paraît une fausse bonne idée. Il serait bien plus utile de supprimer l'ISF et d'instaurer la TVA sociale". Et d'affirmer: "je ne voterai pas le CPE". "J'ai hésité mais je considère qu'aujourd'hui la priorité c'est aller à la racine des problèmes des Français et d'arrêter ce jeu politique dérisoire qui lasse tout le monde".
Que ce soit "à l'intérieur de la majorité avec la rivalité entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, les jeux politiques entre une gauche et une droite de la pensée unique". "Je crois qu'on est à la cote d'alerte". "Mon devoir d'homme politique c'est de dire les choses: est-ce que le monde politique va voir ce qui se produit dans notre pays?" s'est-il demandé. "Il y a un moment où les hommes politiques vont regarder la réalité en face". (RTL, mercredi 1er février)
Dominique Strauss-Kahn, député PS du Val-d'Oise, ancien ministre socialiste de l'Economie :
- "Le problème de ce contrat, c'est qu'il n'a pas pour vocation de traiter l'emploi du jeune, il a pour vocation de casser le code du travail". Le CPE "n'aura pas" d'effet sur l'emploi. "Il y a deux millions d'embauches par an dans notre pays et deux millions de débauches. Sur ces deux millions d'embauches, il y en aura peut-être à la fin de l'année 300 ou 400.000 qui auront été faites" par le contrat nouvelles embauches (CNE). "Nous ne sommes pas loin de 300.000 contrats depuis six mois et l'emploi salarié dans notre pays est exactement au même niveau qu'il y a six mois: 15.300.000 personnes".
Avec le CPE, sorte de CNE réservée aux jeunes de moins de 26 ans, "tout le risque sera supporté par le salarié". "C'est le rapport de forces qui change entre le salarié et l'employeur", a-t-il renchéri, tout en affirmant que ce texte était "un pas en avant, ou un pas en arrière plutôt, vers le patron de droit divin". DSK a estimé qu'il est nécessaire de plancher sur le départ, "d'ici deux ou trois ans", des salariés de la génération du baby-boom. "Aujourd'hui, il y a déjà des tensions sur un certain nombre de marchés, comme le bâtiment et la restauration". Pour y remédier, il a proposé la mise en place d'un "grand plan de formation en alternance financé par l'Etat, les régions, associant les syndicats, mais également les entreprises", car "il est temps que, dans notre pays, les entreprises prennent leurs responsabilités en matière de formation d'apprentis".
"Déboucher sur un CDI après une formation en alternance, c'est autre chose que de dire: 'Venez dans l'entreprise avec un contrat précaire et si vous êtes toujours là dans deux ans, si une semaine avant deux ans on ne vous a pas licenciés, si on oublie de vous licencier juste la semaine qui précède les deux ans, alors, par miracle vous aurez un CDI". (Déclaration, lundi 6 février)
- "Ce contrat est un recul considérable de la protection du droit du travail. Je ne l'accepte pas. Il mine la confiance des jeunes, fragilise leur avenir, précarise leur quotidien". "Ce contrat accroît la précarité pour nos enfants. On veut faire entrer les jeunes dans la vie active sur la base d'un contrat journalier. Celui qui embaucherait un jeune pourrait le licencier tous les jours sans motif". "Décréter l'urgence pour faire passer le projet avant les vacances, éviter toute mobilisation comme on a su éviter toute concertation, c'est se moquer du chômage des jeunes". (Le Parisien, mercredi 25 janvier)
Laurent Fabius, ancien Premier ministre PS :
- "S'il n'y a pas de concertation syndicale, que le texte est présenté par amendements et qu'on ne permet pas à la discussion d'aller jusqu'au bout alors que c'est un texte qui démolit le Code du travail, alors là, ça devient trop". "Ce n'est pas du tout moderne de dire que le seul moyen de créer de l'emploi c'est de démolir le droit du travail". "Beaucoup de jeunes sont en désarroi total et on utilise cette détresse pour démolir leur droits. Ce n'est vraiment pas correct". Laurent Fabius propose au contraire de créer des "emplois avec sécurité et formation, où on s'occupe des jeunes qui n'ont pas de qualification (...) où on les forme et qu'ensuite on puisse déboucher avec des garanties sur des emplois durables". (Canal+, mardi 7 février)
- "Les jeunes qui n'ont aucune qualification ne seront pas plus recrutés pour autant", "c'est la fin du CDI". (Déclaration, lundi 6 février 2006)
- Le CPE est "pour la première fois dans le droit du travail, la possibilité pour un employeur de renvoyer, virer du jour au lendemain tous les jeunes de mois de 26 ans sans aucune justification" ou "recours" possible.
Accusant Dominique de Villepin de dire "des choses mensongères", il a affirmé que l'employeur pourra "licencier tous les jeunes sans aucun motif" et "recommencer avec d'autres jeunes le lendemain". "Le même jeune (qui a été licencié), on peut le reprendre en CPE, c'est-à-dire sans aucune garantie, à condition qu'on attende trois mois". "Les jeunes qui n'ont aucune qualification ne seront pas plus recrutés pour autant" avec le nouveau contrat, et "les jeunes qui jusqu'à présent étaient recrutés en CDI (...) seront dans ce fameux CPE". "Dans un deuxième temps, tout ceci risque de s'appliquer à la totalité des salariés (...) c'est la fin du CDI". Pour remédier au chômage des jeunes, le dirigeant socialiste a proposé des "des emplois sécurité formation ou sécurité insertion", destinés aux "jeunes qui n'ont aucune qualification". "On les forme avec des garanties et au bout de deux ans ou trois ans, ils accèdent à un vrai CDI". "Il y a un donnant-donnant avec les entreprises: si elles acceptent de les prendre en CDI, à ce moment-là, il y a des avantages financiers, des allègements de charge". (Déclaration, dimanche 5 février)
- "C'est un recul massif sans aucune avancée économique.
Le gouvernement continue avec ses mauvaises habitudes". "Il essaie de prendre le pays de vitesse". "Pour la première fois, dans toutes les entreprises, les patrons vont avoir la possibilité de licencier des salariés sans aucun motif". "Je l'appelle le 'contrat pour l'exclusion'", "le gouvernement n'a absolument pas consulté les partenaires sociaux". (France Info, mardi 24 janvier)
Arnaud Montebourg, député (PS) de Saône-et-Loire:
- Le CPE est "job jetable" et "le projet le plus généreux jamais imaginé par un gouvernement au profit des entreprises et non au profit de la jeunesse". "M. de Villepin ne fait en vérité que du social pour le patronat et les grandes entreprises". "Les entreprises du CAC 40 qui réalisent des milliards d'euros de profit ont-elles besoin d'allègement de cotisations sociales et de démantèlement du droit du travail pour embaucher ?" "Ce gouvernement aura inventé le job jetable. Il en paiera lourdement les conséquences." (Communiqué, lundi 6 février 2006)
- "C'est une opération éclair qui a pour objectif d'escamoter le débat parlementaire, la discussion avec les organisations syndicales (...) Lorsque vous piétinez votre opposition, votre majorité, les organisations syndicales, et que vous installez dans le droit du travail ce que demande le Medef, vous n'avez pas d'autre solution que la force. Le gouvernement utilise la force, elle se retournera contre elle. Nous ne nous laisserons pas faire et il faudra nous passer sur le corps pour que le Parlement, une fois encore, mette du sparadrap sur sa bouche et ne dise rien". (Assemblée nationale, mardi 24 janvier)
Martine Aubry, ancien ministre socialiste de l'Emploi a demandé au gouvernement de "retirer" son projet de "contrat première embauche", un dispositif qui marquerait, selon elle, "une précarisation généralisée de la jeunesse". Avec la création de ce contrat, les jeunes "risquent de ne connaître que précarité et exclusion jusqu'à l'âge de 26 ans". Ce projet "constitue une nouvelle étape du démantèlement complet du droit du travail auquel se livre la droite depuis près de quatre ans".
"S'ils sont institués, les contrats 'première embauche' remplaceront les CDI mais également les CDD, sans aucun effet sur l'emploi". (Communiqué, jeudi 26 janvier)
Parti communiste français : "Décidément, le Premier ministre n'a qu'une idée en tête, insécurité sociale et flexibilité au détriment des salariés. Comment construire son avenir, quand votre employeur peut vous licencier du jour au lendemain, sans justification, pendant deux ans ?" (Communiqué, lundi 16 janvier)
Hervé Morin, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale : "Dire aux jeunes: 'Pour vous, nous allons faire un sous-contrat de travail particulier en augmentant la précarité' est un message terrible, qui porte en lui la même symbolique que le CIP de Balladur". "Le gouvernement a décidé de faire le CNE. Soit ! Alors laissons le temps de l'expérimentation et, s'il porte réellement ses fruits au bout d'un an, étendons-le". "Mais arrêtons de vibrionner, cessons les effets d'annonce. Les Français subissent les conséquences de la course à l'échalote engagée entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy". "Le CPE ne règlera pas le problème" du chômage des jeunes.
"C'est au système scolaire de le faire. Il faut s'attaquer aux racines du mal, c'est-à-dire à la formation et à la qualification". (Les Echos, vendredi 27 janvier)
La LCR, la Ligue communiste révolutionnaire, s'est indigné d'une "nouvelle agression contre les jeunes et le monde du travail". "Un pas de plus vient d'être franchi dans l'institutionnalisation de la précarité pour tous". "Le chômage massif que connaissent les jeunes est utilisé par le gouvernement pour détruire le code du travail, les garanties collectives et faire de l'emploi précaire la règle commune". Dès lors, "il y a urgence à réagir tous ensemble". "Le monde du travail doit s'opposer à la politique du gouvernement, sans attendre 2007, par des mobilisations interprofessionnelles, par la grève". (Communiqué, lundi 16 janvier)
Alain Bocquet, président du groupe PCF à l'Assemblée nationale: "le gouvernement traite les jeunes au rabais". "Sous prétexte de sortir les jeunes de la trappe de la précarité, le gouvernement les traite comme les travailleurs de seconde zone" et "cautionne le recours massif des employeurs aux stages et aux petits boulots" (Communiqué, lundi 16 janvier)
Sergio Coronado, porte-parole des Verts : les jeunes "seront soumis à une période d'instabilité au moment même où ils sont en quête de stabilité pour commencer leur vie d'adulte.
C'est, comble de l'ironie, dans le cadre du débat parlementaire sur l'égalité des chances, discuté au Parlement à la mi-février, que sera mis en place le dispositif" (Communiqué, lundi 16 janvier)
François Bayrou, président de l'UDF : Le gouvernement "met en place un contrat de précarité absolue pour les jeunes". Ce nouveau contrat "ne va pas dans la bonne direction", ce n'est pas le rôle du Premier ministre "d'inventer un contrat de travail". "Ce n'est pas en concentrant la précarité sur les plus jeunes qu'on va résoudre les difficultés qui se posent à eux". Il a aussi reproché au Premier ministre de revenir sur son "engagement" de "ne pas élargir le contrat nouvelle embauche aux entreprises de plus de vingt salariés". "On revient sur cette promesse", a-t-il déploré. (RTL, mardi 17 janvier)
Jean-Pierre Brard député apparenté PCF : "La volonté de Dominique de Villepin est tout à fait claire: il faut aller le plus vite possible pour régler cela à l'esbrouffe et que le mouvement social n'ait pas le temps de prendre son ampleur, ne puisse pas se mobiliser pour défendre le code du travail. Avec le CPE, on fait sauter toutes les protections sociales et on est en train de livrer pieds et poings liés une main-d'oeuvre jeune qui sera taillable et corvéable, qui n'aura plus de protection sociale, sera sous payée et qu'on pourra licencier très facilement". (Assemblée nationale, mardi 24 janvier)
Eric Besson, secrétaire national du PS à l'économie et la fiscalité : "Cela prouve que le gouvernement a peur de la mobilisation qui est en train de se produire chez les jeunes et les salariés. On a tous compris que derrière le CPE c'est une remise en cause des principes fondamentaux du droit du travail et le début de la précarité généralisée. Le gouvernement teste le passage en force très rapide". (Assemblée nationale, mardi 24 janvier)
Gaétan Gorce, porte-parole PS pour les questions de l'emploi : "Le gouvernement commet une véritable forfaiture législative et sociale. Après avoir contourné la concertation sociale à laquelle il s'était engagé, il s'apprête aujourd'hui à contourner la procédure législative. Les députés socialistes engageront une bataille sans concession face à la provocation ainsi faite au Parlement et aux partenaires sociaux". (Assemblée nationale, mardi 24 janvier)