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L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord - OTAN (NATO - North Atlantic Treaty Organisation en anglais) est

une organisation politico-militaire créée à la suite de négociations entre les signataires du traité de Bruxelles (la

Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni), les États-Unis et le Canada ainsi que 5

autres pays d’Europe occidentale invités à participer (le Danemark, l’Italie, l’Islande, la Norvège et le Portugal),

ayant pour vocation initiale d'assurer la défense et la sécurité de l’Europe face à l’Union soviétique après la

Seconde Guerre mondiale. L'OTAN a néanmoins survécu à l'implosion de l'URSS.

Le siège de l’OTAN se trouve depuis 1966 à Bruxelles et son commandement militaire (SHAPE) à Mons

(Belgique). Grâce à ses moyens logistiques, l’OTAN a su, durant la Guerre froide, « garder les Américains à l’

intérieur, les Russes à l’extérieur et les Allemands sous tutelle. »[1] comme le souhaitait son secrétaire général d’

alors, Hastings Lionel Ismay. Son rival côté soviétique fut le Pacte de Varsovie.




Histoire

Les Européens veulent assurer leur sécurité, ils craignent un nouveau relèvement de l’Allemagne et, à l’Est la

menace communiste se fait de plus en plus forte, surtout après le départ de la majorité des troupes américano-

canadiennes qui stationnaient en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les alliés européens

souhaitent l’aide des États-Unis pour assurer efficacement leur défense.

Des pourparlers à Washington, du 6 juillet au 9 septembre 1948 définissent les bases du traité. Ce pacte militaire

est donc né d’un accord signé le 4 avril 1949 à Washington ; il s’agit du Traité de l’Atlantique Nord dont l’article

5 sur la solidarité entre ses membres en cas d’agression est le point primordial.

Ce traité a alors été ratifié par les États-Unis, le Canada, la Belgique, le Danemark, la France, les Pays-Bas, l’

Islande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni et le Portugal, qui à cette époque constituaient une

partie du bloc de l’ouest.

L’Alliance est rejointe par la Grèce et la Turquie (1952), l’Allemagne de l’Ouest (1955), et l’Espagne de l’après-

Franco (1982

Avec ce traité, les Américains rompent avec leur tradition d’isolement et entrent dans une alliance permanente avec

le continent européen.

 

En théorie,conformément à la Charte des Nations unies, et notamment à l’article 51, les pays de l’alliance s’en remettent à la décision du Conseil de sécurité (art. 5 et 7) lors de tout règlement de différend. Le traité réaffirme théoriquement sa subordination à l’ONU et le rôle important de celle-ci dans les relations internationales (art. 1er).


La fin de la Guerre froide à partir de 1989, la disparition de l’URSS et de l’adversaire « naturel » de l’Alliance

Atlantique, le Pacte de Varsovie, pose très vite la question de l’intégration des anciens satellites de l’URSS et des

Républiques soviétiques nouvellement indépendants.

En 1999, après la réunification allemande, l’OTAN intègre aussi la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, donc trois anciens satellites de l’URSS.
Dès 1999, l’OTAN engage ses forces dans sa première grande opération militaire, participant à la guerre du

Kosovo en bombardant la Serbie-et-Monténégro pendant 11 semaines (du 24 mars au 10 juin 1999). Cela pose déjà la grande question de l’avenir de l’OTAN, qui a perdu son ennemi naturel, le Pacte de Varsovie, et alors que la

Fédération de Russie traverse une crise qui est souvent interprétée comme une période de décadence.


Le 29 mars 2004, sept nouveaux pays (l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie) sont entrés dans l’organisation, en portant à 26 le nombre de membres. Ce sont des États militairement peu puissants, mais trois d’entre-eux, dont les Pays baltes, étaient d’anciennes républiques soviétiques à l’époque de la Guerre froide, et les autres des satellites du pouvoir soviétique, Slovénie excepté.

Cependant, une certaine opposition envers l’OTAN demeure au sein des populations concernées (manifestations

anti-OTAN en Crimée, par exemple). Les fortes minorités russophones condamnent une volonté présumée

essentielle de contrôler la nouvelle puissance russe, dont le taux de croissance économique autorise une certaine

modernisation des armées.

 

Le 1er avril 2009, juste avant le 24e sommet de l'OTAN à Strasbourg et à Kehl (ainsi qu'à Baden-Baden), qui

commémore le 60e anniversaire de l'OTAN, le porte-parole de l'OTAN annonce l'adhésion de l'Albanie et de la

Croatie, ce qui porte le nombre d'Etats membres à 28.

 

 

 

Structure des commandements politique et militaire

Le Commandement politique
Le Conseil de l’Atlantique Nord est l’organe principal de décision ,composé de représentants permanents des États membres (ayant rang d’ambassadeurs), avec plusieurs comités_ créés par le Conseil_ qui sont responsables de domaines particuliers .
Le Secrétariat international et l’état-major militaire international apportent leur concours au Conseil et aux comités. 


Le Commandement militaire
Auparavant, la structure de commandement militaire reposait sur une division géographique : une pour l’Europe

(Commandement allié pour l’Europe), une pour l’Atlantique (Commandement allié pour l’Atlantique) ; treize

quartiers généraux étaient subordonnés à ces commandements.

Depuis 2003, toute la fonction opérationnelle est concentrée en un seul commandement : le Commandement allié

des opérations (Allied Command for Operations - ACO), plus communément appelé Shape (Supreme Headquarters Allied Powers in Europe, Quartiers généraux suprêmes puissances alliées en Europe) basé à Mons, en Belgique et il n’y a plus que six quartiers généraux subordonnés.
Le Commandement allié des opérations dirige : trois état-majors interarmées basés à Brunssum (Pays-Bas), à

Oeiras dans la banlieue de Lisbonne (Portugal) et à Naples (Italie) et 6 états-majors de composante (air, terre, mer).

La structure permanente de l’OTAN (par opposition aux moyens apportées ponctuellement par les Nations dans le

cadre d’opérations comme l’ISAF en Afghanistan par exemple) intègre un grand nombre d'agences et de comités

(politiques, financiers, techniques) qui sont dédiés au soutien du commandement politique et militaire de l’OTAN .




Le budget
Le budget global de l’OTAN atteint 1735 millions d’euros pour 2005 :

le budget civil (175,9 millions d’€) ;
le budget militaire de fonctionnement (919,7 millions d’€) ;
le budget militaire d’investissement au service de la sécurité NSIP (environ 640 millions d’€).


Les cinq principaux contributeurs sont, dans l’ordre décroissant de leur participation financière (pourcentage en

2004) :

États-Unis : 29,16 %
Allemagne : 19,95 %
Royaume-Uni : 11,59 %
Italie : 7,33 %
France : 6,40 % (110 millions d’€)[4]; sa part théorique dans le budget OTAN est d’environ 13 % mais la France,

en vertu de son positionnement particulier dans l’OTAN, bénéficie d’un régime dérogatoire de « financement à la

carte » c’est-à-dire qu’elle peut choisir au cas par cas les opérations (budget militaire) ou programmes (budget

NSIP) qu’elle finance ; en contrepartie, les industriels français ne peuvent candidater qu’aux appels d’offre OTAN

que la France finance.




Le rôle complexe de la France  
La France, membre fondateur de l’OTAN, s’est retirée de la structure militaire intégrée et de sa direction en 1966.

C’était une décision du général Charles de Gaulle qui souhaitait être vraiment indépendant des États-Unis sur le

plan militaire. Cette indépendance devait concerner en particulier la force de frappe nucléaire dans le cadre de la

stratégie de la dissuasion du faible au fort. Le général de Gaulle se méfiait beaucoup de l’atlantisme qu'il

soupçonnait d’être une forme de domination américaine.

Dans le cadre d’un conflit majeur contre le Pacte de Varsovie, la République française serait restée un allié fidèle

et maintient donc régulièrement des exercices militaires coordonnés avec entre autres ses forces françaises en

Allemagne. À cette date, on peut donc dire que la France n’est pas membre de l’OTAN, mais reste membre de l’

Alliance atlantique, ce qui n’a pas la même signification. Les Américains ne peuvent donc pas agir sur les forces de l’armée française.

La politique du président gaulliste [Jacques Chirac] modifie pourtant cela en 1996, autorisant un représentant

français au comité militaire depuis 1996. C’est le début d’une évolution de la politique française héritée du

gaullisme. Le président Nicolas Sarkozy annonce en 2009 le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN mais elle n'intégre pas le comité des plans nucléaires.

Si le poids américain est considérable, l’OTAN reste une organisation de démocraties qui agissent sur la base du

consensus. (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)
From Wikipedia




France / Otan : les arguments pour et contre

Julie Connan (lefigaro.fr)
11/03/2009
Normalisation ou alignement ? Les principaux arguments du débat sur le retour complet de la France dans la structure militaire intégrée de l'Alliance, soutenu par Nicolas Sarkozy contre l'opposition et une partie de la majorité.

 
Pour :

- en réintégrant pleinement l'Alliance, la France ne sera plus considérée avec suspicion par les Etats-Unis. Elle améliorera son dialogue avec la superpuissance mondiale et aura plus de possibilités d'influencer les désisions prises à Washington.

-la souveraineté de la France n'est pas menacée, dans la mesure où les décisions sont prises à l'unanimité au sein de l'Otan et l'envoi de troupes se fait sur la base du volontariat.

-la France est déjà à 90% dans l'Alliance (dans 36 comités sur 38) et elle est l'un des principaux contributeurs en hommes et en financement à ses opérations (Bosnie, Kosovo et Afghanistan). De plus, sa coopération militaire quotidienne est déjà très développée avec l'Alliance depuis une dizaine d'années.

-la France gagnera en influence sur les décisions et sur la conduite des opérations. Avec plus de postes, ses militaires pourront mieux agir en amont dans la planification des missions. L'industrie d'armement française pourrait aussi en tirer profit.

-en étant totalement dans l'Alliance, Paris sera mieux placé pour faire avancer l'Europe de la Défense, plutôt que de donner le sentiment de jouer l'Europe contre l'Otan et les Américains.

-les missions de l'Otan ont évolué depuis le contexte de guerre froide dans lequel le général de Gaulle avait ordonné le retrait de la structure militaire en 1966 (voir son discours). De nombreux pays de l'ex-Pacte de Varsovie ont aujourd'hui rejoint l'Alliance.

 

Contre :

-la France risque de perdre son indépendance et de subir des pressions pour être entraînée dans des guerres qui ne sont pas les siennes. Elle va s'aligner sur les Etats-Unis et risque de devenir une «Grande-Bretagne bis».

-les postes supplémentaires obtenus par Paris au sein des structures militaires ne suffiront pas à compenser la suprématie des Américains dans la chaîne opérationnelle de l'Otan.

-l'Europe de la défense, qui avance à tous petits pas, risque d'être reléguée au second plan au profit de l'Otan, dont la majorité des membres croient avant tout dans le «parapluie» américain pour leur sécurité.

-depuis la fin de la guerre froide, l'Alliance est tentée de s'imposer comme le «bras armé» des Occidentaux au-delà de l'Europe, comme c'est le cas en Afghanistan, brouillant son image dans de nombreuses régions du monde.

-en défendant sa position singulière actuelle dans l'Otan, un pied dedans et un pied dehors («in and out»), la France est en pointe des avancées pourdévelopper des capacités européennes de sécurité et de défense, pour être en mesure d'apporter une réponse au cas où l'Otan ne serait pas utilisée.

-le retrait décidé par de Gaulle en 1966 n'a pas empêché la France de participer au cas par cas à des missions de l'Alliance, et de maintenir son rang d'allié, sans être un vassal des Américains.




Obama , l'UE et la Turquie

Barack Obama a estimé que l'entrée de la Turquie dans l'UE "constituerait un signal important" envoyé à ce pays musulman. L'appui du président américain à la candidature turque peut-il pousser les pays européens à revoir leur position ?

- Je ne pense pas que son avis puisse influencer qui que ce soit. La déclaration du président Nicolas Sarkozy a été très claire sur ce point. Les Turcs spéculaient depuis un certain temps sur le fait que Nicolas Sarkozy allait changer d'avis en cours de mandat et le président français a fermé le jeu très clairement.


Evidemment la position française ne compte pas plus que celle des autres Etats de l'Union européenne mais elle compte autant. C'est une union d'Etat et les décisions concernant l’adhésion de nouveaux Etats membres sont prises à l'unanimité. On sait aussi que la chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée à titre personnel contre l'adhésion de la Turquie.


L'intervention de Barack Obama pourrait même être dans une certaine mesure contre-productive, puisqu’elle attise le débat politique sur la question de la candidature turque. Un débat difficile que nous n'avons pas tellement eu en Europe depuis quelques mois.
En outre, il faut tenir compte du fait que les négociations d’adhésion sont pratiquement au point mort. La dynamique ne reprendra qu’avec la résolution de certains blocages politiques, notamment sur la question chypriote. Sur ce point, les américains n'ont pas d’influence réelle.


Comment peut-on interpréter le soutien des Etats-Unis à la Turquie ?

- La prise de position de Barack Obama renvoie à la grande vision stratégique américaine dans la région. Pour eux, la Turquie doit être intégrée au bloc occidental. C'est presque une vision héritière de la vision de la guerre froide où la Turquie était contre le bloc soviétique. Les Américains se disent : "il faut que la Turquie soit de notre côté dans la lutte contre l'islamisme politique et ses manifestations violentes" et peut-être aussi: "elle doit être de notre côté dans les tensions qui se réveillent avec la Russie post-soviétique".


Pourquoi la majorité des pays de l'Union européenne sont-ils toujours opposés à l'entrée de la Turquie ?

- Il y a plusieurs niveaux pour envisager cette question : le niveau des positions officielles et celui de l'opinion publique. On observe que, de façon générale, les populations européennes sont de plus en plus réticentes à l'entrée de la Turquie dans l'UE, y compris dans les pays qui étaient plutôt pro-adhésion. Les gouvernements sont pour la plupart assez attentistes sur cette question, excepté les quelques Etats qui sont ouvertement pour (Royaume-Uni, Suède) ou ceux qui sont ouvertement contre l'adhésion, comme la France.

Ce qui bloque c'est tout d'abord le problème de la fatigue de l'élargissement, la grande difficulté de l'UE telle qu'elle existe aujourd'hui à absorber le dernier grand élargissement et les petits élargissements successifs. La crise économique ne va rien apporter de positif sur ce point. Et si on raisonne en termes de capacité d’absorption de l’UE, la Turquie est un très gros pays. Son adhésion changerait la physionomie et le fonctionnement des institutions européennes. C'est une opération qui coûterait probablement très cher à l'Europe. De plus la finalité stratégique de cette opération n'est pas encore complètement définie dans la mesure où l'Europe elle-même ne sait pas très bien quel rôle elle aura à jouer sur la scène internationale dans l'avenir.
On doit aussi tenir compte du fait que la dynamique politique interne en Turquie aujourd'hui est peu lisible pour les Européens. Le pays traverse des phases successives d’instabilité politique et cela brouille l'image de la Turquie, particulièrement pour ceux qui doutent de la pertinence de l'adhésion de la Turquie.

 

La religion participe-t-elle également à ce blocage ?

- La question religieuse est toujours très délicate à soulever dans ce contexte des relations bilatérales UE-Turquie mais il est évident qu'elle est sous-jacente. Beaucoup d'européens ont plus de difficultés à envisager l'adhésion d'un pays musulman à 99%, dirigé par un gouvernement labellisé islamiste.


Ce qui est justement intéressant dans le discours de Barack Obama sur la Turquie, c'est qu'il dit qu'elle doit adhérer l'Union européenne parce que c'est un pays musulman. C'est une question que les dirigeants européens évitent de soulever systématiquement pour ne pas froisser les Turques et parce que finalement on est dans l'idée que l'Europe est un projet laïc. Les Européens ne veulent pas mettre l'accent sur les clivages religieux. Au contraire, du côté américain, ce qui importe c'est justement de valoriser cette identité religieuse dite modérée de la Turquie, comme pont vers le monde musulman.

From: Interview de Dorothée Schmid par Emilie Jardin
le figaro ?( 6 avril 2009)

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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