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Le Président déjeunait hier avec des parlementaires de toutes tendances.
M.Ecoiffier et F. Wenz-Dumas , Libération

De l’entrée au dessert, des tomates mozzarella à la mousse aux éclats de fruits et de chocolat,  il y a une vingtaine de parlementaires de tous bords conviés à déjeuner par le chef de l’Etat pour discuter régulation du capitalisme et paradis fiscaux ....

Ces députés et sénateurs que recevait le Président de la République font partie d’un groupe de travail original

constitué en novembre pour réfléchir sur la crise financière internationale. Ce club composé de 12 députés et 12

sénateurs, a donc décidé à l’issue du déjeuner de se baptiser «G24». «Le G24 est bicaméral et multipartis» , résume Hervé Mariton (UMP), qui est avec Jean-Pierre Brard (apparenté communiste), Jean-Pierre Chevènement (MRC), Henri Emmanuelli (PS) ou Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) un des piliers de cet aréopage placé sous la double responsabilité des deux présidents des commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat, le socialiste Didier Migaud et le centriste Jean Arthuis.


Arrivé un peu en retard dans la petite salle à manger, le Président «a tenu sa promesse de nous informer du

contenu du G20. Il nous reverra avant le prochain conseil européen de juin» , raconte un participant. Et s’il «a été

plus bavard que d’habitude» , il a mené son débriefing tambour battant, tutoyant les uns, charriant les autres, tout

en tapotant ses SMS, ravi de se mirer dans la vitrine de cette mini-union sacrée face à la crise.


Sur Obama

En plat de résistance, les premiers pas de Barack Obama sur la scène internationale. «Obama est un esprit subtil,

très intelligent et très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y

a un certain nombre de choses sur lesquelles il n’a pas de position», assure Nicolas Sarkozy. Et il «n’est pas

toujours au niveau de décision et d’efficience», dont lui-même ferait preuve. Exemple : la taxe carbone. Compte

rendu, version Sarkozy, de son échange avec Obama sur le sujet : «Je lui ai dit : "Je crois que tu n’as pas bien

compris ce qu’on a fait sur le CO2. Tu as fait un discours, il va falloir des actes." Le pack énergie-climat que j’ai

fait adopter sous la présidence française [de l’Union européenne, ndlr] prévoit en 2020 une baisse de 20 % des

rejets de 1990. Nous, en Europe, il y a des sanctions contre les Etats et les entreprises. Lui, il s’engage seulement à revenir au niveau de 1990 et il n’y a pas de sanction.»


Sur Barroso et Merkel
Nicolas Sarkozy tape aussi sur José Manuel Barroso, le président de la commission européenne, «totalement

absent du G20». Angela Merkel ? «Quand elle s’est rendu compte de l’état de ses banques et de son industrie

automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position», s’autocongratule le Président.


Sur la politique économique
Après ce compte rendu très personnel du G20, on passe aux choses sérieuses : la régulation du système bancaire et les paradis fiscaux. Nicolas Sarkozy propose de «créer un véhicule pour mutualiser les actifs pourris des établissements bancaires» , afin de ne pas refaire comme naguère avec le Crédit lyonnais une bad bank chargée d’écouler les actifs douteux. En même temps, il fait l’éloge de la titrisation, pourtant à l’origine de la crise américaine. «Il y a eu des excès, mais il faut la faire repartir», lâche Sarkozy. Henri Emmanuelli objecte un «ça se discute». «Henri, toi qui as été banquier, tu le sais très bien. La titrisation a permis le développement du monde depuis vingt ans», réplique le chef de l’Etat. «Je vais exiger de la Commission européenne que les banques aidées ou nationalisées cèdent des actifs, comme j’ai été obligé de le faire quand j’ai acheté 22 % du capital d’Alstom», poursuit-il, évoquant l’opération qu’il avait réalisée en 2004 lors de son passage au ministère de l’Economie.

Le centriste Jean Arthuis s’inquiète du coût pour le contribuable ? «S’il y avait une solution plus simple, je pense

qu’on me l’aurait dite», appuie Sarkozy. Quand Jean-Pierre Brard tente une percée sur le terrain du pouvoir d’achat, il se fait aussitôt rembarrer : «On ne va pas parler de ça. On ne va pas retomber dans la politique politicienne !»


Sur Zapatero et Berlusconi
Au moment du dessert, Nicolas Sarkozy se fait servir «une compote de pomme ...», s’étonne le député (Verts) François de Rugy. En guise de douceur, le président de la République ne résiste pas à informer ses

convives que «le gouvernement espagnol vient d’annoncer la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Et vous savez qui ils ont cité en exemple ?» «On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero», remarque Emmanuelli. «Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle», s’amuse Sarkozy en allusion à Lionel Jospin. Avant de revenir à son sujet de prédilection : «D’ailleurs, dans ma carrière politique, j’ai souvent battu des gens dont on disait qu’ils étaient plus intelligents et avaient fait plus d’études que moi.» «On a pensé à Villepin», lâche un convive. Conclusion du Président : «L’important dans la démocratie, c’est d’être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois.»





La population outrée par de prétendus propos de Sarkozy sur Zapatero
Jeudi 16 avril 2009 Par Adeline Percept , correspondante de FRANCE 24 à Madrid

Un article publié par le quotidien français "Libération", qui rapporte des propos peu amènes du président français

envers le chef du gouvernement espagnol, a déclenché un tollé sur le web et dans la presse ibériques.
Relatant le déjeuner du président de la République française, Nicolas Sarkozy, avec une vingtaine de parlementaires à l’Élysée, mercredi, "Libération" livre avec force détails les commentaires prononcés dans ce

cadre par le chef de l'État.

 

Nicolas Sarkozy s’en serait, entre autre, pris au président américain Barack Obama, à la chancelière allemande

Angela Merkel et... au président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

 

Le chef de l'État français aurait commencé par s'autocongratuler à ses dépends, en annonçant à ses convives que

Zapatero venait de prendre la décision de supprimer la publicité sur la télévision publique espagnole en s'inspirant

des nouvelles dispositions françaises, puis il aurait ajouté, très en verve, à son propos : "Il n’est peut-être pas très

intelligent."

 

"Paris caput mundi" 

Si l’Élysée s'est empressé de démentir la tenue de tels propos auprès de l’agence de presse espagnole Europa

Press, il n’empêche : le mal est fait.

 

Le buzz né sur tous les sites d’informations continue de plus belle. En quelques heures, jeudi, plus d’une centaine d’internautes ont, par exemple, posté des commentaires sur le site du journal catalan "La Vanguardia".

 

La presse s'est également emparée de l'affaire. Le quotidien de centre-droit "El Mundo", pourtant réputé peu

favorable au gouvernement, dénonce ainsi les propos du président français et le qualifie d’ "égocentrique".

 

À une dizaine de jours de l’arrivée de Nicolas Sarkozy à Madrid pour un sommet franco-espagnol, le journal

commente : "Carla Bruni sera à ses côtés, peut-être pour alléger les tensions, mais peut-être aussi pour contenir

les légèretés de son mari." Avant de fustiger, acerbe, un Sarkozy "qui se veut le maître du monde" et de conclure

son article par un ironique "Paris, caput mundi"...
  

Factuel, le papier d’ "El Pais", journal traditionnellement favorable au gouvernement Zapatero, est accompagné

d'un commentaire du porte-parole du Parti populaire (PP), le principal parti d'opposition : "Je ne me réjouis pas qu’il ait dit cela. Sarkozy a probablement raison, mais Zapatero est notre président du gouvernement et, quoi qu’il en soit, si on l’attaque, nous devons le défendre."



La presse espagnole très remontée contre Sarkozy
From ?
 
L’affaire tombe mal à une semaine de la visite d’Etat de Nicolas et Carla Sarkozy en Espagne, les 27 et 28 avril.

Après le tollé provoqué dans la péninsule par les propos imputés au président français sur José Luis Zapatero

plusieurs fois démentis, l’Elysée a pris contact avec les services du Premier ministre espagnol.


« On a expliqué à ses collaborateurs ce qui s’était passé. Il n’y a pas de problème », indique Claude Guéant à notre journal. Selon le secrétaire général de l’Elysée, Sarkozy devrait aborder le sujet avec Zapatero au téléphone avant sa visite. Entre Paris et Madrid, « il y a eu des preuves d’amitié », souligne encore l’Elysée, rappelant que Sarkozy avait fait des pieds et des mains pour permettre à José Luis Zapatero d’assister au premier sommet du G 20 sur la crise, en novembre à Washington.

En attendant, la presse ibérique continue à en faire ses choux gras. Dans son édition d’hier, le quotidien de droite « ABC » publiait une caricature de Sarkozy, juché sur des talonnettes géantes, et crânant : « Il est vrai que je peux

me permettre de voir plus haut que les autres dirigeants ! »




Le «sniper» Sarkozy irrite la presse anglophone

Les médias étrillent le Président, suite aux propos – révélés par «Libération» – qu'il a tenus à l'encontre de plusieurs leaders étrangers, Obama en tête.

From: N. Chapuis et et L. Equy ( Reuters) 
 
 
Rapportées par Libération, les petites phrases prononcées mercredi par Nicolas Sarkozy, lors d’un déjeuner avec

des parlementaires, continuent de rebondir dans la presse étrangère. Les médias espagnols ne sont pas les seuls à relayer les propos du chef de l’Etat – évoquant le manque d'intelligence de José Luis Zapatero. Les commentaires présidentiels sur Angela Merkel et les débuts de Barack Obama sur la scène internationale ont aussi fait tilter la presse anglophone.

Selon les convives, Sarkozy avait jugé que le président américain «est un esprit subtil, très intelligent et très

charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n’a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre

de choses sur lesquelles il n’a pas de position».

Une déclaration reprise par The Guardian, qui a interviewé le député (apparenté PCF) Jean-Pierre Brard, invité au

fameux déjeuner. Le quotidien britannique rappelle au passage les habituelles «vantardises» du chef de l’Etat, son «hyperactivité». Pour le coup, celui-ci s’est «surpassé», estime le quotidien : «Saisissant sa chance de se dépeindre en héros» anti-récession, «il s’est enfoncé par ses commentaires».

Un «humour peu amène» avant même d’attaquer les petits fours qui, conclut The Guardian, ne va «pas faire

remonter sa cote» auprès de Merkel, peu cliente du style sarkozyste. «Quand elle s’est rendu compte de l’état de

ses banques et de son industrie automobile, elle n’a pas eu d’autre choix que de se rallier à ma position», avait fait

remarquer Sarkozy à propos de la chancelière allemande, lors de la réception.

Pour le New York Times, qui moque la vision du «monde selon Sarko», ce dernier, connu pour «son amour de l’

action», aime aussi «rabaisser» ses homologues «dans des réunions pas si privées que ça».The Times voit, de son côté, dans les tacles du «sniper» Sarkozy, la «fin soudaine de l’éphémère lune de miel entre la France et les Etats-Unis». Ironisant sur les propos flatteurs du chef de l’Etat pour Silvio Berlusconi – «L’important dans la démocratie, c’est d’être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois» –, le journal britannique ajoute: «Il semble avoir adopté le tact» de l’Italien, «son homologue préféré». Idem pour le quotidien anglais The Daily Telegraph qui titre «Sarkozy insulte les chefs d’Etat lors d’un déjeuner» et rappelle que celui-ci est «peu connu pour sa délicatesse».

Malgré sa réputation, visiblement sans frontières, quelle mouche a donc piqué le président de la République ?

Certains titres croient avoir un début de réponse, qui se souviennent du courrier adressé par Obama à Jacques

Chirac, le mois dernier. «Comme cela a dû être irritant pour Nicolas Sarkozy...» fait mine de compatir l’hebdomadaire américain Time.



Nicolas Sarkozy insults world leaders over lunch
Nicolas Sarokzy, the French president, has managed to insult three of his country's closest allies in the time it takes

to eat a brief lunch at the Elysée Palace.

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/5168147/Nicolas-Sarkozy-insults-world-leaders-over-lunch.html

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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