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Les folles factures de l'UMP
Selon les documents que «Libération» a pu consulter, l’UMP aurait payé près de 20 millions d’euros, entre janvier et juin 2012, à la société de communication Bygmalion, proche de Copé. Pour des prestations

pas toujours évidentes à prouver.Combien l’UMP a-t-elle vraiment dépensé pour tenter de faire gagner son candidat à la présidentielle de 2012 ? D’après une enquête de Libération, qui a pu consulter les factures réglées par l’UMP à Event & Cie, la filiale de Bygmalion chargée de l’événementiel, le parti n’a pas seulement financé une partie des meetings de Nicolas Sarkozy.

 

Pendant la période de la campagne, entre janvier et juin 2012, l’UMP a réglé à Event & Cie pour près de 20 millions d’euros d’événements liés à la communication.

Alors que le Point révélait en février que plusieurs millions d’euros avaient été dépensés pour les meetings, notre enquête montre que les sommes versées par l’UMP à cette société fondée par des anciens proches de Copé, Guy Alvès et Bastien Millot, dépassent largement le cadre de ces événements.

Quels sont ces éléments ? Event & Cie, qui fait l’objet d’une enquête préliminaire pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance, a organisé des meetings de la campagne UMP (5,6 millions d’euros, dont une partie réglée par la campagne du candidat Sarkozy). La société a aussi, et surtout, organisé pendant la campagne 55 conventions pour environ 12,7 millions d’euros. Ces réunions, destinées en théorie à préparer le programme du candidat d’un parti, ont été payées en intégralité par l’UMP. A ces prestations, viennent s’ajouter l’organisation du conseil national de l’UMP, du raout de Villepinte et diverses opérations de com pour plus de 5 millions d’euros. Mais ce sont les conventions qui sont les plus intrigantes. Ont-elles existé ? Parmi les 55 payées, seules quelques-unes ont laissé des traces sur le site de l’UMP, et ce sont souvent les moins chères. Au sein du parti, les cadres interrogés sursautent, voire s’étouffent, à l’énoncé des montants. «Ce sont des francs CFA ?» s’étonne un ancien ministre UMP.

 

 

D'après le journal Libération de ce jeudi, 12,7 millions d'euros auraient notamment été versés par l'UMP pour 55 "conventions thématiques".
 Jean-Francois Copé s'exprime lors d'un meeting au Touquet-Paris-Plage, le 8 septembre 2013. Dans son numéro paru le 27 février 2014, "Le Point" accuse le président de l'UMP d'avoir "sponsorisé avec l'argent" de ce parti la société Bygmalion, fondée par deux de ses proches. Des allégations que conteste l'intéressé.

 

 L'UMP a réglé pendant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 près de 20 millions d'euros à une filiale de Bygmalion, agence de commmunication dirigée par des proches de Jean-François Copé, affirme jeudi 15 mai Libération, assurant que certains des événements généreusement rétribués semblent fictifs.

Expliquant avoir eu accès aux factures de la filiale Event&Cie, sur la période de janvier à juin 2012, couvrant la campagne présidentielle, Libération insiste en particulier sur les 12,7 millions d'euros versés par l'UMP pour au moins 55 "conventions thématiques" qui ont laissé peu de souvenir aux principaux intéressés.

  Le journal cite notamment une "conférence sur l'accès au crédit" le 30 mai 2012, trois semaines après la défaite de Sarkozy, facturée 299.000 euros. Or le député UMP Pierre Lellouche, supposé en être le principal intervenant, ne s'y est pas rendu selon ses agendas et ses souvenirs.

 

"Ce sont des francs CFA?"
Libération relève également une conférence salle Gaveau le 14 avril 2012, où il ne semble y avoir ni foule ni invités prestigieux, facturée pour la somme exhorbitante de 680.950 euros et consacrée une semaine avant le premier tour à "La France avec les printemps africains -

 

Regards croisés".

"Ont-elles existé?", s'interroge le quotidien à propos des fameuses "conventions". Au sein du parti, "les cadres interrogés sursautent, voire s'étouffent, à l'énoncé des montants", assure Libération. "Ce sont des francs CFA?" s'étonne un ancien ministre UMP, cité par le journal.

Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, a confirmé à Libération l'existence de "80 évènements" en 2012 et un chiffre global de 19 millions d'euros versés par l'UMP à Bygmalionpour cette même année. Il affirme avoir les preuves de la tenue de ces réunions sans accepter de les fournir au quotidien, qui évoque l'hypothèse de "frais de campagne déguisés". Et ce alors que le plafond autorisé pour la campagne était de 22,5 millions d'euros et que les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy ont déjà été retoqués.

L'avocat de Bygmalion, Me Patrick Maisonneuve conteste dans le journal "toute accusation de surfacturation" et "toute rétrocommission".

 

Plainte contre Le Point
Dans son édition du 27 février 2014, Le Point avait affirmé que Jean-François Copé avait favorisé Bygmalion, fondée par deux de ses proches, Bastien Millot et Guy Alvès. L'hebdomadaire évoquait alors une somme de 8 millions d'euros empochée par la société en "charge(ant) la mule sur certaines prestations facturées à l'UMP hors appel d'offres".

Pendant que Bygmalion jouit d'une santé financière "florissante", l'UMP a dû faire appel à ses sympathisants pour éponger les 11 millions manquants après l'invalidation des comptes du candidat Sarkozy, rappelait Le Point.

En mars, Jean-François Copé avait dénoncé un "coup monté" et "un tissu de mensonges" en peinant à convaincre. Il avait porté plainte contre Le Point.

Event&Cie fait l'objet d'une enquête préliminaire pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance

 

Le quotidien explique avoir eu accès aux factures d'Event&Cie, filiale de Bygmalion, sur la période de janvier à juin 2012. L'entreprise aurait ainsi reçu près de 20 millions d'euros de la part de l'UMP sur cette période, note "Libé". Ces généreuses prestations pourraient avoir été fictives, selon l'article.

 

Des conventions fictives?
Libération insiste en particulier sur les 12,7 millions d'euros versés par l'UMP pour au moins 55 "conventions thématiques" qui ont laissé peu de souvenir aux principaux intéressés. En voici deux exemples:

•une "conférence sur l'accès au crédit" le 30 mai 2012, trois semaines après la défaite de Sarkozy, a été facturée 299.000 euros. Or le député UMP Pierre Lellouche, supposé en être le principal intervenant, ne s'y est pas rendu selon ses agendas et ses souvenirs.
•une conférence salle Gaveau le 14 avril 2012, où il ne semble y avoir ni foule ni invités prestigieux, a été facturée pour la somme exhorbitante de 680.950 euros et consacrée une semaine avant le premier tour de la présidentielle à "La France avec les printemps africains -

 

L'entourage de Copé conteste mais ne donne pas de preuves
Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé, a confirmé à Libération l'existence de "80 évènements" en 2012 et un chiffre global de 19 millions d'euros versés par l'UMP à Bygmalion pour cette même année. 

Il affirme avoir les preuves de la tenue de ces réunions sans accepter de les fournir au quotidien, qui évoque l'hypothèse de "frais de campagne déguisés". Et ce alors que le plafond autorisé pour la campagne était de 22,5 millions d'euros et que les comptes de campagne de M. Sarkozy ont déjà été retoqués.

L'avocat de Bygmalion, Me Patrick Maisonneuve, conteste dans le journal "toute accusation de surfacturation" et "toute rétrocommission". 

Dans son édition du 27 février 2014, Le Point avait affirmé que Jean-François Copé avait favorisé cette entreprise fondée par deux de ses proches, Bastien Millot et Guy Alvès. Event&Cie fait depuis l'objet d'une enquête préliminaire pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance .

 

 

Copé à nouveau sous pression. Alors que le président de l'UMP était déjà accusé par Le Point d'avoir favorisé Event&Cie, une filiale de l'agence de communication Bygmalion fondée par des proches, Libération assure jeudi avoir eu accès aux factures de janvier à juin 2012. Sur cette période, qui correspond à la campagne de Nicolas Sarkozy, l'UMP aurait dépensé 20 millions d'euros auprès de cette société, dont 12,7 millions d'euros pour 55 "conventions thématiques". Libération conteste l'existence de certaines d'entre elles.

 

Fillon veut une commission collégiale pour superviser les comptes
A l'UMP, ces nouvelles informations font réagir. En premier lieu, le député filloniste de Paris Pierre Lellouche, supposé être le principal intervenant d'une "conférence sur l'accès au crédit" le 30 mai 2012, facturée 299.000 euros, mais dont il conteste le fait même qu'elle ait été organisée. Le parlementaire n'a pas attendu pour saisir son avocat afin "de défendre" son nom "et de sanctionner l'usage qui en est fait".

L'entourage de François Fillon ne joue pas la surenchère mais prend soin de rappeler qu'une enquête préliminaire pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance est en cours. "Cela fait des mois que François Fillon demande une commission collégiale pour superviser les comptes et que Copé lui oppose une fin de non-recevoir", regrette-t-on.

 

"Que Copé rende tout public!"
"On se sent mal à l'aise à l'UMP", confie un autre député filloniste, Bernard Debré. "Ce que l'on veut, ce sont les comptes. Ils sont sous scellés mais on ne sait même pas où. S'il n'y a rien à cacher, il n'y a rien à cacher. Que Copé rende tout public! On ne peut pas nous demander sans arrêt de l'argent pour le parti, voir qu'il est en déséquilibre financier et apprendre que 20 millions d'euros ont été empochés par Bygmalion. On ne va pas laisser les choses en l'état!", s'exclame-t-il, sans préciser qui est le "on". Mais aucune fronde publique ne devrait éclater avant les européennes du 25 mai. Celle-ci pourrait en revanche s'organiser dès cette échéance passée.

"Pour l'image de la maison, la réputation des uns et des autres, on ne peut pas laisser les choses en l'état. Après le 25, il y aura des initiatives à prendre", confirme à L'Express un ténor du parti. "Sans rendre forcément les comptes publics, il faut que Copé laisse deux ou trois personnalités des différentes tendances du parti accéder aux comptes et qu'ils les certifient eux-mêmes." "Vue la gravité des accusations, tout ce qui va dans le sens de la transparence est vu par François Fillon de façon positive", acquiesce-t-on opportunément dans l'entourage de l'ancien Premier ministre.

 

Des factures déjà accessibles aux cadres, selon Copé
"Les factures sont accessibles à tout cadre du bureau politique ou du comité exécutif, pour peu qu'il en fasse la demande", réagit-on du côté de Jean-François Copé. Le président du parti adopte pour l'heure la stratégie de la victimisation et du dos rond. "A quelques jours des européennes, nous ne sommes dupes de rien, insiste son entourage. L'histoire se répète et rappelle drôlement la séquence du Point avant les municipales." Pour preuve la sérénité du patron de l'UMP, son entourage renvoie à l'interview donnée en avril au Journal du Dimanche, avançant le chiffre de 143 évènements et de 23 millions d'euros de dépenses évènementielles en 2012. Soit un chiffre supérieur à celui de Libération, mais réparti sur l'ensemble de l'année 2012, quand Libération n'évoque que le premier semestre de cette année électorale.

"Nous sommes le seul parti à avoir communiqué les chiffres internes", se défend-on, en renvoyant sur un communiqué de cinq pages daté du 8 avril dernier qui répondait aux accusations du Point. Mais dans celui-ci, l'UMP dit avoir dépensé seulement 4,1 millions d'euros auprès d'Events & Cie "dans le cadre de la campagne présidentielle". Et ne détaille pas à quels autres prestataires est allée la différence entre ces 4,1 millions et les 23 millions d'euros évoqués par Copé. Celui-ci ne changera en tous les cas rien à son programme de campagne électorale face à ce qu'il qualifie d'"agitation médiatique".

 

 

 

 

From : Challenges , Liberation , l'Express,.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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