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 L'"affaire Bygmalion" serait celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy: les amis de Jean-François Copé ont porté lundi un coup très dur à l'ancien chef de l'Etat, dont les partisans espèrent toujours le retour pour sauver une UMP en voie d'implosion.

 

Répondant aux questions des journalistes, Me Maisonneuve, l'avocat de Bygmalion, passe à table : il reconnaît l'existence de fausses factures d'un montant de 10 à 11 millions d'euros, destinées à dissimuler des dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy. Selon lui, un "schéma" permettant de dissimuler des dépenses avait été mis en place à la demande de l'UMP et Bygmalion a été victime d'un "chantage économique" de la part du parti. Mais il dédouane Jean-François Copé, qui n'a, dit-il, pas bénéficié de ce système. "On parle de l'affaire Bygmalion. je pense qu'il s'agit plutôt de l'affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, a déclaré Me Maisonneuve, qui explique que la société "n'a pas financé M. Copé, ni à titre individuel ni à titre politique."

 

Livrant l'image rarissime d'un homme politique en larmes à la télévision, l'ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, est venu en direct sur BFMTV admettre des "dérapages".

"Il y a eu des factures présentées à l'UMP qui correspondaient à des dépenses faites pour la campagne" du chef de l'Etat sortant, a reconnu ce très proche de Jean-François Copé, tout juste élu la veille député européen dans le Nord-Ouest.

Pourquoi? Parce que les dépenses de campagne "sont plafonnées", et qu'"au-delà d'une certaine somme, on ne peut plus les intégrer dans le compte" du candidat, a-t-il expliqué. Or "il y a eu un dérapage sur le nombre - non pas sur la valeur - mais sur le nombre d'événements qui ont été organisés dans le cadre de cette campagne" nécessitant du coup de les facturer à l'UMP.

"Je n'ai jamais eu à discuter ce genre de sujet, ni avec M. Sarkozy, ni avec M. Copé. J'assume mes responsabilités", a assuré M. Lavrilleux, précisant qu'il y avait eu "environ 11 millions d'euros de dépenses liées à la campagne ventilées sur d'autres opérations". Mais "il n'y a eu aucune malversation, aucun paiement en liquide", ni "enrichissement personnel", a-t-il insisté, en pleurs.

 

 Dans une déclaration bouleversante sur BFM TV, Jérôme Lavrilleux confirme, les larmes aux yeux, les déclarations de Me Maisonneuve, l'avocat de Bygmalion. Il admet que ces manières de facturer "sincères, mais non conformes" étaient une façon de "ventiler" des dépenses liées à la campagne de Nicolas Sarkozy. Le directeur de cabinet de Jean-François Copé, la gorge nouée, reconnaît de vraies-fausses factures, correspondant à de véritables prestations, mais qui ont été réglées par l'UMP, alors qu'elles auraient dû être imputées à la campagne présidentielle de 2012. Il dément tout enrichissement personnel et explique que ni Jean-François Copé ni Nicolas Sarkozy n'étaient au courant.

 

Les déclarations de Jérôme Lavrilleux, rouage essentiel de la campagne de 2012, confirment ce que révélait un peu plus tôt Patrick Maisonneuve, l'avocat de la société de communication Bygmalion, qui a exposé cette ligne de défense au cours d'une conférence de presse impromptue à son cabinet, devant des journalistes médusés.

Ces graves accusations ébranlent un peu plus le parti au lendemain d'une gifle aux européennes où il a terminé derrière le FN, envoyant 20 députés au Parlement européen contre 29 sortants.

 

- Copé sauvera-t-il sa tête -

Quasiment au moment où Me Maisonneuve commençait à s'exprimer, les enquêteurs de l'office anticorruption entamaient une série de perquisitions: à l'UMP, chez Bygmalion (longtemps dirigée par des proches de Jean-François Copé), dans l'association politique de ce dernier, Génération France.

Autre cible des enquêteurs de l'office anticorruption de la PJ (OCLCIFF): l'Association nationale pour la démocratie locale (AMDL), structure de formation des élus UMP présidée par Michèle Tabarot, autre très proche de Jean-François Copé.

Selon Patrick Maisonneuve, l'UMP "n'a pas financé" Jean-François Copé "ni à titre personnel, ni politiquement". Il n'y a eu ni rétrocommissions, ni surfacturations, a-t-il répété.

 

Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé étaient-ils au courant de cet "habillage"? L'avocat ne répond pas: "Que les responsables politiques disent clairement qui a fait quoi et quand (...) qu'ils aient le courage politique de le faire", s'est-il borné à dire à la veille du bureau politique d'une UMP qui semble au bord de l'implosion.

Sans même ces sommes potentiellement dissimulées, les comptes de la campagne Sarkozy avaient été invalidés par le Conseil constitutionnel en juillet 2013, une première pour un candidat de premier plan dans l'histoire de la Ve République. Les Sages avaient arrêté à près de 23 millions d'euros les dépenses de campagne du président-candidat, soit près de 500.000 euros de plus que le plafond autorisé.

 

Cela avait forcé l'UMP à lancer un appel aux dons de ses militants, "le Sarkothon", qui avait permis de recueillir plus de 10 millions d'euros. Par ailleurs, le meeting de Toulon, en décembre 2011, intéresse également la justice qui a ouvert une enquête préliminaire à l'automne.  

 

Et les promesses de plaintes se sont succédé. Jean-François Copé devrait en annoncer une mardi. Le député UMP Pierre Lellouche, entendu comme témoin, a confirmé n'avoir pas participé à une convention alors que sa présence était mentionnée sur une facture. Il a promis une plainte pour usurpation d'identité.

Pierre Lellouche a répondu aux questions du Point.fr après l'annonce de son dépôt de plainte dans le cadre de l'affaire Bygmalion. "J'ai porté plainte pour usurpation d'identité parce que j'ai été sali, mon nom a été accolé à une conférence qui se serait déroulée le 30 mai 2012, trois semaines après la défaite de Nicolas Sarkozy ! Et qui aurait coûté 299 000 euros ! Pourquoi une telle somme, s'interroge le député de Paris, alors que les locaux et les intervenants sont gratuits et que l'on invite les adhérents par mail ou par SMS ? Et puis je m'interroge sur le thème de la convention "l'accès au crédit" ? Je peux vous parler de l'Irak ou du Mali, mais le "crédit" n'est pas mon sujet de prédilection."

Auditionné ce lundi par les policiers à Nanterre, Pierre Lellouche annonce qu'il porte plainte pour usurpation d'identité, son nom ayant été utilisé, selon lui, dans l'affaire Bygmalion. Il appelle en outre à un changement à la tête de l'UMP. "J'ai versé au sarkothon", a expliqué Pierre Lellouche. "Si je comprends bien, une partie de cet argent est allée on ne sait où. Si ce détournement s'est fait avec la complicité de certains à l'UMP, c'est de l'abus de confiance. Si l'UMP a été victime de gens peu scrupuleux, c'est une escroquerie." Il a donc "porté plainte pour" l'un ou l'autre, "selon le cas".

Pierre Lellouche confirme que, ce jour-là, il était le matin à l'Assemblée nationale, puis le soir à une réunion en présence de Xavier Bertrand. "Mes agendas sont entre les mains de la justice." "Je cherche à protéger mon nom et ma famille politique contre ce genre de dérapages. J'ai ainsi porté plainte en tant qu'adhérent de l'UMP, pour escroquerie et abus de confiance", ajoute-t-il. "Cette affaire nous a probablement fait perdre plusieurs points lors du scrutin des européennes, il appartient donc à Jean-François Copé d'en tirer les conséquences. J'attends du bureau politique de mardi une solution rapide."

 

La partie sera difficile mardi pour Jean-François Copé. Son grand rival au sein du parti François Fillon juge que l'UMP est "atteinte dans sa crédibilité" et que "son honneur est mis en cause".

 

Selon nos informations, René Ricol, l'ex-commissaire aux comptes, a décliné la proposition de Jean-François Copé de faire un audit des comptes de l'UMP. Celui-ci comptait donner des gages à ses détracteurs. Raté. "Il n'est pas question de procéder à un tel audit dans la mesure où une information judiciaire est en cours", a expliqué au Point.fr René Ricol.

 

Le filloniste Bernard Debré réclame le départ de Jean-François Copé et d'une partie de son équipe lors de l'émission Lundi Politique (Metronews-France Bleu 107.1) "Vous croyez que l'affaire Bygmalion n'a pas impacté ? Quand on voit qu'il y a eu 20 millions, dont certaines fausses factures, des trucs invraisemblables !" s'est exclamé l'ancien ministre. Il a déploré, sans citer nommément Jérôme Lavrilleux, tête de liste UMP dans le Nord-Ouest, que l'on ait désigné "le plus proche de Jean-François Copé pour qu'il soit un peu à l'abri de la justice".
Donc, "Copé doit partir, avec une partie de son équipe", a tranché M. Debré en déplorant "toutes ces casseroles qui font un bruit terrible".


Soupçonné par la presse de favoritisme au détriment des finances de son parti, Copé peut-il rester président de l'UMP ? s'est vu questionner Bruno Le Maire sur France 2. "Ça ne me paraît pas une bonne idée de rajouter de la crise à la crise", a-t-il répondu. "Il faut faire une transparence totale, immédiate, incontestable sur les comptes de l'UMP. Ça doit être fait rapidement. On le doit à nos militants, nos donateurs, ensuite on en tirera toutes les conséquences."

 

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 La défense de Jean-François Copé, qui assure ne pas être impliqué dans la gestion quotidienne du parti et ne pas signer les factures, est mise à mal par L'Express qui publie une facture de plus de 800 000 euros, signée de la main du président de l'UMP à la société Emakina. Rien d'anormal, selon l'entourage du président de l'UMP, qui explique à l'hebdomadaire qu'il s'agit d'un "contrat" : Jean-François Copé ne signe pas les ordres de virement et ne voit pas passer les factures, ni les engagements de dépenses, ni les devis. En revanche, sur les contrats, c'est le président qui intervient. C'est le cas pour les contrats de travail." Question : Jean-François Copé a-t-il signé un tel contrat auprès de la société Bygmalion ? Elle est pour l'instant sans réponse.

 

Jean-François Copé va tenter de convaincre mardi le bureau politique de l'UMP qu'il s'est laissé abuser par ses plus proches collaborateurs dans cette affaire de folles factures. Dur à croire.Comment les caisses de l’UMP ont-elles été méthodiquement siphonnées ? Jean-François Copé a promis des explications aux quarante membres du bureau politique de l’UMP convoqués mardi matin à l’Assemblée nationale. Au même moment, l’ancien trésorier du parti Dominique Dord, ennemi juré de Copé, planchera sur le même sujet, à Nanterre, devant les enquêteurs de la police judiciaire.


Dans son zèle à mettre «tout sur la table», le président de l’UMP confirmera ce que révélait Libération le 15 mai. Il pourrait même aller au-delà: entre janvier et juin 2012, ce sont près de 70 «conventions» plus ou moins fictives qui auraient été facturées près de 18 millions d’euros (avec 55 conventions, Libé avait quasiment la collection complète).

S’il ne change pas d’avis d’ici là, Copé s’en tiendra à la ligne de défense qu’il a adoptée dimanche dernier : il ne savait rien de ce système de fausse facturation qu’il a découvert grâce à Libé qui mérite d’en être remercié. Il protestera de nouveau de son honnêteté, s’indignera qu’on ose soupçonner que le butin du pillage aurait servi à alimenter son «trésor de guerre».

Si ce n’est lui, serait-ce donc le gourmand Sarkozy qui aurait explosé le plafond autorisé de ses dépenses de campagne (22,5 millions) ? A défaut de répondre clairement, Copé ne se prive pas de le suggérer. Il n’hésite pas, dans cette affaire, à se décrire comme l’innocente victime de manœuvres qui le dépassent. Avant la réunion de mardi, chacun s’attend à ce qu’il décide de se séparer des deux têtes de la machine UMP : son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux et le directeur général du parti Eric Cesari. Ce dernier n’a jamais caché son indéfectible fidélité à Nicolas Sarkozy qui l’a installé à ce poste en 1984. Quand au second, il cumulait début 2012 les fonctions de bras droit de Copé et de directeur adjoint de la campagne présidentielle, spécialement chargé de la logistique des meetings.

 

Copé victime, dur à avaler
Copé victime ? Les membres du Bureau politique auront un peu de mal à l’avaler. Car tous les acteurs clé du système, ceux qui facturent comme ceux qui rendent possible le paiement, sont de très proches du député maire de Meaux. Ce sont ses créatures. Il les a formées et façonnées. De la marie de Meaux à l’UMP en passant par les ministères et le parlement, ils l’accompagnent dans son ascension depuis plus de dix ans.

A commencer bien sûr par Bastien Millot, l’ex-patron de Bygmalion dont la filiale Event a été créée à l’automne 2010, alors même que Copé se voyait confier les clés du parti par Nicolas Sarkozy. Pour payer ses extravagantes factures du premier semestre 2012, il a fallu  présenter au trésorier du parti – seul habilité à signer les chèques - des «engagements de dépenses» (voir formulaire ci-joint) portant quatre signatures, comme l’expliquera sans doute Dominique Dord aux enquêteurs de la PJ.

 

La première est celle de celui qui formule «l’expression du besoin». S’agissant de conventions thématiques, ce devrait être le directeur de la communication du parti Pierre Chassat, un juriste qui a rejoint Copé au porte-parolat du gouvernement Raffarin. Viennent ensuite les deux responsables administratifs : les salariés du parti Fabienne Liadze et Eric Cesari. La signature finale revenant à l’incontournable Lavrilleux. On trouve donc, aux deux bouts de la chaîne, ceux qui jugent de l’opportunité politique des dépenses, les deux plus fidèles collaborateurs de Copé. S’ils existent toujours, ces «engagements de dépenses» qui ont permis d’honorer les folles factures d’Event reposent à l’abri, au siège du parti de la rue de Vaugirard, dans la pièce que Copé a fait placer sous scellés en mars dernier, après les accusations de surfacturation lancées par Le Point.

Les chefs de la droite présents au bureau politique de mardi voudront-ils se laisser convaincre que Copé a été trahi par ses plus proches collaborateurs et amis? Cela paraît peu vraisemblable. Mais il est prêt à tout pour garder ce fauteuil de président, si chèrement acquis – plutôt volé, dit Fillon - en novembre 2012. Déjà en train de recruter une nouvelle équipe, il serait même disposé, pour démontrer sa bonne foi, à porter plainte. Sous quelle forme ? Contre ses précieux «Copé-boys» ? La farce de l’UMP tournerait à la tragédie grecque. Une plainte contre X? Cela élargirait considérablement la portée du radar judiciaire, jusqu’à la porte de Nicolas Sarkozy.

Ce samedi, les fillonistes consternés se demandaient si le député-maire de Meaux n’était pas en train de réussir à convaincre les prétendants à la bataille de 2017 - Bruno Le Maire, Xavier Bertrand et même Alain Juppé - qu’il était dans leur intérêt de le laisser, agonisant et inoffensif, à la tête du parti. «Ce serait notre Guerini», commente un ex-ministre éffaré.

 

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Jean-François Copé a toujours assumé son ambition d'être un jour président de la République. Mais l'affaire Bygmalion vient interrompre son ascension vers le pouvoir. S'en relèvera-t-il ?

Jean-François Copé, contraint mardi à démissionner de la présidence de l'UMP, voit ses ambitions élyséennes s'envoler après s'être brûlé les ailes à la tête d'un parti dont il n'a jamais réussi à être considéré comme le patron légitime. "En 2017, la présidentielle se jouera entre Manuel Valls et moi !", confiait il y a quelques années celui qui a coché, en fidèle chiraquien, la plupart des cases du parcours politique classique: maire d'une grande ville, député, plusieurs fois ministre, président du groupe UMP à l'Assemblée et chef du premier parti de France.

Depuis toujours, cet ambitieux assumé, qui vient de fêter ses 50 ans, consacre chaque seconde à son objectif clairement affiché: conquérir l'Elysée. S'il a longtemps entretenu avec Nicolas Sarkozy une relation complexe, passée, dit-il, par "toutes les couleurs de l'arc-en-ciel", il partage avec lui le même rêve d'enfant, la même obsession: devenir président de la République. En se mariant, en 1991, ne lance-t-il pas à des invités interloqués: "Vous avez de la chance, vous venez d'assister au mariage du futur président" ?

 

"Ce qui compte, ce ne sont pas les mandats, c'est le parti"

A la surprise générale, il convainc, à l'automne 2010, Nicolas Sarkozy de lui confier les clefs de l'UMP. Du donnant-donnant. En retour, il mène sa campagne à "1.000%" en 2012. "Il a fait le job", reconnaît son ancien ennemi numéro un Xavier Bertrand. "Petit Français de sang mêlé" lui aussi -aïeux juifs roumains côté paternel, famille maternelle sépharade débarquée d'Algérie- Jean-François Copé a retenu le conseil de Nicolas Sarkozy, donné lors de leur première rencontre à la mairie de Neuilly: "en politique, on ne te donnera jamais rien ! Il ne faut pas demander, il faut prendre !"

Un précepte que "JFC" applique à la lettre en conquérant à la hussarde, en 1995, la ville de Meaux. De culot il ne manque pas non plus pour s'imposer, à la tête des députés UMP (2007-2010), comme un personnage clé de la droite. Après la défaite de 2012, il n'oublie pas cet autre conseil sarkozyen: "En politique, ce qui compte, ce ne sont pas les mandats, c'est le parti". Il se lance dans un duel sanglant avec François Fillon et s'empare de la présidence de l'UMP au terme d'une élection contestée par l'ex-Premier ministre: "j'ai été volé !" accuse ce dernier.

 

Son talon d'Achille, "c'est son goût pour l'argent"

Cette victoire à la Pyrrhus, "c'est son péché originel", dit un ténor UMP. Il n'a jamais été considéré comme le chef légitime. Mais il voulait coûte que coûte contrôler "le magot" du parti. Son talon d'Achille, "c'est son goût pour l'argent", dénoncent ses détracteurs.

Ce cumulard dirige les députés UMP tout en étant -un temps- avocat dans un grand cabinet d'affaires, d'où des accusations de mélange des genres voire de conflit d'intérêts. Jugé "clanique" par ses ennemis, il est apprécié pour sa "fidélité sans faille en amitié" par ses proches. "Il ne joue pas perso, contrairement à Fillon", le défend Marc-Philippe Daubresse. "Il est souvent jugé cassant mais c'est un pudique et un grand affectif", note son ami Christian Jacob.

Né à Boulogne-Billancourt le 5 mai 1964, Jean-François Copé grandit dans les beaux quartiers de Paris. Lycée Victor-Duruy, Sciences-Po puis l'Ena... Lui qui, à 7 ans, affiche fièrement une photo du gouvernement Pompidou au-dessus de son lit, adhère tout naturellement au RPR. En 1995, il reste fidèle jusqu'au bout à Chirac. Dans la foulée de la présidentielle, ce suppléant de Guy Drut devient député de Seine-et-Marne mais est fauché deux ans plus tard par la fameuse dissolution. Sa dernière défaite jusqu'à mardi.

 

Revenu dans le jeu en 2002, il connaît un joli parcours gouvernemental (Relations avec le Parlement, ministre délégué à l'Intérieur puis Budget) sans jamais occuper de portefeuille régalien. Dans l'euphorie de la victoire en 2007, Sarkozy l'évince du gouvernement pour le neutraliser dans le "placard à balais" du groupe UMP. Erreur. Copé en fait vite une machine de guerre. Surtout, c'est en 2007 que l'ex-bébé Chirac se met définitivement à son compte. Il dévoile ses visées élyséennes pour... 2017 et lance des initiatives tous azimuts à la tête de son club politique, Génération France.

S'il a longtemps fait mentir le titre d'un de ses livres "Promis, j'arrête la langue de bois", ce boulimique de médias se lance à l'UMP dans les formules choc, comme le "racisme anti-Blancs", en néo-converti à la droite "décomplexée". Remarié en 2011 avec Nadia, qui l'accompagne partout sur le terrain, il est père de quatre enfants.

Fini, Copé ? Comme la figurine de Zorro qui trône sur son bureau -un cadeau de sa plus fervente groupie, sa mère, qui lui a aussi offert un jour un gâteau d'anniversaire en forme... de palais de l'Elysée- "Copé remonte toujours à cheval", veut croire un proche. "Une page se tourne, je ferai désormais de la politique autrement", a lâché, laconique, Jean-François Copé mardi soir sur TF1

 

 

La police judiciaire de Nanterre accélère le pas à compter de ce lundi 26 mai pour faire la lumière sur les comptes de l'UMP, en lien avec la société Bygmalion dirigée par des proches de Jean-François Copé. Trois élus UMP, les députés Pierre Lellouche, Arnaud Robinet et Dominique Dord, l'ancien trésorier de l'UMP, sont convoqués comme témoins dans le cadre de cette enquête préliminaire du parquet, déclenchée à la suite de nos révélations, fin février, complétées par celles de Libération, la semaine dernière.


Pierre Lellouche s'est en effet ému, la semaine dernière, de découvrir que son nom était associé à une "convention thématique" de l'UMP à laquelle il n'a pas participé. L'élu parisien et ancien ministre a contesté formellement toute participation à cette conférence sur "l'accès au crédit", facturée à l'UMP 299 000 euros par Event & Cie, une filiale de Bygmalion. La police cherche donc à déterminer le caractère fictif de la prestation ainsi facturée.


La même mésaventure est arrivée à Arnaud Robinet, le nouveau maire de Reims, député de la précédente législature. Selon les documents de l'UMP, il est supposé avoir participé le 21 mars 2012 à une convention sur le thème de la "réforme des retraites et sauvegarde du régime par répartition". Problème : il n'en a aucun souvenir. D'où les interrogations sur la tenue réelle de telles prestations. Bygmalion est censée avoir organisé pour l'UMP pas moins de 55 conventions thématiques pour 12,7 millions d'euros entre janvier et juin 2012. On remarquera que la période tombe en pleine campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy...

 

Les "interrogations" de Copé

Dominique Dord, l'ancien trésorier de l'UMP, proche de François Fillon, aura sans doute à coeur de raconter aux enquêteurs de Nanterre le système Copé à l'UMP. Il avait démissionné avec fracas de la direction de la trésorerie du parti en novembre 2012, au paroxysme de la crise pour la présidence du parti.

Bygmalion était dirigée par un tandem composé de Bastien Millot et Guy Alvès, deux proches de Jean-François Copé. Aujourd'hui, Bastien Millot a quitté la société. Seul Guy Alvès en demeure le dirigeant. Son avocat, Me Patrick Maisonneuve, conteste les accusations de fausse facturation émises à l'encontre de Bygmalion. Jean-François Copé a, pour l'instant, refusé de produire le moindre document. Il promet toute la lumière pour l'après-européennes. Toutefois, dimanche dernier, sur BFM TV, il a admis qu'il avait lui aussi "des interrogations" au sujet des faits révélés par Libération. Copé a promis un "rapport". Les enquêteurs de Nanterre iront peut-être plus vite que ses services.

 

 

L'ex-trésorier de Sarkozy conteste la version de l'avocat

Philippe Briand a assuré lundi soir à l'AFP qu'"il n'a jamais été demandé d'imputer des dépenses sur le compte de l'UMP", ce qu'affirme l'avocat de Bygmalion.

L'ex-trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy a contesté lundi soir auprès de l'AFP la version de l'avocat de Bygmalion, qui assure que des factures payées par l'UMP ont servi à financer la campagne de l'ancien président. Dans un communiqué à l'AFP, Philippe Briand déclare avoir appris "avec consternation les déclarations" de Me Patrick Maisonneuve et assure qu'"il n'a jamais été demandé d'imputer des dépenses sur le compte de l'UMP".

En milieu d'après-midi, Me Maisonneuve avait affirmé que l'affaire Bygmalion - société de communication fondée par deux proches de Jean-François Copé et qui a organisé des événements de campagne - était "l'affaire des comptes de campagne" de Nicolas Sarkozy.

Philippe Briand, maire UMP de Saint-Cyr-sur-Loire, "rappelle que la campagne de Nicolas Sarkozy" a "été financée sur un budget de 21,4 millions d'euros provenant de l'emprunt de la Société générale (10,7 millions), des dons recueillis (5,8 millions), des contributions de l'UMP (4,9 millions) et de l'apport personnel du candidat".

 

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"La campagne de Nicolas Sarkozy n'a donc pas coûté un centime au contribuable"
"Sur ce budget", détaille-t-il, "21,3 millions d'euros ont été dépensés pour financer l'intégralité des coûts de la campagne. Il cite la location du QG, les salaires de l'équipe, la mise en oeuvre du site internet, les frais de transport du candidat, paiement des frais liés à l'organisation de toutes "les manifestations publiques auxquelles Nicolas Sarkozy a pris part"...

Philippe Briand tient à préciser les contrôles exercés sur ces dépenses (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, publication au JO, certification par le cabinet d'expertise comptable Akelys). "La campagne était dirigée par M. Guillaume Lambert, qui ordonnait les dépenses", rappelle le trésorier.

Ces dépenses "étaient ensuite transmises avec son visa pour être enregistrées en temps réel afin de veiller à ne pas dépasser le plafond de campagne". Le montant des dépenses de réunions publiques, poursuit-il, a été de "13 743 107 euros régulièrement déclarés. À aucun moment il n'a rencontré de fournisseurs ni donné aucune consigne ; son rôle était d'assurer le suivi des dépenses engagées".

Selon lui, "il n'a jamais été question pour le directeur de campagne d'un dépassement du budget de 21 459 000 euros. De même, il n'a jamais été demandé d'imputer des dépenses sur le compte de l'UMP". "La campagne de Nicolas Sarkozy n'a donc pas coûté un centime au contribuable", conclut-il après avoir mentionné l'épisode d'un dépassement de 2,1 % du plafond de dépenses sanctionné par le Conseil constitutionnel.

 

Rembourser les participants au « sarkothon » ?
Rachida Dati a par ailleurs évoqué mercredi la possibilité que des sympathisants de son parti sollicités pour la collecte « sarkothon » soient partie civile dans l’affaire Bygmalion.

Comme RTL lui demandait s’il fallait rembourser les militants qui ont versé de l’argent après l’annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, celle qui fut sa garde des Sceaux a répondu : « pour une association ou un parti politique, s’il y a eu des détournements, c’est ce qu’on appelle un abus de confiance ».

« Si l’abus de confiance est avéré, il y aura des personnes condamnées et dans ces condamnations, il y aura des dommages et intérêts puisqu’il y aura un préjudice qui sera évalué », a poursuivi Mme Dati.

« Les militants pourraient se constituer partie civile s’il y avait ce type d’affaires », a ajouté la maire du VIIème arrondissement. « Il faut que le détournement soit établi avant de procéder à un remboursement. Vous pouvez avoir des mythos, des gens qui en rajoutent, des gens qui veulent se défausser ou des gens qui sont responsables et qui n’ont encore rien dit ou n’ont pas été mis en cause », a-t-elle observé.

La direction de l’UMP avait lancé le « sarkothon » à l’été 2013 pour rassembler 11 millions d’euros, destinés à compenser le défaut de remboursement public (à hauteur 47,5%) de la campagne de Nicolas Sarkozy pour cause de dépassement du plafond de dépenses autorisé. Selon l’ex-directeur adjoint de cette campagne présidentielle Jérôme Lavrilleux, environ 11 millions d’euros de dépenses ont été « ventilés » ailleurs et réglés par l’UMP et non sur le compte du candidat, plafonné à 22,509 millions d’euros.
 

 

Autre volet de l'affaire Bygmalion. Le Point.fr révèle que l'ancien P-DG de France Télévisions, déjà mis en examen par le juge Van Ruymbeke pour "favoritisme", a été payé par l'agence de communication. Les documents comptables auxquels Le Point.fr a eu accès sont édifiants : en 2011, l'ex-patron du service public a touché de Bygmalion 47 800 euros via sa société Patrick de Carolis Consulting et Participations. Puis encore 71 700 euros en 2012. Soit au total 10 % du montant des contrats signés en cinq ans par France Télévisions avec Bygmalion.

Tout commence en 2008, quand Bastien Millot, alors bras droit de Patrick de Carolis, obtient un congé sabbatique du groupe d'audiovisuel pour co-fonder Bygmalion. La start-up est aussitôt arrosée de contrats par France Télévisions, l'autre grand client de l'agence aux côtés de l'UMP. De 2008 à 2012, la société de Bastien Millot va recevoir 1,2 million d'euros d'argent public pour des prestations à l'intitulé on ne peut plus flou : "accompagnement stratégique", "préparation d'éléments de langage" ou encore "courrier téléspectateurs".

 

Les mensonges de Carolis !

Devant le juge Van Ruymbeke en avril dernier, Patrick de Carolis a assuré n'avoir pas eu connaissance des contrats. "Ce n'est pas au président de France Télévisions de négocier les contrats en-deçà de deux millions. Je n'ai pas donné d'accord à M. Millot." Et de se défausser sur le secrétaire général de France Télévisions : "Je n'étais pas l'ordonnateur de ces contrats, je ne savais même pas que Camille Pascal faisait ponctuellement appel à cette société", affirme-t-il dans son audition, que Le Point.fr a pu consulter.

Dans les comptes de Bygmalion, c'est pourtant sa société Patrick de Carolis Consulting et Participations qui apparaît comme bénéficiaire de plusieurs chèques... Interrogés sur la nature des prestations fournies par "le conseiller" Carolis, ni le P-DG ni son avocat n'ont trouvé le temps de nous répondre

 

Le Point a épluché les comptes de Bygmalion. En deux ans, ce sont 26,7 millions d'euros qui sont sortis des caisses de l'UMP. Rien qu'en 2012, année de la présidentielle, le parti a versé 23,5 millions d'euros à la petite entreprise de communication fondée par deux proches de Jean-François Copé. Alors que la tempête redouble à droite, le président de l'UMP tente de sauver sa tête. Envoyé au feu pour une séance d'autocritique, son directeur de cabinet Jérôme Lavrilleux a tenté de limiter l'affaire à des manipulations comptables pour masquer le dépassement des comptes de campagne du candidat Sarkozy. Cette version est contredite par les dernières révélations du Point. D'après notre enquête, le très sophistiqué système Bygmalion, mis en place par Jean-François Copé et ses amis, est le carrefour d'étranges flux financiers impliquant de multiples protagonistes...

 

 

 

 

From : Tahiti , le Point,...................

 

http://www.lepoint.fr/societe/patrick-de-carolis-paye-par-bygmalion-26-05-2014-1828128_23.php

 

http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-affaire-cope-bygmalion-une-machine-de-surfacturation-des-contrats-opaques-sur-le-dos-des-mil-122948436.html

 

http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-affaire-cope-bygmalion-les-militants-ump-sont-des-dindons-de-la-farce-des-experts-de-haut-vol-123630345.html

 

http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-affaire-cope-bigmillions-123655569.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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