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Dieudonné: Le Pen s’étonne que Valls n’ait «pas d’autres chats à fouetter»
Le président d’honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, en visite dimanche dans le Lot-et-Garonne, s’est étonné que le ministre de l’Intérieur n’ait «pas d’autres chats à fouetter que le petit chaton de Monsieur Dieudonné», a constaté une correspondante de l’AFP.

«Manuel Valls se réveille. Il n’a pas d’autres chats à fouetter que le petit chaton de M. Dieudonné. Il a d’autres missions à mener que les lazzis de Dieudonné qui ne sont pas en mesure, à mon avis, de menacer l’équilibre de la société française, ni sa sécurité», a déclaré M. Le Pen à des journalistes, lors d’une conférence de presse à Agen.

«On s’amuse du mariage gay, de Dieudonné, des choses dérisoires par rapport à la vie de la nation et des risques courus par le peuple français en matière d’impôts, d’immigration, d’insécurité. Le théâtre, la culture, ne me paraissent pas très fondamentaux», a-t-il dit.

Selon lui, «c’est une manœuvre traditionnelle du PS de ne pas parler de choses sérieuses».

Concernant l’interdiction en chaîne des spectacles de Dieudonné, M. Le Pen a dit penser «que l’excès dans la liberté est moins grave que la liberté dans la censure». Selon lui, «il faut attendre que les choses aient été dites pour qu’elles tombent sous le coup de la loi».

«Par ces nouvelles habitudes d’interdire un spectacle public, on peut craindre l’interdiction de certains meetings politiques pour lesquels M. Valls serait contre les idées exprimées», a-t-il dit.

 

 

Le président d’honneur du FN a ajouté n’avoir «pas eu de rapports avec M. Dieudonné récemment».

«Vous n’ignorez pas que je suis le parrain de sa fille. J’ai surtout des rapports avec sa femme qui gère les affaires de famille. Nous nous retrouvons une à deux fois par an pour des circonstances familiales ou amicales», a-t-il dit.

Par ailleurs, M. Le Pen a indiqué être venu dans le Lot-et-Garonne «pour rappeler aux électeurs» que les élections municipales «ont aussi une dimension nationale». Selon lui, «la prise en compte des éléments de proximité doit s’insérer dans un contexte national».

M. le Pen a également décliné les axes de son programme aux élections européennes, insécurité en tête, et «menaces du phénomène démographique des étrangers».

«Le torrent migratoire n’a pas cessé et j’avertis qu’il va considérablement s’aggraver. L’Union européenne n’a plus de frontières, plus de contrôles», a-t-il estimé.

 

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LES SORDIDES PARADOXES DE L’AFFAIRE DIEUDONNE
Je n’aime guère Dieudonné, dont j’ai toujours trouvé l’humour douteux, sinon de mauvais goût, même du temps où il sévissait encore, sur les scènes et télévisions françaises, avec son compère Elie Semoun. Ses plus récents propos antisémites, souvent nauséabonds, n’ont fait que conforter, en mon for intérieur, ce sentiment. Mais cela ne concerne, subjectivement, que moi et, comme tel, n’intéresse, fondamentalement, personne. C’est donc sur une dimension plus objective que je désirerais concentrer ma réflexion au regard de l’interdiction de spectacle dont vient de se voir frappé en France, par cette juridiction suprême qu’est le Conseil d’Etat, Dieudonné.

 

Car, quelle que soit mon aversion pour lui, une chose ne cesse d’interpeler, non  sans un réel malaise, ma conscience d’intellectuel engagé et, plus généralement, attaché aux inaliénables valeurs de la démocratie. Cette interrogation, que je me pose avec d’autant plus d’aisance que je n’ai jamais fait mystère de mes origines juives, la voici : un Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls en l’occurrence, peut-il interdire, sans enfreindre les règles de cette démocratie précisément, la liberté d’expression, de parole ou de pensée ? Et ce, quand bien même elle heurterait le sens moral, une quelconque conviction religieuse ou communauté civile ?

 

LIBERTE DE PAROLE NIEE AU NOM DES DROITS DE L’HOMME

 

Davantage : un Etat tel quela France, historique patrie des droits de l’homme, peut-il se substituer ainsi à la Justice, sans contrevenir à la Constitution elle-même, puisque le tribunal administratif de Nantes, ville où devait avoir lieu le premier de ces spectacles controversés, avait donné, en la circonstance, son aval ? Si oui, le paradoxe s’avère, on en conviendra, énorme : voilà que la Francese met maintenant à porter atteinte, au nom des droits de l’homme, à la liberté d’expression ! Car la menace d’un danger au maintien de l’ordre public, motif au départ invoqué pour procéder à pareille interdiction, ne saurait être ici, très honnêtement, recevable : le spectacle de Dieudonné était censé se dérouler en une enceinte limitée et fermée, sous haute protection policière et quadrillée par quelques militaires.

 

FAUT-IL INTERDIRE CELINE ? 

Quant au fait de lier le respect de la dignité humaine (précepte éminemment louable en soi) à celui de l’ordre public, c’est effectuer là un amalgame conceptuel pouvant conduire à une tout aussi inacceptable dérive totalitaire sur le plan politico-idéologique. Car, à ce compte là, c’est tout un pan de la culture française, malheureusement pour elle, qu’il faudrait alors logiquement, suivant le même raisonnement, occulter, sinon prohiber de manière tout aussi drastique. Exemples, et non des moindres, puisqu’ils appartiennent au panthéon de la littérature nationale : faudra-t-il donc bannir également de toute publication, pour leurs ignobles propos antisémites, un Louis-Ferdinand Céline, pourtant encensé par l’intelligentsia, y compris de la gauche libertaire ou radicale et non seulement germanopratine, ou un Drieu La Rochelle, qui préféra se suicider plutôt que d’avoir à subir, après l’effroyable épuration qui porta jusqu’au peloton d’exécution certains des pires collabos, l’odieuse et lâche vindicte de ses pairs (à la notable exception du grand Albert Camus) ?

 

Certes l’actuel et très zélé Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui interdit aussi facilement Dieudonné qu’il expulse arbitrairement les Roms, a-t-il prétexté également, pour justifier sa décision, le caractère haineux des propos infâmes, en effet, de Dieudonné, ce pseudo-humoriste dont on ne sait si c’est la vulgarité ou l’ignorance qu’il faut le plus blâmer et même, avouons-le très franchement, condamner. Mais voilà, là aussi, que le piège pourrait bien se refermer, si l’on n’y prend garde, sur celui-là même qui pensait l’avoir tendu : cette incendiaire haine que Valls prétend ainsi éteindre risque, au contraire, de s’attiser, tel le plus périlleux des boomerangs, aux confins de ces banlieues, qu’elles soient à Paris ou Marseille, Lille ou Lyon, réputées « sensibles » ou « difficiles », pour ne pas dire incontrôlables.

 

 

MONTESQUIEU ET L’ESPRIT DES LOIS 

Mais, surtout : Manuel Valls, que cautionne bien évidemment là le Président de la République en personne, François Hollande, s’est-il rendu compte qu’en plaçant ainsi la censure de l’Etat (car il s’agit bien, en cet emblématique cas, de censure) au-dessus des règles de la Justice, il rendait alors caduc l’enseignement de Montesquieu lui-même lorsqu’il préconisait, afin de mieux préserver la démocratie, une stricte séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), ainsi qu’il le donne à voir dans son indépassable Esprit des Lois ?

 

Que les choses soient donc bien claires : ce n’est pas Dieudonné, ni l’homme ni son humour, que je défends ici, bien au contraire puisque j’en dénonce ici les insupportables dérives racistes, mais bien un principe philosophico-éthique : celui de la liberté d’expression, de parole et de pensée.

 

 

VOLTAIRE ET L’ESPRIT DE TOLERANCE 

Conclusion ? Je m’en remettrai donc, en guise de morale à cette sordide fable entre Dieudonné et Valls, à cette sentence (apocryphe mais exemplaire) attribuée à Voltaire, Lumière d’entre les Lumières : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ! ». Car il n’est pas de démocratie qui vaille, ni ne tienne, sans cette magistrale et décisive preuve de tolérance, principe que les authentiques humanistes souhaiteraient universel.

 

 

PRIX LITTERAIRE : L’ANTISEMITISME DES GONCOURT

 

A propos (autre inénarrable, s’il n’était tragique, paradoxe) : les Français savent-ils que leur prix littéraire le plus prestigieux, ce Prix Goncourt dont ils s’enorgueillissent tant, est la création, en la personne d’Edmond de Goncourt, de l’un des plus abjects homophobes, misogynes et antisémites (tiens, quand l’on parle du loup !), ami intime d’Edouard Drumont (auteur de l’abominable France Juive), que la culture française ait, hélas, connu ? S’ils en doutaient, je leur conseille vivement de lire avec attention, au lieu de se laisser berner par la bien-pensance ambiante, son tristement célèbre Journal. Dieudonné, « victimisé », pour son plus grand bonheur populaire et succès médiatique, à outrance, est, à côté, un enfant de chœur. Peut-être viendrait-il alors à Valls et Cie, chantres de la police des mœurs, l’irrésistible mais misérable envie de remettre aussi en cause, dans leur nouvelle et obsessionnelle manie d’interdire (voir, tout récemment, la répression touchant la prostitution), certains déjeuners chez Drouant, compagnie parisienne ne craignant pas de glorifier encore, fût-ce a posteriori, les prétendus mérites d’un personnage aussi infréquentable, pour qui en a lu certaines pages particulièrement immondes, que ledit Goncourt !

 

From : D.S Shiffer

http://blogs.mediapart.fr/blog/daniel-salvatore-schiffer/130114/les-sordides-paradoxes-de-laffaire-dieudonne
 

 

 

From : Libération , Mediapart,......

 

 Voir  http://miscellaneous-land.over-blog.net/article-affaire-vals-dieudonne-aveugles-par-les-quenelles-peu-de-socialistes-et-peu-de-medias-n-ont-122020607.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tag(s) : #Politique Intérieure - Extérieure
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